I. — Faux pluviales
Le degré de sécheresse ou d'humidité des climats et des locfllilés dépend en grande partie de la quantité des eaux météoriques qu'ils reçoivent, et du mode d'après Ie(^Liel elles leur sont départies ; bèS deux conditions sont elles-mêmes subordonnées à la latitude, h là hauteur et à l'exposition des lieux. Par l'époque de lenl* précipitation et par leur ordre de succession, les pluies différencient lës climats entre etix, ët servent avec là température à caractériser la marche, des saisons. Soit qu'elles gt"ossissent les fleuves et' l'èÈ collections d'eaux immobiles, soit qu'elles s'infiltrent dans le sol et déterminent sur une étendue plus ou moins vaste le régime des eaux courantes, elles influent notablement sur la salubrité des pays, et leur communiquent ou leur Ôtent cë que l'on peut appeler la tolérance pour l'espèce humaine. Leur durée, leur iiitermittence ou léut" continuité impriment à l'atmosphère des qiialitêb stables ou passagèi-es qui modifient transiloirement lejëu physiologique des organes, ou transforment l'ensemble de l'économie. Indépendamment de ces effets généraux, elles ont une action particulière suivant les saisons et les climats; les averses d'été répandent une fraîcheur agréable, et procurent aux individus surexcités pâlies chaleurs une sensation de détente, aux individus énervés par les sueurs, une diminution d'activité cutanée; les pluies froides dé l'automne portent rapidement l'atmosphère à son maximum d'hygrométrie, et produisent tous les effets du froid humide. Les eaùx pluviales rendent une activité funeste aux marais temporaires qiil, tour à tour secè et mouillés, deviennent le siège d'une fermentation plus énergique ; sous l'influence des chaleurs d'été, leur flaqUé centrale se rétrécit, s'amincit par évaporation, et laisse à nu une zone périphérique forniéed'un opulent terreau, de détritus végétoanimaux, et recouverte le plus souvent d'une végétation vivace et spéciale où pullulent les innombrables espèces d'une faune éphémère; ailleurs, les thalwegs, seuls ihdices du cours des ruisseaux desséchés, les lits d'anciené torrents présentent des conditions plus bU moins analogue.^; d'immenses terraii^is recouverts d'Uhe litière végétale, brûlés pal- les chaleurs caniculail-es, accutnulent à leur surfAce les débris dé plantes etd'animauj^ mohiifiés; la gécll^résse l'orridé de l'été arrête leur décômpositioh. Viennent dès pluies
lili UYUIKNE l'UlVÉE.
alternées avec des jours de soleil, et tous ces loyers à l'état d'attente, toutes ces surfaces de dégagement miasmatique entrent en activité ; on voit alors, dans des régions qui semblent exemptes de marais, l'apparition des fièvres coïncider avec les pluies chaudes. Celles du printemps n'ont pas la même elficacité, les foyers étant encore noyés par suite des pluies d'hiver, et les bandes de terrains ambiantes n'étant pas encore pourvues du détritus fermentescible. C'est en automne que la putréfaction végéto-animale acquiert son maximum d'intensité, c'est alors que la terre fermente sous l'action des eaux pluviales, et que l'insalubrité se révèle dans les gorges des montagnes et jusque sur leurs rampes par la condensation nocturne des. brouillards miasmatiques.