VOIRIES
ployer immédiatement. Mais, comme nous l’avons dit tout à l’heure, on leur attribue une action fertilisante plus énergique après leur putréfaction. Quoi qu il en soit, on doit prendre les précautions d’usage contre les gaz qui peuvent se dégager de ces matières en fermentation.
Depuis 1851, il n’existe plus de voiries d’immondices à Paris, l’enlèvement de ces produits est conlie à un entrepreneur qui traite avec les agriculteurs de la banlieue; ceux-ci s’engagent à les transporter à deux kilomètres des barrières pour les disséminer sur leurs champs.
Mais s’il n’existeplus de grandes collections d’immondices à Paris, on trouve, dans certains quartiers, de véritables foyers d’infection disséminés par l'industrie privée sur divers points de la ville. Les magasins des chiffonniers renferment des chiffons malpropres, des os, et d’autres substances putrescibles, qui peuvent par leurs émanations incommoder séiieusement les habitants du voisinage. 11 serait à désirer que cette industrie malpropre fût supprimée, ou tout au moins soumise à des règlements sévères.
Voiries de matières fécales. Est-il utile de créer dans le voisinage immédiat d une grande ville un immense dépôt d’engrais humain? Cette question peut être diversement résolue, mais une fois le principe admis, on peut s’efforcer d'organiser ces établissements suivant les règles de l’art et de manière à satisfaire le plus possible aux exigences légitimes de l’hygiène publique. La voirie de Montfaucon, supprimée depuis longtemps, était incontestablement un grand foyer d’infection pour l’atmosphère. Aujourd’hui, la voirie de Paris se compose d’un dépotoir situé au port d’embarquement de la Villette, qui .sert au déversement et à la séparation des matières de vidange, ensuite d’une voirie placée dans la forêt de Bondy, et qui reçoit d’une part les matières liquides par un tuyau souterrain, d’autre part, les matières solides par la navigation du canal.
Le dépotoir se compose d’un bâtiment central flanqué de deux paviHons. Ce bâtiment central présente un système de galeries parallèles, superposées à des citernes qui aboutissent à une vaste cuvette; deux machines à vapeur de la force de dix â douze chevaux meltent en jeu rois pompes, destinées à aspirer soit l’eau de l’Uurcq prise dans le port, soit les liquides contenus dans les citernes.
Lorsqu’une voiture chargée de matières liquides arrive au dépotoir, c e veise son contenu dans un égout qui communique avec la citerne Hiediane et fait avancer les matières dans celle des citernes quia été évacuée la nuit précédente; les pompes chassent alors les liquides dans une
HYGIÈNE DES VILLES ET DES CAMPAGNES
conduite qui les deverseà Iloudy. En niênie temps, un ventilateur aspire avec force l’air extérieur et pousse l’air infect dans les foyers des cliandicres où il est brûlé. L’opération terminée, on pousse les dépôts qui se sont formés dans les citernes, dans des tonnes disposées pour les recevoir, d’où elles glissent sur des rails jusqu’au port, pour y être embarquées avec les autres matières solides.
La voirie de Bondy est située dans la forêt, au bord du canal ; une chaussée médiane, qui sert de débarcadère, est llanquée de chaque côlé par une série de bassins qui reçoivent, tes uns les matières solides qui sont converties en poudrette, les autres les matières liquides, qui, après avoir été transportées par un canal à ciel ouvert dans une fabrique de sels ammoniacaux, sont enfin rejetés dans la Seine, près de Saint-Denis. Toutes les matières solides ou liquides apportées au dépotoir ont été préalablement désinfectées dans les fosses d’aisance. Celte précaution, jointe à la séparation des matières solides et des matières liquides, diminue l’intensité de la fermentation et atténue con-
sidérablement l’odeur qui en résulte.
Nous avons indiqué les procédés employés à Paris dans un dépotoir de création récente, et qui soulève cependant, depuis quelques années, de nombreuses réclamations. On assure que le réservoir de Bondy, bien qu’il ail un kilomètre de longueur, est devenu insuffisant pour contenir les matières qui s’y déversent, que les bassins sont remplis jusqu à déborder, et que les émanations qui s’en dégagent infectent le voisinage. Il appartient à la municipalité d’aviser au moyen de faire disparaître ou d’atténuer ces inconvénients. Mais que dirons-nous des voiries particulières établies dans un grand nombre de localités, et plus spécialement dans le nord de la France, où l’utilisation de l’engrais humain est devenu l'un des procédés courants de ragricullurc. 11 es évident que de tels dépôts, quel que soit le mode d’cxploilalion doivent infecter l’atmosphère à un bien autre degré. S’ils sont lo crus, cela lient d’une part aux habitudes prises depuis longtemps par la population, d’autre part à la quaiililé infiniment moins grande de ces
uroduits dangereux. , ...
Voiries d’animaux morls. — Les cadavres des auimaux, soi qu apparliciinent à des espèces non comestibles, soit que pour cause insalubrité on les ait exclus du commerce de la boucherie, sont soiim à des opérations destinées à les convertir en produits utiles ; Icui n
bre et cxlromcmcu grand, lin 1800, cat'n.ait »
de cadavres d’animanx transportés à l’abatto.r n,,.^.| al d ,lnbc
liers à 0 on 8000 ehevanx par an, cl à 10 on 15 000 ch.ens cl dial-