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I.’IIOMME CONSIDÉnÉ COMME INDIVIDU

De rnUnitcmcni mixte cl du sevrage. — Nous avons (Halili (|u’oii ne (lüil donner à l’enlant pendant les Iniil premiers mois <pie du lail, il nous reste à examiner les questions suivantes : A quelle époque est-il nécessaire d’ajouter à la nourriture de Kenfant d’autres aliments? A quelle époque l’allaitement doit-il cesser d’une façon définitive?

Pour résoudre le premier point, nous devons envisager nécessairement l’état de la nourrice naturelle ou mercenaire, et l’état de l’eulanl. 11 est des femmes qui peuvent, sans aucun inconvénient pour leur santé, fournir exclusivement pendant un an et même dix-huit mois la nourriture d’un enfant. 11 en est d’autres, au contraire, qui ont besoin d’être aidées plus tôt, en raison de la fatigue, de la déprc.ssion qu’éprouve leur organisme par le fait de l’allaitement. Dans ce dernier cas, du lait de vache ou de chèvre sera donné pur dans la journée ; le sein ne sera offert que cinq ou six fois dans les vingt-quatre heures.

Quelle que soit la petite quantité de lait fournie par l’appareil mammaire, il faut la conserver, car c’est une ressource qui devient très-précieuse en cas de maladie de l’enfant.

Règle générale, on peut commencer à donner à l’enfant quelques aliments après la première année. Mais encore le lait, le pain, les œufs devront-ils former la base de cette alimentation. La viande ne constitue une nourriture convenable que vers la deuxième année. Quant an vin, toujours mélangé d’eau, il doit être donné avec la plus grande parcimonie pendant les premières années.

L’époque qui doit marquer la fin de l’allaitement n’a rien à faire,ainsi que bien des personnes le croient, avec le calendrier, mais elle sera subordonnée à l’état des facteurs en cause.

Du côté de la mère, on voit la sécrétion lactée diminuer progressivement; du côté de l’enfant, les dents apparaissent: telles sont les véritables causes qui doivent amener la séparation véritable et définitive de 1a mère et de l’enfant; séparation que la section du cordon ombilical n’avait rendue qu’incomplète. L’allaitement, en résumé, doit se terminer d’une façon graduelle, et la transition entre rallaitemenl et le régime nouveau sera bien ménagée. 11 est bon aussi, quand on le peut, de ne sevrer les enfants que dans l’intervalle qui sépare l’évolution de deux groupes dentaires, mais il n’est pas nécessaire d’attendre l’apparition des dernières molaires.

Sommeil. — \ eiUe. — Exercice. — Dans les premici's temps de son existence, le sommeil de la nuit ne suffit pas à l’enfanl ; il doit encore dormir |)cndant la journée : on peut même dire cpi’alors il ne ait que tcler et dormir (béclard). L’enfant doit avoir sa couche à

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(Ijcrceaii on lit) ; il ne doit pas être placé aux cotés de sa mère, de sa nourrice on d’autres enfants. Les matériaux sur lesquels il repose doivent être entretenus avec la plus grande propreté; de plus, ils doivent être disposés de telle façon que l’enfant, qui est en ce moment presque entièrement passif, ne puisse tomber.

Nous préférons un petit lit privé de rideaux, an berceau, car ce dernier, quoique plus coquet, et par cela même préféré par les mères, et presque exclusivement employé, offre de nombreux inconvénients. Les rideaux surtout empêchent l’air de circüler librement ; de plus, le berceau expose l’enfant à des chutes plus ou moins malheureuses. Quant au berceau parachute que nous avons vu à l’Exposition d’hygiène de Bruxelles, nous ne l’admettons qu’avec la plus grande réserve, car l’enfant se trouve placé dans un milieu par trop confiné. L’usage de bercer les enfants, qui remonte bien haut, puisque, dit M. Béclard, Martial, dans ses Épigrammes, fait allusion à un certain Charydème qui était son berceur, a le grand inconvénient de faire contracter à 1 enfant une habitude qu’il devient difficile plus tard de détruire. Au fur et à mesure que l’enfant grandit et se développe, le sommeil du jour devient moins nécessaire, et à l’àge de deux ans, il 'peut, sans porter préjudice à la santé de l’enfant, être supprimé tout à fait. Quant à l’exercice, on peut formuler le précepte suivant : Depuis le moment de sa naissance, l’enfant doit posséder la pleine et entière liberté de ses mouvements. Porté dans les bras de sa mère ou de sa nourrice jusqu’à l’àge de cinq ou six mois, il doit être, à cette époque, placé sur un tapis, couverture, etc., et laissé en liberté. Il commence alors à' exécuter certains mouvements,, il exerce son appareil musculaire. On le voit se retourner d’abord, puis, après bien des elforts, tôt ou tard couronnés de succès, parvenir à s’asseoir, et enfin, après une période' d’équilibre instable, se tenir debout, quitter tout point d’appui et marcher seul : fait qui se produit généralement de un an à di.x-huit mois.

PATHOLOGIE DU NOUVEAU-NÉ ET DE l’eNFANT.

C’est par le trouble apporté aux fonctions respiratoire d’une part, digestive de 1 autre, doubles fonctions nouvelles et auxquelles le petit enfant ne lait, en quelque sorte, que s’essayer, que tient la formidable mortalité que 1 on constate à cet âge. La moindre bronchite, le plus léger coryza, peut être mortel pour le nouveau-né, en entravant l’hé-

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nialose, en prodiiisanl l’aspliyxic lente, le refroidissement giaduel et la mort. De même, nn lait altéré ou insuffisant, l’usage du Itiheron, déterminent des diarrhées et des vomissements incessants, l’amaigrissement progressif, l'acidité des premières voies, le développement du . mu"uet, enfin cet état de cachexie et d’inanition graduelle dont M. Parrot a retracé de main de maître, sous le nom collectif à’alhrepsie, le tableau à la fois clinique et anatomo-pathologique’.

En un mot, si l’on voulait caractériser d’un trait unique la physio- ' nomie de cette pathologie du nouveau-né et de la première enfance, on pourrait dire qu’elle frappe surtout par le peu de résistance des sujets, qui fait que la moindre atteinte, portée à l’économie et surtout aux ■ fonctions respiratoire et digestive, peut être rapidement fatale ; toute bronchite peut promptement mener à l'asphyxie; toute indigestion, i toute alimentation défectueuse peut entraîner une diarrhée colliquative, et la déchéance rapide et finale qui constitue l’athrepsie.

Cette vulnérabilité, ce défaut de résistance, se retrouve encore dan s l’histoire pathologique de l’enfance proprement dite; la peau délicate, les muqueuses sensibles à l’extrême présentent volontiers des éruptions, des inflammations catarrhales interminables, avec tendance aux récidives et à la chronicité. Ces lésions de surface retentissent, comme toujours, sur l’appareil ganglionnaire, qui, irrité chroniquement, s engorge, devient le siège d’inflammations caséeuses ou suppuratives.

A tous ces traits, on a reconnu la maladie scrofuleuse, qui, en réalité, consiste surtout dans la vulnerabdite excessive des sui laces cutanées et muqueuses, et des appareils lymphatiques qui eu dépendent. La tuberculose, dont les liens avec la scrofulose sont si étroits, frappe . aussi cruellement cet âge, et dans ses formes les plus gla^es, les plus généralisées, et les plus rapidement destructives.

L’enfance est aussi singulièrement prédisposée aux affections du système nerveux, surtout aux inflammations aiguës du cerveau et de ses enveloppes (méningite simple ou tuberculeuse, encéphalite, etc.)., On a expliqué cette fréquence par le rapide développement que subit l’ap- i pareil céphalo-rachidien après la naissance (il double de volume de un J an à deux ans. Ch. West), et par la prédominance (jue tend de plus j en plus à acquérir la vie de relation sur l’cxisteuce jusque-là pure- j ment végétative de l’enfant. Même quand les centres nerveux ne j sont jias directement atteints dans les maladies infantiles, ils souffrent presque toujours, par voie sympathique ou réflc.xe, et traduisent leur

• Voyez l'oiTol, Leçons sur l’aUircpsic [Progrès vtcdical, 1874). !

L'HOMME CONSIDÉRÉ SUIVANT LES AGES

souffrance par un symptôme capital, les convulsions. Dans une pneU’ monie, dans une pleurésie, dans l’affection la plus simple et la plus franche, dans une angine, là où l’adulte frissonne a peine, la maladie s’annonce chez l’enfant par des convulsions d’une violence souvent extrême. Ces convulsions naissent quelquefois à la suite du simple réflexe développé par le travail sourd de la dentition ou par la présence de vers dans l’intestin. De sorte que l’on peut dire que ce n’est pas seulement le délire, mais le simple frisson fébrile de l’adulte, qui, chez l’enfant, est remplacé par des convulsions ; preuve de l’activité extrême du pouvoir excito-moteur de la moelle et aussi des centres moteurs cervicaux, à cet âge de la vie.

. Tous les auteurs s’accordent à répéter que l’enfance est particulièrement prédisposée aux maladies contagieuses, aux fièvres éruptives notamment; ainsi formulée, la proposition n’est peut-être pas vraie absolument; si les enfants payent surtout leur tribut à ces maladies, cela tient peut-être moins à une prédisposition spéciale qu’à ce fait que les adultes, ayant déjà subi la maladie dans leur enfance, ont ainsi acquis l’immunité vis-à-vis une nouvelle atteinte. L’histoire des épidémies de rougeole observées aux îles Feroô par Panum est bien instructive à cet égard.

L'hygiène scolaire sera étudiée dans les paragraphes consacrés à la gymnastique, aux maladies professionnelles, aux édifices publics , etc.

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