DES DIFFÉRENTES EXCRÉTIONS
§ 1. — Excrétions générales.
l. — Excrétions vaporeuses.
Qu'un homme reste assis tranquillement sur une balance très smsible, on verra son poids diminuer à chaque minute sans évacuation apparente : cela tient à la vaporisation qui s'opère à la surface tégumentaire et qui, échappant au sens de la vue, a été appelée transpiration insensible; elle a été évaluée quantitativement par Sanctorius, Rye, Gorter, Keil, Séguin, Dumas, etc. (voy. tomel, note et page 381). Chez les individus doués d'une bonne santé, qui ne sont pas dans un état de croissance, qui digèrent bien, évitent les excès et n'engraissent point, les oscillations du
BYGIÈNE PRIVÉE.
poids (lu corps, qui résultcMit du \v.{^\mo. oX do la transpiration insensible, sont compensées par la révolution d'une période nychtliémère, quiilles {\uo. soient ia quantité di s aliments ingérés et les variations de l'atmosphère ; après avoir augmenté en poids de toute la proportion de la nourriture qu'ils ont prise, ils reviennent, au bout de 2^1 heures, au môme poids à peu près qu'ils avaient la veille. Dans les circonstances les plus favorables, la transpiration pulmonaire et cutanée détermine un déchet de poids de :i2 grains par minute, 3 onces 2 gros /i8 grains par heure, et 5 livres en 2U lieures; le minimum de la perte est de 11 grains par minute, 1 livre 11 onces U gros par "Ik heures. Immédiatement après le dîner la transpiration atteint son maximum, et durant la digestion, elle tombe à son minimum. La transpiration pulmonaire est la seule qui varie pendant et après le repas ; elle est aussi, relativement au volume des poumons, bien plus considérable que la transpiration cutanée, comparativement à la surface de la peau : le terme moyen de la transpiration insensible étant de 18 grains par minute, 11 dépendent de la dernière et 7 de la première.
Le défaut d'une bonne digestion est une des causes les plus directes de la diminution de la transpiration. Celle-ci est de cinq à six fois plus forte dans l'air sec que dans l'air humide; elle est activée par le mouvement de l'air, réduite au minimum, mais non supprimée par l'air saturé d'humidité; sa quantité est en rapport inverse avec la densité du milieu; l'exercice la favorise; la malpropreté l'entrave mécaniquement. Enfin, la faculté perspiratoire est proportionnelle à la mollesse de la peau. De ces données découle l'indication d'a.ssurer la régularité des fonctions de la peau par l'usage approprié des aliments, du vêtement, des exercices, etc., d'éviter l'impression vive et subite du froid humide pendant et après le sommeil, pendant l'acte de la digestion ; de favoris-n- le dessèchement et la circulation de l'air, etc.
IL — Excrétions gazeuses.
Les principales s'opèrent par les surfaces puhnonaire et cutanée; nous avons indiqué rintluence qu'exercent sur elles l'âge, le sexe, la constitution, le climat (tome I, page 92, 121, 230, 547, etc.), le régime (tome II). Les excrétions gazeuses qui ont lieu par les voies digestives sont d'une grande importance dans l'état de santé et de maladie (voy. tome I, page 191) : elles sont en rapport^ avec la constitution, le tempérament, les habitudes, le genre et la