TERRAINS DE TRANSITION
Système du Westmoreland et du Hundsruck.
— Direction E. 25° N. à O.25°S.
Terrain ( Calcaire compacte esquilleux.
de transition Schiste argileux (système caminférieur. ee en).
Granit formant la base principale de fa croûte du globe,
Terrains granitiques.
On a intercalé dans ce tableau les noms de chaque système de montagnes qui s’est soulevé à l’époque correspondante, et a mis fin à la formation qui l’a précédé. C'est ce système qui a imposé à cette formation la direction qu'elle présente. Un exemple suffira pour donner la clef de ce tableau. Entre les formations crétacées et les terrains tertiaires, on a écrit : Système de la chaîne des Pyrénées et de celle des Apennins, direction E. 18° $S. à O. 18° N. 1] résulte de ce que nous avons dit ci-dessus, que le soulèvement de la chaîne des Pyrénées a eu lieu après le dépôt des formations crétacées et avant le dépôt des terrains tertiaires. En effet, ces derniers terrains s'étendent en couches horizontales au pied des Pyrénées,
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tandis que les formations crétacées qui y existent ont été fortement redressées sur leurs pentes. En outre, la direction de ces redressements, précisément la même que la direction générale de cette chaîne de montagnes, est orientée de l'E. 18° $S. à l'O. 18° N.
C'est un fait remarquable que l’affinité des végétaux pour les divers terrains; quoique les animaux et l’homme aient des relations moins intimes et moins stables avec le sol, la nature de sa composition ne peut manquer d'agir en quelque chose sur leurs manifestations vitales. Les terrains détritiques nourrissent dans leur tourbe fangeuse une végétation particulière, dans laquelle on remarque les Salix, Ledum, Scirpus, Eriophorum, Acra, Tamarix, etc. Un fond crayeux se décèle par les résédas, les giroflées, les campanules, les scabiées, etc. Suivant l'observation de De Candolle, les terres argileuses sont, après les rochers, celles qui se montrent les plus réfractaires à la végétation ; leur compacité s’oppose à l’action de l'oxygène atmosphérique; le sable est également contraire aux plantes par sa mobilité et la sécheresse qu’il acquiert sous un ciel ardent : telle est en grande partie la structure du delta d’Afrique, mélange d'argile et de sable que dessèchent un soleil implacable et les vents du désert. Sur les dunes formées par les alluvions sablonneuses, végètent les Carex, les Lymus, le Triglochin, etc. Les terrains pierreux se couvrent de Sedum, d’Asclepias, de cymbalaires, de clinopodes, etc. |
C'est l’humus, constitué par un détritus végéto-animal, qui sert à la nutrition des végétaux ; sous cette couche existent les éléments minéralogiques du sol provenant de la décomposition des roches : les premiers sols se sont formés aux dépens des roches ignées, du granit, du micaschiste, de la siénite, etc.; les sols formés ensuite, l’ont été aux dépens des terrains de sédiment. Les roches primitives, en se décomposant sous l'atteinte des actions météoriques, fournissent des galets, du sable, de l'argile, etc. L'eau qui s'infiltre dans les fissures de ces roches, se dilate en se congelant et finit par rupturer violemment les masses, dont les débris, entraînés par les cours d’eau, produisent sur leurs bords et à leurs embouchures, des atterrissements dont s'empare la végétation. L'intervention des agents météoriques suffit pour décomposer le feldspath, le mica, l'amphibole, le protoxyde de fer, principes constituants de ces roches ; les deux premières de ces substances, devenues terreuses, friables, se convertissent en une espèce d'argile appelée kaolin; l'amphibole et le pyroxène subissent une altération analogue par la suroxydation du fer; moins dures, les masses calcaires cèdent
plus facilement aux actions mécaniques et se dissolvent dans les eaux chargées d’acide carbonique. La ségrégation et la décompos sition de ces matières fournissent des dépôts de cailloux, de sable et d’argile où se montrent d’abord des plantes qui vivent plus de l’atmosphère que du sol, cactus, mimosas, lichens, mousses, fougères, etc. L’accumulation de leur détritus annuel crée un terrain propre à la culture. Les terrains de cette origine ont pour principes constituants, outre les matières organiques, de la silice, de l’alumine, de la chaux, de la magnésie, de la potasse ou soude, des oxydes de fer ou de manganèse, de l’eau et quelquefois de l’acidé fluorhydrique (1). Les terres de culture sont assez meubles pour que l’eau s’y infiltre sans y séjourner, pour que l’air y circule sans les dessécher, pour que les racines puissent s’y plonger et s’y rami-: fier : cette qualité dépend des proportions de sable et d'argile. Les phosphates et les sels terreux sont nécessaires pour la production de la fibrine et de la caséine végétales : on a doublé en Angleterre la fertilité des champs en y semant des débris d’ossements.
Les terres arables et susceptibles de sg En à une végétation pouvènt se diviser comme il suit :
is | { Sols d'argile pure.
1° Sols argileux. .....e A rgilo-ferrugineux . ‘ Argilo-calcaire.
Argilo-sableux.
Sable pur. Sablo-argileux.
Quartzeux, graveleux et granitiques.
Volcaniques.
Sablo-argilo-ferrugineux.
Sablo-humifères (terre de bruyère).
| Calcaires.
—.! LALSSCRE Crayeux.
© 3 FE ET FES Tufeux.
Marneux.
2° Sols sableux .......
” 4° Sols magnésiens.
| 5° Sols humifères .... Tourbeux.
Marécageux.
Dans le sol on distingue deux parties, l’une active, contenant du terreau et perméable aux influences atmosphériques ; l’autre inerte, sans terreau, non modifiée par l’action de l'atmosphère, et qui échappe à celle du labour. Le sous-sol sur PAR repose la ter
(1) Ron neatiles Économie rurale considérée dans ses CARE" avec la chimie, la physique, la météorologie, t, I. |
CIRCUMFUSA. — D] SOL. 549 végétale agit particulièrément sur la végétation par son degré de: perméabilité. Dans les montagnes, le sous-sol présente souvent Ha: même constitution minérale que le sol; dans les plaines et sur les plateaux étendus, cette analogie de composition n’est plus aussi constante. C’est à la faveur des différences et même des oppositions de propriétés entre les couches superposées et le sous-sol, que. celui-ci peut agir utilement sur celles-là par l’adjonction de quelques éléments ; des labours profonds, exécutés avec prudence (1), augmentent à ses dépens l'épaisseur des couches arables, à moins que celles-ci ne recouvrent des roches d’une grande cohésion, comme le granit, le porphyre, le micaschiste. -
On appelle terres fortes celles qui sont tenaces, peu pertrréibiles, lentes à sécher, c’est-à-dire les terres où l’argile domine : un sol est dit argileux quand:il contient 40 pour 100 de sable. Les terres légères contiennent beaucoup de sable; la végétation s’y développe rapidement ; l'engrais leur profite moins parce qu’il s’y dissout et s’y dissipe facilement par les eaux pluviales; ces terres se dessèchent vite. À 75 de. sable sur 100 parties de terre, celle-ci est encore propre à la culture de l’avoine : quand la proportion de sable monte à 90 pour 400, la sécheresse lui ôte toute cohésion, et dans nos “te il we ou très difficile de Pathéer: La science nauoie ions productives. Des forêts de pins et de genêts couvrent aujourd'hui, dans le bassin d'Arcachon, les dunes formées aux dépens des sables rejetés par l'Océan. Les sables mouvants, siliceux ou calcaires qui couvrent de grandes étendues dans l'intérieur des continents, peuvent eux-mêmes être rendus à la culture au moyen d'irrigations, et au milieu des déserts arides, comme dans le Sahara algérien, quelques filets d'eau, qui jaillissent du sol, suffisent pour créer ces oasis où la végétation se développe avec force, et qui nourrissent des tribus entières.
HE. — Configuration du sol.
Il faut considérer : 1° la forme des limites entre le sol et les masses liquides, 2° entre le sol et l'atmosphère. Dans le sens horizontal, la terre est diversement contigurée par rapport aux fleuves et aux rivières : tantôt ceux-ciroulent leurs eaux dans des lits profondément encaissés et dont les bords sont taïllés à pic; tantôt la
.(t) Boussingault, op, cit., 2° edition, 1851, t..L.
disposition des terres riveraines livre un vaste domaine aux inondations : c’est ainsi qu'entre Huningue et Lauterbourg, sur une ligne de 48 lieues, plus de 250 000 arpents sont envahis par le cours du Rhin, ou sans cesse exposés à ses incursions. Les formes que les continents affectent dans leurs points de contact avec les mers offrent la même variété, et n'influent pas moins sur le résultat d’en semble des influences climatériques. L'ouest de l’Europe, l'Italie, la Grèce et l'Inde, en deçà et au delà du Gange, se terminent par des côtes sinueuses, pour ainsi dire articulées, offrant de nombreux étranglements et des prolongements péninsulaires dans leurs contours ; au contraire, toute l'Afrique, le nord de l’Asie, le nord-est de l’Europe et la Nouvelle-Hollande, ont une configuration en masses continues, à contours très simples, non interrompus par des sinuosités profondes. L’étendue littorale des continents les ouvre, dans une mesure proportionnelle, à l'influence de l'atmosphère maritime, et leur fait en partie leur régime météorologique. Humboldt a comparé les continents, quant au développement de leurs côtes ; voici la proportion qu'il établit entre elles :
Europe. 004 513,03 Nouvelle-Hollande ., 4 : 1,44 sic ananas de). ut 2141 Amérique du Sud... 1 : 1,69 DONUC. - i Amérique du Nord.. 41 : 2,89
Dans le sens vertical, la croûte solide du globe est sillonnée par des ondulations, par des élévations qui dépassent plus ou moins le plan normal, représenté par le niveau de l'Océan. Ces reliefs, sortes de récifs qui s’avancent dans: l'océan aérien, présentent aux regards de l’homme un spectacle imposant par l’agglomération bizarre de leurs masses, par la rapidité de leurs pentes, par la hauteur de leurs cimes. Ils ne paraîtront néanmoins que de légères rugosités par rapport au globe, si l’on considère que l’un des plus élevés, le Chimboraço, ne dépasse point de plus de 3350 toises le niveau de la mer. Les continents représentent une série de plateaux qui s'élèvent progressivement au-dessus du niveau de la mer; leurs centres sont parcourus dans toutes les directions par des chaînes de montagnes qui diversifient les sites et nuancent singulièrement le caractère climatérique des localités, etc. Parmi ces exhaussements qui forment de vastes plateaux, les plus remarquables sont le plateau des Cordillères, qui partage inégalement l'Amérique méridionale, et le plateau de la haute Tartarie, qui, portant le Thibet au centre de son sommet, sépare, d'orient en
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occident, toute l’Asie dans son milieu. On estime à 7821 mètres la hauteur de la montagne la plus élancée du globe, le Tawahir, et à 4000 mètres la profondeur extrême de la mer; ce qui porte à 11 821 mètres la distance entre le point le plus élevé et le point le plus déprimé du globe. Le rayon moyen du sphéroïde terrestre étant de 6 366 397 mètres, le rapport entre le rayon et l’épaisseur de la plus grande aspérité est de 0,001 environ... C’est bien peu, et pourtant ces inégalités du sol que l’on a comparées aux rugosités d’une orange, ont une influence prépondérante sur la température, l'humidité, les pluies, les vents, les orages des contrées qu’elles circonscrivent.
Sous le nom de collines, monticules, éminences, on désigne les aspérités du sol moins considérables que les montagnes. L'espace occupé par une montagne est.sa base ; la partie inférieure en forme le pied; si ses côtés ont une pente modérée, on les appelle flancs ; s'ils se rapprochent de la verticale, escarpements; s'ils sont arrondis, croupes; les extrémités sont le point où les pentes cessent; le point le plus élevé est le sommet, la crête, la cime, le faite; il se termine en pointe, aiguille, ou s'étale en une surface plane, plateau. Par leur forme générale les montagnes représentent un ballon, un dôme, une tour, une corne, une dent, un pic ou puy ; réunies, ellesconstituent des chaînes, liées ou non à un groupe compris lui-même dans un systéme. La chaîne a ses pieds, ses flancs ou versants, et sa crête qui, composée de l'ensemble des sommets, détermine la ligne de partage des eaux. L’axe d’une chaîne est la ligne imaginaire qui la traverse dans toute sa longueur. Les systèmes et les chaines de montagnes parcourent les continents, les péninsules et les îles dans leur plus grand diamètre, néanmoins ils n’occupent guère que 1/100° de la superficie | des terres (Humboldt). La plupart des montagnes ont leur versant incliné de 2° à 6° ; leur pente est rapide de 7° à 8°, très rapide de 45° à 16°; à 35°, elle ne peut être gravie qu’à l’aide de gradins entaillés dans le roc; à 45°, elle est impraticable. Les montagnes sont séparées par des dépressions qui, suivant leur étroitesse, forment des vallées, des gorges, des défilés ; la ligne qui suit le fond des vallées est le {halweg. Les plaines sont les parties de terre dont la surface est basse, horizontale, égale ou légèrement ondulée. Inutile de mentionner les dépressions connues sous le nom de bassins, criques, cassures, fentes, crevasses, entonnoirs, etc.
Le fond des mers, encore peu connu, répète très probablement les accidents de configuration spécifiés dans l’orographie terrestre.