CHAPITRE IV
c.kbactèhes des divers climats. — ledr influence sur l homme. j
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES MALADIES. j
La zone des climats torrides qui comprend l’espace limité dans les deux hémisphères, par l’isotherme de -t- 25°, représente plus d un tiers de la surface du globe. Son domaine s'étend sur quatre parties du monde; l’Europe seule reste en dehors. En Asie, à 1 Occident, la zone torride va de la mer Rouge à l’indus, elle embrasse l’Arabie, le sud de la Perse et le Beloutchistan. Au centre, elle s’étend de l’ilimalaya a la mer, renfermant l’Hindoustan. A l'Orient, elle comprend l’Indo-Chiiie (empire Birman, royaume de Siam, et empire d Annam).
En Afrique, à l’Occident, elle comprend la région étendue du cap Blanc au cap Negro, c’est-à-dire la Sénégamhie, la Guinée et le Congo. Au centre, le Sahara, le Fezzan et le Soudan. A l’Orient, la région étendue du tropique du Cancer à l’embouchure du Zamhèse, renfermant la Nubie, l’Abyssinie, les royaumes d’Ajan, de Zanguebar, cl
de Mozambique, Madagascar elles îles voisines. ,. . .
En Amérique, dans l'Amérique du Nord, le Mexique, 1 .Amérique centrale et les Antilles; dans l’Amérique du Sud, la Colombie, les
Guyancs et le nord du Brésil.
En Océanie : 1° en Malaisie, les îles de la Sonde, les 1 bilippines, les Célèbes, les Moluques et la Nouvelle Guinée. En Polynésie, les archipels des Carolines, des Navigateurs, les iles de la Société, les
Marquises. .
La zone torride est surtout remarquable par la constance et 1 uniloi-
mité des inilucnces almosphériqucs'.
Les conditions telluriques y sont dans bien des points les mêmes; elles sont caractérisées surtout dans l’Amérique centrale et aux Antilles. Dans l’Amérique centrale du huitième au dix-septième degré de latitude, le pays présente, le long de la mer Orientale, une côte basse, très-plate, souvent d une telle horizontalité, que les fleuves descendant de la Cordillière y prennent un cours ralenti ; les pluies périodicjiies torrentielles entraînent vers leur embouchure des quantités considérables de matières terreuses, sédimentaires, et des amas d’arbres, reliés les uns aux autres par ces lianes et ces épipbytes qui sont le trait dominant de la forêt vierge des tropiques. Il en résulte des barres aux bouches des fleuves, des flèches de sédiments (|ui se créent entre le vrai rivage et la haute mer, de vastes lagunes, des levées de sable entre le continent et la haute mer, qui atteignent plusieurs centaines de kilomètres.
Les rivières, dans leur trajet à travers la plaine, se partagent en une loule de branches qui, s’anastomosant avec celles des rivières les plus voisines, viennent former un réseau presque inextricable de canaux ijui souvent n ont pas de courant. La largeur de la plaine est très-limitée, et l’on voit surgir d’une manière abrupte les cimes de la Cordillière. Ces hautes cimes séparent V enfer des terres chaudes des régions heu- :reuses de l’intérieur, doucement inclinées vers le Pacifique. 11 pleut à peu près toute 1 année sur la côte ouest. On comprend quelle peut être la richesse d’un pareil sol d’alluvions, et on ne doit pas être surpris de la splendeur des forets sur le versant Atlantique.
En effet, des bois impénétrables s’étendent partout. Les palétuviers du rivage se dressent dans les lagunes. 11 faudrait une longue éinirneration pour donner une idée des arbres qui, le long des cours d’eau, forment des murailles de 100 pieds de hauteur, serrés et reliés les uns aux autres par une multitude de iancs. Les vents régnant du nord-est sont arrêtés dans leur essor par la haute barrière de la Cordillière.
Il eu résulte un obstacle à la propulsion des couches d’air et un défaut de circulation active au niveau des plaines basses du littoral ; en dehors de la brise de mer et des oui'agans, on ne trouve plus ici que de faibles oscillations de l’atmo^nhère.
Les Européens ne peuvent s’acclimater sur cette côte, funeste d’ailcurs à tous les émigrés; il est passé en proverbe, en Amérique, que le chemin de fer de Panama a coûté une vie d’homme par traverse posée sur la voie ; les Chinois y meurent par centaines, ün raconte qu’au
tempéralun; f|ue de l’humidiU!, de la iire.ssion, de l'clectncité • ï revenir. ’
nous n’avoii.s donc pas à
CGO
CLIMATOLOGIE
plus fort de l’épidémie une multitude de ces ])auvrcs expatriés allèrent s’asseoir à la chute du jour sur les sables de la baie de Panama à la marée basse, et là, les yeux fixés à l’ouest, se laissèrent noyer par le retour du llot‘.
Les phénomènes que nous avons observés pour l’Amérique centrale, i se reproduisent dans les autres régions : un sol formé d’alluvions, un régime de cours d’eau caractérisé par des débordements périodiques au milieu de forets épaisses, après des pluies torrentielles et avec une chaleur extrêmement élevée, une côte basse et plate, la formation de barres, de flèches, de sédiments, provenant du conflit des eaux douces limoneuses du continent et de la boule constante du large, enfin la stagnation de l’atmosphère, constituent les phénomènes caractéristiques des climats torrides, qui peuvent être considérés comme les causes des endémies que l’on rencontre en si grand nombre dans tous les pays appartenant à cette zone.
Une des influences les plus actives du climat torride sur l'organisme consiste dans l'exagération des exhalations pulmonaire et cutanée’. Elle amène une diminution de quantité dans la production de la chaleur animale, et par suite une plus faible proportion d’acide carbonique. Le ralentissement de la fonction respiratoire fait que le carbone i qui devait être brûlé dans le poumon est éliminé par une autre voie : ■ de là l’activité fonctionnelle plus grande du foie. Il existe une débilité i musculaire, une tendance à l’atonie générale qui explique le désir i d’une alimentation excitante. Sous ces climats, les populations sont | molles, inertes, paresseuses; elles sont peu belliqueuses et souvent manquent complètement de courage.
Ou voit de grandes nations recevoir avec indifférence le choc des conquérants étrangers; l’Égypte elle-même, après avoir accompli ses transformations intérieures et vu s’éteindre la caste guerrière qui faisait sa force, est tombée aux mains des étrangers, qui l’ont ensanglantée de
• Ucclus, Nouvelle-Grenade, et Paulv, Esquisses de clhnatologic comparée.
Le pigment des parlies directement insolées est augmenté, s.ms que toutefois celle modilicalion soit héréditaire. Le soleil d'Afrique a été impuissant à broker la peau des générations des Kabyles blonds, qui, depuis bien des milliers d années, liabileni les frontières orientales de l'Algérie. Les modilicalions anatomiques de quantité, de w.ileur et de lorme que le jielage des animaux subit sous l'inlluonci' de la température des ^ vers climats sont évidmitcs : notre mouton, sous les tropiques, perd sa lame, qiu e^ remplacée par un poil droit et roide de même nature que celui qui lui recouvre e le L et les pattes; et inver.semeut, les toisons lisses des tropiques '»>;
neuscs sous notre ciel ; le froid, l'exposition à 1 intempérie des
et le sanglier augmentent dans des proportions considérables les Mlles tés pileuses de la pear.Ces inodiLations se prononcent et se consolident par - «
des générations. Les modilications du plumage ne sont pas moins évidentes que elles
du pelage
rxiJIATS TORRIDES. C61
leurs luttes et dont la succession fait toute son histoire. En Asie, il n’y a point a proprement parler de zone tempérée, et par là même point d’intermédiaire entre les races mobiles et entreprenantes du nord et les races amollies du sud. L’extrême pauvreté à côté de rextrémo abondance, la force voisine de la faiblesse, nous e.\pliijuent cette longue succession d’empires, qui couvrit de ruines l’Asie méridionale et qui la fit tant de fois changer de maîtres. Et les memes causes agissant toujours dans le même sens, nous comprenons pourquoi ces conquêtes n amenaient aucun changement durable, et comment les vainqueurs, prenant les mœurs des peuples vaincus et subissant la même influence, se préparaient les mêmes destinées. La race vigoureuse des Perses ne s établit sur les bords du Tigre et de l’Euphrate que pour succomber au jour marqué devant l’invasion des Grecs; les successeurs d’Alexandre ne font que préparer les voies aux Romains.
11 en est de même lorsqu’on jette les yeux sur l’Inde; la religion y a pour dogme le néant du monde, l’inutilité de la vie humaine, pour morale l’indifférence et l’inertie. L’influence du climat, la facilité de la vie et en même temps le retour des grands fléaux qui la rendent précaire, le goût de la contemplation oisive, la splendeur souvent accablante d une nature presque toujours supérieure aux forces de 1 homme, ont contribué à développer outre mesure parmi des imaginations à la fois molles et ardentes cette partie de l’intelligence qu’on a nommée de nos jours le sens religieux.
Cet ensemble de conditions physiques et morales fait aisément prévoir les différences qui séparent, au point de vue pathologique, les climats torrides de toutes les autres régions du globe. On y rencontre en elfet des maladies spéciales propres au climat, ainsi que des affections communes à tous les pays, mais qui, .sous l’influence delà température, acquièrent quelquefois un caractère particulier.
Les maladies que l’on peut observer sous les climats torrides sont de divers ordres : 1“ les unes sont communes à tous les pays, comme la variole, la rougeole, la scarlatine, les maladies nerveuses, la diphthérie l’emphysème pulmonaire, l’épilepsie, la phthisie, le rhumatisme et là goutte*, olfrant cependant dans leur marche, leur durée et leur terminaison, quelques traits différents. On a beaucoup exagéré l’influence heureuse de la chaleur sur la marche de la phthisie. Dans la Guyane a phthisie aiguë enlève un tiers de la population, et, ainsi que le dit Laure, les phthisiques ne guérissent pas sous l’équateur. iM. Rochard
* Chai'cot, Maladies des vieillards.
CMMATOLOGIE.
a tlcmonti’é, d’après une foule de documents français et étrangers et d’après ses observations personnelles, que, clicz les sujets prédisposés, la maladie se développe et marche avec beaucoup plus de violence et de rapidité dans les régions équatoriales que dans les climats tcrnpé- I rés. Rien de plus commun dans les pays chauds que la forme galopante; la durée totale de la maladie n’est en général que de qu'eh|ues mois. Elle paraît se multiplier et prendre une force d’expansion considérable dans les localités qui semblent salubres comme l’Océanie et le Pérou. Au contraire, les pays élevés, les climats du nord, seraient indemnes.
2" D’autres affections, observables dans la plupart des climats, revêtent sous la zone torride des caractères si particuliers, une telle gravité, que ce sont pour ainsi dire d’autres maladies. Ainsi, toutes les affections palustres, les dysenteries, les hépatites.
5“ Enfin, une dernière classe d’affections est propre à la zone torride; quelques-unes de ces maladies y naissent et peuvent être transportées ])lus tard dans d’autres pays. Je citerai, comme exemples, la fièvre ■ jaune et le choléra.
Le degré de gravité des affections palustres est en rapport avec : la nature du sol ; elle se trouve atténuée sur de hauts plateaux boisés, , ou sur un sol exempt de marécages ; mais dans ces pays, l’homme étant l plus directement eu rapport avec les influences atmosphériques et tel- | luriques, dont la température augmente l’énergie, subit davantage | l’action des exhalaisons du sol*. Si donc nous rencontrons des condi- 1 tiens telluriques semblables à celles que nous avons décrites pour l’Amérique centrale, l’intoxication paludéenne se montrera sous .«es formes les plus redoutables, c’est-à-dire la fièvre pernicieuse et la cachexie palustre. Elle imprime eu outre son cachet à toutes les autres maladies.
Dans les parages à saisons bien tranchées, c’est à l’époque des pluies (jue l’on voit apparaître les fièvres; c est à la période sui\ante, alors ([lie les marais commencent a se dessécher, qu elles atteignent leur plus haut degré d’intensité, puis leur fréquence va en diminuant et elles cessent presque com])létcmcnt à la fin de la saison fraîche.
Dans la partie nord du golfe de Guinée, dans les golfes de Renm cl de Diafra, les fièvres sont de la dernière gravité pendant la durée des vents du nord-est (en novembre et en décembre), qui coïncident avec l’élévation de la température et la cessation des pluies. C’est alors que
• Il peut arriver, loutefois, que les lotigiics sécheresses et l’intmsité solaire dessèchent et momifient les émanations putrides des matières animales décomposées, cl atténuent ainsi leur action nocive.
les mouillages de Clarerice à Fernando-Po, de Saint-Anloine à l’île du Prince, sont si dangereux.
Le type de la fièvre varie suivant les saisons et les localités ; la fièvre tierce se manit'este dans les jiarages les moins insalubres. La fièvre quotidienne règne seule dans les lieux les plus inl'ectés, et dans la mauvaise saison.
Les typhus rémittents, pseudo-continus et continus, sont de plus en plus fréquents à mesure que l’on se rapproche de l’équateur; la fièvre bilieuse hématurique, que l’on observe aussi dans les postes du fleuve et même à Saint-Louis, fait les plus grands ravages dans les comptoirs d’Assinie et du Grand-Bassani. Cette affection redoutable se montre surtout après la saison des pluies ; la fréquence des accès pernicieux est en raison directe de l’insalubrité des lieux.
» Les formes les plus communes à la côte occidentale sont, dans leur ordre de fréquence, la délirante, la comateuse, la dysentérique, la cholérique et la syncopale.
Quel que soit le type de la fièvre à son début, elle ne tarde pas à le perdre, pour affecter une marche irrégulière, dans laquelle on voit souvent les accès se reproduire au bout de 7 jours ; la cachexie paludéenne apparaît toujours rapidement.
La Guyane, comme l’Afrique tropicale, offre au plus haut degré tous les types connus de l’intoxication palustre. Dans les années ordinaires, la fièvre paludéenne représente les trois quarts du chiffre total des maladies externes et internes, et détermine le tiers de la mortalité générale.
L’impaludation des nouveaux arrivés est tellement rapide sur quelques points de cette colonie, qu’il suffit d’un mois, de quelques jours même, pour déterminer l’anémie la plus profonde, et cela au bout de quelques accès de lièvre simple seulement (Saint-Pair).
Plus ordinairement, la fièvre simple est remplacée par les fièvres rémittentes, bilieuses, ictériques, algides, cholériformes ; un premier accès méconnu, le suivant devient pernicieux. Les phénomènes pernicieux sont : 1“ le délire et 1e coma, la congestion cérébrale et la stupeur, les convulsions, le tétanos; 2“ la pneumonie, la syncope, la cardialgie, la cyanose, l’asphyxie; 3° les vomissements, les Ilux bilieux, l’évacuation dy.sentérique ou cholériforme, l’algidité, les sudamina, la diaphorèse, la jaunisse et l’urine sanguinolente (J. Laure).
L’Indo-Cliine doit cire rangée parmi les contrées où l’on rencontre le plus l’infection palustre (Tborel). Elle constitue un cinquième des décès dans ce pays où les trois quarts des terres cultivées sont
Cl.tMATOLOr.lE,
des rizières, où l’abondance des pluies transforme pendant fi mois toutes les vallées, toutes les excavations et même toutes les plaines en marécages.
Aucune localité de la Basse-Cochinchine n’est exemptée. Bans la Ilaute-Cochinchine et jusqu’à 800 mètres d’altitude, les maladies i>aludéennes ont la même fréquence et la même gravité. Entre 1200 et 1500 mètres elles paraissent diminuer d’intensité; cependant elles régnent encore dans le fond des vallées de l’Yunnan, sur les populations issues de Chinois et d’indigènes qui habitent ces hauteurs. Ce n’est qu’à une altitude de 2000 mètres qu'elles sont en véritable décroissance. Les types les plus divers se trouvent représentés. Le type quotidien est plus fréquent chez les Européens; chez les Annamites au contraire, on observe le plus souvent le type tierce. Les fièvres intermittentes simples régnent presque également toute l’année, et la saison sèche n’amène qu’une faible diminution dans leur nombre. Les formes de la fièvre sont très-variées, depuis l’accès simple régulier jusqu’à l’anémie et la cachexie paludéenne la plus prononcée, jusqu’aux formes larvées et aux formes pernicieuses les plus diverses et les plus rapides. Les formes pernicieuses les plus ordinaires sont la forme encéphalique, la forme ataxique et l’algide ; les accès pernicieux éclatent I en général subitement sans que rien, pas même un accès antérieur, ! l’ait annoncé.
De toutes les endémies des pays chauds, c’est la dijsenlerie qui fait partout le plus de victimes.
Au Sénégal, les fièvres intermittentes ne figurent que pour 51 pour 100 dans la mortalité générale, tandis que la dysenterie y entre pour 57,16.
La fréquence de la dysenterie est d’ailleurs en rapport direct avec celle des fièvres intermittentes, sévissant surtout sur les bords empestés des rivières; toutefois, ces deux maladies ne régnent pas à la même époque : la dysenterie se montre après les fièvres.
Sur la cote occidentale de l’Afrique, les vents de nord-est et les variations brusques de température ont une iniluence marquée sur sa production; elle se présente rarement avec une marche franchement aiguë, son début est lent et insidieiix, la diarrhée la précède le plus souvent, les formes bilieuses et mucoso-bilicuses sont celles qu’elle affecte de préférence; nulle part aussi elle n’offre une plus grande tendance à la récidive.
A la Guyane, la dysenterie est permanente; elle sévit dans les localités où la fraîcheur des nuits contraste le plus avec la chaleur diurne.
La dysenlerie primitive existe souvent en dehors du paludisme, ainsi (ju’on le voit aux îles de Remires et du Salut.
L hëpalile est encore une des endémies de la zone torride, et l’A- Iriijue tropicale est surtout son pays de prédilection. 11 n’est guère d Européen qui puisse séjourner à la côte occidentale, sans être atteint d hypérémie du foie.
L hépatite est le plus souvent liée à la fièvre intermittente et surtout à la dysenterie, qui la précède très-souvent et dont elle affecte la marche insidieuse. 11 n’est pas rare de voir des ahcès se produire et acquéiir un volume considérable chez des individus qui semblent à peine malades, et qui continuent à vaquer à leurs occupations jusqu’au moment où leur abcès vient à s’ouvrir. Au Sénégal, l’hépatite entre pour un quart environ dans la statistique des décès.
La colique sèche est rattachée encore par un certain nombre de médecins (Laure entre autres) à l’endémie palustre; elle règne exclusivement, dit-il, dans les pays marécageux situés sous le tropique, et la fièvre intermittente à laquelle on la voit succéder paraît ordinairement en être le point de départ. Elle atteint les sujets débilités, qui ont subi l’influence des marais, les anémiques disposés aux maladies du foie à l’intermittence, à la cachexie. Toutefois, d’après les travaux de Lefebvre,' trop de raisons portent aujourd’hui à considérer cette maladie comme un empoisonnement saturnin, pour qu’on puisse la compter au nombre des intoxications palustres.
On observe également, sous la zone torride, certaines affections qui olfrent quelques caractères communs avec les maladies du même crenre qui existent dans nos pays. Le Ixjphus des hauts plateaux qui se^ rencontre partout au Mexique, endémique seulement sur l’Aiiahuac, serait d apres M. ourdanet, le typhus à forme hémorrhagique qui, sous le nom (le matazahualt, fievre rouge des Astèques, aurait, à diverses époques e-verce d affreux ravages parmi les Indiens des Cordillières. Coinde! fait observer que, si le typhus est plus fréquent sur le plateau central cela tient a ce qu’à des niveaux inférieurs les conditions cliniaténques permettent l'habitation dans des localités mieux aérées, que es ruisseaux les rivières, les lacs y sont permanents, tandis que sur 1 hauteurs ils se desseclient à certaines saisons, laissant au milieu des villes et des villages de vastes dépôts d’immondices.
D’autres inaladies semblent affecter, sous le climat torride, un carac-
trcl? A r’ »"aladies observées dans nos con-
tielle paraît parfois être une affection essen-
Delle, propre au pays même; elle peut se développer sans être la
ÜÜO