ACCESSOIRES DE LA VOIE PUBLIQUE
s’est plu à créer de belles promenades ornées de grands végétaux qui sont un lieu de rendez-vous pour les habitants et qui entretiennent parleur action bienfaisante la pureté de l’atmosphère. L’immense cité de Londres a réservé de vastes espaces pour servir de parcs ; à Paris les jardins publics sont beaucoup moins étendus, mais le grand nombre d’arbres qui bordent les principales artères, les remplacent avantageusement, en transportant un peu partout les agents purificateurs de l’atmosphère qui manquent complètement à Londres dans les quartiers populeux. Il est vrai que les arbres de nos rues ne peuvent jamais atteindre un grand développement en raison du sol dans lequel plongent leurs racines. Tels qu ils sont, ils rendent d’éminents services et reposent agréablement la vue.
Mais SI l’on veut voir prospérer ces plantations, il est absolument nécessaire de combattre les poussières qui flottent dans Pair en temps de sécheresse et qui ne sont pas moins nuisibles aux végétaux qu’à riionime. On leur attribue une fâcheuse influence sur le développement de la phthisie, des affections pulmonaires et de plusieurs autres maladies. On a probablement exagéré leur rôle, mais il est bien certain qu elles prédisposent tout au moins à ces ophtalmies qui sont si fréquentes à Berlin, en raison de cette poussière abondante qui rend cette ville l’un des séjours les plus désagréables de l’Europe. Pour se préserver de la poussière dans les rues, il faut choisir autant que possible, les matériaux delà chaussée, qui fourniront d’autant moins de molécules pulvérulentes qu’ils seront moins friables. On pourra, par des plantations bien choisies, s’opposer à l’arrivée du sable qui est apporte par les vents. 11 est fort utile de paver les routes qui conduisent directement aux centres populeux. Enfin, l’on doit veiller à l’enlevenaent des boues qui, comme le dit M. Fonssagrives, constituent pour les jours de sécheresse, un approvisionnement dont rien ne se perd. Mais toutes ces précautions sont insuffisantes, lorsqu’on n’y joint pas un bon système d'arrosage, dont les moyens pratiques peuvent être aisses au choix des municipalités et varient suivant les climats.
Enfin, il est absolument nécessaire dans toute grande ville d’établir uiinoirs et des water-closets publics en nombre suffisant, pour parei aux besoins immédiats, afin que la malpropreté n’ait point d’excuse. Comme le dit M. Fonssagrives « il est des quartiers dans cérames grandes villes du Midi, dans lesquels les latrines sont considérées comme une superiluité vaniteuse, et où les vidanges s’accomplissent pa> e procédé sommaire dont une fenêtre et une porte ouverte font es rais.... L Angleterre elle-même, si soucieuse de propreté et
HYGIÈNE DES VIIXES ET DES CAMPAGNES
de bien-être, laisse beaucoup à désirer pour la propreté des rues, si nous en croyons les rapports des médecins du Conseil privé qui ont constaté au centre même des villes, des rues, où la vidange se fait comme du temps des Pharaons, un peu au hasard, dans le jardin, les cours, les rues écartées, le seuil des portes. »
On voit en somme, que la grande abondance de ces refuges qui nous est si souvent reprochée par nos voisins, est loin d’être indilTérente à la santé et à la propreté publique, comme le témoigne l’exemple des Anglais eux-mêmes. Ajoutons, enfin, qu’une police sévère est absolument indispensable à cet égard, car sans elle toutes les précautions que peut suggérer l’hygiène resteront absolument superflues.