DES VOIRIES
les grandes agglomérations humaines produisent des accumulations d immondices, dont on cherche à se débarrasser dans toutes les sociétés
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HYGIÈNE DES VILLES ET DES CAMPAGNES
civilisées par une multitude de procédés, qui, toujours semblables quant au but, différent, quant aux moyens employés.
S’il était possible de supprimer directement les produits de ce genre, on obtiendrait une solution très-favorable au point de vue de l’hygiène, mais critiquable au point de vue industriel. Dans l’état actuel des choses, il n’existe, en réalité, que trois moyens de di.sposer de ces substances putrescibles. On peut les verser dans les cours d'eau ou dans le sein de la mer, c’est le système le plus généralement adopté en .\ngleterre et dans les villes du littoral français. On peut les utiliser pour l’agriculture, et c’est ce qui se fait régulièrement en Chine ou au Japon, au grand profit de la culture, mais au détriment de la pureté de l’atmosphère. Les essais tentés en Europe sont extrêmement limités et ne sauraient être assimilés à ce qui se pratique en grand dans l’extrême Orient. Enfin, l’on peut accumuler ces produits dans des résenoirs spéciaux, en attendant qu’on ait pu les utiliser ou s’en débarrasser par les moyens les plus variés. Les réservoirs destinés à cet usage prennent le nom de voiries.
On les divise en trois espèces principales : voiries d'immondices, voiries d'animaux morts et voiries de matières fécales. Chacune de ces trois espèces de dépôts se prête à des considérations spéciales. Nous n’avons pas l’intention de donner à ce sujet une extension considérable. Nous nous contenterons d’exposer les principes généraux qui doivent rémr la matière, et nous renvoyons le lecteur qui désire, à cet égard, avoir des détails plus complets, à l’excellente thèse deM. le professeur TardieuL
On comprend sous le nom d'immondices les résidus organiques et minéraux qui se déposent sur la voie publique, la boue, les débris végétaux et animaux provenant des halles, des marchés, des restaurants, des cuisines particulières, enfin, des résidus d’uue foule de petites industries. « Les amas de ces matières répandent, ,en fermentant, des émanations extrêmement infectes; ce n’est qu’après cette fermentation putride que les cultivateurs les étendent sur la terre; ils disent alors (ju’elles sont faites'^ »
Les voiries d’immondices doivent être pavées au fond, garnies d un parapet et disposées de manière à offrir un écoulement facile a 1 eau nue renferment les immondices. 11 est utile de les enfouir pendant lomrtemps pour les convertir eu terreau. Mais on doit interdire leiii amoncellement prolongé à l’air libre. 11 serait préférable de les eni-
< Dfi voiries rt cimelières. Tliùse de concoui-s, 1852.
» Michel Li'vy. Traité d'hygicnc. l. II. ‘118.