NOMS DES ESPRITS, SUBSTANCES QUI LES FOURNISSENT
Eau-de-vie de grain. |Bière et grains, céréales fermentées. |France, Europe du Genièvre. .…....,. |Bière et baies de genièvre......….ls #14. [nord. Godiwasser. ....../|Bière avec addition d’aromates...|Dantzick. Wiskei..........|Orge, seigle, pommes de terre....|Écosse, Irlande. Liau&.nhisrl . [Riz fermenté.. STE .|[Siam.
Eau-de-vie de ue Pulpe ou eue de pomme de PUS Europe, France. Kirschenwasser...,|Cerises écrasées avec leurs noyaux. Suisse, Allemagne.
Maraschino...... À Idem. Idée AL AI Zara:
Rakia. ..........|Marc de raisin et aromates......|Dalmatie.
POSLEL sn e ape Id. et graminées............|Bords du Rhin. Schow-choo.......1|Lie de manduring de Chine......|Chine.
Tafiasse: ......|Moût de la canne à sucre..... ...|Antilles.
Rhum ou Rum..., |Mélasse et écume du sirop de canne.| Jd. [trionale. PU. où su ss ess: |D0VE Délais ec era... Amérique septen-
Agua ardieunte.....|Pulque des Mexicains.......,,..|Mexique.
Araka, arki, ariki..|Koumiss. ..... ENT 148.50 sul Tartanie;
Rack-ou Arack....|IRiz fébménté. RE Dre Grande part. de l'O- As a .....|Séve de palmier. PH ons tee ts OIAI [rient. Rack ou Arack | Suc de canne avec écorce de jagra. [Indostan.
Racks st à til . |Séve de cacaoyer....... sn os de .| Amérique. Dre C7. Séve de palmier fermentée.......|Égypte.
ATTACR = mme Id. avec écorce d’un acacia. Indes.
Arrach mahwah... Id. avec addition de fleurs. .| /d.
Arrack tuba...... {d.g sfermentée. is s......|Philippines.
Y-wer-a. ........lRacine de terroat cuite et fermentée. Sandwich. ...|Kamtschatka.
Aatky NS M TEA ei derriz etre.
L’étendage des liqueurs alcooliques par l’eau est facilement con- Staté à l’aide de l'alcoomèëtre centésimal, imaginé en 1824 par Gay- Bussac. Cet instrument, gradué à la température de 15 degrés centigrades, présente une échelle de 100 degrés, dont chacun représente un centième d'alcool ; la division 0 degré correspond à l’eau pure, et la division 100 degrés à l’alcool absolu. On relève quelquefois la saveur de l’eau-de-vie par l'addition du poivre, du poivre long, de la stramoine, de l’ivraie ; il faut alors évaporer au bain-marie le liquide : s’il est pur, il laisse un léger résidu peu sapide; s’il est falsifié, 1l acquiert en se concentrant une saveur plus forte et plus âcre. L'eau de laurier-cerise, ajoutée aux eauxde-vie de grain et de pomme de terre pour en améliorer la saveur, se reconnait au précipité bleu que l’on détermine par un mélange de proto et de persulfate de fer. Si l’on soupçonne dans la liqueur la présence de l’alun employé pour lui donner de la saveur, on met le sel à nu par évaporation et on le reprend ensuite par l’eau pour
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en constater les caractères. On fabrique de l’eau-de-vie de toutes pièces avec de l’eau et de l’alcool; lodeur et la saveur la font distinguer. Les eaux-de-vie offrent parfois une certaine quantité de cuivre, provenant des vases distillatoires, et dissoute par l'acide qu’elles renferment : on les traite par le prussiate de potasse et de fer qui précipite un sel de cuivre d’un brun marron. Boutigny a trouvé, en 1840, de l’acétate de plomb dans un échantillon d’eau-devie saisi chez un épicier, fraude pernicieuse que Bussy et Boutron- Charlard ont aussi signalée; l'extrait provenant de l’évaporation de cette eau-de-vie dans une capsule de porcelaine dégage par l’action de l'acide sulfurique une odeur manifeste d'acide acétique. En décomposant cet extrait par l'acide azotique bouillant et en le reprenant par l’eau, on obtient une solution qui précipite en noir par l’acide sulfhydrique, et en jaune par le chromate de potasse.
L’ivrognerie est une calamité sociale. On a calculé qu’elle tue en Angleterre 50 000 hommes par an ; la moitié des aliénés, les deux tiers des pauvres et les trois quarts des criminels de ce pays se trouvent parmi les gens adonnés à la boisson. Il a été constaté que les quatre principaux débitants d'esprit de grain de Londres reçoivent chaque semaine 142 4158 hommes, 108598 femmes, 18 391 adolescents ; total des buveurs : — 269447. Quoique moins commune en France, l’ivrognerie est l’une des grandes plaies de nos classes ouvrières. Villermé a calculé que la seule population ouvrière d'Amiens absorbe journellement 36 000 petits verres d’eaude-vie. Sur 46 609 morts accidentelles constatées en France dans l’espace de sept années (1835 à 1841), 1622 n'ont pu être attribuées qu'à l’ivrognerie ; des suicides que Descuret à été appelé à constater de 1818 à 1838, le sixième avait eu lieu pendant l'ivresse. La Séatistique de la France (1), sur 32 876 aliénés traités en 1853 dans les asiles publics et privés, n’en signale que 1502 par alcoolisme, proportion inexacte, car le département de la Seine ne figure pas au tableau qui comprend les idiots et les crétins; et cependant quels enseignements dans les chiffres suivants :
Proportion des folies par alcool sur 100 cas d’aliénation.
Côtes-du-Nord ........,... RAS ST EU DMENTE 7 15,9 AO PS LP QE Te SP u 6 VE a 6 1e 43 Seine-Inférieure.............. satiatde die se 12 Manche... . dédie ain dx dia = die Ga cpu 2 11,6 PIMIMOEU en us 3 ad APR dr eo 11,6 RP PE Ne Pie à ea re Na à 9,9
(4) 2€ série, t. IT, 2° partie, 1853,
M, LÉVY, 4° ÉDIT, = If, 19
Il est remarquable que les départements qui sont nos plus opulents producteurs de vins, n’ont donné que
GIPONURPE PE MNT he RL ed dE ue de 1,9 Hérault. ..... eléke à PATENT SIA RAR ANT ii 8,7 Autle. is, :: a Ha alt AE duree AA 3
Bouches-du-Rhône. .,...... ar Pr ET PS 1,3 Oote-d'OPS 104, MR NN, PT UN, à 6 144: 5,6
Charenton a fourni à Thomeuf (1) les résultats que voici :
Année 14857. Admissions.... 176 Folies alcooliques.... 60 — 1858. — .... 174 — SLA
Pour une période de dix-huit ans, Deboutteville et Parchappe (2) ont trouvé la proportion de 28 pour 100. Morel (3) 20 sur 100.
Non-seulement l’ivrognerie conduit à la folie, au suicide, mais elle est la cause la plus énergique de la dépravation physique et morale des races et des familles ; leur progéniture déroule ces trois lamentables catégories : 1° enfants normalement développés, mais à système nerveux d’une sensibilité exagérée ; 2° tendances mauvaises, aberration des sentiments affectifs; paresse, vagabondage: individus qui alimentent la population des maisons de détention ; 3° êtres complétement dégénérés, épileptiques, imbéciles ou idiots (Morel).
Le choléra a fait plus de victimes parmi les ivrognes que parmi les individus tempérants ; il en est de même des autres épidémies. Il est reconnu depuis longtemps que les admissions dans les hôpitaux sont plus nombreuses les lundis à cause des excès du dimanche. Quels moyens préventifs opposer à ce mal immense qui tue les âmes et les corps, et faut-il les demander au législateur ? Chez les Juifs, dit Descuret (4), la loi est muette sur tout ce qui a rapport à l’ivrognerie, tant ils étaient naturellement sobres. De nos jours encore ils conservent ‘une telle aversion pour ce vice, qu’on voit chez eux fort peu d'individus s’y abandonner. Chez jes Athéniens, Dracon punissait l'ivresse de mort; Lycurgue, à Sparte, ordonna d’arracher toutes les vignes ; Pittacus, roi de Mitylène, avait rendu une loi qui infligeait une peine double à celui qui avait commis un crime pendant l'ivresse; Zaleucus, roi et législateur des Locriens, ne permettait l’usage du vin qu'aux infirmes, et le dé-
(1) Essai clinique sur l'alcoolisme, thèses de Paris, 1859. (2) Notice statistique sur les aliénés de la Seine-Inférieure. (3) Trailé des dégénérescences, etc. Paris, 1857, p. 1409. (4) Médecine des passions, 3° édition, p. 330.
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fendaît aux autres sous peine de mort, Une ancienne loi de Rome prescrivait à tout citoyen de bonne famille de ne boire de vin qu’à trente ans, et encore avec modération; elle en interdisait entièrement l’usage aux femmes (1). Mahomet à proserit le vin; mais ses sectaires s'enivrent d’opium. Les rois de France ont souvent combattu l'ivrognerie, tant par l'élévation des impôts que par des voies de rigueur ; un édit de François [, rendu en 1536, condamne les ivrognes pour la première fois à la prison, au pain et à l’eau; la deuxième fois à la flagellation ; la troisième à la même peine en publie, et en cas de récidive au bannissement après amputation des orteils. À quoi ont servi ces moyens d’intimidation et tant d’autres que nous passons sous silence? Les lois qui sont en opposition avec les mœurs sont éludées ou tombent en désuétude:; -ce sont les mæurs qu’il faut réformer : or, elles sont mixtes dans leur essence, car elles dérivent de besoins matériels et de la direction imprimée aux esprits. On retrouve ces deux causes dans l’ivrognerie des classes populaires : que vont-elles chercher chez le marchand de liqueurs ? Une stimulation qui réveille ou entretienne leurs forces, une jouissance qui leur fasse oublier la semaine de labeur écoulée et celle qui arrive, un mode d’excitation cérébrale qui seul est en rapport avec leur ignorance. Faites entrer dans la nourriture du peuple une plus forte proportion de viande et de condiments, abaissez les impôts qui mettent hors de sa portée les vins salubres et naturels, et il sentira moins le besoin des stimulations irrégulières qu’il cherche dans les cabarets ; parlez à son âme, à son intelligence; remédiez à la ténébreuse oisiveté de son cerveau par l’éducation dont il est capable et dont il sent le prix; initiez-le par l'instruction à des jouissances plus relevées; faites qu’il puisse envisager le lendemain sans effroi et que son front ne soit plus chargé d'autant de sollicitudes qu’il verse de sueurs, et l’ivrognerie deviendra le vice exceptionnel des natures incorrigibles. La fondation des sociétés de tempérance est un fait qui montre ce qu'il y a de vivace moralité au fond des masses populaires. Malgré leurs privations et leurs afflictions, elles ont la force de renoncer à l'usage d’un moyen de distraction que ne dédaignait pas Caton, au rapport d’'Horace (2). La première (le ces institutions, fondée en 1826 dans l'État de Massachusetts, a donné naissance à un grand nombre d’autres dans les Etats-Unis et en Europe. En 1830, l'importation des
(1) Pline, XIV, 13 et 14.
(2) Narratur et Prisci Catonis Sæpe mero caluisse virtus,
spiritueux dans les États-Unis avait déjà diminué de 1417718 gallons, et la fabrication intérieure de 2 millions. Dans l'Irlande, où l'ivrognerie passait pour incurable, le père Mathieu a opéré en quatre ans des prodiges ; la consommation de whiskey, qui, en 1840, s'élevait dans ce pays à 8311634 gallons, était réduite, en 1841, de 2400 000, et cette réduction s’est encore accrue en 1842; le nombre de meurtres a, d’une année à l’autre, diminué de moitié.
3° Boissons aromatiques. À. Café. — Dans la cale des vaisseaux le café est sujet à s’avarier par l’action de l’eau de mer; c’est une sorte de moisissure qui altère sa composition chimique, car sa décoction ne fournit plus de cristaux de caféine, et la matière extractive jaune qu'il renferme prend une teinte verte. Girardin (1) a eu à examiner un café de cette espèce ; les grains étaient brun noirâtre à l'extérieur, verdâtres au dedans; ils exhalaient une odeur de moisi ; leur saveur, au lieu d’être un peu amère et herbacée, rappelait celle d’une dissolution de savon ; grillés, ils ne répandaient point le parfum balsamique si connu ; loin de devenir huileux et luisants par la torréfaction, ils restaient secs et ternes; non grillés, ils communiquaient à l’eau bouillante une teinte brunâtre, tandis que le café bien conservé la colore en jaune doré. Pour éviter toute tromperie il faut acheter le café en grains. Sa poudre est mélangée avec celle de chicorée qui est amère acidule et produit dans la bouche une sensation de fraîcheur ; si l’on projette un tel café dans un verre plein d’eau, la chicorée tombe au fond du vase et colore le liquide en jaune, tandis que le café doit à son huile d’absorber l’eau moine rapidement. On sophistique encore Le café avec les pois chiches, les haricots, les fèves, le seigle, l’avoine, etc. ; dans tous ces cas il suffit de traiter l’imfusion de café décolorée avec la temture d’iode.
B. Thé. — Le thé noir factice, coloré au moyen du bois de campêche, donne à l'eau une teinte de noir bleuâtre qui rougit par l’addition d’une à deux gouttes d'acide sulfurique, tandis que le vrai thé donne une liqueur ambrée qui n'éprouve point cette réaction ; le thé vert, coloré par des sels de cuivre, communique aussitôt à l’ammoniaque une belle couleur bleu saphir. Pour augmenter le poids du thé, on introduit dans les feuilles fraîches avant qu’elles soient roulées, une espèce de sable ferrugineux qui contient des cristaux de fer magnétique. Certains marchands se procurent les feuilles de thé qui ont déjà servi, les font sécher et les roulent à l’aide d’une légère torréfaction ; ils relèvent par diverses drogues le mélange
(1) Annales d'hygiène, 1"° série, Paris, 1834, t, XI, p, 87.
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du thé naturel avec cette substance dépouillée de théime. Récemment on à imaginé une autre fraude : le navire {he Reliance ayant fait naufrage, et Le thé qui formait sa cargaison ayant été épuisé par le contact de l’eau de mer et par les lavages qu'on fit pour séparer le sel marin, on s’avisa de le verdir avec une poudre composée d’indigo, de tale et de chromate de potasse : cette odieuse falsification fut heureusement dévoilée.
L'usage du café est également répandu dans les climats chauds, tempérés et froids; celui du thé l'emporte dans les pays septentrionaux ; ainsi le maximum de la consommation de cette substance se rapporte à l'Angleterre, à l'Amérique du Nord, à la Russie, à la Hollande, à la Belgique, etc. L'extension de la consommation du café et du thé aura l'avantage de restreindre celle des alcooliques, et si elle n’est pas exempte d’inconvénients, elle est loin d'exercer sur les populations la désastreuse influence qui résulte de l'abus des boissons fermentées. Le café et le thé entrainent le sucre ; aussi cette denrée, autrefois de luxe, entre-t-elle de plus en plus dans léconomie populaire, et le chiffre de ses importations va croissant sans préjudice pour la fabrication indigène. Sous le rapport social et psychologique, les spiritueux et les boissons aromatiques réalisent des effets contraires ; les uns abrutissent lintellect et irritent les instincts de l’animalité ; les autres communiquent une douce excitation aux facultés de l’âme et donnent la prépondérance aux instincts de sociabilité. Il y aurait peut-être à considérer ici l'influence des établissements publics qui se sont tant multipliés sous le nom de cafés, mais ce sujet nous entrainerait trop loin; il présente d'ailleurs la complication des effets que produisent l’ingestion des boissons aromatiques et alcooliques, l'insuffisance et le non-renouvellement d’une atmosphère circonscrite, les émanations de tabac, l'éclairage artificiel, les émotions de la politique ou du jeu, etc., c’est-à-dire cette combinaison intime de phénomènes physiques et moraux qui se trouve au fond de toutes les habitudes générales d'une population.