V. — ETHNOGÉNIE DE LA FRANCE
La Franco est le pays qui nous intéresse le plus directement et c'est le seul dont nous étudierons Tethnogénie. Il est peu de contrées dont la population présente un aussi haut degré d'homogénéité, ^ pourtant elle est issue des éléments les plus divers. Gela tient à sa situation géographique. \jk plupart des migrations asiatiques en marche vers l'occident oht passé sur la France.
Tous les autours s'accordent pour distinguor, dans les habitants des Gaules, trois types fondamentaux, auxquels sont venus se surajouter accklontollomont des races moins importantes et qui n*en ont que fort pou modifié les caractères.
L Races Ibndamiitala». — Les trois races distudes par leur origino, hmr langue et leurs institutions qui oot formé b base de la populaUon française sont : 1"^ k^ rWf^, dont le pays s'étendait de b Garonne à b Soino ol à b Mamo : 2" les AquUmns ou Ibères, fixés entre les Pyrénées ot b (laronno : 3"^ les Belgos ou Gaèh^ occupant b région comprise ontro b Soino ot rKscaut. A ces trois types fondamentanx sont venus se sttmioutor dos tirées, dos iiomains, dos Sbvos, des Gennains et des Sémîtos : mais ces éléments advontioes n on ont qne fort peo modifié les oamotèros,
t^ Iwos iVItos forment b base do notre popnbtkm : lenr origine asbtique n est pas bien domonti^. ainsi que nous Tavons exposé (dus haut ; m«bK aussi loin qifon peut remonter dans le passé, on les trouve fixés 4ans b n^on que niMis avons indîqnôe : il est donc rationnel de les ivijïardor oommo Ahori^i^i^^esi. Ib sont moins andens qpM les Adna, qne
les Ligures et surtout que les Basques^ et paraissent avoir succédé à la race dolicocéphale de Cro-Magnon, Le !> Lagneau leur assigne les caractères suivants : crâne globuleux, assez volumineux, sous-brachycéphale ; capacité crânienne d'environ 1,500 centimètres cubes, front large de plus de 12 centimètres, diamètre bizvgomatique de près de 13 centimètres, quoique les arcades zygomatiques soient peu saillanles; cheveux lisses, plats, cbàtain-clair dans Tenfance, bruns ou châlain-foncè dans Tâge adulte ; yeux à iris souvent gris-clair, teint coloré, cou court, épaules larges, poitrine bien développée, courbures rachidiennes peu prononcées, tronc court et trapu, membres forts, bien musclés, taille peu élevée, 4«»61 on moyenne chez Thomme; constitution solide, énergique, peu d'inArmités.
. La langue celtique est encore parlée en France par un million d*hommes appartenant aux trois départements du Morbihan, du Finistère et des Côtes-du-Nord : c'est le bas-breton. On le parle également en Angleterre, dans la principauté de'Galles ; toutefois c'est une langue dont le domaine se rétrécit de jour en jour. Les Celtes, plus anciens que les Gaëls ou Kymris^ ont été refoulés par eux, de proche en proche, vers l'extrémité de TArmorique, mais ne se sont jamais complètement fondus avec eux et restent encore distincts par leurs caractères ethnologiques ;
2® Les Aquitains^ les Ibères^ les Ligures et les Basques sont généralement considérés comme appartenant à la même race. Lagneau les distingue, au contraire. Il assigne aux Aquitains et aux Ibères la région sud-ouest des Gaules comprise entre les Pyrénées, les Cévennes, la Garonne et l'Océan atlantique, aux Ligures le littoral français depuis l'embouchure de l'Aude jusqu'aux Alpes. Les Provençaux descendent des Ligures et les Gascons (Vascons) des Ibères. Quant aux Basques^ qu'on trouve encore sur les deux versants des Pyrénées, ils présentent ce phénomène curieux de parler une langue, \ Euskuara^ à laquelle aucune autre ne ressemble et que M. Lagneau caractérise ainsi : langue holophrastique^poly synthétique^ agglutinative (1). Ils ont également conservé leurs mœurs nationales au milieu des races prédominantes qui les environnent. On en compte environ 100,000 en France et 400,000 en Espagne ; mais ils étaient beaucoup plus nombreux autrefois et occupaient une bien plus grande étendue de pays.
La race Ibère était dolicocéphale, mais petite, fine, gracieuse et bien différente des dolicocéphales de Cro-Magnon^ massive et de haute taille. Les Ligures^ au contraire, étaient des brachycéphales à crâne court, arrondi, à faible capacité crânienne. Ils avaient le front étroit, à bosses saillantes, la face large et peu haute, les pommettes saillantes, les os des membres courts, grêles et de petite dimension, la taille peu élevée. Les
(1) L'Euskuara appartient à la famille des langues qui ont été les premières de Thuma* nité et sont encore à Tusagc des anciens Américains et de la branche touranicnnc.
Basques semblent appartenir à plusieurs types différents. Le plus remarquable et le plus répandu a la léle arrondie, orthognatho, le nez droit, sans dépression naso-fronlale, la bouche fine, les dents petites. Les femmes, qui ont mieux conservé les caractères ethniques, sont remarquables par la belh^ conformation du cou, de la poitrine et des épaules, les fortes incurvations de la colonne vertébrale, la vigueur du système musculaire et Télégance des extrémités;
2° Les Belges ou Gaëls qui constituent la troisième des races importantes qui ont servi à former la nation française, sont venus du nordest, comme les Cimbres qui les ont suivis et ont refoulé les Celtes à regard desquels ils ont joué le rôle d'envahisseurs. Ils sont arrivés au début de la période néolithique et constituent vraisemblablement Tune des plus anciennes migrations de ces peuples qui habitaient les côtes de la Baltique et de la mer du Nord, et qui se sont répandus de là sur l'Europe occidentale. Ils présentaient les caractères anthropologiques suivants : crâne dolichocéphale volumineux, à diamètre antéro-postérieur considérable; coronal large, droit, non globuleux, un peu fuyant supérieurement; occipital saillant en arrière, horizontal inférieurement ; arcades zygomatiques peu écartées ; face haute, longue, orthognathe, os malaires peu saillants, mâchoire inférieure haute, large, massive ; os des membres longs, volumineux ; cheveux d'un blond blanc dans Tenfance, jaunes ou roux à Tâge adulte ; yeux bleus au regard franc, quelquefois dur et farouche; teint blanc, frais, vermeil ; nez long, saillant, aquilin ; visage ovale, allongé; épaules larges, poitrine haute, large, plate; corps élancé, membres longs, volumineux; mains fortes, pieds grands ; stature très élevée, démarche raide, altière. Leurs vertus étaient l'audace, le courage, l'impassibilité des hommes, la chasteté farouche des femmes. Ils parlaient une langue différente de celle des Celtes.
II. Races sursgoutées. Les Celtes, les Gaels et les Ibères confondus sous le nom de Gaulois (expression purement géographique), ont été profondément modifiés par la conquête romaine, après avoir reçu des Phéniciens et des Grecs des premiers rudiments de la civilisation. Les Romains fondirent en une seuhî nation toutes les races de la Gaule, lui imposèrent leurs mœurs, leur langue, leurs institutions, et c'est ainsi que se forma le peuple Gallo-Romain qui est resté le même en dépit de toutes ses vicissitudes et qui constitue encore le fond indestructible de la nation française.
Après les invasions des races du Midi sont venues celles des Germains, qui eurent lieu au v*" siècle; les Succès, les Visigoths, les Burgondcs et les Franlis ont successivement pénétré dans les Gaules par la frontière dcH'Est; mais ce ne furent que des armé(^s perdues dans la masse des anciens habitants et bientôt absorbées par eux. Ils adoptèrent la langue gallo-romaine. Tous ces peuples avaient le type germain et se 1 essemblaient par leurs caractères anthropologiques.
. L'ESPÈCE HUMAINE. lî,
Les Sarrazins et les Normands^ qui sont apparus au vnr et au ix*^ siècle, ont également contribué pour leur, part à la multiplicité des" éléments dont est résulté le type français ; mais ils ont cédé à l'influence de la civilisation latine. Nous ne parlerons pas des autres races dont quelques représentants sont venus à diverses époques se fixer dans notre pays et qui n'ont eu aucune influence sur ses caractères ethnologiques (1).
En somme, les trois familles qui constituent la trame ethnologique de notre pays n^ont pas été sensiblement altérées par le sang étranger qui leur a été infusé à petites doses à différentes époques. Elles Tout assimilé sans se modifier sensiblement, et, parmi ces trois races, il en est une qui a en partie absorbé les autres. La race celtique a surtout profondément agi sur le rameau germanique ; il en résulte que le peuple français est celtique au fond et nuancé de façons diverses et à des degrés variables, selon qu'on Tétudie an Nord ou au Midi, à FEst ou à TOuest.