PLAN
ment l’organisme en conflit avec les agents extérieurs. De ces derniers, les uns agissent spécialement sur tel ou tel organe ou appareil d'organes, laissant aux sympathies fonctionnelles le soin de généraliser leur effet; les autres exercent d'emblée leur influence sur l’économie tout entière; enfin, les organes se modifient mutuellement ou par les résultats de leurs fonctions, ou par l'intermède de l'action nerveuse. De là, pour l’hygiéniste, trois groupes de données: 1° les données intrinsèques, fournies par l'organisme et qui individualisent, si nous pouvons ainsi dire, l’action des modificateurs hygiéniques : tels sont les tempéraments, les idiosynerasies, les conditions d'hérédité, etc. ; 2° les données extrinsèques, lesquelles ne sont autres que les modificateurs eux-mêmes; 3° enfin, l'exercice des organes de la locomotion et de l’innervation réagit diversement, non-seulement sur ces organes eux-mêmes, mais encore sur l’économie entière : toutefois le mode et l'énergie de ces deux grandes fonctions sont constamment en rapport, d'une part avec les conditions d'organisation primitive de chaque individu, d'autre part avec l'influence qu'il reçoit de l'air, des lieux, des eaux, des aliments, etc.
Pour suivre une marche rationnelle, l'hygiéniste doit se placer d'abord dans l'organisme pour en explorer les différences mdividuelles, primitives ou acquises : ce sera déterminer le terrain de ses recherches; ensuite il passera en revue la série des agents qui ont prise sur l'organisme, et il terminera par l’examen hygiénique des deux fonctions qui résument, par leur degré d'activité, tous les éléments intrinsèques et extrinsèques précédemment étudiés. C'est cette marche que Hallé a suivie en adoptant les trois grandes divisions exprimées par le sujet, la matière et les règles de l'hygiène; nous croyons utile seulement de fondre ensemble la matière et les règles de l'hygiène, c’est-à-dire, l’analyse des effets produits par les modificateurs et les applications qui s’en déduisent : nous éviterons ainsi des répétitions, et le précepte servira de conclusion pratique à l'observation des faits qui y conduisent (4), La classification latine
(1) En fondant ensemble la matière et les règles de l'hygiène, nous arrivons à la méthode mixte que recommande judicieusement Isidore Bourdon (Notions d'hygiène pratique, Paris, 1844, p. vu), méthode appuyée tout à la fois sur l'ordre physiologique et sur la raatière de lhygiène. Avec Bourdon, nous dirons: « Notre ordre est mixte, sans quoi il aurait cessé d’être naturel : il est certes plus » raisonnable de traiter des vêtements proprement dits dans un chapitre spécial, » que d’en renvoyer l'histoire sous la rubrique des fonctions de la peau et de Ja » chaleur vitale, sans compter que les vêtements n'intéressent pas uniquement la » température du corps, »
permet de parcourir avec suite et précision la totalité des influences qui maintiennent ou compromettent la santé ; et après avoir exposé saccinetement les différences individuelles qui font varier le résultat des modificateurs hygiéniques, nous examinerons ceux-ci dans leurs conditions propres, dans leurs effets sur l'organisme, dans leur administration hygiénique. Même ordre dans l'exposition de lhygiène publique, qui, n'étant que l'extension d'une même science, d’un même art, s'accommode des mêmes divisions.