‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 22 sur 141 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

des fmmîUet,

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Famillet de marié». . î • — veufs...

— veuves..

— divorce' En général

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Il faut se rappeler en lisant ce tableau qu'il s'agit du nombre des enfants vivants au jour du recensement ; il est par conséquent inférieur à la réalité. Il comprend en effet les mariés de Tannée qui n'ont pas encore eu le temps d'avoir des enfants, les jeunes ménages qui n'ont pas

li) J. ItERTii.LON, Eticyclopéttie iVfnjgii*ne^ loc. cit., p. 185.

encore tous ceux qu'ils sont appelés à posséder un jour; enfin, il ne tient pas compte des enfants qui ont succombé, de telle sorte que les couples qui ont perdu toute leur lignée sont confondus avec ceux qui 3nt toujours été stériles.

Le recensement de 1891 a donné les résultats.suivants :

Nombre d^enfants par ménage en 1891.

0 enfants 1 . 848 572 ménages.

i id 2.640 894 id.

2 id 2. 364 202 id.

3 id f 1 .585.960 id.

4 id 975.616 id.

5 id 572.285 id.

6 id 322.651 id.

7 cnfanU et plus 251 .658 id.

Nombre «renfanls inconnus 188.57 i id.

Total 10.750.409 ménages.

On est frappé en lisant ce tableau de la proportion considérable des ménages qui n'ont pas d'enfants ou qui n'en ont qu'un. Si l'on fait le total des ménages qui n'ont pas d*enfants, de ceux qui en ont un et de ceux qui en ont deux, on arrive aux deux tiers des ménages français (637 p. 1.000). Les ménages de 6 et de 7 enfants sont exceptionnels, mais, ainsi que le fait observer M. Jacques Bertillon, il y en. a encore beaucoup trop pour permettre d'élever le septième aux frais de l'Etat, ainsi que l'avaient résolu des législateurs philanthropes, mais imprévoyants. S'ils avaient commencé par s'éclairer des lumières de la statistique, ils auraient vu que pour appliquer leur résolution, il aurait fallu plus de 200 millions.

La proportion des familles stériles va en augmentant ; elle était de 20 p. 100 en 1886, elle s'est accrue depuis. C'est à Paris qu'on en compte le plus (33 p. 100), puis en Normandie, en Champagne, en Lorraine, dans le Rhône, la Loire, la Dordogne et la Gironde. Les familles sans enfants sont rares au contraire en Corse, en Bretagne, dans quelques départements du centre (Lot, Gers, Corrè^e) et enfin dans l'Hérault et les Bouches-du-Rhône. Dans ces derniers départements, les gens mariés sont nombreux, et il est rare qu'ils n'aient pas d'enfants ; mais il est plus rare encore qu'ils en aient plus de deux. La natalité y est des plus faibles. C'est le contraire en Bretagne, dans le Nord, en Auvergne, en Savoie et en Corser ; les mariés sont peu nombreux : mais ils sont rarement stériles et ils ont souvent de nombreuses familles. La natalité y est plus élevé<^ que dans le reste de la France.

m. Décès. — La mortalité est le rapport du nombre des décès au chiffre de la population. C'est par conséquent une proportion qui serait extrêmement intéressante à étudier,. si partout elle était calculée de la

même manière et si les populations étaient plus homogènes ; mais il est des pays où on ne fait pas entrer les morts-nés dans la mortalité totale, et cela avantage leur statistique ; d'une autre part, comme les enfants ont Texistence beaucoup plus fragile que les adultes, les pays qui en ont le plus sont ceux qui, à salubrité égale, ont la mortalité la plus forte. La comparaison, pour avoir une certaine valeur en hygiène, doit donc tenir compte de la mortalité aux divers âges.

En France la mortalité n'a rien d'excessif ; elle va toujours en diminuant. Elle était de 27,82 p. i.OOO habitants en 1800, et de 22 p. i.OOO en 1886; le recensement de 1892 doane une proportion un peu plus élevée, 22,82 p. 1.000 (1). Nous sommes supérieurs, sous ce rapport, à la plupart des nations de l'Europe. La Suède, la Norwège et le Danemark l'emportent pourtant sur nous. Nous sommes au même niveau que l'Angleterre, mais comme nous avons beaucoup moins d'enfants, notre mortalité est en réalité plus forte. La mortalité par âge est donc uo élément de premier ordre dans la question. M. Bertillon l'a résumée dans le tableau de la page 47.

1<» Mortinatalité. — En France, les morts-nés ne sont compris ni dans les naissances, ni dans les décès. C'est à tort à notre avis qu'on les compte à part. Il n'importe guère en effet qu'un enfant soit mort en venant au monde ou quelques instants après. La nécessité de les comprendre dans les statistiques ressort encore de ce fait que, dans la plupart des pays, la loi considère comme morts-nés tous les enfants qui succombent avant d'avoir été inscrits sur les registres des naissances, et que le temps accordé pour faire la déclaration varie de deux à cinq jours.

La mortinatalité est d'un tiers plus grande dans la population des villes que dans celle des campagnes, et ira toujours croissant. De 1840 à 1880, elle s'est accrue de plus d'un quart. Tandis que, dans les villes, on compte 525 morts-nés sur 10.000 naissances, on n'en compte que 395 dans la population rurale. A Paris, la proportion est de 738 sur 10.000, près du dixième. La France, du reste, a le triste privilège de figurer parmi les nations qui ont le plus de morts-nés. Elle en a eu 42.472 en 1891 et 41.925 en. 1892. La proportion est en moyenne de 444 sur 10.000 naissances. Notre pays marche après la Belgique qui en a 445 et la Hollande qui en compte 506. Les pays qui en ont le moins sont la Roumanie (116), la Croatie-Slavonie (125), la Hongrie (149) (2).

La mortinatalité des enfants naturels est plus grande que celle des enfants légitimes. En France, la proportion est de 781 p. 10.000 naissances, pour les premiers, et de 417 seulement pour les seconds. A la campagne, les enfants illégitimes sont beaucoup moins nombreux; mais il y a proportionnellement plus de morts-nés parmi eux.

\\) On a enregistré, en France, 876. 882 décès, morts-nés non compris, en 1891 et 875.888 en 1892.

(2) J. BcRTiLtoN, Encyclopédie d'hygiène* i. I, p. 224, tableau LXXl.

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