‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 3)Chapitre 106 sur 155 · DEL. — EX · texte numérisé non relu

DEL. — EX

La faiblesse relative des femmes les expose à plus de dangers dans les travaux qu’elles exécutent en commun avec les hommes, et les livre davantage à l'atteinte des causes nuisibles qui sont attachées à chaque profession ; aussi fournissent-elles dans les états exercés par les Geux sexes plus de maladies et plus de décès que les hommes. Ce résultat est dû encore à la différence des gains, qui sont moindres pour les femmes, parce qu’elles n’ont pas autant de force à dépenser. Jusqu'à l’âge de quinze à seize ans, les salaires différent peu pour les deux sexes; mais à partir de cette époque, celui de la femme reste de beaucoup inférieur à celui de l’homme, et, passé vingt ans, elle n'obtient, en général, que la moitié des gains de l'homme. Or, le salaire, c'est la nourriture, l'habit, le logement : l'ouvrière est donc mal nourrie, mal vêtue, mal logée; elle languit dans la gêne, souvent dans la misère, qui achève d’épuiser sa constitution. Et comme la privation des jouissances n’en éteint point le goût ni le désir, comme le besoin est mauvais conseiller et triomphe des faibles résistances d’une conscience sans lumières, le libertinage, puis les excès de tout genre viennent consommer l’œuvre de destruction commencée par la détresse. Certains métiers ont une pente plus rapide au mal : les couturières, lingères, brodeuses, modistes, etc., fournissent toujours plus à la classe des filles publiques que les brossières, les cotonnières, les rayaudeuses, etc. La séparation des sexes dans les ateliers est une mesure qu’exige la moralisation dans la population ouvrière.

Page 1