‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 8 sur 298 · RAMEAUX · texte numérisé non relu

RAMEAUX

FAMILLES

GROUPES

EXEMPLES

Chinoise.

Chinoii.

Annamite.

Cocbincbinois.

Sinique.

Indo-chinoise.

Thaï.

Siamois.

Mongole

ou

méridionale.

Barman.

Birmans.

Tibétaine.

Boliya.

Néwar.

Turcoman.

Tiltétains.

Népalicns.

Usbecks.

Jaune

Touranien.

Turque.

Osmanli.

Nogai.

Osmanlis.

Nogais.

Yakoule.

Yakoutes.

mongoliquc.

Mongole.

Kalmouks.

Tongouse.

Mandchous.

Ougrienne ou boréale.

Ougrien.

Samoyède.

Yarak.

Koïbal.

Yaraks.

Soyots.

Yogoule.

Osliacs.

RACES n£:gres pures ou regardées comme telles

TRONC

BR.VNCHES.

R.AMEAUX.

FAMILLES

GROUPES

EXEMPLES

Négrito.

Malais.

N. Malais.

Mincopie.

Mincopies.

Mélané-

Néo-Calédo-

sienne.

nions.

Tarnélan.

Tarnélan.

Tamétans.

Nyambanc.

Nyambanes.

Mozambique.

Mozambique.

Banyaï.

Amakondés.

Banyaïs.

Caire.

Matébélé.

Zouloiis.

[ Cafrienne,

Béchuana.

Bassoutos.

Congo.

Congos.

Nègre

Africaine.

Guinéens inlé-

Balantcs.

Suzé.

Balantcs.

Suzés.

élhiopique.

rieurs.

Éboë.

Mandingue.

Ibos.

Mandingues.

Guinéens

proprement

dits.

Sulima.

Suliinas.

, Guinéen. (

Tymaney.

Quoja.

Foy.

Tymaneys.

Quojas.

Widahs.

Pongwé.

Pongwés.

Guinéens supé-

Féloupe.

Féloupes.

rieurs.

Aschanli.

Aschantis.

Soudanicnne.

Bomouéens.

Nilotiquc.

Nubis.

Saah.

Houzouana.

Boschismen.

Quaqua.

Hollcntots.

anthropologie générale. 8

Une remarque générale et qui s’applique à tous ces tableaux, c’est que ces classifications sont loin d’être définitives, et que, comme dans toute classification, les formes de transition sont plus ou moins sacrifiées. Un peu partout, mais en Asie surtout, il existe des races mixtes, où les trois éléments blanc, jaune et noir sont souvent mélangés d’une façon inextricable. Telle est la race japonaise et surtout la race malaisienne, où les trois éléments essentiels ont été mêlés, fondus en toute proportion, croisés et recroisés entre eux, et avec des races dites métisses, si bien que l’anthropologiste éprouve les plus grandes difficultés lorsqu’il tente d’apprécier les rapports de ces populations entre elles et avec les types fondamentaux. (De Quatrcfages.)

Cet embarras est encore plus grand quand on aborde les races américaines, qui n’ont pas trouvé place dans les tableaux précédents ; tout ce que l’on peut affirmer, c’est que ces races se rattachent plus ou moins intimement au type jaune, quoique quelques-unes d’entre elles présentent les attributs de la race blanche à laquelle elles se rattachent probablement (groupe boréal, Peau.x-Rouges?) et que même le type nègre pur a été trouvé dans l’isthme de Darien, au moment de la conquête.

L’étude des races européennes nous intéresse particulièrement et c’est elle qui est la plus instructive, car elle dispose des documents les plus riches, tant paléontologiques qu’historiques, craniologiques et linguistiques ; on nous permettra à ce sujet l’exposé succinct des plus récentes découvertes.

Nous savons peu de chose touchant la configuration et la race probable des restes paléontologiques de notre Europe. Toutefois, d’après les quelques vestiges que nous possédons (crânes d’Engis, de Néanderthal, d’Eguisheim), l’homme contemporain du silex taillé et du mastodonte avait un crâne presque simien et se rapprochait, pour la configuration générale, des Polynésiens actuels les plus dégradés. Les populations lacustres etcelles quise servaient du silex poli présentent déjà des crânes mieux conformés, rappelant par ses proportions celui des Kalmouks actuels; cette race sc rapprochait probablement de la famille touranienne.

Pendant que l’Europe avec sa population primitive était encore en plein âge de pierre et ne s’élevait pas au delà du degré de culture, que décèlent les habitations lacustres, le bassin méridional de la Méditerranée devenait le siège de la première véritable civilisation. Dans la vallée du Nil, une race blanche, les Couschites (Coptes actuels) fondèrent une société puissante, des villes opulentes ; ils avaient

ANTHROPOLOGIE

une tradition, une écriture, des monuments, des institutions et des dynasties, alors que l’Europe luttait encore contre les grands mammil'ères et ignorait l’usage des métaux.

Une autre branche de la race blanche, la race sémitique, entra plus tard dans la civilisation, mais lui fil franchir une étape plus décisive. Ninive, Bahylone égalèrent mais ne purent dépasser les meneilles architecturales entassées dans la vallée du Nil ; cependant les Phénicieas, en inventant l’écriture phonétique, enrichirent l’humanité d’un de ses plus puissants instruments de travail, et le rameau hébraïque de la famille sémitique, par ses aptitudes spéculatives, arriva à la notion de l’unité de la divinité et à un dogme religieux d’où le christianisme devait dériver directement.

Cependant c’était la plus jeune des races blanches asiatiques, la race aryenne, qu’attendaient les destinées les plus hautes. Elle était encore renfermée dans la vallée supérieure de l’O.xus, alors qu’au bord du Nil et de l’Euphrate s’élevaient déjà des sociétés puissantes. Mais déjà la race aryenne possédait les principaux attributs qui devaient lui assurer la suprématie et le premier rang dans la famille humaine. « C’est aux Aryens que l’Europe de nos jours se rattache directement Elle leur doit ses mœurs, ses tendances, ses idiomes ; elle tient d’eux la hardiesse et la flexibilité, la vigueur et la grâce, la fécondité d’invention et l’idéalisme tempéré par un juste sentiment du réel, qui caractérisent son génie. » (Littré.)

Par des émigrations successives et en suivant différents courants, la race aryenne s’est l’épandue dans l’Europe. Les Hellènes, les Latins, les Celtes, les Germains, les Slaves forment les rameaux de cette souche privilégiée, qui, partie des plateaux de l’Imaûs, devait conquérir le monde.

C’est par l’étude des langues, mieux que par tous les autres caractères ethnographiques, que l’on a pu, de nos jours, suivre pour ainsi dire pas à pas et avec une rigueur presque mathématique celte filiation si curieuse. « Les langues aryennes, répandues aujourd’hui dans le monde entier, se rattachent toutes à l’ancien sanscrit et au zend, et par eux à la langue d’un petit peuple qui habitait, il y a six mille ans, les montagnes de l’.Lsie intérieure. » (Littré.) Du reste, cette langue, ainsi que les idiomes qui en découlent, langues à pexion, comme disent les linguistes, se prête particulièrement à traduire toutes les nuances et toutes les délicatesses de la pensée. Les langues sémitiques, plus raides, plus immuables, moins llcxibles, étaient d avance condamnées à une diffusion moindre. Quant aux langues agglutinatines

(les races touraniennes et jaunes, elles répondent évidemment à un développement moins avancé de l’esprit humain.

C’est donc à la race blanche et au rameau aryen qu’appartient la suprématie définitive ; mieux douée que les autres, elle sort victorieuse de la lutte pour l’existence. Le Nouveau -Monde lui appartient tout entier; l’Australie, le haut Orient, l’Afrique elle-même sont serrés de près et envahis de toutes parts. L’issue est facile à prévoir et ne saurait être douteuse. Mais la lutle n’a fait que se déplacer; c’est entre les différents rameaux de la famille aryenne que le combat sévère pour l’existence (ou pour la prépondérance, car, au point de vue historique, c’est tout un) s’accuse de plus en plus ; et l’avenir seul décidera lequel de ces rameaux, latin, germanique ou slave, est le plus vigoureusement trempé pour le combat et saura s’assurer la victoire.

Ainsi envisagée dans sa lente et pénible évolution, 1 histoire de l’homme est pleine d’enseignements; elle nous montre la loi nécessaire, inéluctable du progrès, delà lutte et de la perfectibilité; elle nous apprend que si certaines races, après avoir brillé d’un vif éclat, déclinent, s’effacent et finissent par disparaître, c’est qu’elles n’ont su, par le travail et l’exercice incessant, maintenir la suprématie primitivement acquise. Pour l’hygiénisle en particulier, ce tableau est instructif ; il y puise une conviction nouvelle de la nécessité d’exercer et de développer toutes les facultés humaines, de fortifier les corps et d’aiguiser les intelligences. La prospérité des individus et celle des sociétés sont à ce prix.

Ethnogénie de la France.

Bibliographie. — I’ezroîî. De l'antit/uilé de la nation et de la race des Celtes, 1703.

Vivien de Saint-Martin. Origine des Kymris et des Gaëts, in Btdletin de la Société elh- ■ nologique. 1840. — Grimh (Jacob) undPiCTET. Ueber die Marcellinischen Formeln, Marcellus Burdigalensis, in Abhandlungen der Berliner Akademie. 1855. — Broca. Becherches sur l ethnologie de la France. 1859. — Nouvelles recherehes sur V anthropologie de la France en général et de la basse Bretagne en particulier. 1868. [Mém.dela Société d’anthropologie.] — Qu’est-ee que les Celtes? (Bull, de la Soc. d’a/Uhrop.)W<i. — Pé- RiER. Fragments ethnologiques sur les Gaëls et les Cymris. Paris, 1 857. — Lagnead. Des Gaéls et des Celtes (Méni. de la Société d’anthropol.). 1800. Et art. Celtes in Dict. encyclop. des sciences médicales. — G. Lagnead. Notice questionnaire sur l'anthropologie de la France, dans le Bulletin de la Société d'anthrojmlogie, 1861, t. II, p. 527-417. — P. Broca. 5i<r la prétendue dégénérescence de la population française. 1867.

Il nous faut maintenant quitter le terrain des considérations générales, pour serrer la question de plus près et pour étudier sur un espace plus étroit les questions ethnographiques, dont nous n’avons envisagé jusqu’à présent que les côtés les plus élevés. Et s’il faut, sous ce rapport, donner la préférence à un pays sur les autres, notre choix ne saurait être douteux : c’est en France que nous écrivons, c’est sur la terre de France que nous voulons puiser les éléments de cette étude plus détaillée et qui jusqu’à présent n’avait jamais été abordée, à ce point de vue, par aucun des auteurs qui ont écrit sur l’hygiène.

Nous voulons examiner, sous le rapport de Vhygiène privée et publique, la composition ethnogénique 'de la population française, indiquer les caractères physiques, les aptitudes diverses, les conditions vitales de chacune de ses races considérées séparément, réunir dans un tableau d’ensemble le résultat de toutes ces analyses, et formuler enfin les conclusions pratiques qui en découlent, soit au point de vue de la législation, soit au point de vue de l’administration, soit au point de vue médical.

Depuis quelques années seulement cette science a été traitée avec précision en l' rance, où elle a été, en quelque sorte, créée par la Société d’anthropologie', et déjà l’hygiène lui est redevable de considérations importantes.

* La Société d’anthropologie a été fondée en 1859; tout le inonde sait la part décisive prise par M. Broca é sa création et à son développement.

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