‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 64 sur 114 · IV. — Propriétés du sol · texte numérisé non relu

IV. — Propriétés du sol

La densité d’un terrain étant connue, on peut en déduire approximativement la nature des principaux éléments qui le constituent ; de toutes les matières minérales qui entrent dans la composition de la terre arable, les sables calcaires et siliceux sont les plus denses et Pargile la moins dense; l’humus l’est encore moins. Uné forte densité de terre (2,59 à 2,60) indique la prédominance de la silice ; une faible densité (2 à 2,20\ celle de l’humus. Les terres s'imbibent, c’est-à-dire retiennent l’eau et l’'empêchent de s’évaporer trop rapidement; les sables siliceux et calcaires, ainsi que le gypse, s’imbibent le moins. Un litre d'argile pure, pesant 11,251 à l'état de complète dessiccation, absorbe 04,875 d’eau ; l’humus pèse à l’état sec, 0,493 par litre; mouillé, il retient 05,935 d’eau ; le calcaire, sous forme de poudre fine, absorbe 85 d’eau pour 100 parties de terre, tandis qu’à l’état de sable, il n’en prend que 29 pour 100. De ces recherches dues à Schübler (1) il résulte que la plus grande durée d’humectation appartient aux terres végétales riches en humus ; ce qui explique leur aptitude à dégager des effluves fébrifères. La nature du sous-sol et le degré d’épaisseur du sol se combinént pour déterminer le degré et la persistance de J’humidité dans les terres; un sous-sol imperméable convient aux terrains légers qui retiennent difficilement l'eau pluviale, si ceux-ci -ont une épaisseur suffisante; dans le cas contraire, trop rapproché de la surface, il rend le sol humide en hiver et lui enlève les matières nutritives et l’oxygène fourni par l'air. Un sous-sol perméable recouvert de terres fortes compense, pour le culture et pour la salubrité, les effets d’un climat pluvieux.

Le degré de cohésion et d’adhérence ou la ténacité des terres n’est point en raison directe de leur facilité d’imbibition ; l’humus et le calcaire en poudre, qui prennent plus d’eau que l'argile, ont moins de ténacité ; celle-ci, à l’état pur, a le maximum de ténacité représenté en poids par 11*,10; la terre argileuse 9*!,25, l'argile grasse 7%1,64, l’humus 0,97, le gypse 0,81; le sable siliceux ainsi que le sable calcaire, 0,0.— La tendance des divers éléments du | sol à la dessiccation intéresse autant l'hygiène que l’agriculture, elle détermine la rapidité de l’évaporation et le retrait des terres, d’où résultent les fissures et crevasses, réceptacles d’eaux pluviales

(1) Annales de l'agriculture française, (4 XI 2° série,

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ët fovers souvent inaperçus de dégagernents miasmatiques. Le sable et le gypse sont les substances qui laissent échapper le: maximum d'eau dans-un temps donné, et l’humus le moins: mais celui-ci se rétracte le plus : 1006 parties cubes d’humus se réthiisent par dessiccation à 817; l'argile pure à 846 pour 1 000. La porosité des terres et leur proportion de sels déliquescents donnent la mesure de leur propriété hygroscopique, différente de celle qui retient dans le sol l’eau qu'il a absorbée; on peut voir, par les chiffres ci-dessous que nous empruntons à Schübler, que la faculté d'absorption décroît à mesure que les terres deviennent plus humides :

500 centigr. de terre étendue sur une surface de 36 000 millim. ___ carrés, ont absorbé en r A M

Désignation des terres. 7 Aäheures. heures. 48heures. 72 heures

Centigr. Centigr. Centigr. Centigr.

Sable siliceux. . . ... CIS 0,0 0,0 0,0 0,0 Sable calcaire: ;. + 5:04 1,0 41,5 4:55 1.5 ET LEONE n fe 0,5 0,5 0,5 0,5 Argrle maigre....... sed 10,5 143,0 414,0 14,0 Argile grasse... .......+.. 12,5 45,0 17,0 47,5

Terre argileuse. ..,...... 15,0 18,0 20,0 20,5 rene Duf0-.::.:..5.3, 18,5 21,0 24,0 24,5 = Calcaire en poudre fine... 13,0 45,5 17,5 17,5 Humus: ...:...:. CR PIS 40,0 48,5 55,0 60,0

L’absorption du gaz oxygène, condition essentielle de la végétation, s'effectue par l'intermédiaire de l’eau et des racines. L'eau, en pénétrant dans les plantes par les racines, leur apporte avec elle de l'air, du gaz acide carbonique et d’autres matières que réclame leur nutrition, mais les terres ont la propriété d’absorber directement divers gaz. Th. de Saussure a fait des expériences sur le pouvoir absorbant de certains corps pour le gaz ammoniac, l'acide sulfureux, l’hydrogène sulfuré, l’azote, l'hydrogène, l'oxygène, à la pression ordinaire de l’air; elles placent en première ligne, sous ce rapport, le charbon de bois, les roches argileuses. L’argile absorbe des gaz ammoniacaux et s’en sature ; il en est de même de la marne (calcaire marneux) et du plâtre : c’est pourquoi le plâtre s'empare des émanations ammoniacales qui s’échappent des fumiers, en donnant lieu probablement à une double décomposition qui fournit du sulfate d'ammoniaque et du carbonate de chaux. Les oxydes de fer participent à ce pouvoir absorbant, et, d’après Boussingault, l’affinité des terres argileuses pour l'oxygène tient à Ja présence en elles de l’oxyde de fer au minimum d'oxydation,

Enfin l’humus emprunte de: l'oxygène à l'air et le lui restitue en partie sous forme d'acide carbonique.

Les terres ne sont pas au même degré conductrices du calorique; voici les résultats de Schübler, qui a mesuré ce pouvoir par la méthode du refroidissement :

Faculté de retenir la chaleur,

Désignation des terres, celle du sable étant 100, Sableicaléairet etes Rein Rene 100,0 Sable silenxE ER D blem, a 95,6 ira os of 2 ones rh dE 73,2 ArSUCIMAIBTOE RENE AMEN CRAN AIN À 76,9 APCIIO ŒTASSOAEN ES FREINER, .L'OMNRE. RS | TérréArsileuse En SLE LS Re 68,4 ATÉHO DUT es rss mes. 66,7 GA lCAirC CR IDOUUTPDE D ses. ere 61,8 HUMUS RER RER T ere seb DE 49,0

On comprend, d’après ces données, pourquoi les terrains sablonneux conservent, en été, une température élevée même pendant la nuit. Au reste, l’échauffement du sol dépend de sa composition, de l’état de sa surface, de la proportion d’eau qu’il retient et de l’incidence des rayons solaires ; pour la même incidence solaire, ce sont la couleur et l'humidité qui influent le plus sur la quantité de chaleur acquise par les terres dans un temps déterminé : les différerices qu’elles entrainent vont jusqu’à 14 ou 15 degrés; l’état de la surface et la composition des terres influent beaucoup moins ; l’obliquité des rayons solaires produit des différences qui s'élèvent à 25 degrés centigrades.

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