‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 3)Chapitre 13 sur 155 · INGESTA, — VASES ET USTENSILES · texte numérisé non relu

INGESTA, — VASES ET USTENSILES

qui avait cédé beaucoup de plomb aux acides, avant été soumis dans un creuset de Hesse à une température très élevée, n’en donna plus que des traces, et seulement après une ébullition prolongée avec l’acide acétique ; à froid, il ne se détacha rien. Moins il y a de plomb, plus il faut de chaleur pour le vitrifier, et plus on accroît la température dans le four, plus la vitrification est parfaite. C'est d’après ces données sur lesquelles tous les chimistes sont d'accord, que l'autorité semble appelée à intervenir dans l'intérêt de la prophylaxie. Bien des combinaisons ont été proposées en remplacement des vernis plombiques : peuvent-elles être imposées à l’industrie ? Et que de difficultés, si l’autorité s’avise de la régenter dans l’emploi de ses moyens? Atténuer le mal au moyen de certaines conditions de fabrication, et peut-être de quelques épreuves de vérification qui porteraient sur les produits, ce sera déjà bien mériter de l'hygiène, sans risque de jeter la perturbation dans les intérêts compliqués et solidaires de l’industrie, sans porter atteinte à la liberté de ses modes d’action et de ses transactions.

9° Le verre à bouteilles se compose de silice, de chaux, de potasse et de soude; moins 1l contient de potasse, moins il est fusible, Trop alcalin ou trop calcaire, le verre est attaqué par la crème de tartre, l'acide tartrique des vins; il se forme des tartrates de chaux, de potasse, d’alumine, qui précipitent la matière colorante des vins et donnent lieu à la production d’une laque (1). Une sorte de verre dit hépatique, dégage sous l'influence des acides, de l’hydrogène sulfuré qui infecte le vin dans les bouteilles. Les verres hépatiques sont fabriqués avec la soude brute, avec la soude de varech, fournissent des sulfures alcalins et terreux qui se dissolvent dans le verre et lui donnent de la couleur, en même temps que d’autres matières impures employées à leur confection : tels sont Îles cendres de foyer, les cendres de lessive ou charrée, le sable et l'argile jaunes, le calcin ou fragments de bouteilles. Les bouteilles fabriquées à la houille peuvent donner un mauvais goût à leur contenu ; on les reconnaît à des taches noires et grasses, traces de carbone très divisé et imprégné de goudron de houille; on les assainit en les plongeant pendant trois ou quatre jours dans une eau alcalisée par la potasse où par la soude (200 grammes d alcali pos 100 litres d’eau); on les rince ensuite à l'eau claire. Chevalier insiste avec raison sur la nécessité d’avoir des bouteilles d’une

(1) Chevallier, Dictionnaire des altérations et falsificalions des subsiances ali»

mentaires, 2° édition.

M, LÉVY, 4° ÉDIT, — fl, 8

"dit HYGIÈNE PRIVÉE.

capacité déterminée, et d'imprimer lisiblement leur contenance eñ centilitres dans un cachet sur la pâte de verre encore ehaude et molle; il rappelle une déclaration émanée de l'autorité oyale en date du 8 mars 1735, qui fixe la contenance des bouteilles et met un frein aux tentatives des fraudeurs, déclaration malheureusement tombée en désuétude.

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