‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 18 sur 141 · ans · texte numérisé non relu

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27 6 mois.

26 ans 9 mois,

27 ans 3 mois.

Paris

Anîrlolcrre

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Hollande . .

Italie

Suède

MOYKNNE

31 ans 8 mois.

:IQ ans 2 mois.

L'âge du mariage tend à devenir plus précoce dans la plupart des pays de TEurope. Cela résulte des tableaux numériques insérés par M. Bodio dans ses Coyifrontl internaziohDii et qui portent sur une vingtaine d'années. Le seul pays qui fasse positivement exception à la règle, est TAngleterre, où l'âge du mariage est tellement précoce qu'il serait difficile qu'il s'abaissât encore.

L'influence bienfaisante^ du mariage ne porte pas seulement sur la longévité, elle se fait sentir égalenn^nt lorsqu'il s'agit de l'aliénation mentale, du suicide et de la criminalité.

;i8 TRAITÉ D'HYGIÈNE PUBLIQUE ET PRIVÉE.

La folle» os! cUuix fois plus fréqiienlc parmi les célibataires que chez li»s geus uuiri<''s ; pour le suicide, la proportion est beaucoup plus forte, sauf en ce (pii concerne l(*s mariages contractés avant 2S ans, et cela s*e.\plique. De pareilles unions sont le plus souvent le résultat d'une exaltation passagère qui laisse souvent après elle des regrets, une existence nianquèe et les gens qui se sont aventurés à la légère dans une situation semblable, sont aussi les plus enclins à en sortir par un moyen violent. Au-<1essus de 25 ans, il y a huit fois plus de suicides parmi les célilmlairt^s que chez les gens mariés ; mais c'est surtout dans la vieillesse que la différtnice s'accuse. Au-dessus de 55 ans, on compte i2 célibataires qui se tuent contre un homme marié, et après 76 ans, on en compte ^fô ci>iitrt* I V*)» Lt^s divorcés ne font pas exception à cette règle. La fréquence des divoriM^s, dit M, J. BiTtillon, est gouvernée par la loi suivante qui est très singulier*^ et ne souffn* aucune exception : Dans toutes les conditions «»M /c* suicide vst frèt^itenf, le dirons* est frètjuent. Dans toutes les xMtuiHions oii le suicide est mre, le divorce est rare. En un mot, toutes les oinH>nstanoes qui favoristMit la demi-folie favorisent à la fois le suioido oi \c divonv. Lt^ g^^is mariés et les veufs sans enfants se tuent plus s^nivenl que les pi^n^s de famille. Les lois qui régissent la longévité s'Appliquent également à la fréquenct^ des cnmes. La criminalité iK^ g^Mis mariés est moindre que celle des célibataires, et celle des veufs t^t Ia plus forte de loult^. Ola t*st vrai, quel que soit le genre de crimes.

i*. M,in\tn,u^ x\^9:Sitr.ffun)s. — 1^ France est le premier pays qui ait institue une stylistique des mariages consanguins. Elle Ta fait en 1853, riUlie a siu> i si^n exemple en 1858 et la Prusse Ta imitée depuis. Ces sUlistiqiH^ ne si^ul |^s o^^nsidert^^ comme parfaitement e3MCtes, parce ^u\mi n a |vis t\m>>urs tenu o^^mpte d<^ diffèrviits degîvs de parenté et ^u\>n A s^Mi>eiU enn^isln^ comme CKMisuiguins de^ mariages contractés enln^ %\Misins eloign*^, h après le tableau divssê par M. J. Bertillon, les HMiriA^'s <\Misiingtiins M>nl plus frequt^nts en France qu>n AUemagne et en Italh^; i^HitVin^ Ma iH^nl-il à c»^ qu'ils \ sont enrvfrîstrvs avec plus 4e îJi^Mn. Fn lK^iwtH\ K-s nvariac*^ entrv oocle et nièiw sont assez fré- ^i^^ls Kn FtaUvV. ils î^^nt raix^. p!u> rarv^ t*«cofv ceux qui ont lieu e%HT>"^ unK^ t^ nt-^x^Hï ; iv s^mu K^ unk>c> entix* <vHi<ins cermains qui sont A** N>aiK\Mftp Ves j^us Axn^.mui^^ Tvîa;3\e«>etit.

IV^ IST^ à lî^. \xn a enn^sp^an^ ^n» nK>>^r«oe par an MOI nariages de U yct^YKiKîx-^ e>|W\>\ k> ^V U Sî\%>ïKi( <-! i.^Ti de la iroîsîètDe (±>. Le ii^>*ftNr^^ Oi> «n^Nïis ov>nsaï«^:i»i> <t, ^f^^-raî îwiwî â dîaûiQer. On en v\W}\wi;; li.5^ NWT laW i«anw?«< *k 1^^ a lîï»C ll,7ile 1871 à 1875,

et 1!,1 de 1876 à 1880. Le tableau dressé par Legoyt (I), reproduit par Michel Levy et qui porte sur les huit années comprises entre 1858 et 1865 inclusivement, constate une diminution de 1858 à 1863. A partir de ce moment, il y a une augmentation brusque, mais elle tient à ce que Legoyt a compris les mariages entre cousins issus de germains dans sa statistique à partir de 1863. Le chiffre des mariages consanguins ainsi modifié, a oscillé pendant cette période entre 4,537 et 5,000 par an ; la moyenne a été de 4,764, tandis que dans la période précédente, elle était de 3,820. La même proportion s'observe entre les différents degrés de parenté que dans le tableau de M. J. Bertillon. Les mariages entre cousins germains sont à eux seuls dix fois plus nombreux que les autres.

Si nous avons insisté sur ce fait, c'est qu'on a, de tout temps, considéré les mariages consanguins comme faisant courir de grands risques aux enfants qui en proviennent. Cette question a donné lieu à des débats passionnés. Boudin la souleva en 1862 et la soutint avec son exagération et sa ténacité habituelles. L'émotion produite par son travail s^étendit jusqu'aux Etats-Unis où le docteur Bémiss signala en 1858, à un meeting radical, la proportion effrayante de sourds-muets, d'idiots et d'aveugles, qu'on trouvait parmi les enfants issus de mariages consanguins. Les enquêtes se multiplièrent dans l'Amérique du Nord, en Ecosse (2) en France (3). La question fut portée devant la Société d'anthropologie ; on y contesta l'exactitude des chiffres de Boudin, en montrant qu'ils avaient été extraits d'un nombre d'observation tellement petit qu'il n'avait aucune valeur. Parmi les médecins, très peu nombreux du reste, qui ont tenté d'exonérer les alliances entre parents, on peut citer Napoléon Périer, qui a discuté avec talent la généalogie des races d'élite; Auguste Voisin qui a fait des recherches minutieuses à l'île de Balz dont les habitants se marient entr'eux depuis plusieurs siècles (4) et Georges Darwin, l'un des fils de l'illustre naturaliste.

Tous ces auteurs se sont efforcés de résoudre la question à l'aide de la statistique, et ils sont arrivés aux résultats les plus discordants. Ainsi Boudin avait avancé que si l'on évaluait à 1 la chance ordinaire de naître sourd-muet, celte chance était de 18 pour les enfants issus de cousins germains, de 37 pour ceux qui étaient issus d'oncles (U de nièces, et de 70 pour les enfants nés de l'union de neveux et de tantes. Il tirait il est vrai cette conclusion de l'observation d'un seul fait de chaque espèce. Georges Darwin, au contraire, a trouvé "que sur 366 sourds-muets dont il a pu connaître la famille, 8 seulement, soit 2 pour 100, étaient issus de cousins germains.

(!) Michel LfcvY, Traité d'hygiène publique et privée, t II, p. 708. (2) Arllmr Mitchell, Annales d'hj/giène puhWfue et de médecine léyale, ISGo, t. xxiv. {'X) T. Devay, à Lyon ; Tti PERRIN, ibid.

(4) Auguste Voisin, Mémoires de la société d'anthropolof/ie et Annales d'hygiène, 1863, t. XXXII.

iu TRAITÉ D'HYGIÈNE PUBLIQUE ET PRIVÉE.

\a' inèinc désaccord s'est rencontré pour les idiots. Bémiss avait trouvé que 11} jiour. iOO d'entrVux étaient nés de mariages contractés entre parents, tandis que Georges Darwin n'a trouvé que 170 individus issus de cousins germains sur un total de 4,822 aliénés à l'égard desquels il a pu obtenir des renseignements précis. Ce désaccord s'explique par ce que nous avons dit en commençant des limites de la statistique. 11 y a des questions auxquelles elle ne s'applique pas et celle des mariages consanguins est du nombre. C'était l'avis de Legoyt et c'est celui de M. J. Bertillon.

A défaut des chiffres, l'opinion presque unanime des médecins s'accorde à admettre la fâcheuse influence de la consanguinité. « Les mariages » entre parents, dit Michel Lévy, impriment un fatal essor aux prédis- » positions morbides qui relèvent de l'hérédité et exercent une influence » détériorante sur les produits. We même que les plantes ahmentaires et » textiles dégénèrent par le défaut de renouvellement des semences et » de la variété des assolements, ainsi la force et la beauté des races » animales sont au prix de leurs croisements. L'homme n'échappe pas » à celte loi qui a trouvé, dans Moïse, un interprète énergique. On peut p lire, dans la Bible, la longue série des prohibitions qu'il oppose au » mariage, jusqu'au troisième degré de parenté. Ces interdictions sont » entrées dans la discipline du Christianisme ; mais la loi civile ne les • a pas reproduites et, comme elle ne laisse, dans beaucoup de pays, n à l'autorité ecclésiastique que le soin de consacrer les unions déjà )» validées au nom de la société, la sagesse des prescriptions d'ordre » religieux est en partie éludée. C'est là une des causes actives de la » décadence physiqvie et intellectuelle des populations (1).

L'éminent hygiéniste que nous venons de citer passe ensuite en revue les infirmités et les maladies qu'on peut mettre sur le compte de la consanguinité et il me semble, dans ce tableau, être quelque peu tombé dans l'exagération qu'il reprochait si justement à Boudin. On y trouve en effet énumérés tons les vices de conformation, toutes les affections qu'on regarde comme héréditaires et dont nous aurons à nous occuper plus tard. « Il peut arriver, ajoute-t-il, mais très rarement, que tous les n enfants d'uiw» même famille échappent à l'action de la consanguinité ou tt (jue dans une mèuK^ famille les uns soient frappés et les autres épargnés. ». |*res(|U(^ jamais on n'observe chez les enfants des mômes parents les » mêmes allénUions morbides ; l'un est idiot, l'autre meurt prémaluré- H meni, un Iroisiènje c^st seulement retardé. Quand une génération o eiitièri" rsl indemne, on doit craindre la manifestation du mal dans M une seconde j^<'«iiêrati()n. »

Il fiie seinhl<* que c'est aller un peu loin et que pour rester dans le vriii, il faut se borner à dire : Le croisement des races est le vœu de

[\, Mulirl l,f;v\, t'rnitf J'hi/f/ifiic fnihlnjur t't priKte {loc. ci7.), t. Il, p. 167.

L*£SPÈCE HUMAINE. 41

rhumanité ; on ne s'y soustrait pas sans danger. Les générations viciées par la consanguinité se dégradent rapidement et finissent par s'éteindre dans le cercle où elles ont circonscrit leurs alliances. Les familles souveraines, les aristocraties en sont la preuve. Les malformations, les infirmités telles que Tidiotisme, la surdi mutité, la cécité, sont plus communes parmi les enfants issus de mariages consanguins. Les affections diathésiques se renforcent et s'aggravent par ce genre d'union et les produits qui en résultent sont dans de moins bonnes conditions de vie et de santé que les autres. Cela suffit largement pour qu'il faille en détourner les familles, en leur montrant les conséquences fâcheuses qui peuvent en résulter. Si nous avons traité cette question avec quelques développements, c'est qu'elle es^au nombre de celles sur lesquelles les médecins sont le plus souvent consultés.

Ù. Naissances. — On désigne sous le nom de natalité, le rapport du

Na nombre des naissances au chiffre de la population , soit -5— Les deux

termes de cette fonction ne sont pas toujours compris de la même manière. Le numérateur doit, à notre avis, compiendre les morts-nés, car il n'y a pas, au point de vue démographique, de différence entre l'enfant qui meurt en naissant et celui qui succombe quelques jours après. D'ailleurs on ne comprend pas la mortinataliié de la même façon dans tous les pays. Quant au dénominateur, il peut comprendre la population tout entière ou ce qui serait plus logique, la partie de la population qui peut produire des naissances, c'est-à-dire les femmes adultes. M. Rertillon a réuni ces différents mode d'évaluation comme il l'a fait pour les mariages, dans un tableau qui comprend les principaux pays de l'Europe et que nous reproduisons à cause de son importance. (Voir le tableau de la page 42).

A. Natalité totale, — Comme on le voit dans ce tableau, les pays de l'Europe peuvent se diviser en trois groupes, au point de vue de la natalité : — 1° Ceux qui ont une natalité forte, c'est-à-dire voisine de 150 naissances annuelles par 1.000 femmes en âge de parturilion : ce sont tous les pays slaves et tous les pays allemands. La Serbie, la Russie, la Croatie-Slavonie, la Hongrie marchent au premier rang. Immédiatement après, c'est la Saxe puis la Bavière, le Wurtemberg et la Prusse ; viennent ensuite les Pays-Bas et enfin l'Autriche Cisleithane. L'Italie peut presque c^tre rangée dans cette catégorie. — ^^ Les pays dont la natalité est moyenne, c'est-à-dire supérieure à 130 naissances annuelles pour 1.000 femmes de 15 à 50 ans. De ce nombre sont l'Angleterre proprement dite et l'Ecosse, puis la Belgique malgré la faiblesse de sa nuptialité ; l'Alsace-Lorraine, l'Espagne, le Portugal, la Roumanie et enfin la Finlande, la Norwège et le Danemark. 3" Les pays dont la natalité est faible, c'est-à-dire de 120 naissances environ pour 1.000 femmes de 15

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