INFLUENCE DU MAIUAGE SUR LA CRIMINALITÉ
Après avoir envisagé le mariage en lui -même, sa fréquence, ses rapports avec l’accroissement de la population, nous nous occuperons de rechercher quelle influence il peut avoir sur la criminalité. M. Bertillon, pour atténuer les erreurs pouvant provenir de certaines coïncidences, a basé ses recherches sur deux périodes assez distantes, la piemièrc,
de 1840 à 1845, l’autre de 1861 à 1868.
Cet auteur, qui paraît ici quelque peu pessimiste, n évalue pas la criminalité d’après le chiffre des condamnations, mais considère que la majorité des accusés constitue des criminels qui n ont été acquittés que grâce à l'insuffisance de preuves alléguées contre eux.
Dans tous les cas, il eût été intéressant de laire ces deux calculs différents et la conformité des conclusions, si elle eût existé, eût acquis plus d’importance.
Nous ne donnerons ici que les résultats de la dernière statistique, c’est-à-dire de 1861 à 1868, qui sont en concordance avec ceux delà première. La criminalité des célibataires étant rapportée à 100, celle des époux n’est que 49,25 pour les crimes contre les personnes, elle descend à 45, 50 s’il s’agit d’attentat contre la propriété. L heureuse influence du mariage est surtout manifeste pour la femme ; ainsi le même nombre de vivants, capable de fournir annuellement 100 accusés hommes mariés, en donne 170 parmi les célibataires mâles, tandis que, pour le sexe féminin, le même nombre fournissant 100 accusées femmes mariées, en donne 240 chez les non mariées. Ce rapport, que M. Bertillon appelle le degré de préservation du crime par le lait du mariage, est donc de 1,7 pour les hommes, et s’élève à 2,45 pour les femmes.)
Le veuvage réduit de 100 à 67 l’attentat contre la propriété, tandis qu’il accroît notablement la criminalité contre les personnes (surtout chez les femmes).
La paternité et la maternité apportent aussi une influence extrêmement salutaire.
INFLUENCE DU MARIAGE SUR l’ ALIÉNATION MENTALE.
L’influence du mariage contre l’aliénation mentale est telle, qu’elle réduit le danger de près de moitié, et cependant, l’âge auquel apparaît
DEMOGUAPIIIE.
liabituellement la folie correspond à l’âge probable du mariage. D’après Parebappe, en effet, le danger de l’aliénation présente son maximum entre 50 et 40 ans ; or, sur 10 000 habitants, on trouve 3,68 chez les célibataires, 2,02 chez les époux, et 3,1 chez les veufs et veuves.