‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 4)Chapitre 57 sur 163 · I. — Conditions extérieures · texte numérisé non relu

I. — Conditions extérieures

1° Ce qui concerne la disposition du local où l'on passe la nuit a été indiqué à l'article Habitation; les règles relatives au lit ont été exposées plus haut (voy. p. 288).

2'' Périodicité extérieure. Les fluctuations de l'activité fonctionnelle durant la période nycthémère (tome l, page ^12) indiquent clairement que la nuit doit être dévolue au sommeil. Dormir le I jour et veiller la nuit, c'est déterminer une inversion violente dans la marche naturelle des phénomènes organiques ; c'est les exaller I au moment où ils tendent à leur minimum d'intensité, et les dépri- , mer à l'époque ordinaire de leur ascension ; c'est remplacer les stii mulations légitimes du jour par les excitations factices de la nuit. ! 11 n'est point d'agression plus directe, plus hostile contre les lois conservatrices de l'organisme, que la subversion de l'ordre fixé pour le repos et pour l'activité ; la décoloration, l'étiolement, l'affaiblissement ou les troubles delà nutrition, l'exagération morbide de la sensibilité nerveuse, telles en sont les conséquences. La saison ; des chaleurs et les climats ardents autorisent seuls quelques infra<;-

HYGIÈNE PUIVEE.

lions à cette règle; Ja sieste ou sommeil diurne est parfois une né- «essité, là où l'élévulion excessive de la température épuise rapidement la force do réaction et rend tout travail impossible, tandis (|U0 la fraîcheur et la sérénité des nuits font des veilles une jouissance et restaurent la vitalité de tous les organes. Néanmoins, même en ces circonstances, le sommeil diurne laisse après lui des symptômes de réfection incomplète qui persistent jusqu'à la lin du jour : tels qu'un peu de pesanteur de la tête, la paresse des sens, l'amertume ou l'empâtenrient dp la bouche, etc. ; et l'on n'accomplit point pendant la nuit les travaux qu'on aurait faits pendant le jour, par la raison même que le sommeil diurne a moins réparé l'organisme. Au mois de juin 1833, le bataillon du ik" de ligne, auquel :j'était attaché, se rendit d'Ajaccio à Corte. A cause des chaleurs, déjà trop vives, le commandant fit connmencer les étapes à minuit, et reposer la troupe durant le jour. On ne tarda point à reconnaître qu'il y avait plus de fatigue, et moins de vitesse et de régularité dans la marche.

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