‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 72 sur 114 · AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE

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Dans chacune des trois zones, dans chaque système de climats, l'observation des météorologistes a établi deux divisions, fondées sur le nombre et sur l'étendue des vicissitudes qui affectent l’atmosphère : 1° Toutes les régions qui avoisinent des masses d’eau considérables, comme celles qui se terminent par des côtes maritimes, ou qui sont baignées par de larges rivières, jouissent d’un état atmosphérique relativement très uniforme, c’est-à-dire qui varie peu d’un jour à l’autre, du matin au soir, de mois en mois: ce sont les climats Insulaires, littoraux, maritimes. Ainsi, grâce au voisinage de la mer, on trouve dans la zone équatoriale, de zéro à 15 degrés de latitude, une température moyenne annuelle de 27 degrés centigrades, st l’on omet quelques localités exceptionnelles, telles que Pondichéry. 2° Une autre catégorie de contrées se distingue, au

CIRCUMEUSA, — DES CLIMATS, 565

contraire, par des mutations brusques, fréquentes, considérables dans les qualités physiques de leur atmosphère, de telle sorte qu'elle contraste avec les régions maritimes ou insulaires, et par la muluplicité, et par l'étendue de ses variations météorologiques. Dans ce second ordre de climats, que Humboldt indique après Buffon sous le nom de climats continentaux, parce qu'ils se prolongent, loin des mers, dans l’intérieur des terres, les différences de température, d'hygrométrie, de pression barométrique, ete., sont tranchées entre le soir et le matin, du jour au lendemain, de mois en mois; les maxima et les minima des qualités d’air y déterminent une longue échelle de vicissitudes : aussi les a-t-on appelés encore climats excessifs. La capacité de l’eau pour la chaleur, et la grande quantité de calorique qui devient libre par la précipitation des vapeurs, et latent par leur retour à l’état aériforme, voilà les causes de la différence toujours croissante entre la température de l'été et celle de l'hiver, à mesure que l’on s'enfonce dans l'intérieur des continents. Dans les climats marins, dans les îles, sur les côtes, dans les péninsules, les moyennes de l'hiver et de l’été diffèrent peu; la première de ces deux saisons est moins froide, la seconde moins chaude : les hivers sont doux en Angleterre, parce que les vents du S.-0., si communs en cette ile, lui amènent l’air humide et chaud de la mer Atlantique ; les vapeurs qu'ils roulent dégagent du calorique en se précipitant et s'opposent en même temps au rayonnement du sol. Sur les côtes de Glenarm, en Irlande, par une latitude de 55 degrés, le myrte réussit en plein air comme en Portugal, et bien que les chaleurs de l'été ne suffisent pas à la maturation du raisin, on y observe rarement les phénomènes de la gelée. Les côtes du Devonshire ont des hivers si cléments, que les orangers en espaliers y fleurissent quelquefois. La côte méridionale de l'Angleterre a une moyenne hivernale de + 5° à + 6°,8 centigr., quoique sa température annuelle moyenne ne s'élève guère au-dessus de 11 degrés. Ce n’est que parexception que le thermomètre descend en Angleterre au-dessous de 10 degrés : or ce degré est la moyenne hivernale que l'on trouve, sous des latitudes à peu près égales, à l’intérieur du continent. Dans l'Allemagne occidentale, le voisinage de la mer réduit à 16 degrés centigrades la différence entre l'hiver et l'été, tandis qu’elle est de 20 degrés dans la partie orientale. A Dantzig même, on sent la faible influence de la proximité de la Baltique. L'hiver est relativement très doux sur la côte occidentale de la Norvége; les mares et les petits lacs des îles de Feroë ne se couvrent pas de glaces, et, bien qu’elles soient situées par 62° de lati-

tude, la moyenne de l'hiver y est de +4,53, et celle de l'été n’est pas supérieure à 12° ou 13°. Le voisinage de la mer compense certaines différences de latitude dans: la détermination de la température moyenne, comme on le voit par le tableau ci-dessous :

Lieux. Température moyenne, Latitude.

Paris. .awmai 10°,8 48° 50/ LOnNDrÉS ta 40°,4 54 AL Maestricht...... AU 5000 Hatlemes Mn 445 40°,0 5223 Dublin... 9°,5 531 23 Manchester... , Ds 56% 29 Edimbourg...,... 8°,6 55 97

Franchissez la crête des Alpes scandinaves, et vous éprouverez toutes les rigueurs de l’hiver. A latitude à peu près égale en Angleterre et en Russie, la température moyenne est très différente. Dans les régions éloignées de l'Atlantique comme la Russie, un ciel sans nuages active le rayonnement du sol en hiver et le refroidit, tandis qu'il y rend les étés plus chauds qu'en Angleterre. L'influence des continents, l'éloignement des mers ne se bornent point à rendre les étés plus ardents, les hivers plus rigoureux. D'après un ensemble d'observations faites en Europe et en Asie, la température moyenne annuelle s’abaisse à mesure que l’on s'enfonce dans l’intérieur des terres vers les régions de l’est. Hamboldt impute cet effet à l’action réfrigérante des vents dominants. Veiei quelques données qui font ressortir la marche de la diminution de température, depuis le littoral occidental de l'Europe jusqu'au delà du méridien de la mer

Caspienne :

Lieux. Latitude. Température moyenne, Amsterdam. .... 59 22! 90,8 Berlin.......... 02 31 8°,6 Copenhague. .... 55 A4 she + KRasanywan quil 05 48 FN ED.

L'Europe peut se partager en cinq Z0n6s climatériques. Dans la première, où les glaces et les neiges subsistent en grande masse à l'ombre, sont compris l’Islande, la Laponie suédoise, danoise, russienne, le pays des Samoïèdes européens. La deuxième, caractérisée par un été très chaud, par un hiver long et rude, sans saisons intermédiaires marquées, se compose de la Norvége, de la Suède, du Danemark, du nord de l’Écosse, de la partie septentrionale de la Pologne, de la Courlande, ete. La troisième, où l'hiver est court et

CIRCUMFUSA. — DES CLIMATS. 567 rigoureux, l’automne et le printemps prolongés, et d'une température assez modérée, contient l'Irlande, les Pays-Bas, la Hollande, le nord de l'Allemagne, etc. La quatrième zone, située à peu près au milieu de l'hémisphère boréal, à distance égale du pôle et de la ligne, réunit les caractères du climat tempéré, mais les saisons, quoique très distinctes, y sont très versatiles et fréquemment traversées par des intempéries : la France, l’Allemagne du midi, la Hongrie, la Moldavie, la petite Tartarie, la Russie méridionale, etc., en font partie. Enfin, la cinquième zone a le plus d’affinités avec les contrées tropicales, sans en reproduire néanmoins la turbulente météorologie: des printemps délicieux, des étés secs et brülants, des hivers courts et presque toujours exempts de gelées et de neiges durables, tel est le climat de la France méridionale, de l'Espagne, . de PItalie, de la Grèce, du sud de la Crimée, etc. Les sub-climats de la France peuvent être déterminés par quelques lignes principales de culture : de Saint-fean-Pied-de-Port à Briançon s'étend la ligne au-dessous de laquelle Polivier croît et se multiplie; entre Ia Rochelle et Toul, le sol se prête à la culture du maïs, qui s'arrête au 40°, au 45° degré de latitude ; enfin, Granville et Rocroy sont les deux limites extrêmes de la récolte du vin en France. Cette division des régions agricoles s'applique aussi à l’Europe, et correspond à celle qui, fondée sur l’arboriculture, est indiquée par Schouw (1): 1° Région des arbres à feuillage toujours vert; 2° celle du châtaignier et du chêne ; 3° celle du chêne et du hêtre ; 4° celle du pin et du bouleau. Il est entendu que ces divisions, empruntées à la géographie botanique, traduisent les effets complexes du climat suivant Ja hauteur et suivant la latitude.

Martins (2) applique à la France cinq divisions climatologiques : 4° Climat du nord-est ou vosgien. Le plus éloigné de la mer, le plus excessif, il s'étend sur le massif des Vosges, en Lorraine, en Suisse et en Savoie jusqu'aux Alpes; il s'adoucit vers l’ouest, en Champagne par exemple. Il a les hivers les plus rudes de la France; le thermomètre n’y monte guère au-dessus de 0° pendant cette saison. Il y tombe environ 685 millimètres d’eau, la plus grande partie en été; leS.-0. etle N.-E. sont les vents dominants; les orages sont plus fréquents que dans l’ouest.—2° Climat du nord-ouest ou séquanien. Il s'étend de la mer à l’ouest jusqu'au plateau de Langres à l’est; au sud il est borné par la Loire depuis son embouchure jusqu’à

(1) Europa, physisch-geographische Schilderung. Kopenhagen, 1833, (2) Annuaire météorologique de la France, 1849,

Tours et Nevers, au nord par le Rhin; 1l comprend toute la Belgique ; continental en Champagne, marin dans la Bretagne et le Cotentin. Entre l'hiver et l'été la différence thermométrique, qui est de 18° en Alsace, en Lorraine, et de 44° à Paris et à Bruxelles, n’est que de 12° à Angers, et de 41° à Brest et à Cherbourg. Ce climat est à pluies d'automne; le S.-0. y domine; Îles orages y sont plus rares que dans le reste de la France; il est si tempéré sur le littoral de la mer, que le chêne-liége croit sur les côtes de la Bretagne jusqu'à Vannes. --3" Climat du sud-ouest ou girondin. Borné à l’ouest par l'Océan et à l’est par les petites chaînes des montagnes qui s'étendent depuis Dijon jusque dans les plaines du Languedoc, il comprend tout le pays situé entre la Loire et le Cher jusqu'aux Pyrénées. Analogue au climat précédent, mais moins égal, il reçoit à peu près la même quantité de pluies qui augmentent vers les Pyrénées; le tiers des pluies tombe en automne, les deux autres tiers se répartissent sur le reste de l’année; les orages y sont plus rares que dans les bassins du Rhône et du Rhin, plus fréquents que dans la région séquanienne.— 4° Climat du sud-est où rhodanien. embrasse les vallées de la Saône, du Rhône, de l'Isère et de leurs affluents, depuis Dijon jusqu'à Viviers; il est contimental, bien qu'il ait des étés plus chauds et des hivers moins pres que le climat vosgien daps les plaines de l'Alsace. Après les deux presqu'iles de la Bretagne et du Cotentin, c'est la région qui a les pluies les plus abondantes et les plus prolongées, souvent suivies des inondations de la Sedne, de l'Isère, de l'Ardèche, ete.— 5° Climat méditerranéen ou provençal. 1 commence au Pont-Saint-Esprit; une ceinture de montagnes l'abrite de ce côté contre les vents du nord, formée par les Cévennes et la ligne siiueuse qui dans les Basses- Alpescirconserit la région des oliviers en passant par Orange, Nyons et Sisteron ; au midi, 1l est lité par la Méditerranée, à l’ouest par les hauteurs qui séparent le bassin de l'Aude de celui de la Garonne. Il a pour moyenne thermométrique annuelle 15° c., des étés plus chauds et des hivers plus doux que Île climat girondin ; la température estivale n’y descend jamais au-dessous de 20 degrés. Sa quantité de pluie n’est pas supérieure à celle du climat séquanien ; la moitié s'en débite ex automne, l'autre moitié en hiver et au printemps; sans le N.-Q (mistral) qui souffle avec violence dans le bassin du Rhône, le elimat de la Provence serait un des plus favorisés.

Nous allons caractériser rapidement les trois grandes zones qui comprennent les climats chauds, les elimats tempérés et les climats froids, sous le rapport de leur météorologie et de leur action physio-

CIRCUMFUSA. —- DES CLIMATS. 569 logique et pathogénique sur l'homme, pour en déduire des règles d'acclimatement; quant aux variétés intermédiaires de climats qui forment la transition d’une zone à l’autre, elles sont lexpression combinée des influences propres à toutes deux, comme les saisons intermédiaires dérivent de l'hiver et de l'été; et de même que l'automne ou le printemps se partagent en plusieurs phases qui réfléchissent l’état météorologique de la saison qui précède ou qui suit immédiatement, ainsi les climats jetés sur la frontière de nos trois divisions empruntent de celle qu'ils avoisinent leur nuance caractéristique.

$ £. — HDes climats chauds

Les climats chauds s'étendent entre les tropiques, et depuis les tropiques jusqu'aux 30° et 35° degrés de latitude australe et boréale ; ils comprennent : 1° presque toute l'Afrique et la plapart des îles africaines situées dans l'océan Indien, Madagascar, les Comores, les Séchelles, Socotora, Bourbon, Maurice, Rodrigue; 2° en Asie, les régions du sud, la Syrie, l'Arabie, la Perse, l'Inde en deçà et au delà du Gange, le Tonquin, la Cochinchine, la partie méridionale de la Chine, les iles de Ceylan, Audaman, Nicobar, les Laquedives et les Maldives; 8° la plus grande partie de Ia Nouvelle-Hollande et la presque totalité des îles qui, semées sur le grand Océan, composent l'Océanie; enfin, dans l'Amérique septentrionale, les contrées qui règnent depuis le golfe de Calilornie jusqu’à l'isthme de Panama; et dans l'Amérique méridionale, toute la Colombie, les Guyanes, le Paraguay et la partie septentrionale de la Plata; les Autilles, situées dans le golfe du Mexique et appelées autrefois Indes occidentales. |

L'irradiation perpendiculaire du soleil accumule sur l'équateur le maximnm de calorique; la moyenne annuelle égale 27° à 29°,6; la moyenne de l'été, 28° à 32°,5; celle de l'hiver, 27°,6 et au-dessous; celle du printemps, 28°,7; enfin, celle de l'automne, 26°,8; bien entendu que ces résultats sont obtenus à l'ombre. Les régions tropicales de l'ancien monde s'échauffent plus que celles du nouveau continent. D'après Huümboldt, les maxima de l'air continental oscillent à Pondichéry, à Madras, à Bénarës, dans la haute Égypte, entre h0° et 16°,8. Dans le voisinage de lPéquateur, la chaleur décroit lentement, de zéro à 40 degrés de latitude. Cet abaissement ne s'exprime que par + 1 degré, tandis qu'en France un progrès de

5 degrés de latitude vers Le nord donne lieu à une dépression thermométrique de 3 degrés. Sous la zone torride, les transitions de température sont rares et peu considérables pendant le jour; elles ne dépassent guère 8 à 9 degrés; leur fréquence et leur étendue sont moindres dans le nouveau monde que dans l’ancien, près des côtes que dans les terres, dans les régions de l’ouest que dans celles de l’est. On retrouve d’ailleurs iei l'influence de l'élévation et de la nature du terrain, de l’état de sa surface et de son orientation, etc. Ainsi le pays plat de la Guayra, exposé à une réverbération très forte et abrité des vents alizés, éprouve des variations de température moins nombreuses et moins tranchées que Caracas, situé dans la même zone, mais à plusieurs centaines de mètres au-dessus de la mer; au Sénégal, la différence atleint jusqu'à 26°,8 pendant la saison sèche (1), ce qui est excessif. En général, la chaleur des plaines équinoxiales se maintient entre 18 et 39 degrés; mais, du jour à la nuit, elle s’abaisse souvent de 20 degrés thermométriques, tant le rayonnement nocturne de la terre est activé dans ces climats par la pureté du ciel et par la durée même de la nuit. L’évaporation est en proportion &e la chaleur; de là les pluies diluviales qui tombent annuellement et qui occupent toute une saison dite humide où d’hivernage, par opposition à la saison sèche, pendant laquelle il pleut très rarement. Le partage de l’année équatoriale en deux saisons n'est pas très exact. À l'exemple de Johnson, Levacher et d’autres observateurs des pays chauds admettent quatre saisons. La première, de novembre à février, a quelque analogie de température avec les deux derniers mois du printemps en Europe; elle représente l'hiver tropical et conduit à la saison sèche, qui se prolonge jusqu'en mal. Entre celle-ei et la saison des pluies, on observe une période appelée le renouveau dans les Antilles, et qui se caractérise par de brusques oscillations de température, par des ondées petites et rares, mêlées d’éclairs et de tonnerre; enfin la saison humide se déclare et éclate en averses, précédées de coups de vents qui amoncellent les nuages. Elle atteint son apogée en août et ne finit qu'en novembre : l'atmosphère est alors lourde et accablante, l'horizon s’illumine par de vastes combustions électriques; le tonnerre roule avec fracas, les nuages fondent en torrents; la mer bondit, le sol tremble souvent : on dirait l’imminence du chaos. Cependant la végétation a pris un rapide essor, la vie ferrmente dans les deux règnes, l'humidité imprègne et gonfle tous les corps;

(1) Thévenot, Traëté des maladies des pays chauds. Paris, 1840, in-8.

CIRCUMFUSA. — DES CLIMATS. 571 les rivières grossissent et vont féconder par leurs inondations Îles champs environnants : c’est une époque de rénovation universelle que célèbrent avec des danses et des chants les indigènes des régions desséchées pendant huit mois de l’année par un soleil de feu.

Le baromètre, dont les variations périodiques sont presque nulles dans nos climats, monte et descend deux fois par jaur dans Îles contrées équatoriales ; terme moyen, l'ascension de la colonne mercurielle s'opère de 4 heures 13 minutes du matin à 9 heures 23 minutes; puis elle s’abaisse jusqu'à 4 heures 8 minutes, pour monter de nouveau à 10 heures 23 minutes et redescendre finalement jusqu’au matin. La différence du maximum du matin au minimum du soir, ou grande période, est de 25, 55 à 3 secondes; la moyenne correspond à une heure de l'après-midi.

La zone torride a ses vents périodiques qui sont dus aux mouvements diurne et annuel de l'atmosphère; les vents diurnes sont appelés brises, qui soufflent surtout avec régularité au voisinage des mers: celle du matin se lève quelques heures après le soleil, et tombe vers 4 ou 5 heures du soir; celle du soir commence après le coucher du soleil et dure jusqu’au retour de l'aurore. Les vents annuels, dits moussons, soufflent toujours vers l'hémisphère le plus échaufié, et changent par conséquent de direction avec le soleil; leur durée est done d'autant plus longue dans une localité donnée, que celle-ci est plus voisine de l'équateur. Loin des côtes règnent les vents alizés, qui sont la résultante des moussons et de toutes Les brises. En outre, les contrées tropicales ont leurs vents extraordinaires dont les effets varient, et dont les plus ordinaires sont l’harmattan des côtes de Guinée, le simoun de celles de Barbarie, le chamsin d'Égypte, les collas de Manille, ete. L’harmattan (vent d’est) est le vent de la saison sèche ; il souffle en décembre, janvier et février. Un peu moins fort que la brise de mer, il se lève trois ou quatre fois par an, et dure chaque fois de un à quinze jours; sa température est de 29 degrés à l’ombre, et de 40 degrés au soleil ; il est précédé, le matin, d’un calme ou d’une petite brise de terre qui est froide; la chaleur sèche qui le caractérise augmente jusqu’à midi, rarement jusqu'à quatre heures ; il produit des tourmentes ou tourbillons sans orages; 1l s'accompagne d’un brouillard sablonneux très épais, qui dépose sur tous les objets une poussière blanche ; il consume et flétrit tout ce qu'il touche; sous son influence, les meubles et les boiseries se fendillent, se disjoignent, la peau se racornit, les orifices muqueux se dessèchent et se gercent; néanmoins, avec son apparition, on voit coïncider la cessation des

fièvres endémiques, et des affections contagieuses, telles que la variole, perdre de leur virulence. Le simoun règne dans le grand désert de Sahara; il répand une telle chaleur, que dans les lieux abrités le thermomètre peut monter à 48 degrés; il soulève en colonne les sables du désert et les accumule en montagnes de vingt pieds d’élévation ; en s’écroulant, celles-ci donnent lieu à des nuages de poussière qui communiquent au soleil une teinte Jaune ou bleue uniforme. Ce vent est connu en Italie sous le nom de sirocco ; même après avoir roulé sur la mer, il fait sentir encore à Naples et à Palerme l'effet connu de son extrême sécheresse. Le chamsin, en Égypte, souffle cinquante jours, ainsi que son nom l'indique, vingt-cinq avant l’équinoxe du printemps, et vingt-cinq jours après. Pendant les saisons sèches, les côtes du Malabar et du Coromandel, l'Arabie, la Perse, la Syrie, ete., sont désolées par des vents analogues aux précédents. Les collas des Philippines soufflent du sud-ouest, et amènent des pluies torrentielles, des imondations, de légers tremblements de terre au milieu d’un brouillard épais. Ces tempêtes furieuses appartiennent à la saison intermédiaire, qui aboutit ou plutôt qui prélude à l'hivernage; sur les côtes d'Afrique, elles sont appelées fornades, typhons dans la mer des Indes, ouragans dans l'archipel des Antilles. C’est aux régions tropicales que semblent réservés ces bouleversements, ces ouragans si justement redoutés : presque inconnus dans les zones tempérées, ces phénomènes y marquent presque inévitablement la transition de l’hivernage à l'été, et de l'été à l'hiver : ils résultent alors du choc des vents contraires du sud et du nord, et de l'est et de l’ouest; elles sont en même temps le théâtre des manifestations les plus énergiques de l'électricité, dont les fluctuations diurnes y sont faciles à observer, et qui joue un rôle certain, quoique inconnu, dans Île production des orages et des catastrophes si fréquentes dans ‘res latitudes.

CIRCOMEUSA. =— DES CLIMATS.

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