‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 230 sur 298 · CI.IMATOLOGIK · texte numérisé non relu

CI.IMATOLOGIK

conséquence d’aucune autre maladie, et il n’est pas rare de voir des hommes qui n’onl jamais présenté les symptômes caracU-ristiques de la lièvre paludéenne, ou de toute autre affection endémique, dépérir progressivement et souvent très-rapidement (anémie galopante), sans qu’on puisse attribuer à autre chose qu’à une anémie essentielle le brusque changement ojiéré dans leur santé. Ces cas sont toujours très-graves et il faut rapatrier les malades d’urgence, car la rentrée dans les climats tempérés est la seule chance de salut (Aude).

La fréquence des calculs vésicaux est très-grande, tant dans les provinces centrales que dans les provinces supérieures de l’Inde; elle a été observée par Currant, entre Calcutta et Peschaver. U’apres cet auteur, elle paraît augmenter à mesure que l’on approche des hauts plateaux. Les natifs de l’Inde s’accroupissent sur les talons pendant l'acte de la miction, au lieu de se tenir debout comme nous le faisons en Europe, et il n’est pas douteux, dit Currant, que cette attitude ne soit défavorable à l’évacuation complète et facile du contenu de la vessie.

Les grandes plaies guérissent en Abyssinie avec une remarquable facilité, comme cela s’observe à la suite des supplices de la castration, de l’amputation du pied ou de la main, qui sont largement pratiqués sur les vaincus et sur les criminels.

Les températures excessives que rencontrent dans la mer Rouge les i navires qui la parcourent donnent lieu parfois à des accidents graves i à'asphyxie. Texier cite quatre cas mortels sur le transport-écurie la i Garonne, en juillet 1862‘.

En Sénégambie, la singulière maladie qui a reçu le nom de maladie du sommeil, sleepincj dropsy, n'ionzy, des indigènes (hypnosie), est particulière aux noirs de la côte occidentale d’Afrique. Cependant, M. Chasseniot dit avoir vu en i859, à Corée, un mulâtre de Saint-

Louis succomber à cette affection.

Depuis l’occupation du Sénégal, il était notoire, parmi les colons de Saint-Louis et de Corée, que, chaiiue année, un certain nombre d’esclaves (surtout à Corée) en était atteint; on l’y nommait maladie de Corée. C’est sur les noirs du Congo que l’hypnosie a été le plus souvent observée. M. Cuériii l’a étudiée à la Martinique, mais les hommes at-

. I.a tempéralure, sur le pont, était de 39 degrés à pIIp •. ilémssé 45 degrés dans le fimx-ponl supérieur, et est ai i i\e< a oi degré, dan comuartiment des chevaux, la chaleur était presque aussi juteuse le soir que dans 1 api miT! erS quS neuf heures et pendant la nuit, que Ion ressentait «n ment notable En même temps que se produi.saient ces morU subites, on observa Ts "co,-: desétouffemeiits. la chaleur était

pont; on éprouvait une grande gène à respirer, une faiblesse generale, une son

léruble.

teints étaient des noirs africains ayant au plus cinq à huit ans de séjour aux Antilles; jusqu’à présent cette maladie n’a pas été vue sur les noirs nés aux Antilles et purs de tout mélange, fait qui, pour certains auteurs, semble établir son origine africaine. L’hypnosie attaque tous les âges, et les deux sexes à peu près indistinctement; d’après M. Guérin, l’àge de prédilection serait de 12 à 18 ans : elle est relativement j)lus rare dans l’enfance.

Au Soudan, (juintin donne le nom d’acrodijnie à une affection dont il a ob.servé quelques cas et qui présentait les symptômes suivants : desquamation de la peau avec engourdissement et fourmillement dans les extrémités ; altération de la sensibilité tactile, complication d’embarras gastrique; les malades se plaignaient de ne pouvoir poser les pieds par terre sans éprouver une vive sensation de brûlure. On a noté comme causes, la nourriture malsaine et insuflisante, l’humiditc des habitations, enfin l’usage du mais. Pour M. Rey, cet état parait tenir à la lois de la pellagre et de cette affection récemment décrite (Le Roy de Méi'icourt) sous le nom burning of lhe feet (sensation de brûlure aux pieds).

En 1865, on a observé à la Réunion une épidémie de fièvre à rechidc (relapsing fever), typhus récurrent (Mac-Auliffe) . Sur 121 cas il y a eu 47 décès, ce qui donne une mortalité de plus de 38 pour 100.

h’Iiéinalurie chyleuse est endémique dans certaines contrées tropicales, au Rrésil, au cap de Ronne-Espérance, dans l’Inde, à Pile de la Réunion, à l’ile Maurice et à Madagascar. Salesse (de Pile Maurice) affirme que les trois quarts des enfants de cette île en sont affectés. Cassien n’a rien observé de semblable à la Réunion; les enfants y sont quelquefois atteints d’hématurie, mais dans une proportion beaucoup plus faible que celle indiquée par les médecins de Pîle Maurice ; ils sont généralement affectés d’hématurie simple idiopathique. Le caractère chyleux de l’urine n’apparaît que dans un âge plus avancé et lorsque l’alfection est déjà ancienne. A la Réunion, Page adulte et le sexe masculin paraissent prédisposés à cette maladie; elle attaque de préférence les individus de la classe aisée; les Européens qui viennent dans Page adulte habiter le pays, ainsi que les créoles, y sont surtout prédisposés, et parmi ces derniers les individus d’un tempérament lymphatique. L’hématurie chyleuse, assez fréquente sur le littoral, ne se développe jamais dans les localités élevées.

Au dire de Kæmpfer, il existerait dans l’Inde une forme à' hydrocèle nommée par les naturels

L andruin commence par un érysipèle au scrotum, qui se reproduit

CMMATOLOCIE.

(lil-on, tous les mois à la nouvelle lune ; il laisse après lui une luinéfaction causée par l’cpanchemenl d’une matière séreuse dont la quantité augmente de jour on jour et exige des ponctions ou des scarifications. Cette maladie attaque les in*digènes et les Européens ; il suffit d’un séjour de quelques années pour y être sujet, elle est incurable pour les habitants. Si l’on change de climat, la tumeur diminue et finit par disparaître (Boudin).

Les affections cutanées sont très-fréquentes et très-variées sous les climats torrides. Nous allons en passer quelques-unes en rexiie.

A la Guyane, V ulcère phagédénique des pays c/jawdscsttrès-fréquent. Suivant Chapuis, le nombre des individus atteints d’ulcère est dans la proportion de 22 pour 100 sur le total des malades admis dans les hôpitaux, L’ulcère phagédénique n’épargne aucune race; on le rencontre non-seulement chez les transportés de race blanche et de race noire, mais au moins aussi souvent chez les immigrants coolies. Les Madériens, les Chinois, en sont également affectés, ces derniers peut-être moins souvent. Cet ulcère semble épargner les Indiens aborigènes.

En Sénégambie, les moindres égratignures deviennent l’origine de l’ulcère phagédénique des pays chauds, que l’on appelle ici idcère de Kéniéba. Le poste de ce nom est dans le Bambouk, entre les rivières Sénégal et Falémé.

Sur les bords de la mer Rouge, on observe la plaie de l'Yémen qui vient compliquer les blessures comme en .Arabie, quoique plus rarement.

Azéma a décrit sous le nom d'ulcère de Mozambique une des formes de l’ulcère phagédénique des pays chauds. 11 se montre fréquemment sur les Caffres des diverses tribus. Les Makoias l’appellent kilouda (plaie). Cette lésion se rencontre aussi aux îles Comores, notamment à Anjouan et à Madagascar ; chez les Malgaches, elle a souvent pour origine une plaie produite par la piqûre d’un fragment de corail ou d’un aiguillon de raquette, alors que la plaie a été en contact avec l’eau de mer. L’ulcère de Mozambique se développe presque exclusivement aux membres inférieurs.

Le bouton d'Alep ou ulcère d'Orient se voit très-souvent le long du Tigre et à Bagdad; on l’a observé aux environs de Damas, suivant Volney, et au pied du Liban d’après .M. Su(juet. La côte nord du golfe l’ersique parait être la limite de cette affection, qui remonte jusqu au 37° degré de latitude nord et s’étend entre 54 et 60 degrés de longitude est. Les variétés de forme sont nombreuses.

En Océanie, dans la Malaisie, le bouton d'Amboine est endémique; dans l’archipel des Moluques, il a été décrit pour la première fois par

Bontius, qui avait déjà reconnu son analogie avec la maladie vénérienne.

Des recherches plus récentes ont prouvé que le bouton d'Aniboine n’était autre chose que la frambæsia et qu’il dépendait de la syphilis; il atteint plus particulièrement, d’après Van Leent, les individus de race nègre ou malaise, et les métis provenant du mélange de ces races ou de leur croisement avec les Européens. Ceu.x-ci ne sont pas toujours épargnés; les cas les plus fréquents et les plus graves s’observent chez les enfants indigènes, depuis la naissance jusqu’à l’àgc de 10 à 12 ans. Le bouton d’Amboine est contagieu.\, inoculable et surtout transmissible par voie d’hérédité.

Dans le pays des Mandingues, en Sénégambie, on observe aussi la frambæsia (Yawes).

Sur la côte de Guinée, les maladies de la peau sont très-répandues; la gale, appelée lcrakra, est très-commune; on constate les diverses formes de pian, le psoriasis palmaire, beaucoup d’éruptions herpétiques; il n est pas rare de rencontrer des ulcères du nez, des lèvres, de la face, etc.

Aux Antilles, le pian, le crabe, le Iota et diverses autres taches de la peau sont des formes syphilitiques propres à la race nègre,

l'ulcère phagédénique se déclare souvent chez les travailleurs aux membres inférieurs.

les bourbouilles (lichen tropicus) sont surtout le partage des inacclimatés, mais n’épargnent pas les créoles.

Les affections cutanées sont également nombreuses à la Réunion.

Au .Mexique, un petit insecte, appelé par les Indiens llasahuale, attaque 1 homme et se fixe presque toujours aux paupières, aux aisselles au nombril, etc.; sa présence est annoncée par la démangeaison, puis surviennent de la rougeur, du gonllemcnt et quelquefois de la suppuration : ces symptômes restent toujours locaux. 11 suffit d’enlever l’insecte pour que les phénomènes morbides cessent; les Mexicains se servent ordinairement, pour cela, d’une aiguille ou d’une tige de graminée.

C’est à la Guyane que Coquerel a étudié la mouche à laquelle il a donné le nom de Lucilia horninivorax. Les accidents graves, les cas de inort, produits par la présence et le développement de scs œufs dans les losses nasales, ne sont nullement rares, surtout chez les transportés et chez ceux qui vivent au voisinage des chantiers près des bois (Audouit)

La puce pénétrante ou chique est très-fréquente en terre basse et assez rare dans les régions un peu élevées (Bonnet). Elle habite exclusivement les parties comprises dans la zone torride des deux Améri-

aiMATOl.OfilK;

qucs ; elle est exccssivcmciil fréquenle uu Brésil, à la Guyane, au Mexique; on la renconlre aussi dans les républiques équatoriales du Nouveau-Monde et dans les îles du golfe du Mexique.

La piqûre des scorpions de la Nouvelle-Grenade, d’après Posada- Arango, produit, outre la douleur locale, une petite plaque érythémateuse dure, avec un point ecchymotique au centre, un peu d’angoisse, de malaise vague, d’étourdissement, et, ce qui est caractéristique, un engourdissement très-marqué de la langue, une sorte de paralysie incomplète de cet organe. Les mêmes phénomènes ont été observés à Guayaquil par S. Duran, et dans quelques cas il a noté de légères convulsions cloniques; ordinairement les accidents disparaissaient en moins de vingt-quatre heures, mais chez des personnes affaiblies et chez des enfants la mort peut survenir.

Les médecins espagnols ont signalé dans la campagne de 1865 aux Antilles, campagne faite par des troupes acclimatées, venant de deux îles voisines, Porto Rico et la Havane, des ulcérations multiples sur les diverses parties de la surface cutanée. Chez les soldats venant de la province de Seybo, ces ulcères ou rampanos sont attribués à la pi- (jûre d’un insecte appelé Colorado, que les uns considèrent comme le ïhdex penetrans, qui existe en certains lieux de Saint-Domingue, d’autres comme une fourmi rouge, dont la piqûre détermine une vésicule ombiliquée avec prurit excessif et suivie d ulcération.

Au Sénégal, on rencontre souvent dans les postes du fleuve, et même à Saint-Louis, des hommes. atteints de filaire de Médine au pied, à la jarnhe et à la cuisse. Les sujets, pour la plupart indigènes, racontent qu’ils ont été atteints du ver, après avoir traversé a gué des llaqucs d’eau croupissante.

Au Sénégal, on observe également Vélephanliasis des Arabes et le dragonneau.

En Mozambique, les indigènes désignent sous le nom d ilaca{cc (jui signifie en langage niacua force, violence) une maladie fébiile a symptômes complexes et qui ne saurait être acceptée comme une lorme

pyrétique spéciale à cette contrée.

A Rios de Senna, on appelle jièvre de carrapato une pyrexie qui attaque surtout les nouveaux arrivés. Cette fièvre est souvent accompagnée de délire; on l’attribue généralement à la morsure d un insecte commun dans cette localité, et qu’on nomme carrapato (?).

Malunica ou inapute est le nom, eu langue landine, d une espece d'angine diplUhérilique qui apparut pour la première fois en 18.t/, à Laurencü-Maniuez, et qu’on suppose avoir été importée de la cote

Cl.lMATS rORItlDES.

(le Natal. En 1858 et 1859, cette maladie devint épidémique et fit de grands ravages; depuis elle est restée endémique et s’est étendue au nord du Laurenço-Marquez (Rey).

La lèpre existe encore dans toutes les parties du monde. Afin de ne pas scinder la distribution géographique de cette maladie, nous dirons immédiatement tous les points du globe où elle se montre, bien qu’ils soient loin d’appartenir tous à la zone torride.

En Islande, elle règne sous le nom de spedalsked. Le nombre des lépreux, était en 1857, d’environ 150 sur 52000 habitants (Guéraull). Aux îles Féroé, il était en 1846 de 66.

La lèpre est très-répandue dans la partie sud-est de la Russie d’Europe, à 1 est de la Crimée, sur le littoral de la mer d’Azov, le long du Caucase jusqu à Astrakan, près de la presqu’île de Cherson, sur les bords du Don, ainsi que dans l’Oural. Elle existe aussi dans quelques localités des provinces baltiques, particulièrement en Finlande, en Estbonie, en Courlande, et cela, non-seulement parmi les habitants des cotes, mais aussi, d’après Meyer, parmi la population des villes situées plus à l’intérieur.

En Suède, la lèpre s’observe dans la province de Ilclsingelande. Cette maladie est endémique sur les rives du grand fleuve de Ljusnam. Le nombre des lépreux est considérable en Norvège, principalement dans certains districts des environs de Rergen. Au dénombrement de 1846, on comptait! lépreux sur 95 habitants; il existait dans toute la Norvège 1122 spedalsques dans les provinces, et 196 internés dans les hôpitaux spéciaux de Bergen, Drontheim, Molde et Christiania. Ces chit’l’res sont aujourd’hui (1857) au-dessous de la vérité et, d’après Roëck et Danielsen’, la maladie a fait des progrès dans ces dernières années (Cuérault).

En Italie, la lèpre est endémique dans quelques localités du littoral, sur la côte orientale, à Comacchio, située dans les lagunes deFerrare; elle est un peu plus fréquente sur le littoral du golfe de Gènes, depuis Chiavari jusqu’à Nice.

La lèpre, d’après Ilennen, règne endémiquement dans un village de Céphalonie. Elle se rencontre dans quelques îles grecques ainsi (jue dans plusieurs villages d’Eubéc et d’Andros, mais particulièrement dans les îles turques, Tenedos, Patrnos, Samos et surtout à Candie. Elle s’observe également en Syrie et en Palestine.

' Daiiiclsen et lîoi-ck. irailé de la spedalsked ou élépliaiiliasis des Grecs Paris 1848 in-8 et atlas in-folio. ’ ’

Cl.IMATOLÜGIK.

La lèpre esl endémique dans quel(|iies régions de la Perse; on rencontre des lépreux à Tabris, à Zendjam, à Hamadan.

Elle est très-commune à Bombay, à Madras; elle s’y montre sous toutes les formes.

A Foo-Chow (Chine), la lèpre est très-répandue; les lépreux sont cantonnés et nourris dans des léproseries.

A l’île Sitka (Amérique), on rencontre la lèpre tuberculeuse.

D’après Hoest, Lemprière et Jackson, elle règne au Maroc; les lépreux sont en grand nombre et habitent un quartier séparé, bien que restant en relations habituelles avec la population.

Suivant les observations de Prosper Alpin, de Larrey, de Pruner, de Griesinger et les rapports de tous les voyageurs, la lèpre règne endémiquement sur toute la vallée du Nilj sur le littoral méditerranéen et sur celui de la mer Rouge ; il en serait de même pour P.^byssinie, où elle n’est pas seulement limitée au littoral et aux plaines, mais où on l’observe fréquemment aussi sur les plateaux. Elle serait inconnue au Sennaar; en revanche elle est commune au Darfour. Cette maladie est également endémique le long de la côte septentrionale d’Afrique; elle serait plus rare dans le pays des dattes que dans les autres régions. Elle est aussi répandue en Sénégambic. On la rencontre en suivant la côte ouest d’Afrique depuis Sierra Leone jusqu’à la côle du Congo; il existe à la colonie du Cap deux léproseries. On signale la fréquence de la lèpre à Madagascar, à la côte de Mozambique, à Maurice et à la Réunion. Elle est fort commune à Madère; elle règne endémiquement aux Açores. Elle a été constatée à Sainte-Hélène.

La lèpre se rencontre dans beaucoup de localités du Mexique; elle est de préférence endémique parmi les tribus indiennes. Elle ne s’est pas seulement montrée sur le littoral et dans les plaines, mais encore, d’après les observations de Cheyne, sur beaucoup de points des terres liantes (Colombie).

Elle règne dans les anciennes possessions espagnoles de l’.Amérique du Sud qui forment la Nouvelle-Grenade et le Venezuela.

Dans la république de l’Équateur, elle est très-répandue.

Ulloa a appelé rattention sur son extension à Carthagène et aux environs. Restreppo mentionne son endémicité à Bogota, Tunga, Casanarc, Socorro, Pamplona, etc., et Etcheverria, qui lui-méme était lépreux, a donné des rcnscignenicnts sur la léproserie de Quito. Aux Antilles, la lèpre, connue sous le nom de cocubca (cacahaii), sévit principalement sur les nègres et les boiunics de couleur, et ne se montre pas dans toutes les lies avec la niéiiie intensité.

CLIMATS TORUIDES.

Au Brésil la lèpre, connue sous le nom de morpliéa, est extrêmement fréquente. A i’e.xception des provinces de Rio-Grande et de Maranhao qui, selon Rendu et Plagge, en seraient à peu près exemptes, la maladie règne endémiquement dans cette contrée, mais de préférence dans les provinces de l’intérieur de Matto-Grosso et Minas-Genres. Au dire de Tscliudi, on rencontre des localités dans cette province où chaque famille est lépreuse (Hirsch).

En 1758, la lèpre est apparue dans la baie de Mizamichi (Nouveau Brunswick) et a fait assez de ravages pour que l’on ait entrepris de parquer les lépreux dans une léproserie (à Tracadie).

A Bornéo, dans les kampongs des indigènes, on voit quelques individus atteints de la lèpre. Les cas graves sont relégués dans une cabane au bord de l’eau *.

Presque tous les médecins qui ont observé la lèpre dans ces pays ment qu’elle soit contagieuse.

Cette contradiction apparente entre le passé et le présent a été différemment interprétée. On a prétendu que la lèpre pouvait avoir perdu son caractère contagieux. M. Bazin soutient cette opinion, ajoutant « qu’elle n’a pour l’esprit rien de choquant. » D’aulres auteurs croient que la lepre du moyen âge est un type extrêmement complexe dans lequel

ont été confondus un grand nombre d’états morbides, la svphilis entre autres.

Cependant des faits plus récents, et qui ont été communiqués à un comité anglais institué en 1863 pour recueillir les travaux qui ont paru sur la lepre, paraissent donner plus de vraisemblance à l’opinion lavorable à la contagion.

Quelques observations ont été recueillies, qui établiraient la transmission par inoculation directe du pus ulcéreux, ou par contact de ce pus Le docteur Pollard, à la Guyane, prétend que les enfants d’une famille européenne ont contracté la maladie en jouant avec un jeune negre. Les docteurs Duffey, Carney, Van llolst, citent des faits où la iransmission se serait produite entre personnes ayant couché dans le meme lit. Les médecins du Bengale ont faitconnaître des cas semblables. A llonolulu, dans les îles Sandwich, la lèpre inconnue jusqu’alors y lut importée par les Chinois en 1848 ; depuis ce temps la propagation ete telle qu un recensement a signalé 250 lépreux. II. Ilaeser qui relate ces faits, ajoute que, d’après les rapports envoyés au comité’ les

' Ces Jétailssui' la distribulion (léoeraDhioaG (In H lAnno r...i i j

P»r M Iley. [Géographie médicale^) ^ ^ 'Ursch et

“ 11. llacser. Geschichle der cpUemischen Kraahhcilen. lena, 18C5.

i*noüsr, iiYciÈMî.

^7i CLlMATUl.OGlK.

lépreux sont partout évités, et que là où l’isolement est complet la maladie diminue, tandis qu’elle paraît s’accroître dans des condilions inverses.

A la Guyane, depuis l’émancipation, la lèpre envahit les familles blanches. Elle se propage avec une telle rapidité, qu’un dixième de la population en est iniecté (liaure).

A la Réunion, la lèpre grecque n’est pas rare et présente une grande

bizarrerie dans son mode de transmission.

A Santa-Fé, la lèpre est assez répandue pour y avoir nécessité la création d’un hôpital spécial. On la considère comme contagieuse.

A l’archipel des Amis (Tonga -Tabou, Océanie), M. Barthe, médecin de la Sibylle, a vu des lésions qui, d’après les missionnaires, seraient liées à la maladie lépreuse. Dans ce pays, la maladie passe pour contagieuse ; les individus atteints de cette affection sont mis en quarantaine, à quelque caste qu’ils appartiennent. Ils se tiennent eux-menies a 1 ecart, et cachent le plus possible leur inlirmitéG

Toutefois d’autres faits semblent contredire ceux que nous venons

"^^ClmTe curieuse, à la léproserie de la Désirade, où il a été diflicilc d’empêcher entièrement le rapprochement des sexes, la plupart des enfants nés de père et mère lépreux n’ont pas présente la lepre

En Abyssinie, les lépreux ne sont pas séquestrés. Dans quelques iamilles, les mâles sont tous atteints, et les femmes restent indemnes bien uu’elles donnent naissance à des enfants lepreux (Carre).

La question ne saurait être tranchée par aucun de cos exemples. Toutefois je suis entré dans ces détails, parce que la plupart de ces faits m’ont paru curieux par leur opposition avec une »!>'"'<>'> lemcnt acceptée. Mais nous n’avons pas à craindre en ce mon ont I importation de la lèpre, et il faudrait bien d’autres exemples et licaucoiip plus concluants pour qu'eu songeât à prendre contre cette maladie une

mesure restrictive quelconque. .

Je m’arrêterai peu sur la ilmjiic {dimji'e /èw’'*). 'l"»''!’" '

lèpre clicz les iiinnns, et s 1 , , observés csi as.-iez consid.-rablc pour

,Je celle itlVcclion ou -^>'6 : '“,'oork. après avoir essayé d’établir le rarartère oou-

douncr (les imiuiéludos ,e ,o„n„o pèriotlo d’iucubalion. ol dcinandr.

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