POPULATION
Densit6
(habitants par
kilomètre
carré)
"TôoTo""
Rapport
à la populatlonl
totale
de la terre.
(1) Bulletin de Vlnstitut inteimational de statistique de 1886 et 1887 (Rome)
Nous avons conservé ce tableau, malgré sa date un peu ancienne, parce qu'il est toujours exact en ce qui concerne la superficie des États ; mais une statistique plus récente et vraisemblablement plus exacte a été publiée par les docteurs Wagner et Supace dans les Mittheilungen de Petermann (i). Elle porte la population du globe pour 1891 à 1.480.000.000 habitans ainsi répartis :
EurojJe 357,379,000
Asie • 82o,.'«4,000
Afrique ... 163,953,000
Amérique 121,713,000
Australie 3,230,000
lies du Pacifique 7,420,000
Régions polaires *. 80,000
Ces chiffres, il est inutile de le dire, ne sont qu'approximatifs ; il n'a été fait de dénombrement sérieux qu'en Europe et dans quelques colonies européennes des autres parties du monde. L'Asie presque toute entière, tout le centre de l'Afrique, de l'Amérique du sud et la majeure partie de rOcéanie échappent encore aux recensements réguliers. Aussi serait-il sans intérêt de reproduire les différentes évaluations qui ont été proposées jusqu'ici et d'exposer les bases adoptées par leurs auteurs (2). Celles que nous avons reproduites suffisent aux besoins de l'hygiène. Elles ne diffèrent pas d'une manière sensible en ce qui concerne l'Europe et montrent toutes deux que c'est la partie du monde la plus peuplée. Elle compte en effet 34 habitants par kilomètre carré : et l'Asie qui vient ensuite n'en a que 19, mais ce n'est là qu'une apparence due à un groupement géographique très arbitraire, et si nous serrons la question de plus près, nous voyons que l'immense empire chinois, plus vaste que l'Europe et qui peut à bon droit lui être comparé, est plus peuplé qu'elle puisqu'on y compte 95 habitants par kilomètre et l'empire indien est dans le même cas, puisqu'il en a près du double, soit 71 habitants par kilomètre carré.
II. Population de la France. — La France, lors du dénombrement qui a eu lieu le 12 avril 1891, comptait 38,343,192 habitants (3) dont 1,101,798 étrangers. L'Algérie, à la même date, avait 4,124,732 habitants sans compter les troupes, mais en comprenant toutes les nationalités et
(1) Ce travail sort de riiislitut géographique de Perlhes à Golha. La première statistique de ce {i^enrc a été dressée en 1872 par Ernest Beliin et Hermann Wagner ; celle que nous donnons est la huitième qui ait paru dans le Journal de Petermann .
.2) Voyez pour cet historique : Bertillon, chapitre Démographie de l'Encyclopédie d'hygiène et de tnédecinc puhlique^ t. I, p. 119.
(3) C'est le chiiïre officiel donné par le Journal officiel du 9 janvier 1892 ; mais la population de fait présente le 12 avril 1891 n'était que de 38,133,386, et ce chiffre est plus exact que l'autre.
«L'ESPÈCE HUMiMNE. 31
la population des territoires de commandement eomme'celle des territoires administrés par Tautorité civile.
En France, les deux tiers de la population habitent la campagne et le tiers sc^ulement réside dans les villes ; mais Técart diminue rapidement. Les paysans se portent en foule vers les grands centres, et cette tendance menaçante pour la prospérité du pays s'accentue chaque jour davantage. Au recensement de 1846, la proportion était pour les campagnes de 75,58 pour 100 et de 24,42 pour les villes ; à celui de 1886, elle n'était plus que de 64,05 pour la population rurale et de 35,95 pour la population urbaine. La première représentait il y a quarante ans les trois quarts de la population du pays ; elle n'en représente plus aujourd'hui que les deux tiers. Les villes se sont accrues de ce que les campagnes ont perdu.
IIL Population par âges. — Un autre résultat non moins inquiétant que nous révèle la statistique est celui qui ressort de la comparaison de la population aux divers âges, dans les différents pays. La population se compose de trois grands groupes primordiaux : les enfants, les adultes et les vieillards. Les adultes travaillent et se reproduisent ; ils constituent la partie active, utile de la nation ; les enfants et les vieillards consomment et ne produisent pas ; ils constituent suivant l'expression de Jacques Bertiilon, le poids mort de la Société : mais au point c'e vue économique il y a cette différence considérable entre les deux groupes, que les enfants représentent l'avenir et qu'ils sont une richesse, tandis que les vieillards ont fini leur tâche. Ils sont un honneur pour le pays, mais ils ne constituent pas une force et sont plutôt une charge sociale. Or, la France est le pays de l'Europe qui compte le moins d'enfants et le plus de vieillards. La différence est même considérable ainsi que le constate le tableau de la page suivante dressé par J. Bertiilon :
Le rapport exprimé dans ce tableau est d'une grande importance pour rhygiène. 11 est indispensabte d'en tenir compte, lorsqu'on veut apprécier la mortalité générale d'un pays. Il est évident en effet que celui qui a le plus d'enfants et de vieillards doit avoir la mortalité plus élevée et cela ne veut pas dire que les chances de mort, pour un individu en particulier, y soient plus grandes qu'ailleurs. Au contraire, les pays qui ont très peu d'enfants, devraient à salubrité égale, avoir une très faible mortalité. Il faut tenir grand compte de ces faits lorsqu'on compare la France à population enfantile si faible, à l'Angleterre où les enfants sont si nombreux.
IV. Population par sexe. — Il y a, en moyenne, en Europe plus de femmes que d'hommes (1,019 femmes par 1,000 hommes), et cependant, dans tous les pays du monde, il naît plus de garçons que de filles (105 garçons pour 100 filles). Gela tient d'abord à ce que la mortalité des petits garçons dépasse notablement celle des petites filles; puis à ce que toutes les professions dangereuses, guerres, navigation, travaux de force
TRAITE D'HYGÏÉNE l»UBLIQUE ET PRIVÉE.
Compositioû p<r âges de la population des principaux Atats de
l'Europe vers 1880.