‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 222 sur 298 · RANTS MARITIMES DU GLOBE · texte numérisé non relu

RANTS MARITIMES DU GLOBE

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ÉLÉMENTS DU CLIMAT. O-.N

degrés supérieure à la température des mers qu’il traverse, il récliauffe toutes les côtes septentrionales qu’il visite et leur apporte des graines arracliées aux climats des Antilles.

Hans 1 océan Indien, dont la température atteint souvent 52", le courant équatorial se précipite vers le sud, où la mer est ouverte pour former le grand courant de Mozambique qui va se heurter avec les courants froids du pôle sud <à la région des tempêtes qui enveloppent le cap de Bonne-Espérance.

\ ers le ^ord, le courant équatorial indien, après avoir réchauffé la mer Bouge, le golfe Persique et les mers du Bengale, va produii’e le courant de Malacca et celui des mers de Chine.

Dans 1 océan Pacifique, le courant équatorial abandonne les côtes occidentales de l’Amérique et se trouve remplacé au sud par le grand courant des eaux froides du pôle sud, qui, sous le nom de courant de Huniholdt, vient baigner et rafraîchir toutes les côtes du Chili et du lérou, il est remplacé au nord par le courant d’eau froide qui, parti du détroit de Behring, se fait sentir jusqu’en Californie. Ces eaux fraîches, les premières surtout, marquent souvent 15", quand les eaux chaudes qu’elles repoussent s’élèvent à 27".

^ Le courant équatorial, plus libre dans sa marcheetplus large dans le Pacifique, s’avance lentement vers les côtes d’.4sie; là, il contribue à lormer à la hauteur du Japon le courant noir, ainsi nommé de la couleur foncée de ses eaux, qui relève de quelques degrés la température des côtes est du Japon et qui, accomplissant son grand mouvement de spirale, revient en touchant les côtes du Mexique se perdre vers l’équateur.

L’océan Pacifique ne trouvant pas d’obstacle vers le sud s’y déverse en une nappe immense pendant que les eaux du pôle antarctique, ne rencontrant partout que des côtes peu étendues, s’avancent librement a leur rencontre jusqu’au tropique et souvent le dépassent.

Les eaux froides se composent de courants opposés et égaux qui forment des couches à différentes profondeurs de l’océan, et qui sou- 'ent apparaissent à la surface; c’est le courant dont nous avons déjà parlé, qui, parti du détroit de Behring, se bifurque pour arroser un côté les côtes de l’Amérique du Nord jusqu’en Californie, de Paure toutes les côtes de l’Asie orientale jusqu’au tropique du Cancer; cest le pnd courant arctique du nord de l’Europe, s’élendant jusfiu aux côtes du Groenland, du Labrador et de Terre-Neuve, où il pase précipiter sous les eaux du Gulf-Strcarn; son autre branche, “Ugeant les côtes de l’Europe, va se perdre sur celles de l’Afrique.

Cette double circulation almosphérif|ue et maritime explique les inégalités de température que l’on observe à des mêmes latitudes sur les deux continents. Lorsque les habitants de la Grande-llretagne fondèrent sur le littoral des États-Unis d’Amérique leur première colonie durable, les colons qui vinrent s’établir entre la Caroline du sud et l’embouchure du fleuve Saint-Laurent s’étonnèrent d’avoir traversé des hivers beaucoup plus froids que ceux de l’Italie, de la France et de l’Écosse, placés cependant sous les mêmes latitudes.

En effet, Québec et Christiania sont situés à peu près sur la même ligne isotherme de 5“, et cependant Christiania est à 12“ plus au nord. L’avantage en faveur des côtes ouest d Europe est encore beaucoup plus sensible pendant l’iiiver. Ces différences, que 1 on ne peut attribuer à la seule proximité des eaux, sont produites surtout, comme le fait observer M*. Marié-Davy, par les courants établis à la surface des mers et dans l’atmosphère.

INFLUENCE DE I.’aI.TITÜDE.

A mesure que le sol s’élève au-dessus du niveau des mers, la tempé- ; rature décroît rapidement. Les glaces perpétuelles se rencontrent i même sous les zones torrides; mais, tandis qu’on les trouve à une hauteur de 720 mètres, au-dessus du niveau de la mer, en Norvège, sous une latitude de 71“ nord, dans les Alpes et les Pyrénées elles ne descendent pas au-dessous de 2700 mètres, et sont a 4800 mètres à Quito, sous l’équateur.

De Saussure passa 17 jours au col du Géant (.)428 mètres), tandis que l’on observait simultanément le thermomètre à Chamounix (1044 mètres) et à Genève (407 mètres). Cette série d’expériences a permis de constater d’assez grandes variations dans la décroissance de la température d’un jour et même d’une heure à l’autre. La hauteur moyenne correspondant à une différence de 1“, dans les températures simultanées, a été trouvée de 142 mètres à cinq heures du soir et de, 210 à quatre heures du matin. La rapidité de cette décroissance na pas été constante, quoiqu’elle reste comprise entre des limites à peu près semblables aux diver.scs latitudes. L’heure, la saison, 1 état du ciel, la direction des vents, rabondance de la vapeur d’eau sont autant d’éléments tiui, sans cesse varialiles, produisent de nomhreuseï oscillations.

Les mêmes elfets s’observent dans les ascensions. Gay-Lussac, eu 1804, ressentit, à une hauteur de 7000 mètres, un froid de près de 10 .

ELEMENTS DU CLIMAT. 035

Diins la cour de rOI)servatoire, le tliermomèlre marquait 28°; l’abaissemeiU de température se trouvait donc de 58°. En 1850, MM. Barrai et Bixio éprouvèrent, à une hauteur de 7000 mètres environ, une température inférieure à celle de 59“ au-dessous de zéro.

.Ainsi donc, la décroissance de la température, en raison de l’élévation, n’est pas constamment régulière; on trouve presque toujours' dans 1 atmosphère, jusqu’à une hauteur de 5 à G kilomètres, des couches d air relativement chaudes, dont l’épai.-seur varie de 500 à 5000 mètres, et dont l’excès de température peut aller de I à 10".

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