‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 8 sur 114 · PLAN. 5T · texte numérisé non relu

PLAN. 5T

Londe la définit, consiste à diriger les organes dans l'exercice de leurs fonctions, il ne s’agit que d'interroger les exigences physiologiques de chaque organe, de chaque appareil, d'apprécier les influences qui en favorisent le jeu normal, les causes qui l’exagèrent, l’entravent ou le pervertissent. Les applications hygiéniques découlent de cet examen successif. S'agit-il de l'appareil respiratoire, l’auteur nous déroule toutes les considérations relatives à l’air, aux effluves, aux émanations, etc. L'étude hygiénique des fonctions des organes sécréteurs conduit à l’examen des effets de la lumière, du calorique, du froid, des bains, des pratiques cosmétologiques, etc. La clarté et la simplicité sont les avantages de ce plan; le retour des mêmes subdivisions dans l'examen hygiénique de chaque fonction facilite le travail de la mémoire; de plus, le lecteur est sans cesse ramené à la considération des phénomènes qui se passent dans les organes et des conditions matérielles dont ces phénomènes dépendent.

Nous avons énoncé les mérites de la distribution adoptée par Londe ; en voici les inconvénients : 4° Il confond l'hygiène publique et privée, et la première est sacrifiée dans ce mélange. 2° Il morcelle l’étude des modificateurs qui agissent sur plusieurs organes, de telle sorte que l’on est réduit à chercher dans autant de chapitres distincts l’action de l'air sur les poumons, celle qu'il exerce sur la peau, etc. 3° Dans cette considération isolée de chaque organe au point de vue hygiénique, on oublie l'organisme; les idées générales, les études d'ensemble font défaut, et cependant l'hygiéniste doit fixer incessamment son regard sur la totalité de l'organisme: il doit se guider, non d’après les exigences particulières des organes, mais suivant l’état général de l’économie. Quel est d’ailleurs le modificateur qui n'influe sur l’ensemble tout en agissant particulièrement sur un point déterminé? Londe a fractionné, non-seulement l'examen du sujet de l'hygiène, mais encore celui des modificateurs. Prenons pour exemple le climat. Il le décompose en ses éléments constitutifs : air, lumière électrique, etc., et il renvoie, pour l'étude de ces agents, à chaque organe qui reconnait comme sien tel de ces stimulants fonctionnels. C’est là peut-être un abus de l'analyse, L'électricité, la lumière, etc., considérées isolément, ne sont pas plus le climat, que le rayon violet seul du spectre solaire n’est a lumière; le climat n’agit point isolément par un de ses éléments, c’est de leur combinaison qu'il tire ses caractères, et il produit même des effets que n’explique pas la constitution atmosphérique. Les professions se perdent dans l'examen individuel des organes, et

cependant une revue concise des professions doit avoir sa place dans un livre d'hygiène, car la collection des ouvriers de chaque métier forme une grande individualité qui veut être étudiée à part; à chaque classe de travailleurs leur atmosphère, leur régime, leurs mœurs, leurs maladies, leur moyenne de vie, espèce de fatalité que stipule avec eux la société qui utilise leurs forces. C'est ainsi que l’on découvre un sens hygiénique dans le fait social des corporations des arts et métiers, fait que la tendance unitaire du mouvement civilisateur a aboli chez nous, mais qui subsiste encore dans plusieurs États européens, et qui a si longtemps dominé l’organisation hiérarchique de la société, qu'il y faut bien supposer une valeur à la fois morale et physique.

Au demeurant, l’ordre fonctionnel, excellent pour l'étude de la physiologie, convient moins à celle de l'hygiène; la méthode de décomposition, applicable avec rigueur aux sciences exactes, doit s'employer avec restriction dans les sciences fondées sur l'observation. En médecine, l'analyse poussée trop loin devient une mutilation.

Les grandes coupes que Rostan a établies sous les dénominations de climatologie, bromatologie, etc, ne sont qu’une reproduction des vieilles divisions de la matière hygiénique en circumfusa, 1ngesta, etc., avec la substitution d’une expression générale à un terme concret. Un auteur plus récent, Motard, tout en déclarant rejeter, comme base de son plan, la donnée des agents hygiéniqnes aussi bien que l’ordre fonctionnel, nous donne en périphrases modernes une édition de plus de la division latine : la méthode qu’il propose a pour objet de « réunir en un seul groupe toutes les affinités naturelles et embrassant sous un même point de vue l’ensemble des causes et des phénomènes d'un même genre qui agissent sur l'homme en général, d'après l’ordre et la nature des besoins qu'il éprouve. » Îl traite successivement des influences qui se rapportent : 1° à la nécessité d'exister quelque part et d’avoir des habitations (corcumfusa); 2° à la nécessité de s’alimenter (éngesta); 3° à celle de s'occuper des soins corporels (secreta et excreta); h° à la nécessité de travail (acta); 5° il termine par les précautions à opposer aux maladies spécifiques. Les dénominations latines que nous avons ajoutées entre parenthèses à chacun des groupes admis par Motard nous dispensent d'insister sur l'identité de son plan avec celui de l'ancienne école; nous l’adoptons, nous aussi, purement et simplement, Sans nous l’approprier par un {ravestissement néologique ou par une traduction libre.

? CA ; 45 , è : ; L'hygiène, comme la médecine pratique, nous présente constam-

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