LATRINES. - FOSSES D'AISANCES
voir indiquer de résultats satisfaisants. Nous serons sobres pour ce nui
touclie au.x details intimes. Disons seulement que les fosses d’aisances
peuvent se concilier avec toutes les variétés possibles de latrines. Les
dispositions de la cuvette et de la soupape peuvent être les mêmes qu’eu
Angleterre (appareil à siphon), ou bien le tuyau de descente fermé par
une soupape peut s’emboîter par un ajutage conique dans d’autres
tubes plus vastes, et qui, pourvus d’un système de ventilation spéciale
Sprr’T entraîne les gaz
fétides. G est ainsi du moins que les choses devraient se passer en
heorie. Mais 1 experieuce journalière nous apprend que c’est souvent r,n“' ‘=>'‘-'»gement de température suffit pour
habitations. Ce qui caractérisé surtout le système des fosses d’aisances tel qu ou le pratique actuellement à Paris, c’est l’emploi des apdwiseurs qui séparent les solides des liquides. Nous crovoL pouvOT d,spc„ser d-ent,... da„, de plus\„,,dee détails T"
La plupart des fosses d’aisances sont munies d’un tuyau d’évent
rx r , fa chomiiL les pl„;
devees. Certains arehitectes font passer ce tu, au dans un eoffre de ilie-
>dent que par ce moyen on désinfecte la fosse, mais n’est-ce nas
péWeuTsonfl l’atmosphère? Les locataires des étages su-
eneur. sont les premiers a en souffrir. Au lieu de respirer l’air frais ma in sur un balcon, on est assez souvent exposé, à Paris à n’v encoutrer que les émanations d’une fosse d’aisances. ’ ^
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57S HABITATIONS. — ÊDII'ICES. — HOPITAUX ET MATEItMTÉS,
ainsi que rcncombremcnt qui résulte de l’accumulation de (le genre de produit. Dans une grande ville, il serait absolument impossible de réaliser cette utopie.
En résumé, on ne saurait trop appeler l’attention des ingénieurs et des hygiénistes sur cette grave question qui constitue incontestablement l’une des grandes difficultés que doit vaincre la civilisation moderne, difficulté d’autant plus grande, qu’elle va toujours en crois.sant, en raison même du progrès de nos habitudes et de l’augmentation si remarquable de la population de toutes les grandes villes.
LOGEMENTS INSALUBRES*
Les détails dans lesquels nous sommes entrés relativement à la ventilation, à la construction des édifices, à la distribution des eaux, nous permettront d’être bref sur ce chapitre. La cause principale de 1 insalubrité des logements dans une grande ville, c’est le manque d espace et la densité de la population. Étant donnée une maison, dans n importe quelle disposition, elle sera certainement plus insalubre, si eUc est habitée par 100 personnes, que lorsqu’elle ne renferme que 20 ou 50 locataires. Si donc l’état sanitaire de Londres est un peu meilleur que celui de Paris, malgré l’infériorité du climat, malgré l’abrutissante ivi’ognerie qui décime les classes inférieures, cela tient sans doute à ce que la population de cette immense ville, qui est presque le double de celle de Pari?, se trouve disséminée dans un espace environ quatre fois plus grand.
En général, le système des habitations isolées qui prévaut en Angleterre et dans lequel chaque famille occupe une maison à part est préférable à celui des habitations collectives où la même maison renferme plusieurs appartements et qui est adopté dans la plus grande paitie du continent européen. Cependant avec des soins, avec des précautions minutieuses et une propreté suffisante, on peut assurer un certain degré de salubrité à des maisons modestes habitées par une nombreuse population de locataires.
On peut admettre qu’il suffit de remplir les conditions suivantes,
pour assurer la salubrité des logements.
L’habitation doit être construite dans un lieu sec et sur un terrain qui ne fournit point d'émanations nuisibles. Elle doit recevoir une
» Ynir nnnr iiluR (le dAUiils, le rnpporl. do M. Dii Mesnil sur les g.irnis insalubres de la vHle de^I-ariU»visagés .au point de vue de la législation et de I hypiénc publique.
LOGEMENTS INSALUBRES. 579
qimnlité suffisante d’air et de lumière. Elle doit être abondamment poumie d’eau ; elle doit être à l’abri de l’humidité. Enfin le système des vidanges doit être assez parfait pour éviter toute mauvaise odeur.
Or ces conditions, qui très-souvent ne sont pas remplies dans des appartements d un pn.x fort élevé, sont presque toujours méconnues dans les logements habités par les ouvriers, c’est-à-dire par la plus grande partie de la population. Quant à la classe la plus pauvre, elle est placée dans tous les pays dans des conditions qui excluent toute espece de précautions hygiéniques. Lorsqu’on manque de nourriture toutes les autres précautions disparaissent.
-V Paris l’insalubrité des logements ;tient ,1e plus souvent au manque d espace. Des familles, souvent nombreuses, sont agglomérées dans quelques pièces, quelquefois dans une seule chambre, qui sert à tous es usages; en même temps la malpropreté et la négligence des locataires, ainsi que l’impossibilité de se procurer de l’eau pour les soins de propreté les plus nécessaires, contribue à infecter l’atmosphère; enin il est des cas nombreux où le voisinage d’une fosse d’aisances' cl un tuyau d’évent, ou d’une industrie insalubre, vient vicier l’air d’un appartement. Souvent même, dans les plus belles maisons et dans les plus beaux quaidiers, il existe sous les combles, des mansardes à peine abitab CS, tandis que la loge du portier réunit à elle seule toutes crmpTet'^'”"" ^ insalubrité que pourrait indiquer le catalogue le plus
^alubritc et dont les prescriptions sont excellentes, mais il faut les regarder comme un idéal qui n’est pas souvent réalisé en pratique expérience de tous les jours nous en fournit abondamment la preuve U .stable ren.cde au „,al scrail de metlee à I. dispaaUioJ do |a
Jln, CS et surasammcnl acrecs. Malheuccuscmeul les tcdanccs acde la specalalioti no pormcltenl guère d’entrevoir dans un nir prochain la réalisation de ce vœu.
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CLS 1, SM ° U" et 8 avril 1870), les »u-
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»tcomnlctc7T *°T"* 1“''™“.''' '■«‘"'l’duro, ou dont l’alimentation P etement insuffisante, désirent avant tout éviter l’entrée de l’air
580 IIMllTATIONS. - ÉDIFICES. — I10P1T.\UX ET MATEUMTÉS.
Irais dans les salles qu’ils liahilent. La descriplioii (jue ccl auteur donne des Lodfiinçi-houses de Londres semble prouver que, sous ce rapport, nous n’avons rien à envier à l’Anglelerre.
Dans un établissement habité par 90 individus, une petite cour renfermait trois latrines dont la malproprelé délie toute description. Immédiatement en face se trouvait un plancher percé de trois ouvertures pour recevoir trois cuvettes en fer, destinées à servir aux ablutions matinales des locataires. Un seul essuie-mains était consacré à l’usage de l’établissement, qui comme nous l’avons dit, renfermait 90 personnes. L’eau était fournie par un tube placé au centre de la cour, et qui, s’élevant à une hauteur de 7 à 8 pieds, se rccourhait en siphon à son extrémité supérieure. Cette partie du tube était assez flexible pour qu’on put diriger à volonté le jet d’eau dans les latrines, dans les cuvettes servant aux usages de la toilette, ou dans un tonneau défoncé servant de réservoir d’eau potable et dans lequel on venait puiser le liquide nécessaire pour faire le thé et vaquer aux soins de la cuisine.
Les habitudes intérieures de quelques-unes de ces maisons présentent aussi quelques particularités intéressantes. D une manière habituelle, les draps sont changés tous les quinze jours, ou, suivant l’e-xpression consacrée, to suit convenience, c’est-à-dire ou le juge
nécessaire. La plupart de ces draps, empruntés au rebut militaire, sont composés de chiffons de toutes les formes et de toutes les dimensions, cousus ensemble de manière à constituer une pièce d’une ceitame étendue. Pour éviter les soustractions, plusieurs propriétaires impriment sur leurs draps, en divers endroits, les mots ; properly stolen, c’est-à-dire ce drap a été volé; ce qui n’empêche cependant pas les locataires de les emporter très-souvent ou de les déchirer pour s eu faire des bandages lorsqu’ils sont affligés d’ulcères variqueux.
On comprend d’ailleurs cette parcimonie de la part des propriétaires, lorsqu’on songe à la malpropreté habituelle de leur clientèle : la plupart d’entre eux n’ont pas de chemise; lorsque, par hasard, ils en possèdent une, ils la gardent précieusement sur eux jusqu’au moment où elle tombe en lambeaux ; on s’en débarrasse alors pour la vendre aux chifl'onniers, mais il n’est jamais question de la blanchir. On comprend qu’il serait difficile de fournir des draps blancs à un pei-sonnc dont les habitudes ne comportent guère ce genre de luxe. ^
Au reste, les habitants de ces repaires ne sont pas gênes par des scrupules excessifs, et la pluiiart d’entre eux sont en délicatesse avec la police. Aussi l’ini des insiiecleurs, qui pénétrait pour la premiLrL lois dans la salle commune d’une de ces maisons, vit-il ccrUams ni-
LOGEMENTS INSALUBRES
dividus- se précipiter sous la table : on le prenait pour un agent. D’ailleurs la visite de ces fonctionnaires est aussi désagréable pour le locataire la nuit que le jour, car il est d’usage , en s’approchant des dormeurs, de relever brusquement les draps pour voir ce qui se passe. La plupart de ces établissements sont pourvus d’une salle commune, ou lieu de réunion, qui est invariablement la cuisine de l’établissement. Dans une de ces maisons, dit un inspecteur, la salle commune était une cave parfaitement obscure et humide, chauffée par un mauvais feu de coke, et dans laquelle il était impossible de se tenir debout, la hauteur moyenne étant d’environ cinq pieds. Une vingtaine d’hommes se rassemblaient dans cette pièce sur des bancs de bois, autour d’une table. On doit ajouter, pour rendre justice au propriétaire de l'établissement, que, par suite des observations qui lui furent adressées, il consentit à creuser de trois pieds le sol de la cave-cuisine, de manière à en porter la dimension verticale à 8 pieds.
Ce coup d œil rapide, jeté dans les coulisses de la civilisation anglaise, sullira peut-être pour montrer que si les nations voisines nous accusent volontiers d'être dégénérés, elles ne sont pas elles-mêmes entièrement à l’abri des eritiques sous le rapport de l’hygiène, de la propreté cl de l’organisation sociale.