V. — État de la surface du sol
(1) Humboldt, loc. cit., p. 192.
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Les surfaces dépourvues de végétation sont 1" les déserts de sables; 2" les déserts de roches; 3" les déserts salés; /i" les déserts de glaces. Les premiers, fait remarquable, se trouvent presque tous dans la partie chaude et tempérée de l'ancien continent ; depuis l'extrémité occidentale du Sahara jusqu'à l'extrémité orientale du Gobi, sur un espace de 132 lieues en longitude, se déroule presque sans interruption une ceinture de déserts passant par le centre de l'Afrique, l'Arabie, la Perse, le Candahar, le Fehia-chan-Nanlou et le pays des Mogols. Plus des deux tiers de ces terrains arides appartiennent à la zone la plus voisine du tropique; le seul Sahara d'Afrique occupe une étendue de 194,000 lieues carrées de 20 au degré, ce qui suréquivaut au double de la Méditerranée dont la surface est évaluée à 77,300 lieues marines carrées. Si l'on se rappelle que sous les latitudes rapprochées des tropiques, l'action solaire échauffe le sable à plus de 50 ou 60 degrés, on peut se faire une idée de l'influence de ces vastes étendues de désert sur la distribution de la chaleur. La mobilité desélémentsde leur sol lutte contre la végétation ; ils s'enlèvent par tourbillon à tout souffle; pendant trois ou quatre mois de l'année, l'Egypte, balayée par les vents, jette sa poussière au Nil ou dans d'autres directions, el, sans le limon (lu tleuve qui l'inonde annuellement, elle ne serait qu'un désert. L'absence de grands cours d'eau, de hautes montagnes, de forêts qui représentent de vastes surfaces d'évaporation et contribuent à l'abaissement local de la température, s'ajoute à la nature du sol pour expliquer la stérilité des déserts de l'Afrique ; mais là où se montre une source, un cours d'eau qui permet l'irrigation, les grains siliceux s'agglutinent, se fixent, et la végétation reparaît avec éclat ; avec quel plaisir nous avons salué les oasis d'El-Kantara et deBiskra après des journées de marche au milieu des sables et des galets ? Les dépôts arénacés sont-ils baignés à leur base par des eaux douces, la culture peut s'en emparer, et c'est ainsi , qu'en Espagne, dans les environs de San-Lucar de Baromeda, on a fertilisé un sol poudreux, d'une extrême aridité. Les dunes sont une variété des déserts de sable ; elles sont formées par . l'amoncellement des sables que rejette la mer. Entre les embouchures de la Gironde et de l'Adour, elles présentent une superficie de 1139 myriamètres carrés (75 lieues) et une hauteur moyenne de 20 mètres. Poussés par les vents d'ouest, elles avancent à l'est d'une quantité qui a été évaluée à 24 mètres par an, mais que les rectifications d'Élie deBeaumont ont réduite au plus à 1 mètre ; ce qui ne les empêche pas d'engloutir
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villages et forêts. Brémoiitier leur a opposé le premier, avec succès, une barrière d'utiles plantations. Son procédé consiste à établir un semis de graines de pins et de sapins dans la plage qui s'étend depuis la base des monticules de sable ju.squ'à la ligne des plus hautes marées; le sol est recouvert de branchages verts, fixés solidement par des crochets enterrés. Grâce à cet abri, les grains se sdéveloppent et là végétation marche avec une étonnante célérité. Quand cette plantation, première digue opposée aux sables, a cinq à six ans, on on fait une autre contiguë sur une largeur de 60 à 100 mètres et graduellement on conduit la végétation jusqu'aux sommets des dunes dont plusieurs ont une hauteur do 50 mètres. Ainsi, a été transformé le bassin d'Arcachon ; en 1809 les semis s'y étendaient déjà sur 3,600 hectares et dans un espace de seize ans, les pins avaient acquis en hauteur une croissance de 10 à 12 mètres.
Les déserts de roches sont constitués par des roches dénudées, réfractaires aux influences atmosphériques et impropres à former un sol agricole : tels sont les calcaires dénudés des Alpes et de la Suisse, les coulées de lave, etc. Les déserts salés ou terrains recouverts d'eiflorescences salines peuvent être rendus à la culture, quand on parvient à leur enlever un excès de sel au moyen de fossés d'écoulement, etc. Quant aux déserts de glaces qiiis'étalenl dans les contrées polaires, et sur les hauts sommets, ce sont des causes perturbatrices d'une grande énergie pour la répartition du calorique solaire, et ils exercent une influence directe sur le climat des plateaux voisins, des contrées même éloignées dont les vents habituels soufflent du côté de ces puissantes sources de réfrigération.
Parmi les productions spontanées du sol, nous avons déjà signalé la végétation des marais différente suivant les climats; il en est une qui, suivant l'observation de Humboldt, caractérise l'Amérique: ce sont les savanes, appelées prairies, entre le Missouri et le Mississipi. Telle est la prodigieuse exubérance de ces graminées, qu'elles occupent, dans l'Amérique du Sud, 50,000 lieues carrées de plus que la chaîne des Andes, et que tous les groupes isolés des montagnes du Brésil et de la Parima. La Russie méridionale, la Sibérie, leTurkestan, ont deux formes de steppes : l'une à petites plantes, l'autre à grandes herbes de la famille des composées et des légumineuses. La Corse a ses makis. Er> général, le nombre des espèces végétales s'accroît depuis le pôle jusqu'à l'équaleur ; mais celte progression est subordonnée aux ondulations des lignes iso-
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j tliemies; sous le tropique, la nature répand avec profusion tous
1 les gernfies de vie, et quoique les contrées tempérées et glaciales aient trois fois l'étendue de la zone torride, celle-ci possèrie une variété plus grande de types végétaux. Lu même gradation s'observe dans les climats superposés des hautes montagnes : vers la lisière des neiges éternelles se montre par endroits une végétation avare, composée de mousses, de lichens, de bruyères, d'arbustes nains; plus bas, des graminées réunies en pelouses, des crucifères, des
I labiées, des ombellifères ; sur une bande inférieure, des piaules et des arbrisseaux rosacés, des arbres amentacés; enfin les forêts
i hérissent les pentes situées au-dessous, et plus on approche de la base, plus on retrouve les produits du climat général. Dans les
, Alpes, la zone des arbres verts et du bouleau est remplacée par celle des arbres rabougris; on arrive ensuite au rhododendron, puis aux plantes alpines d'une autre espèce que celles des hautes latitudes, ou plantes vivaces rasant le sol ; enfin les plantes alpines s'effacent à leur tour, et Tonne rencontre plus que des lichens qui naissent probablement partout où il y a de la matière. Cette inlé-: ressante échelle de végétation, ([ui a pour termes le type polaire et le type équatorial , a été vérifiée sur le flanc des Cordillères par Humboldt et Bonpland, à la Jamaïque par Schwartz , et, avant ces observateurs, par Tournefort sur le mont Ararat, qui lui a offert à sa cime les plantes de Laponie ; puis successivement, de haut en bas, celles d'Allemagne, de France et d'Italie, et enfin, à son pied, les végétaux propres à la terre d'Arménie. L'influence des agents sur la végétation permet de partager la surface du sol en quatre zones principales (1) : \" zone équatoriale, étendue d'environ 15 degrés à gauche et à droite de l'équateur, caractérisée par les palmiers et les scitaminées ; végétaux ligneux en grand nombre, forêts vertes et peuplées d'arbres gigantesques ; 2° zone tropicale, du 15" au 25* degré de latitude : fougères arborescentes, mélastomacées, pipéracées ; dans les terrains siliceux, la végétation, arrêtée par la sécheresse, se ranime avec force pendant la saison pluvieuse; de là les campos du Brésil, les pampas du Paraguay, les Llanos de l'Orénoque; 3° zone tempérée, des tropiques au cercle polaire, et divisée en deux zones secondaires; A, zone juxta-tropicaln, de 2U à 36 degrés de latitude, parcourue en son milieu par l'isotherme de 20 degrés ; bande de transition, elle môle les plantes
(1) Ad. de Jussieu, Botanique. Paris, 1855, p. 530.
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(les tropiques avec celles de nos climats ; /y, zone tempérée proprement dite, à trois zones tertiaires : I. Tempérée chaude, correspondant aux isothermes de 15 à 10 degrés (Provence, Roussillon) ; on y trouve encore le palmier, le dattier, le myrte, le grenadier, et en outre les crucifères et quelques espèces de conifères, les cyprès, les pins pignons, les pins d'Alep, les chênes verts, les lièges, les platanes, etc. II. Tempérée froide, de 10 à 5 degrés (Paris), à température moyenne 10°, 8 centigrades ; on y trouve en grandes proportions les familles végétales de la zone chaude, mais représentées par d'autres espèces : les conifères, par le pin commun, les sapins, les mélèzes; les amenlacées par les chênes, coudriers, hêtres, bouleaux, aunes, saules qui perdent leurs feuilles en hiver; plus vers le Nord, le nombre absolu des espèces diminue ainsi que le nombre relatif de celles de certaines familles ; plus de malvacées, de cistinées ni d'euphorbiacées. Sur les côtes de la Scandinavie, le hêtre ne franchit point le 59"= degré, et le chêne s'arrête au 61" degré, à la limite de la zone tempérée. III. Tempérée sous-arctique, de 50 à 0 degré, peuplée d'ai bres verts ; le sapin finit au 68^ degré, le pin au 70" et le bouleau un peu au delà, où l'on ne rencontre plus que d'humbles arbrisseaux. 3° Zone polaire divisée en deux secondaires : /l, arctique, commençant à l'extrémité de la Laponie, où il ne croît plus que des arbrisseaux très bas, le bouleau nain végétant jusqu'au 71" degré, le rhododendron ; B, polaire proprement dite, région des plantes alpines (Spitzberg).
Par la culture, l'homme transforme la surface du sol ; il dessèche » les marais, il fertilise des landes, il défriche les forêts, il couvre de moissons des champs qui semblaient condamnés à une éternelle stérilité. L'insalubrité des terres abandonnées par la main de l'homme augmente en raison de leur richesse et de leur fécondité naturelles; en les soumettant aune exploitation régulière, il assainit les contrées en même temps qu'il en tire des moyens de subsistance. L'agriculture exige une distribution bien entendue des eaux, circonstance qui profite à la salubrité des localités ; un bon système d'irrigation, en fertilisant les prairies naturelles, et en favorisant la multiplication des prairies artificielles, devient pour des nations entières une source d'abondance et de prospérité, partant de régénération physique et de vigueur héréditaire. Pour retirer du sol de grandes quantités de céréales, il faut des engrais; sans bétail, point de fumier; sans prairies, point de bétail. Ainsi, la viande et le pain, ces deux bases de l'alimentation, sont au prix de l'existence d^s
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prairies, qui dépendent à leur tour du mode d'arrosage et d'irrigation. D'après les récentes recherches de M. Nadault de Buffon (1), la France, malgré les innombrables cours d'eau qui la sillonnent, possède moins de prairies que les autres États de l'Europe; lasuperlicie totale de ses terres irriguées par des canaux de quelque étendue dépasse peu cent mille hectares, ce qui égale à peine le cinquième de la surface moyenne d'un département. En Prusse, en Autriche, en Danemark, les prairies naturelles sont dans la proportion d'un hectare contre trois et demi de terre labourable. En Wurtemberg et en Bavière, ce rapport monte à un contre deux et demi. En Angleterre et en Hollande, l'étendue des prairies égale, si même elle ne la dépasse, celle des terres consacrées au labourage. Le Piémont et la haute Italie sont desservis par un admirable système d'arrosement: c'est ainsi qu'entre l'Orco et le Tessin, à l'aide des canaux d'ivrée, de Cigliano, de Saluggia, del Rotto, etc., des terrains, ceux-ci marécageux, ceux-là d'une aridité qui semblait incorrigible, ont été convertis en de fertiles campagnes, et rivalisent aujourd'hui avec les plus florissants cantons de l'Europe. Dans la Lombardie, où l'on pouvait disposer des grandes nappes d'eau situées au pied des Alpes, le lac Majeur, le lac Mineur et la lac de Côme, d'où s'épanchent de puissantes rivières, la plaine de douze mille hectares, comprise entre le pied des Alpes et le Pô, a été couverte d'eau dans ses parties arides, et desséchée par des saignées là où elle était marécageuse : en somme, cette contrée possède aujourd'hui 315,000 hectares supérieurement arrosés, dont 146,000 dans le Milanais proprement dit.
Le caractère cultural du sol, c'est-à-dire l'appropriation la plus complète de la culture au sol, fournit au médecin l'indication sommaire des qualités de la terre et des conditions météorologiques moyennes du climat. M de Gasparin admet en Europe cinq divisions agricoles.
1" La région des oliviers, Sardaigne, Corse, îles Baléares, Grèce, Dalmatie, Crimée, côte orientale de l'Espagne, où l'olivier ne remonte pas au delà du Portugal, tandis qu'il est au premier rang sur sa côte occidentale. Au nord des Pyrénées, ses limites sont, en France, à Arles, Carcassonne, Saint-Pons, Lodève, le Vigand, Saint- Jean-du-Gard, Alais, Joyeuse, Nyons, Sisteron, Digne, etc. Dans les différentes vallées où il se montre, il atteint les latitudes sui-
(1) Traité sur les irrigations, 1843.
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vailles: à Bargcmont, 602 mètrtis; Fayenco, 622 mèlres; Grasse, Zi53 mètres, etc. Dansées mômes contrées, le cliène blanc s'arrête à 1000 mètres de hauteur. Dans la région dos oliviers, la température ne doit point descendre à 7 ou 8 degrés au-dessus de zéro, ou si elle est inférieure, elle ne doit pas durer plus de liuii jours. '
2" Région des vignes : elle exige un climat tempéré, et une température moyenneestivale et automnale qui permette la maturation du fruit; sa limite à l'ouest s'arrête vers Nantes (latitude 67°,20), remonte vers Paris (latitude ZiO") et plus haut, en Champagne,' sur la Moselle et le Rhin, jusque vers le 51"= latitude, puis passe en Silésieau même degré, redescend en Hongrie àZi8°,/j9', se prolonge jusqu'en Crimée et au nord de la mer Caspienne, où elle disparaît entièrement ; sa limite méridionale se trouve, dit-on, aux Canaries vers 27°,48', latitude, suit le littoral de la Barbarie, et se montre ensuite en Perse par 29 et même 27 degrés. Sur k-s montngnes de l'Europe, la vigne monte à 300 mètres en Hongrie; à 550 mètres en Suisse; à 650 mètres sur le versant méridional des Alpes; s'approche de 960 mètres dans l'Apennin méridional et en Sicile. A Ténériffe, elle s'élève jusqu'à 800 mètres.
3° Région des céréales : elle borne au nord et à l'est la région précédente et suit sa limite au midi; au nord, elle confine à la région des pâturages ou des forêts; elle laisse en dehors une partie des côtes du Poitou, de la Bretagne, de la Normandieet de la Picardie, qui par leur climat et leur sol, appartiennent à la région des pâturages; elle exclut encore les côtes de la Belgique, la Hollande, certaines parties de la Westphalie, du Danemark et do la Norwége; le midi de la Suède et de la Russie entrent dans la région céréale ; les îles Britanniques paraissent d'une destination douteuse à M. deGasparin, en raison du haut prix de revient du froment. Près du cercle polaire, sous 70 degrés latitude, comme à Lyngen, près du cap Nord, des récoltes abondantes de blé s'obtiennent dans des lieux abrités des vents de mer, bien que la neige y persiste jusqu'aux premiers jours de juin ; mais le jour dure un mois entier, la végétation parcourt ses phases en 72 jours et la moisson se fait à la fin d'août. En Amérique, les céréales vont jusqu'au 57« degré à l'ouest, et s'arrêtent entre 50 et 52 degrés latitude à l'est ; la ligne qui délimite leur région au nord dans les deux continents, suit donc les mêmes inflexions que les lignes isothermes dans ces régions. Même marche des céréales suivant l'altitude ; l'orge est celle qui se montre dans les latitudes les plus élevées; ensuite l'avoine.
CIUCUMFUSA. — DU SOL.
h" Région des pâturages : elle comprend les pays où l'herbe qui nourrit le bétail croît spontanément, c'est-à-dire en France, les parties du Poitou, de la Bretagne et de la Normandie qui avoisinent les côtes ; en Angleterre, la moitié des provinces occidentales, l'Irlande, l'Écosse, la Hollande. On distingue deux sous-régions; celle des pâturages d'hiver (Landes Basse-Camargue, littoral de la Corse etdelaSardaigne, maremmes toscans, plaines de l'Algérie, etc.) et celle qui , couverte de neige en hiver, contient , sous les cimes et ! les plateaux des montagnes, la Westplialie , le Danemark , la Nor- \ vége, la Laponie, la Russie et une partie de la Sibérie jusque vers le 68*= degré latitude. La terre des pâturages pérennes doit renfermer, après trois jours de pluie, plus de 0,23 d'eau ; celle des pâturages d'hiver et d'été possède cette propriété pendant la saison des herbages.
5° Région des forêts : elle se compose des parties de toutes les autres régions qui ne peuvent être transformées en pâturages ; elle occupe les parties les plus élancées et les plus escarpées des montagnes, et dans le nord, elle s'étend à tous les pays où la longue durée des hivers empêche les habitants de nourrir avec profit les animaux.
Les végétaux de grande taille forment, par leurs associations, des massifs de verdure qui courorment les crêtes des montagnes, en tapissent les pentes, se prolongent dans les vallées. Grande est l'influence climatérique des forêts, soit qu'elles exercent une action sur les vents et sur la température, soit qu'elles fonctioiment par leurs sommités comme de vastes appareils de condensation des vapeurs atmosphériques, et, par leurs troncs, comme modérateurs de l'écoulement des eaux torrentielles. Les forêts couvraient jadis la plusgrande partie de la surface de l'Europe, comme elles encombrent encore plusieurs régions de l'Amérique et de l'Afrique ; elles occupaient en France, il y a quelques siècles, une étendue disproportionnée avec l'accroissement de la population Tcicite nous apprend que le sol de la Germanien'offraitque forêts etmarécages: « Terraetsialiquar^to spcciediffert, inunivermmtamensijlvis horrida, aut pahidibus fœdnr>{i].
(1) De moribus Cermanorum, V ; Tacite ajoute que le sol de la Germanie se refuse à toute espèce d'arbres fruitiers {frugifnrarum arborum impatiens), que le bétail y est commuuémcut petit, et les bœufs dégradés, etc. Indices évidents de la détérioration des races animales dans les pays de marais. Comparez la riche et fertile Allemagne du xix" siècle avec celle qui arrachait encore à Tacite cette exclamation : Quis porro Germaniavi peleret, informem terris, asperam cœlo, imlemcullu adspeciuque, nisi si palria sit?
H\GliiNE l'UlVÉE.
L'histoire des défrichemenls se lie donc à celle de la civilisation ; l'état des terres a toujours été en rapport avec l'état des personnes! Fortifications naturelles des châteaux de la féodalité, les forêts s'éclaircirent plus tard par les déprédations des serfs, par les ravages de la guerre, surtout par l'augmentation progressive de la population ; mais deux causes ont exagéré l'œuvre du déboisement, bien au delà des besoins réels de l'agriculture : la spéculation et l'incurie. Au ix" siècle, quelques précautions d'intérêt public furent prescrites par les capitulaires : il existe des règlements forestiers qui datent du xni" siècle; mais ils restèrent inexécutés. Sous Louis XIV, Colbert, frappé de l'élat de dégradation des forêts par suite des guerres civiles, de l'ignorance et de l'incurie des propriétaires, institua une enquête par le moyen d'une commission chargée de parcourir la France ; mais jusqu'à la fondation de l'école forestière, et à la promulgation du Code forestier de 1827, on a peu fait pour le repeuplement du sol, opération qui seule peut améliorer le régime des eaux , et défendre les vallées contre les éboulemenls et les inondations. La hache du défrichement a continué de dénuder nos montagnes ; les forêts communales, mal aménagées, dévastées par la vaine pâture , au lieu de se régénérer, se transforment en rochers nus, en landes stériles. Nos Pyrénées sont aujourd'hui dépouillées des bois séculaires qui faisaient leur ornement et leur richesse ; le roc se montre à nu dans les Cévennes , là où la tradition rapporte que des arbres magnifiques déployaient jadis leurs ombrages ; dans les départements du Var et des Basses et des Hautes-Alpes, les torrents causent tous les ans des dévastations terribles depuis qu'on a ravi aux montagnes les forêts tutélaires dont la présence ralentissait la fonte des neiges et le cours des eaux. La voix des administrateurs s'est élevée à différentes époques (Bosson, de Puymaigie, etc.) pour signaler les conséquences de cet état de choses. Le gouvernement s'occupe à y remédier : fructueuse entreprise qui peut, dans un demi-siècle, doubler les revenus des forêts de l'État, dont la valeur est déjà de 50 millions par an ; ses soins devront s'applitiuer surtout au reboisement des terrains en pentes rapides, qui sont en grande partie la propriété des communes.
§ a. — De l'action des niodlflcaleiirs geolof^iques.
L — Température du sol.
Puisque la chaleur centrale de la terre influe sur la température de sa surface dans une proportion indifférente à la sensibilité cuta-
(MRCnMFTISA. — BU SOL. 525
née, il n'y a litni d'oludier que les effets de l'irradiation solaire ; or ils varient suivant l'état de la surface, la confii;uration et la structure du sol.