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bitation spéciale des marins dans les profondeurs mépiiitiqiies des vaisseaux, le régime, les travaux, les excès, les habitudes propres à leur état, influences variées et complexes dont nous examinerons ailleurs le résultat (tome II). Néanmoins on peut répéter d'une manière générale, avec la plupart des médecins navigateurs, que l'atmosphère océanique est plus salubre que celle des continents et des rivages : « Bocei experientia nautas melius se habere in mari quam in terra {i). »
En raison de la pression atmosphérique, nous absorbons sur mer, par le même nombre d'inspirations, une plus grande quantité d'oxygène que sur le haut des montagnes, car les quantités d'oxygène inspiré et d'acide carbonique exhalé par les poumons varient suivant la pression barométrique. Riche de lumière, ventilé pr. sque incessamment par les brises , pur de toute espèce d'émanations délétères, moins chaud en été et moins froid en hiver, l'air maritime doit peut-être à l'humidité saline qui imprègne ses couches inférieures, des propriétés particulières, jusqu'à présent mal appréciées; il est certain qu'il agit favorablement sur les constitutions molles et lymphatiques, et préservativement contre quelques affections, fait qui ressort de leur fréquence relative à terre et sur mer, toutes autres conditions d'ailleurs égales. Quel médecin, s'il a vécu dans les ports de mer et s'il a été souvent embarqué, n'a été frappé de la rareté des maladies de poitrine parmi les gens de la flotte marchande et militaire? La dysentérie fait peu de ravages à bord des navires de guerre qui visitent le Sénégal, les Antilles, etc., tandis que cette cruelle maladie moissonne dans ces contrées nos garnisons de terre. Des immunités certaines leur sont acquises par le seul fait de leur éloignement de la terre : les dangers d'un climat funeste sont permanents pour l'habitant sédentaire, passagers pour le marin ; les foyers d'infection miasmatique qui résultent de l'agglomération des hommes dans des villes ma! construites et sans police sanitaire, les effluves des eaux stagnantes, les vapeurs qui s'élèvent sous le feu d'un soleil tropical des campagnes sans culture et des savanes à demi noyées par les pluies, n'ont aucune prise sur la population nomade des vaisseaux, ou ne l'atteignent qu'accidentellement par la propagation des vents. Dans nos colonies en Morée, sur le littoral de l'Algérie, on a remarqué le contraste que présente, aux époques d'épidémie, l'état sanitaire des troupes
(1) Roupe, De morbis navigantium. Leyde, i7(U.
qui occupent les côtes ou l'intériour des terres, et celui des matelots qui naviguent à une certaine distance des rivages, ou qui sont au mouilla-^e dans une rade spacieuse. Combien l'état sanitaire des équipages de notre flotte dans la mer Noire s'est montré différent de celui de l'armée devant Sébastopol ! La mortalité des équipages de nos stations est très inférieure, dans les pays chauds, à celle des garnisons permanentes bu mêrïiedes indigènes. Le seul déplacement de la terre sur un vaisseau a suffi pour aniender, quelquefois pour guérir des étals morbideâ qui s'aggravaient progressivemèJit dans leur marche; en s'éloignant du sol, on s'éloignait de la câOse du mal ; et dans beaucoup de circonstances, fuirest le seul remède. Frappé de ces avantages de l'atmosphère mai-ilime, Lind a proposé d'établir à l'embouchure du Sénégal un navire destiné à recevoir les convalescents de Saint-Louis, et même les hommes valides ; M. Thévenot, quia pratiqué aux mêmes lieux (1), a renouvelé àvëc autorité ce salutaire conseil ; il veut que , pendant l'hivernage, les militaires soient placés en dehors delà barre, dans un grand navire disposé à cet effet, et que le service de la colonie soit confié pendant cette saison aux noirs, qui sont alors peu sujets à la maladie. Au rapport de Lind, un régiment débarqué à Pensacola y perdit 120 hommes et 12 officiers de la fièvre, tandis que les équipages des navires, qui se tenaient seulement à la distance d'un mille, n'eurent pas un malade. Dans des climats différents, le séjour à la mer procure encore même immunité : Blaiié assuré que les navires mouillés à 6 000 pieds de Walcheren, durent à cette faible distance d'être épargnés par les fièvres qui ravageaient la garnison de cette île. Pringle remarque aussi que, durant le règne des maladies parmi les troupes qui étaient dans la Zélande, l'escadre de l'amiral Mitchel, mouillée à quelque distance du rivage, jouissait d'une parfaite santé. En 185/i, à Varna, durant le règne d'une épidémie meurtrière* j'ai vainement sollicité l'affectation de deux vaisseaux ou frégates au traitement de nos malades. Ce que je n'ai pu faire, les Anglais l'ont fait ensuite avec avantage. Un fait bien digne de remarque, c'est que l'épidémie la plus générale et la plus opiniâtre qui ait sévi sur l'arniée d'Orient, le scorbut, S'est montrée d'abord sur nos vaisseaux et a frappé la majeure partie des équipages de la flotte; mais il a cédé assez promptement, tandis qu'une fois développé dans les camps, il s'y est enracinéel dure encore (janvier 1856j.
(1) Traité des maladies des Européens dans tëspà^i chaud!!. PaflS, lMO,p. 375.
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