IARIAGE CONSIDÉRÉ AD POINT DE VUE DE L AGE DES CONJOINTS
La plus grande fréquence du mariage se rencontre, pour la France, de 25 à 55 ans chez les hommes. 11 en est de même pour l’Italie et la Belgique.
En Angleterre, c’est de 20 à 50 ans que cette période peut être fixée. Les mariages parisiens offrent une particularité singulière, et qui semblerait invraisemblable si les chiffres ne venaient en démontrer la certitude.
C’est à la période où le mariage se produit le plus volontiers en France, c’est-à-dire de 25 à 50 ans, que le nombre des mariages parisiens est le plus restreint; il augmente avec l’àge, et c’est seulement au delà de 40 ans pour les hommes et de 55 ans pour les femmes que, la matrimonialité, atteignant son maximum, égale et surpasse celle de la France entière.
Nous remarquons que, en France, la différence d’âge entre les époux, sensible dans la jeunesse, va en décroissant, puis se nivelant avec les années ; enfin, la tendance est manifeste, chez l’homme ou la femme d’un âge avancé, de chercher en quelque sorte à compenser son âge par la jeunesse plus grande de son épouse ou de son époux.
Le fait est également observable chez l’homme et chez la femme ; la femme ayant plus de 50 à 55 ans prendra un mari moins âgé qu’elle ; le mari de 60 ans choisira une femme de 40. (Y^ Bertillon’).
Les recherches de Salder sur les pairs anglais donnent des indications intéressantes sur le rapport existant entre la fécondité des mariages et l’âge des époux. D’après lui, la fécondité moyenne, de 4,1 enfants par mariage, s’élève à 5,11, l’homme ayant dépassé 26 ans, puis redescend à 4,45 lorsqu’il a de 26 à 56 ans, et enfin à 2,84 si l’homme entre en ménage après sa 56' année. Le résultat d’ensemble est le même chez les femmes. Le chiffre est de 5,15 pour la femme qui se marie avant 26 ans ; 5,5 de 26 à 56 ans ; et 2,89 pour celles
‘ Lorsque le mari a de 23 à 25 ans, la femme a 7 ans de moins; à la période suivante, la différence n’est plus que de 2,4; puis il y a presque égalité d'âge moyen pour les garçons qui épousent des liîles de 30 à 55 ans. Enlin, au delà, l’âge de la femme 1 emporte de 2, puis de 4, puis de7 à 8 ans sur celui de l’époux. Los femmes, se mariant à des hommes de 40 à 50 ans, n’ont que 31,0, c’est-ù-dire ont déjà 12 ans de moins que leurs époux; mais si l’époux est âgé de plus de 00 ans, elles sont de 20 ans plus jeunes (|ue lui.
Plus l’époux e.st âgé, plus l’épouse est relativement jeune ; à partir de 50 à 35 ans pour la femme, le mari est d’autant plus jeune que 1a femme est plus âgée. Cette tendance est beaucoup plus manifeste en France qu’en Angleterre. Ces mariages tardifs se font remai-quer par leur peu de fécondité.
DÉMOORAPIIir:.
qui SC marient apres leur 50" année. Mais, trop jeune, la femme est moins féconde et ses enfants moins viables. En effet, la femme de moins de 16 ans accomplis donne 4,4 de naissances par mariage; .ses enfants ont une mortalité de 28 pour 100. De 16 à 20 ans, on compte 4,65 enfants et 20 décès ; de 20 à 24 ans, 5,21 enfants et 18,8 décès.
Il est donc certain que le mariage hâtif est préjudiciable, et à la fécondité de la mère et à la vitalité de l’enfant. Il serait d’ailleurs extrêmement difficile de chiffrer exactement le nombre moyen des enfants par mariage ; il faudrait pouvoir s’aider, au préalable, d’une statistique qui indiquât le nombre des enfants nés d’un mariage, lors du décès de l’un des deux époux. Mais un tel document n’existe point, et on a recours à un artifice de calcul consistant à diviser les naissances par le nombre moyen annuel des mariages.
M. Bertillon évalue à 2 pour 100 pour l’Angleterre la proportion des erreurs résultant de cette numération. Ainsi, il porte à 4 le chiffre des enfants vivants, pour chaque couple, chiffre ordinairement évalué à 5,9. En France, chaque mariage pris séparément ne fournit que 5 naissances; et encore, à 20 ans, la proportion en est-elle réduite à 1 ,92. Notre population adulte ne se maintient et ne progresse quelque peu, quant au nombre, que par l’appoint que lui fournit la natalité illégitime.
Le tableau suivant donnera quelques indications sur la fécondité relative du mariage dans les différents pays.
T.VBLEAU INDIQUANT LE KOMBIIE THÉORIQUE MOYEN d’eNFANTS PAR MARUGE PENDANT LA PÉRIODE 1801-65 (HONGRIE ET BOHÈME EXCEPTÉES).
ÉTATS
NOMBRE
ÉT.ATS.
NOMBBE.
Honfrrie* (1856-59)
Ecosse
Russie
Hollande
Espagne
Autriche
Boliôme (1850-59) . . . .
Belgique
Italie ....
Angleterre
Norvège
Saxe
Suède*. ...
Danemark
■Wurtemberg
Bavière. .
Prusse
France
* Pour In période dedeux ans.ISGI-Cüaiiiseu
c m’est connue, la fécondité n’a été que de 4,51,
En Suède, où l’on a des documents précis depuis plus dun siècle, la moyenne générale
est dn .1 naissances virantes par mariage. Pmir certaines périodes qiiinqnermaics, elle est
descendue à 5,5 ou 5,7 ; pour d’niitrcs elle s’est élevée à 4,5. Des oscillalions do ccl ordre se reirouvenl à peu prés dans tous ces pays. (Ucrüllon.)
MATRIMOISIALITÉ.