DES OS. — PROFESSIONS QUI PROVOQUENT CES TROUBLES
Le mouvement professionnel peut, dans certains cas, devenir une cause d’inflammation des gaines synoviales tendineuses. Ç’est généralement aux tendons des muscles extenseurs que cette affection se montre, provoquée par la répétition bien plus que par la violence de leurs mouvements.
La plupart des professions, dites manouvrières, déterminent au poignet l’affection qui porte le nom à'aij; plus rarement comme chez les fadeurs ruraux et les briqueliers qui mâchent la pâte, on rencontre une inflammation des gaines tendineuses et des muscles du pied.
M. Gayet, de Lyon, a observé chez les teinturiers, chargés du tor~ dage des soies, des accidents inflammatoires aux articulations radiocarpienne et huméro-cubitale du membre supérieur droit, avec douleur souvent assez vive pour obliger l’ouvrier à suspendre momentanément ses occupations.
Chez les briquetiers employés au moidage, travail qui consiste à pétrir l’argile et à la fouler dans les moules avec les mains, on observe une crépitation des gaines tendineuses des extenseurs et des fléchisseurs au niveau du carpe. Cette répétition, accompagnée souvent d’une légère douleur, se montre quand, après le chômage d'hiver, les ouvriers reprennent leur travail. Au bout de quelques heures celte synovite disparait.
La rétraction de V aponévrose jmlmaire s’observe chez les manouvriers qui sont exposés à des pressions fréquentes, à des chocs hrusipies des mains ; chez les cochers, qui tiennent constamment leur fouet serré ; chez les maîtres d'armes, par le manieincnt'régulier du fleuret ; ehez les ouvriers tenant le brunissoir , etc.
Le massage, la gymnastique des doigts, sont utiles pour combattre préventivement la rétraction.
La contraction exagérée du muscle peut provoquer des accidents, des ruptures de tendons ou de fibres musculaires. Pâtissier cite l’exemple de rupture défibrés des muscles du mollet chez les danseurs de corde.
L'HOMME AU POINT DE VUE DES PROFESSIONS
Wildbore et Willard Parke ont tous deux vu la fracture de la clavicule se produire chez des cochers, au moment où ils donnaient un coup de fouet.
11 faut encore signaler cet accident particulier qui consiste dans une espèee de tremblement convulsif, qui, chez les écrivains, atteint le pouce seul ou les trois premiers doigts de la main droite, les empêchant de tenir la plume. Nommée crampe des écrivains, parce que c’est chez eux qu’elle a d’abord été observée, cette affection peut être la conséquence de la continuité d’une foule de mouvements professionnels analogues.
C’est ainsi que l’on peut la rencontrer chez les menuisiers, par l’usage du tampon (vernissage); ces ouvriers sont en outre exposés à la rétraction des doigts ; on la voit également chez les graveurs, les pianistes, les compositeurs d’imprimerie.
Chez les rouleiises de cigares, la crampe atteint la main et l’avantbras droit. La peau des doigts est insensible, et l’affection se termine, après une série de récidives, par de la raideur et de la déformation.
Cette affection, nommée spasme fonctionnel par Duchenne de Boulogne, a été décrite par Bcnedlk sous le nom de névrose coordinatrice des professions.
ClIAPl.TRE V
ACCIDEMS PROFESSIONNELS DU CÔTÉ DE l’aPPAREIL RESPIRATOIRE, ET PROFESSIONS QUI LES PROVOQUENT
Avec Pâtissier*, nous admettons toute une grande cla.sse de maladies causées par l’inspiration de corpuscules qui, se mêlant à l’atmosphère sous lornie de vapeurs ou de poussière, pénètrent dans les organes pulmonaires et en troublent les fonctions.
Nous étudierons dans deux chapitres distincts l’action différente des poussières et celle des gaz et vapeurs ; nous nous occuperons d’abord de l’inhalation des poussières.
' Traité des maladies des artisans. l’ai'is, 1822.
L’HOMME CONSIDÉHÈ COMME INDIVIDU
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