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montueuxavec 10 autres de plaines non maritimes, la proportion des décès se montre de 1 sur 43, 75 dans les premiers, et de 1 sur 41,20 dans les autres ; dans les Hautes-Pyrénées, elle descend même à 1 sur 55. Les cantons montagneux l'emportent aussi sur les plaines par le nombre des exemples de longévité : tels sont l'Ecosse, le pays de Galles, l'Auvergne, la Suisse, la Savoie, les Pyrénées, l'Abyssinie. les plateaux élevés de l'Arcadie, de l'EtoIie et de l'Asie centrale. L'action salutaire de la hauteur résume celle du froid, de la venliialion et de la pureté de l'air; elle cesse nécessairement à une certaine limite où l'effet delà raréfaction atmosphérique devient prédominant, car les religieux du mont Saint-Bernard n'atteignent pas la moyenne ordinaire de la vie. La comparaison des naissances dans les départements montueux et dans ceux de plaines ne laisse guère de valeur à l'élévation des lieux quant à la fécondité et à l'accroissement de la population.
2° Il n'en est pas de même pour les plaines à marais; là nonseulement la vie moyenne baisse, mais le rapport des naissances aux décès décroît notablement. M. Villermé a démontré que les époques d'insalubrité, principalement celles des épidémies paludiques, sont défavorables à la fécondité, le chiffre des conceptions diminuant pendant la période de l'année où les émanations marécageuses ont leur maximum d'intensité. Nous avons mentionné (tomel, page 491) les résultats statistiques de M. Bossi,qui mettent en évidence l'accroissement de la mortalité par la même cause. Dans les cantons montagjieux de la Suisse, la moitié des habitants parvient à l'âge de 47 ans et possède un vingtième d'octogénaires, tandis que dans les cantons marécageux la vie moyenne est de 25 ans, et l'on n'y compte guère qu'un octogénaire sur 52 habitants.
3° Le séjour des villes et des campagnes influe sur le chiffre de la lecondilé. M Qiietelet a trouvé que le nombre des naissances, comparativement à la population, est plus grand dans les villes : pour une période de cinq ans, il l'a trouvé de 1 à 29,1 habitants; Bt dans les campagnes, de 1 à 30,a habitants. Quant à la mortalité! Sussmiich l'évalue à 1 sur 60 dans les villages, 1 sur 32 dans les petites villes, 1 sur 28 dans les grandes villes, et 1 sur 24 dans les très grandes villes. En Angleterre (l), on a trouvé la mortalité des districts ruraux à celle des villes comme 100 à 144, et la vie
(1) Troisième rapport du Registraire général, etc.
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moyenne de ces deux ordres de localités comme 55 à 38 , ce qui donne en faveur des campagnes une dilférence de 17 ans. De 18/i6 à 1850, on a compté :
1 naissance sur 1 décès sur
En I">ancc 37,48 habit. 41,97 habit.
Dans les villes (Paris noQ-compris). . . 37,81 — 37,32 — Dans Paris 33,17 — 32,36 — (1)
Remarquons qu'il y a plus d'enfants et de vieillards dans les districts ruraux, plus d'adultes d'un âge moyen dans les villes; ce qui augmente la valeur des chiffres comparés de la mortalité. D'après la statistique anglaise, les maladies qui frappent l'enfance sont deux fois plus funestes dans les districts de ville que dans ceux de campagne. La plupart de celles qui terminent la vie des vieillards arrivent aux mêmes chiffres dans les deux conditions, à l'exception de l'asthme qui est deux fois plus fi'équent dans les villes. Les maladies suivantes, qui attaquent ordinairement les hommes entre 15 et 60 ans, font 25 à 50 pour 100 plus de victimes dans les villes que dans les campagnes :
Morts da
ns les districts ruraux.
Morts dans les villes.
Hépatite et maladies du foie . . .
D'après M. Lebert (2), un sixième des morts qui surviennent dans les grandes villes sont dues aux affections tuberculeuses, et les scrofules sont à peu près endémiques dans la plupart des pays de nos climats tempérés.
Au total, dit Burdach (3), la durée de la vie est plus considérable dans les campagnes que dans les villes, et dans les petites villes que dans les grandes, où l'air est moins pur, où surtout il y a moins de moralité, plus de misère, plus de soucis, et même plus
(1) Slalislique générale delà France, nouvelle série, t. XV, 2' partie, 1855. (2| Trailé pratique des maladies sàrofuleuses et tuberculeuses. Paris, 1849, p. 69.
(3) Trailé de yhysiolocjio , traduction Jourdan, t. V, p. 396.
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de superflu et de dissipation. 3Iais les listes de la Compagnie écossaise d'assurances mutuelles (ArcA, gén., tome VI, page 312) ne s'accordent pas tout à fait avec les résultats précités du Registraire général relativement à la vieillesse; elles indiquent pour cet âge une fréquence et une durée plus grandes des maladies à la campa gnie que dans les villes. D'un autre côté, Sussmilch a constaté pour les dix premières années une mortalité plus grande dans les campagnes : d'où il suivrait que l'âge mûr est plus exposé dans les grandes villes, tandis qu'une civilisation moins défectueuse y met plus en sûreté l'enfance et la vieillesse. Par les progrès de cette civilisation, la mortalité a d'ailleurs diminué et la vie moyenne s'est allongée dans beaucoup de villes (Londres, Paris, Genève, etc.).
Les localités se caractérisent, sous le rapport pathologique, par les endémies qu'elles engendrent (voy. plus haut) ; celles-ci exercent, sur le mouvement des populations locales, l'influence qui est ailleurs dévolue en détail aux maladies sporadiques ou en gros aux constitutions médicales. Les endémJes et les épidémies annuelles, qui sont propres à certaines contrées, tendent à envahir tout le domaine pathologique. Pendant une période de huit ans, M. lourdes père (1) a vu à Strasbourg les maladies continues diminuer en raison de l'augmentation des fièvres intermittentes : c'est le même fait, mal interprété, qui a fait dire au docteur James Sims que les localités à maladies endémiques sont exemptes d'affections graves. Si l'on arrive à démontrer que la phlhisie et la fièvre typhoïde sont plus rares dans les pays de marais, nous n'en aurons nul étonnement: quelle population subsisterait sous les coups de tant de fléaux réunis et sévissant avec une égale intensité ? Déjà la seule influence des marais abrège la vie moyenne et augmente la mortalité jusqu'à compromettre la stabilité du chiffre des populations qui y sont soumises. Les théories d'antagonisme morbide ne sont que la traduction de ce grand fait, savoir, que les maladies sont diversement distribuées sur le globe comme les causes qui leur donnent naissance; que là où l'une de ces causes prédomine, on observe, sur le premier plan de la pathologie locale, les eff-ets qui correspondent à cette cause; et que l'absence ou la rareté des effets d'une autre espèce prouve simplement l'absence ou la rareté de la cause qui les produit.
[i) Journal de la Société des sciences, arts et agric. du Bas-Rhin, t. V, i828.
Voici, d'après des documents officiels, la mortalité par phthisie dans les colonies anglaises.
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