VILLES
D’un autre côté, le développement de la civilisation, le besoin des échanges, enfin l’essor du commerce, ont fait rechercher les situations facilement abordables et placées sur le trajet des grandes voies de communication naturelle. Voilà pourquoi tant de villes sont situées sur les bords des fleuves, ou dans les parties les plus favorablement disposées des côtes maritimes. L’immense majorité des grandes villes commerciales se trouve placée dans le voisinage immédiat de l’eau. Les deux conditions dont nous parlons se trouvaient souvent réunies dans les grandes cités de l’antiquité, et c’est ainsi qu’aux beaux jours de la Grèce, presque toutes les grandes villes situées auprès de la mer correspondaient avec un port plus ou moins éloigné. Ce dernier répondait aux besoins du commerce, tandis que l’enceinte fortifiée, placée à quelque distance de la mer, offrait aux habitants une sécurité qu’ils n’auraient point trouvée sur le rivage. C’est ainsi qu’Athènes avait le Pirée, c’est ainsi qu’Argos avait Nauplie, et que presque toutes les capitales de ces petits États obéissaient à ce dualisme singulier.
11 est enfin des circonstances qu’on pourrait dire artificielles, qui créent la prospérité d’une ville, en la rendant le centre où se réunissent des éléments importants de commerce. Quelquefois le voisinage d un district minier, d’autres fois la réunion d’abord fortuite, plus tard calculée, de grandes manufactures, enfin le simple fait de se trouver sur la ligne et dans la direction que prend le commerce suffisent pour créer un centre de population dans une localité que rien ne désignait dans le principe pour un semblable choix.
On le voit, l’emplacement des villes se trouve déterminé par des considérations dans lesquelles l’hygiène ne prend aucune part. On ne recherche point sans doute les localités insalubres, mais on ne songe nullement à les éviter, lorsqu’elles paraissent réunir de certains avantages. Il en résulte qu’au point de vue de V hygiène des villes, il est deux points à considérer, d’abord les règles générales qui doivent gouverner la police sanitaire de toute agglomération nombreuse, ensuite les conditions particulières qui résultent pour chaque localité de la configuration des terrains et des autres circonstances dans lesquelles elle est placée.
Mais dans aucun pays, même dans ceux où l’industrie est portée à son plus haut degré de développement, dans aucun pays, disons-nous, la population urbaine ne constitue la majorité. Les campagnes reuferinent une population infiniment moins dense, occupée principalement aux travaux agricoles, réunie habituellement dans de petits centres, et habitant quelquefois des fermes complètement isolées. Les conditions
f'S'l HYGIÈNE DES VILLES ET DES CAMPAGNES.
de l’hygiène sonl entièrement différentes en pareil cas de celles que noug rencontrons dans les villes. Sous beaucoup de rapports, sans doute, la santé des habitants y gagne, mais tout n’est pas profit dans l’existence du paysan, et comme nous le verrons plus loin, la vie à la campagne présente aussi des causes d’insalubrité. Nous aurons donc à envisager séparément ces deux conditions de vie si différentes, et c’est par l’hygiène des villes que nous commencerons cette étude.