‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 181 sur 298 · METHODES · texte numérisé non relu

METHODES

des intempéries et du développement excessif du système nerveux.

11 faut donc éloigner l’idée que la gymnastique est une distraction, un « art d’agrément » ou même un moyen amusant d’entretenir sa santé. C est une rude et sévère discipline qu’il faut imposer à la jeunesse comme un devoir et pour laquelle il faut avoir la même rigueur, les mêmes exigences que pour V entraînement cérébral \\\ie l’on pratique dans nos lycées. A cette condition seulement on peut attendre de la gymnastique des résultats sérieux et vraiment pratiques, surtout à une époque où, malgré les progrès de la civilisation, il est établi que le sort des nations dépend plus que jamais des batailles. A d’autres points de vue, la gymnastique est le plus sûr préservatif, pour la jeunesse, de la débauche précoce, des passions affectives, des ambitions effrénées, de l’alcoolisme dont les victimes encombrent les asiles et les hôpitaux. Enfin, en fortifiant l’individu, on a lieu de croire que la maladie l’atteindra moins sévèrement, et que les dépenses de l’assistance hospitalière seront réduites en proportion du développement de la santé publique.

S il est une science dans laquelle l’éclectisme soit eu quelque sorte imposé, c est a coup sûr la gymnastique. On peut assurément admettre que tous les exercices sont utiles, sous toutes leurs formes, sauf les dislocations des clowns qui devraient être interdites. Mais les exercices fondamentaux sont ceux qui contribuent au développement des fonctions habituelles du corps.

Les exercices dits de voltige qui, il y a une trentaine d’années, constituaient toute la gymnastique, ne doivent pas être négligés. Ce qu’il faut proscrire, ce sont les tours de force autour des barres, des trapèzes ou des anneaux. Et c’est malheureusement cette partie acrobatique brillante que l’on cherche à développer dans les fêtes et dans la plupart des gymnases. Les sauts doivent être très-cultivés. Les exercices de force, l’enlèvement des poids, ont aussi une grande importance. Enfin, ce que l’on néglige absolument dans les gymnases, c’est la continuité dans le travail. La gymnastique ne comporte pas seulement une série de leçons d’exercices variés, elle comporte une succession d’entraînements. C’est ainsi que l’on pourrait dans les écoles ou dans les sociétés particulières de gymnastique pratiquer la course ou le saut pendant un mois, 1 escrime pendant un autre mois, les haltères pesantes, le grimpci, etc., et successivement acquérir dans chaque genre un certain degré de perfection.

Cn voit que pour arriver à des résultats importants, il faudrait consacrer non deux heures par semaine, comme on le fait dans nos lycées;

DK l.\ (JYMNASTIOI'E.

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