III. — PROPRETÉ DU LINGE ET DES VÊTEMENTS
La propreté corporelle se compose, avons-nous dit, de deux éléments : Les bains et les lotions d^une part, le changement de linge et le soin des vêtements de l'autre.
I. Changement de linge. — Le linge a été longtemps un objet de luxe. Son prix élevé, son entretien, le blanchissage coûtaient fort cher. On craignait d'user le tissu et on en changeait fort rarement. Le progrès deTindustrie du savon d'une part, l'emploi des machines qui ont permis dp livrer à très bas prix les tissus de coton de l'autre, ont mis le linge à la portée de tout le monde et permis de le renouveler plus souvent. Toutefois, dans le peuple, on se borne encore à changer de chemise une fois par semaine et cela n'est pas suffisant pour les ouvriers qui vivent au milieu des poussières et qui sont fréquemment en transpiration.
Les gens du monde en changent tous les deux jours, et les raffinés, les hommes qui sont tous les soirs en représentation changent de chemise tous les jours. Ceux qui portent des gilets de flanelle, s'ils tiennent à être propres, doivent en changer deux fois par semaine, il faut faire de même pour les caleçons et les bas quand ils sont de couleur. Quant à ce qui concerne le blanchissage, nous en avons parlé au chapitre 111.
lY. Nettoyage des vêtements. — Les vêtements de laine ou de soie qui ne sont pas en contact immédiat avec la peau, ne se salissent pas aussi promptementque le linge ; mais, s'ils sont moins souillés par le corps qu'ils recouvrent, ils sont en revanche bien plus exposés aux contaminations extérieures. Les étoffes de laine, par les villosités dont elles sont couvertes, retiennent avec la plus grande facilité les poussières flottant dans l'atmosphère avec les germes qu'elles contiennent ; elles recueillent même les parasites visibles et les médecins en savent quelque chose. C'est pour cela que la désinfection des vêtements est le complément de celle des habitations, après les maladies infectieuses et nous nous en occuperons dans le chapitre consacré à la prophylaxie ; mais dans les conditions ordinaires de la vie, il n'entre pas encore dans les mœurs d'envoyer ses vêtements àl'étuve, quand ils n'ont pas été exposés à la contagion. On se borne à les nettoyer le mieux possible à l'aide du martinet et de la brosse et en les exposant au grand air. Lorsqu'ils sont (îou verts de taches, on les envoie ch(»z le dégraisseur (»t tout se borne là. On en viendra peut-être un jour à reconnaître qu'il faut faire davantage,
qu*il est nécessaire de surveiller les boutiques des fripiers où s'entasse la défroque des malheureux, où Ton reçoit sans examen, les vêtements les plus suspects, d'où partaient si souvent, au moyen-àge, les épidémies de peste et d'où la variole s'échappe souvent encore aujourd'hui. On a déjà pris des mesures do désinfection pour les monts-de-piété ou les vêtements déposés sont passés à l'étuve. On fera certainement de même pour Fhôtel des ventes et les hygiénistes le demandent tous, il n'y a pas de raison pour ne pas prendre les mêmes précautions à l'endroit des boutiques de fripiers.