‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 39 sur 141 · I*^ — CLASSIFICATION DES CLIMATS · texte numérisé non relu

I*^ — CLASSIFICATION DES CLIMATS

Les climats sont encore plus difficiles à classer qu'à définir ; il faut pourtant bien, si Ton veut arriver à quelque chose de pratique, établir des divisions sur la surface du globe. Ces divisions, quoiqu'on fasse, seront toujours artificielles et arbitraires ; encore faut-il que la base en soit logique. L'élément dominant de la climatologie est la température; c'est donc- sur ^lle qu'il faut fonder la classification. Tant qu'on a pu penser qu'elle décroissait d'une manière régulière en marchant de ï'équateur vers les pôles, il a été naturel de prendre la latitude pour

(1) Jules RocHARD, Article Climat, du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques.

(2) De Humboldt, Cosmos, Paris, 1846, t. I, p. 377.

(3) Lombard (de Gencve\ Traité de climatologie, Paris, 1877.

(4) ViREY, Dictionnaire des sciences médicales, 1813, t. V, p, 330.

(5) Foissac, De l'influence des climats sur l'homme, Paris, 1867, t. I, p. 7.

point de départ ; mais depuis que des observations multipliées ont prouvé le contraire, depuis que de Humboldt a tracé sur le globe les inflexions des lignes isothermes^ il est plus logique de prendre celles-ci pour ligne de démarcation que de s^en tenir aux degrés de latitude qui n'offrent aucun intérêt à l'hygiéniste.

n serait assurément plus avantageux, au point de vue médical, d'adopter une classification uniquement fondée sur les effets physiologiques des climats, comme celle qu'a proposée Fonssagrives (1) ; mais, outre qu'elle est à peu près impossible à édifier, à cause du manque d'observations, elle aurait de plus le défaut capital de heurter les notions acquises, en séparant tous les pays en une foule de parcelles, ce qui conduirait aux rapprochements les plus étranges.

La division en climats marins et climats continentaux, adoptée par le docteur Hermann Weber, dans son traité de Climatothérapie (2), est susceptible du même reproche. Elle peut suffire lorsqu'il s'agit seulement de grouper, autour d'indications thérapeutiques communes, les stations sur lesquelles il est utile de diriger les malades, mais c'est un point de vue bien étroit ; il peut satisfaire la thérapeutique, mais l'hygiène ne saurait s'en contenter. Il lui faut de plus grandes lignes ; il faut pour elle que le globe soit partagé en grandes divisions basées sur une des données les plus constantes de la météorologie et c'est pour cela que j'ai conservé la classification des climats basée sur le tracé des lignes isothermes qiie j'avais proposée dans mon article Climats, du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquas. Elle a été adoptée par le docteur Proust, dans son Traité c^hygiêne, par Lombard (de Genève),* dans son Traité de Climatologie et par Fonssagrives, dans son article du Dictionnaire e^icgclopédique des sciences médicales. Je ne crois pas par conséquent pouvoir mieux faire que de la reproduire ici, en même temps que la carte que j'ai fait dessiner pour Y Encyclopédie d'hygiène,

(1) J.-B. FoMSSÀCiuvES, Article Climat, du Dictionnnire encyclopédique des sciences médicales, 1876, lr« série, t. XVlll.

(2) Docteur Hermann Weber, Climatothérapie, traduit de l'rllemand par les docteurs A. DoTOii et P. Spillmann, Paris, 1886.

Classification des climats basée sur le tracé des lignes isothermes.

Climats torrides

compris entre Téquatcur

thermal et les lignes

isothermes de + 25^.

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