TOTAL
des boaehaj inutile*.
sont l'attribut exclusif des hommes. Ils émigrent davantage et ce sont eux qui courent toutes les aventures. Les femmes ont contre elles les chances de la grossesse et de la parturition, mais cela ne suffit pas pour rétablir Téquilibre et Fécart va s'accentuant avec les années. Chez les vieillards, la disproportion des sexes est plus forte encore. Il y a du reste des différences considérables d'un pays à l'autre :
Pour 1,000 femmes recensées, combien d'hommes.
(Recensements do 1880 ou années voisines) (1).
France 996
Belgique 998
Pays-Bas 977
Espagne 957
Italie 1,006
Grèce 1 103
Suisse 962
Allemagne 962
Prusse 968
Saxe 946
Bavière 952
Wurtemberg 933
Bade 951
Autriche- Hongrie 967
Serbie 1.045
Russie
Finlande
Suède
Norwcge
Danemark
Anglclerrre, Galles i
Ecosse J
Irlande |
ElaU-Unis 1.035
Claiiada 1.025
Australie 1.185
(1) Jacques BERTILLON, Encyclopédie d'hygiène et de médecine publique (loc. cit.) t. I, p. 156.
Sur les 26 pays recensés, il en est 7 seulement où les hommes sont en majorité. En Grèce et en Serbie, cela tient à un exc(*s très anormal des naissances masculines accusé par les reciMisements ; en Amérique et en Australie, c'est Témigration qui en est cause*
L'écart tend à diminuer. Il est moindre aujourd'hui que dans les anciens dénombrements, parce que les fléaux qui portent sur \c sexe mâle et surtout les guerres vont en s'atténuant. Au moment de ces grandes calamités, la proportion des hommes par rapport aux femmes diminue brusquement; pendant les années suivantes, elle se relève, mais avec une extrême lenteur. C'est ce qu'on a appelé en démographie la restauration des mâles.
En France, la dépopulation causée par les guerres du premier empire avait abaissé la proportion au chiffre invraisemblable de 945 hommes pour 1,000 femmes. L'équilibre n'a été rétabli qu'en 1860. La guerre franco-allemande l'a réduit à 992 ; il était remonté à 999 en 1885.
Le même mouvement s'est produit en Prusse, dans les mêmes circonstances. Les guerres du commencement du siècle avait fait tomber la proportion des hommes à 984; celle de 1870 l'a fait descendre à 971. L'émigration qui s'en est suivie et qui continue, accentue le mouvement. En 1885, on ne comptait déjà plus en Prusse que 963 hommes pour 1,000 femmes. Si le nombre des hommes est toujours, en Angleterre, inférieur à celui des femmes, c'est à l'émigration qu'il faut aussi l'attribuer. En Suède, c'est sur le compte des disettes et de l'émigration qu'il faut mettre, suivant M. Bertillon, la disproportion que les tableaux signalent entre les deux sexes (1).
§ H. — MOUVEMKNTS DES POPULATIONS
Le mouvement des populations est du ressort de la démographie dyvamùjiie. Elle est chargée de la comptabilité des existences dans chaque pays. Elle enregistre les entrées, représentées par les naissances et l'immigration, ainsi que les sorties, sous forme de décès et d'émigration. Un facteur accessoire intervient, qui modifie quelque peu les allures du facteur naissances, c'est le mariage, et c'est par lui que nous allons commencer.
I. Mariage. — On appelle nuptialité le rapport du nombre des mariages au nombre des habitants, rapport que M. Bertillon exprime pur
Ma
la formule — . H y a plusieurs manières de l'établir, et l'auteur que nous venons de citer les a combinées dans le tableau suivant :
(l) i. Bertillo?!, Encyclopédie d'hygiène et de tnédaine puhliqur^ Tableau No XIV, t. I, p. 157.
lia K-=5E|
i Jl ■%->■!?■;
Chacune des 14 colonnes de ce tableau indique une méthode différente pour apprécier la fréquence des mariages dans chacun des 33 pays considérés. Chacune d'elles a sa signification spéciale ; la plus pratique est exprimée dans la colonne 11, dans laquelle on compare le nombre annuel des nouveaux mariés à la population susceptible de contracter mariage. Les pays allemands sont ceux où la population est la plus forte. L'Angleterre vient ensuite ; la France occupe sur ce tableau un rang dés plus honorables. C'est après la Hongrie le pays où Ton trouvait encore en 1883, le plus de gens mariés ; mais depuis cette époque, les choses ont bien changé. Les derniers recensements indiquent un abaissement notable dans le chiffre des mariages. En 1889, il y en a eu 3.914 de moins qu en 1888. Jamais, depuis 1870, le taux n'était descendu aussi bas (71 pour 1.000 habitants). Il est descendu plus bas encore en 1890. On n'a compté que 269,332 mariages, c'est-à-dire 3.002 de moins qu'en 1889. La population s'est un peu relevée depuis (1). En 1891, on a compté 285.458 mariages, soit 7,48 pour 1.000, et en 1892, 290.319, soit 7,61 pour 1.000 (Jacques Bertiilon).
A l'époque où le mariage était florissant en France, elle le devait à la très forte nuptialité de ses jeunes gens ; au-delà de trente ans, la proportion était la même qu'en Belgique et qu'en Suisse, les pays où on se marie le moins. En revanche, au-delà de 50 ans, notre pays reprenait son avantage. C'était un des pays de l'Europe où l'on comptait le moins de vieux garçons et de vieilles filles.
Toutes ces questions ont une importance considérable au point de vue de la vitalité des populations ; mais il en est deux qui intéressent plus particulièrement Thygiène : c'est Tinfluence que le mariage exerce sur la santé et sur la durée de la vie des individus qui le contractent, et les conditions qu'il réclame au point de vue de la vigueur et de la vitalité des enfants qui en résultent.
1<* Influence salutaire du mariage, — Le mariage consolide la santé et prolonge r<».\istence. Hufeland et Deparcieux avaient énoncé ce résultat dès le siècle dernier. Odier, dont les calculs embrassent la période comprise entre 1761 et 1813, a démontré que, jusqu'à l'âge le plus avancé, la durée moyenne de la vie des femmes mariées est plus considérable que celle des filles. Casper, Legoyt ont établi par la statistique qu'il en est de même du sexe masculin ; mais c'est Bertiilon père, qui on a donné les preuves les plus solides et qui en a le mieux élucidé les causes. Il résulte de ses recherches et de celles de son fils que les célibataires ont, à tous les âges, une mortalité plus forte que les gens mariés. Celte loi ne souffre d'exception que pour U»s hommes mariés avant vingt ans (2), dont la mortalité est toujours très élevée. Au-dessus
(1) Rapport adressé le 17 octobre 1891 au Ministre du commerce par M. A. Vaiiiincquc, chef de U division de la comptabilité et de la statistique iJoitrnnl o/fidel, âO octobn; 18 M).
(2) J. Bertillon, Encyclopédie (rhyyiAnc et de médecine publique, tableaux XC.Ill et XCIV, t. I, p. 264, 265.
10, TRAITE DHirpiEN.*: PLBLI'^E ET PRIVTE
ifcr cH âg*». c^ll*' dif-> c»^liJ»ataîïv> IVmpûfi»^ part>>tit : **ll«" <*sl presque dofjhl#* #^t c^la jij!Mqij'a U fin dr U vi«-.
tjijant aux vfuf>. non '!^ij'»*rfjrnt l^-ur m'.^rtarttr- îVmportr >ur c«^IIp des mari*!-!», mais ^-IK- •->! d»f U-aucoup >ufF^r>urH à cr-li»- dr> tV-li balai res. Un p^rut. dit M. J. tV-rtillon. •'Xprimr'r la la^vn*: i*lr-t^. m faisant n^marquer qu'un céiihalaiiv dr* 30 à ^^5 ans a autant dr* chance de mourir dans l'année qu'un homme mari^ de 40 à 4-j ans et qu'un v^uf de 3U à -fô a la même mortalité en perspective qu'un homme maht' de 55 à tk) ans. Le même raisonnement peut s'appliquer aux di%'orcés. car leur mortalité est partout considérable et à peu pK-s égale à celle dt-s %'eufs. La différence est moins tranchée pour les f*-mmes mariées. Lorsqu'elles ont moins de !25 ans leur mortalité l'emporte même un peu sur celle des filles : mais elles reprennent leur avantage à partir de 30 ans et le conservent jusqu'à la fin de la vie. Ouant aux veuves, leur mortalité est élevée dans le jeune âge et reste jusqu'à la fin plus forte que celle des femmes marit^es : mais elle est moindre que celle des vieilles filles.
Les régies précédentes se vérifient dans tous les pays. Bertillon ptTC a prouvé leur exactitude en France, en Belgique et «lans lt*s Pays-Bas. les seules contrées de l'Europe où les documents permissent, de son temps, de l'établir. Depuis cette époque, les autres pays oni fait le même travail statistique et les mêmes lois s'y sont vérifiées. C'est à la régularité de la vie conjugale qu'il faut attribuer celle différence dans la mortalité des trois états civils.
On s'est demandé s'il ne s'agissait pas d'un simple fait de sélection naturelle, les gens malingres, chétifs restant plus volontiers célibataires que les aulres : mais celle objection tomlK" devant cet argument sans réplique, que dans tous les pavs et à tous les âges, les veufs ont une mortalité plus forte que les célibataires eux-mêmes. « Aussitôt rassociation » conjugale rompue, dit Bertillon. la mort reprend tous ses droits ; ces » veufs, époux la veille, étaient pourtant aussi les élus du mariage et » c'était si bien l'association conjugale qui faisait leur force, et non leur »* qualité supérieure, que l'union rompue, ils se distinguent par une » mortalité plus rapide e^icore qu'avant le mariage. Privés tout à coup de » ce cordial, ils retombent plus bas que les célibataires eux-mêmes (1).
Nous avons dit que Tinfluence bienfaisante du mariage ne s'exerçait que sur les hommes qui le contractent après avoir atteint ràgede^Oans. Les autres, ceux qui se marient de 15 à iO, ont une mortalité exagérée. Tandis (|ue. pendant celte période de la vie, on ne compte que 0,9 décès sur 1.000 célibataires, on en enregistre 51,3 sur 1.000 mariés. Pour les femmes la différence est moins sensible, elle est de 7,5 sur 1.000 chez filles et de 11, îi sur les femmes mariées. Dans les deux sexes, le mariage «ht nuisible, parce qu'il est prématuré. Les unions trop précoces engen-
(ly Bkhtili.o.n, Hrvu*^ positive, 1872.
drent des excès d'autant plus dangereux, que la constitution est moins développée. La puberté nVst pas la preuve de l'aptitude au mariage, ce n'est que le signal d'une phase nouvelle de l'organisme. La plénitude de cette phase ne s'établit qu'avec le développement complet des organes qui président aux phénomènes de la reproduction. Elle correspond à une époque postérieure à celle que la loi a fixée pour le mariage. Les physiologistes l'ont fixée à 21 ans pour les filles et à 25 ans pour les garçons.
Dans aucun temps, les législateurs n'ont tenu compte de ces considérations d'hygiène. A Sparte, les hommes ne pouvaient se marier qu'après 37 ans ; à Athènes, le relâchement des mœurs favorisait les unions précoces ; en Russie, au temps des serfs, on les mariait dès la puberté, parce que les corvées, la capitation se comptaient par ménage. En France, par respect pour la liberté individuelle, la loi n'exige pas d'autre condition que celle de Tàge où la puberté est déclarée et fixe comme limite inférieure, 18 ans pour les hommes et 15 ans pour les femmes ; elle n'admet d'autres empêchements que ceux qui résultent de la privation du libre arbitre et de la consanguinité.
On n'abuse pas de la tolérance légale en ce qui concerne l'âge. Dans presque toute l'Europe, les célibataires qui se marient ont depuis longtemps dépassé la limite moyenne fixée par la loi, ainsi que l'établit le tableau suivant :
Age moyen des célibataires des deux saxes au moment du mariage.