‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 126 sur 141 · DÉCÈS · texte numérisé non relu

DÉCÈS

NOMBRE DE DÉCÈS p. 1000 hoaimes

50.275 hommes 51.200 — 47.840 — 45.010 — 50.060 - 53.350 — 50.790 —

522 décès

On le voit, les décès ont diminué de près des deux tiers depuis un quart de siècle dans la marine anglaise.

La statistique de la marine autrichienne se rapproche beaucoup de la précédente. La mortalité aété de 11,80 p. 1,000 en 1874, de 11,5 p. 1,000 en 1875 et de 12,38 pour 1,000 en 1876. Elle est plus faible dans la marine allemande. Pendant la période 1876-1877, sur un effectif moyen de 8,200 hommes, il n'y a eu que 36 décès ; soit 4,4 p. 1,000. Pendant la période 1877-1878, sur 8,916 hommes d'effectif, il en est mort 52, soit 5,82 p. 1,000.

Toutes ces statistiques accusent, comme on le voit, une mortalité très faible pour une profession qu'on regarde à juste titre comme périlleuse. Elles sont pour nous un sujet d'étonnement ; on n*e saurait cependant en révoquer en doute l'authenticité et leur concordance est un gage de leur exactitude. Le petit nombre de décès qu'on enregistre aujourd'hui dans les marines de tous les pays contraste avec la mortalité effrayante qu'on y constatait autrefois. C'est le résultat des progrès accomplis par l'hygiène navale.

Les épidémies de scorbut et de typhus, qui ravageaient nos escadres au siècle dernier, ne sont plus que de l'histoire. Le scorbut ne se montre plus que de loin en loin à bord de nos navires et dans des campagnes exceptionnelles. Les statistiques de la marine anglaise, pendant les années 1888-89-90, n'en signalent qu'un seul cas. Il y en a davantage à bord des navires du commerce, encore est-ce bien peu. De 1865 à 1873, l'hôpital des gens de mer établi à bord du Dreadnoulh qui est mouillé à Greenwich sur la Tamise, n'en a reçu que 354 cas, provenant de 434 navires dont 353 anglais et 81 étrangers.

Le typhus qui faisait tant de ravages dans nos escadres au siècle dernier, n'y a reparu que pendant la campagne de Crimée, encore y avait-il été importé par les soldats de laxlivision Turque dans les rangs de laquelle il avait éclaté au mois de décembre 1854.

La Tièvre typhoïde est la maladie la plus fréquente dans notre marine comme dans notre armée. Le docteur Mourson, à défaut de statistique officielle, a relevé tous les cas de fièvre typhoïde signalés dans les rapports de fin de campagne déposés, au cours des dernières années, dans les archives du Conseil de santé de Toulon. Ses calculs lui ont donné, pour 1.000 marins embarqués, une moyenne de 16,8 ca^ de fièvre typhoïde et de 5,17 décès (i). H est vrai que Toulon est la ville de France où la fièvre typhoïde fait le plus de ravages.

Les statistiques anglaises donnent une proportion beaucoup plus faible. Pendant les années 1888-89 et90, pour un effectif moyen de 51 .602 hommes, il y a eu 133 cas de fièvre typhoïde par an et 30 morts seulement, ce qui ne donne pour 1.000 marins que 2,59 cas et 0,58 décès. Il est vrai qu'à côté de la fièvre typhoïde [enteric fever), on trouve la fièvre continue simple (simple continuel fever) dont on a observé 5.619 cas pendant ces trois années et qu'il serait légitime d'en porter un certain nombre au compte de la fièvre typhoïde.

(1) MouESON, De la fièvre typhoïde à bord des navires de la marine de l'Etat [Archives de médecine navale, l. XLIII, p. 81, 161, 241, 321, 401, t. XLIV, p. 60, 112, 194, 268, 3.4).

Page 1