‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 58 sur 298 · ACCROISSEMENT ANNUEL DE LA POPULATION EN FRANCE · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT ANNUEL DE LA POPULATION EN FRANCE

PÉRIODES. ACCROISSEMENT ASNDEL.

La population de la France de 1856 - 1861 a présenté un accroissement annuel de 35 pour 10,000. En poursuivant une aussi faible progression, il lui faudrait 198 années pour arriver à la période de doublement.

La population rurale a un accroissement plus que double de la population urbaine; cette dernière s’enrichit principalement par l’immigration*.

* Il est nécessaire, dit Quételet, de connaître non-seulement de combien d’individus une nation se compose, mais encore de quelle manière chaque individu parvient à pourvoir à ses moyens d’existence ; témoin l’Irlande qui s’accroît annuellement de 2,45 et neugerait que 28 ans six mois pour doubler sa population. Un seul individu de telle nation consomme autant que trois individus dans telle autre. La qualité de l’accroissement mérite donc d’être considérée autant que la quantité. S’il est dû à une exubérance de naissances coïncidant avec une forte mortalité des adultes, il n’a aucune valeur.

•1 f II "■ ^ 1865, pour donner 400 naissances, correspondant à 83,22.décès,

il fallait 3880 habitants de la population rurale, présentant par conséquent un accroisse-

fC DÉMOOnAPIlIE.

M. Lagneau a appuyé l’opinion de MM. Dubois d’Amiens, Boudin, Gratiolct et de Qualrefages, relativement à l’extinction rapide des familles parisiennes, et prenant pour exemple l’année 1860, il a établi que l’on ne saurait considérer la population du département de la Seine comme étant en voie prospère sous le rapport anthropologique. Il explique ainsi les résultats en apparence contradictoires de la statistique de 1860 (0,45, département de la Seine; 0,07 population urbaine, et 0,27 population rurale).

Sans doute l’excédant des naissances dans une population fixe impliquerait forcément un accroissement physiologique. Mais le département de la Seine s’enrichit par deux mouvements opposés : en diminuant par l’émigration le chiffre de sa population à forte mortalité, en augmentant par l’immigration la proportion de sa population à mortalité relativement minime ; c’est-à-dire que le plus grand nombre des nouveaux-nés de la Seine vont mourir dans les départements voisins, où ils ont été envoyés en nourrice, tandis que le département de la Seine reçoit des différentes régions de la France une énorme émigration d’adultes de 15 à 45 ans qui, se trouvant à une époque de la vie à mortalité relativement faible, viennent encore décharger la mortalité générale.

11 faudrait pouvoir séparer les décès des individus nés vivants dans le département de la Seine des décès de ceux qui n’y sont qu’immigres, distinction que ne donne pas le rapport des décédés aux vivants d un certain âge, qui exprime seulement la mortalité de cet âge.

Les nouveaux-nés, en raison de l’énorme mortalité qui pèse sur eux, doivent être l’objet d’un dénombrement particulier. 11 faut rechercher la différence existant entre le nombre des naissances (mort-nés non compris) , c’est-à-dire des enfants nés \ivants, à celui des enfants survivants à 5 ans, âge auquel les petits Parisiens envoyés en nourrice semblent être rentrés dans leur famille, ainsi que 1 atteste la cessation de l’accroissement progressif du nombre des enfants de 0 à 4 ans, recensés dans ce département.

M. Lagneau a comparé le nombre des enfants nés vivants en 1856 avec celui des survivants âgés de 4 à 5 ans lors du recensement de 1861 ; il a trouvé les résultats suivants :

Pour la France entière, les enfants nés en 1856 sont réduits de

ment annuel physiologique de 10,78 individus, soit 43 pour 10,000, tandis que pour donner 100 naissances, correspondant à 92,73 décès, il fallait 3,570 liabilantsdeja population.urbaine, présentant donc un aecroissement annuel physiologique de 7,27 individus, soit 20 pour 10,000 (t. XIII de la Slatisliyue de France).

Page 1