PRÉFACE
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fleure (lu chevalier de la Manche au gros bon sens bien nourri de Sancho, c’esl le eoup de grâce qu’il donne aux rè’verics cl a l’idéal suranné du moyen âge. El Rabelais, dans son plan de l’abbaye de Thélème, dans son récil de l’éduealion de Panlagruel, Irace loul un programme de pédagogie el d’enlraîncmenl, où les plus haules queslions d’hygiène sonl abordées et résolues avec une singulière clairvoyance.
kn di.x-huitième siècle correspond un progrès nouveau et décisif. La philosophie, quittant les hauteurs abstraites el sereines où se tenaient Pascal, Newton, Leibnitz, devient plus inquiète el plus militante; elle s’enquiert de tout, s’intéresse et s’attaque à loul ce qui louche à l’homme. L’Encyclopédie, qui résume ce prodigieux mouvement, consacre à la fois cl la nécessité de la division du travail, imposée par l’extension des connaissances humaines, et l’utilité à les réunir en faisceau en vue de l’amélioration el de la rénovation sociale. L’hygiène devait avoir sa part dans celte grande œuvre de revendication, et les plus grands parmi les philosophes pui.senl largement à celte source : Voltaire • mettait autant de passion à répandre parmi nous l’inoculation qu’à proclamer la liberté de conscience; il demandait aussi bien l’assainissement de Paris que la réforme judiciaire. Et son émule de gloire et d’influence, J. J. Rousseau, c’est au nom de l’hygiène surtout qu’il élève ses protestations éloquentes ; le chimérique retour à l’étal de nature, qui fait le fond de son prestigieux système, c’est avec des arguments empruntés à l’hygiène et à la physiologie qu’il se plaît surtout à l’étayer.
Nous voici, par celle rapide esquisse, amené à l’époque contemporaine. 11 nous faudrait maintenant, comme trait final, indi- <[ucr le rôle et la mission que revendique l’hygiène dans nos sociétés actuelles.
Nous ignorons le jugement que l’histoire prononcera sur notre siècle, mais dès à présent il est permis d’en proclamer la grandeur et de signaler l’étendue des progrès accomplis. 11 est devenu banal de parler des merveilleuses applications de l’électricité et de la vapeur, mais il est constant qu’elles ont multiplié la
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PUÉKACK.
puissance de l’Iiomme dans des proportions inouïes. Mieux armés dans la luUe contre la nature, plus loris, plus intelligents, plus instruits, nous sommes aussi plus nombreux, plus heureux, et nous vivons plus longtemps (pie nos devanciers. Le travail des machines, se substituant au travail musculaire, ariranchit charpie jour une plus grande portion des humains du dur labeur manuel et lui crée des loisirs dont l’intelligence ainsi rjue l’hygiène font leur profit.
Déjà notre monde occidental est presque assuré contre la famine, naguère encore notre grande ennemie; et le temps, sans doute, n’est pas éloigné où ce fléau cessera aussi de peser sur l’Orient.
Au milieu de cet avancement général, les sciences médicales ne sont pas restées en retard, et tout naturellement leurs perfectionnements ont dù retentir sur l’hygiène proprement dite. Mieux renseignés sur la nature et les causes des maladies, nous savons aussi mieux les prévenir. La connaissance plus précise des conditions qui président aux affections virulentes et miasmatiques permet aussi de formuler avec plus de vigueur leur pro- . pliylaxie. C’est ainsi qu’en gagnant plus de compétence, la voix de l’hygiéniste a su du même coup acquérir plus d’autorité; il est permis d’espérer que bientôt elle sera prépondérante dans la société, et qu’au lieu de formuler des vœux elle pourra dicter des lois.
Enfin, c’est à notre époque que, pour la première fois, et grâce à l’initiative de notre pays, les gouvernements européens se sont coalisés contre les grandes épidémies. Dos conférences se sont réunies à Paris, à Constantinople et à Vienne; et si les n'sultats obtenus ne sont pas encore décisifs, les hases d’une hygiène nouvelle, l’hygiène internationale, n’on demeurent pas moins défi niti veinent établies.
A. PllOLST.
Mai 1877.