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algie, nausées, défaillances, cris involontaires et quelquefois modulés ; délire, convulsions générales, rire sardonique, refroidissement du corps, yeux clos, pupilles dilatées et fixes, face livide, lèvres violettes, battements tumultueux du corps, pouls petit et accéléré, écume blanche ou sanglante à la bouche, respiration courte et convulsive, etc. Ces terribles accidents peuvent ne se produire que plusieurs heures après la sortie des fosses; d'autres fois ils revêtent la forme délirante, et la mort est instantanée. Les premiers symptômes sont, chez quelques ouvriers, une loquacité insolite, des propos incohérents, une sorte de danse automatique; ordinairement la maladie dure de quelques minutes à vingt-quatre heures, et généralement la connaissance revient aux malades avant le terme fatal. Outre ces diverses sortes d'effets, les médecins militaires savent bien que la dysentérie des camps a souvent son origine dans l'infection des fosses mal entretenues ou rarement comblées qui reçoivent les déjections de masses d'hommes. Le méphitisme des latrines est plus fréquent pendant les chaleurs , dans les temps humides, dans les habitations collectives; il augmente par le séjour prolongé des matières , la forme carrée et la profondeur de la fosse, par le mauvais état de ses parois , par le mélange avec les urines, l'eau de vaisselle, de lessive, de savon, etc. L'extinction d'une lumière introduite dans la fosse indique la prédominance de l'azote et de l'acide carbonique; le sulfhydrate d'ammoniaque est flagrant; le gaz hydrosuifureux ne se dénote par aucun indice appréciable Le plus sûr moyen de prévenir le méphitisme, consiste dans une bonne construction des fosses et des latrines. L'ordonnance de police du 1" décembre 1853 en a fixé les conditions, ainsi (jue celles des vidanges. Les fosses placées sous le sol des caves doivent avoir une communication immédiate avec l'air extérieur; les caves et autres locaux où se trouvent les ouvertures d'extraction des fosses, auront au moins 2 mètres de hauteur et assez d'espace pour recevoir quatre travailleurs et leurs ustensiles. Les murs, la voûte et le fond seront entièrement construits en pierres meulières maçonnées avec du mortier de chaux maigre et de sable de rivière bien lavé ; les parois de la fosse seront enduites de pareil mortier lissé à la truelle ; on ne donnera pas moins de 30 à 05 centimètres d'épaisseur aux voûtes, et moins de 65 à 5o centimètres aux massifs et aux murs. Point de compartiments, de divisions dans les fosses, point de piliers, de chaîne ou d'arcs de pierres apparentes. Le fond sera en forme de cuvette concave; tous les
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angles intérieurs seront effacés par des arrotidissenienls do 25 centimètres de rayon. Autant que possible, on construira les fosses sur un plan circulaire, ellipticiue ou reclangulaire. Point de fosses à angles rentrants, hors le seul cas où la surface de la fosse serait au moins de U mètres de chaque côté de l'angle, et alors il sera pratiqué, de l'un et de l'autre côté, une ouverture d'extraction. Quelle que soit leur capacité, les fosses ne pourront avoir moins de 2 mètres de hauteur sous clef; elles seront couvertes par une voûte en plein cintre, ou qui n'en différera que d'un tiers de rayon; l'ouverture d'extraction des matières sera placée au milieu de la voûte ; la cheminée de cette ouverture ne doit point excéder 1 mètre 50 centimètres de hauteur, et l'ouverture elle-même ne pourra avoir moins de 1 mètre de lojig sur 65 centimètres de large. Que si la cheminée a plus de 1 mètre 50 centimètres de hauteur, on calculera les dimensions de l'ouverture pour que sa longueur ou sa largeur égale les 2/3 de la hauteur de la cheminée. Le tuyau de chute doit toujours être vertical , d'un diamètre minimum de 25 centimètres, s'il est de terre cuite, et de 20 centimètres , s'il est de fonte ; parallèlement au tuyau de chute doit régner un tuyau d'évent qui sera conduit jusqu'à la hauteur des souches de cheminées de la maison ou de celles des maisons contiguës, si elles sont plus élevées; ce tuyau d'évent aura un diamètre de 25 centimètres au moins; l'orifice inférieur des tuyaux de chute et d'avant ne pourra être descendu au-dessous dt;s points les plus élevés de l'intrados de la voûte. Le mauvais état des tuyaux de chute est une des causes les plus ordinaires de l'infection des latrines; ils se font en poterie mal cuite dont les joints ne sont pas ajustés exactement; les plâtres qui les enveloppent s'imprègnent d'une humidité fétide qui s'étend aux îïiurs d'adossement : ceux-ci se dégradent ; leur mortier, leur plâtre surtout se décomposent ; les bois de charpente ou de cloison pourrissent, On substitue avantageusement à ces conduits en poterie des tuyaux de fonte dont les joints sont bouchés avec du mastic : cette précaution ne suffit pas pour empêcher les émanations, il faut encore isoler le tuyau dans un coffre de plâtre, libre dans toute la hauteur du bâtiment, ouvert en bas et au-dessus du toit seulement, de manière à laisser entre sa face interne et le tuyau une couche d'air dont le courait entraine les exhalaisons.
Le système dos fosses mobiles n'est pas une nouveauté ; en 1788, Gautier avait proposé un appareil pour la séparation des matières solides et liquides. Parent-Uuchàtelet préconise ce système : a 11
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peut s'appliquer partout, il facilite l'enlèvement des matières, et permet de le faire sans odeur et sans malpropreté ; il préserve les ouvriers des dangers de l'asphyxie , il empêche les dégradations de nos édifices et contribue à augmenter la masse disponible des engrais (1)». L'ordonnance de 1853 interdit le placement des appareils mobiles dans une fosse supprimée dans laquelle il reviendrait des eaux quelconques ; elle exige qu'ils soient établis sur un sol rendu imperméable àl mètre de profondeur au moins, au pourtour des appareils disposés en forme de cuvette ; les caveaux à fausses mobiles seront constamment pourvus d'une échelle qui permette d'y descendre sans danger; les trappes destinées à fermer l'ouverture de ces caveaux doivent être construites solidement, et garnies d'un anneau de fer, pour en faciliter la levée : on évitera que les eaux pluviales et ménagères ne pénètrent dans les caveaux ; tout appareil plein sera enlevé et remplacé avant que les matières débordent; il sera formé un plan, luté et nettoyé avec soin avant d'être porté aux voilures. Défense de laisser dans les maisons d'autres appareils 4e fosses mobiles que ceux qui y sont en service, et de faire écouler les matières contenues dans des appareils à l'aide de caimelles ou de toute autre manière. Pour l'établissement des deux étages de tonneaux dont se composent les fosses mobiles, il faut préférer les rez de-chaussée munis de tuyaux d'évent aux caves profondes dont les marches se dégradent par le passage fréquent des tonneaux, et où la surveillance est difficile; il faut veiller à ce que les tuyaux ou cylindres qui font communiquer entre eux les deux rangées de tonneaux, soient bien disposés, et à ce que les matières ne se déversent pas sur le sol. Quand ces précautions ne sont pas exactement observées, les fosses mobiles deviennent aussi une source d'infection ; c'est ce que nous avons souvent constaté au Val-de-Grâce où ce système est adopté depuis fort longtemps.
En Angleterre, on a renoncé aux fosses d'aisances; elles ont existé à Londres tant que les maisons sont restées sans jonction avec les égouts; mais vers 1820, les compagnies d'eaux ayant commencé leur service, qui dès 1850 procurait aux ménages particuliers une quantité d'eau de 260,000 mètres cubes, l'usage des water-closet se généralisa, les prescriptions qui fermaient les égouts tombèrent en désuétude, le drainage des maisons par la canalisa^ tion souterraine devint la règle et la fosse l'exception; aujourd'hui un égout passe dans toutes les rues de Londres; de chaque (1) Mémoires d'hygiène publique, t. II, p. 400.
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maison particulière sort un tuyau de grès qui y df^charge les eaux de la cuisine des cabinets de toilette, du water-closet et de la cour; l'égout lui-même est de briques, à profil d'œufet se déverse dans l'ancien affluent de la Tamise, converti en ét^out de 2, 3 et U mètres d'ouverture ; là, l'écoulement ne s'effecluant qu'à basse mer, les eaux chargées d'immondices stationnent six heures: les grandes artères deviennent ainsi, dans le bas, de véritables réservoirs avec tous les inconvénients de dépôt, de méphitisme et d'inondation qu'un mode discontinu d'écoulement doit amener dès que surviennent des orages ou qu'on étend trop le bassin de l'égout (1). Aussi l'eau de la Tamise est-elle altérée par le mélange de tant de matières organiques ; sous les ponts, elle est jaune et sale comme un bourbier, tandis qu'en la remontant jusqu'aux prairies d'Hampton-Court, on la trouve vive et limpide. Sur les 16,000 maisons de la cité, ZiOOO à peine ne sont pas encore drainées. Des inspecteurs, qui, pour les travaux et la surveillance, relèvent d'un ingénieur, et qui rendent compte en même temps au médecin chef de l'hygiène, sont répartis en dix sections sur le territoire de Londres ; d'après leurs rapports, vérifiés sur place par ce fonctionnaire médical, injonction est faite aux propriétaires d'exécuter dans un délai fixe la jonction souterraine de leurs maisons avec l'égout public, de munir les water-closet de fermetures hermétiques et de la quantité d'eau nécessaire pour emporter les vidanges; de perdre, par la même voie souterraine, les eaux des cours, écuries, cuisines et toitures ; d'assurer aux habitants de la maison un approvisionnement suffisant de belle et bonne eau au moyen d'une citerne et d'un appareil convenable; enfin de faire vider et combler ensuite avec des remblais de bonne qualité les fosses actuellement existantes. Ainsi le système de latrines anglaises se lie à une circulation d'eau dans la maison par deux robinets au moins, l'un dans la cuisine et l'autre dans le water-closet ; souvent il y en a un troisième dans le cabinet de toilette avec baignoire. Le drainage ou la perte des eaux qui ont été employées, est la conséquence forcée de cette installation. Toute habitation pourvue d'eau est une habitation drainée; le courant d'eaux pures nécessite un écoulement d'eaux infectes ; de là ce réseau d'égouts et de conduits, sorte de système artériel placé dans le sous-sol de Londres et dont les veines sont partout.
(1) Happorl sur le mode d'assainissement des villes en Angleterre et en Écosse, par M. Mille, ingénieur des ponts et chaussées, 20 juillet 1854. {Ann, d'hygiène, 2» série, Paris, 1855, t. IV, p. 203.)
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On a proposé pour Paris l'application du système qui consiste à faire circuler l'eau dans toute la hauteur des maisons et à perdre les vidanges aux égouts. La construction d'égouts latéraux à la Seine, et l'application des liquides d'égoul à la culture par le jeu des machines, seraient deux conditions sans lesquelles on aurait à prévoir et la détérioration des eaux de la Seine et une immense perte d'engrais si nécessaires à l'agriculture. Une pareille combinaison de moyens d'assainissement rencontrera bien des difficultés, provenant des terrains et des localités, sans compter celle d'obtenir un fonctionnement régulier par l'ensemble des chasses d'eau et des pentes d'égouts, etc. Quoi qu'il en soit, on ne peut s'empêcher de considérer comme un foyer d'infection toujours menaçant, le réceptacle des matières fécales placé sons le sol même de nos habitations. Les accumulations immondes tendent constamment à vaincre les obstacles qu'on oppose à l'expansion de leur atmosphère. Les rejeter au loin, les perdreau furet à mesure de leur formation semble une mesure aussi nécessaire que celle de l'inhumation des cadavres à une distance suffisante des habitations. Et quand on sait le nombre énorme de maisons empoisonnées par le méphitisme des fosses d'aisances, quand on peut s'assurer tous les jours dans Paris même que leur vidange, malgré le perfectionnement des méthodes .de désinfection et la surveillance de la police, est restée une opération aussi dégoûtante pour les ouvriers que pour les habitants, on ne peut qu'applaudir aux efforts qui auront pour résultat tout'à la fois de donner l'eau aux habitations et d'en expulser incessamment le détritus humain. C'est une belle formule que celle du Board of health : « L'assainissement est l'accord de trois fonctions : distribution des eaux pures, perte immédiate des eaux infectes, et arrosement des cultures. «
Sur l'avis du conseil de salubrité, le préfet de police a adopté dans son ordonnance du 29 novembre 185/i, le principe de l'écou^ lement direct et permanent dans les égouts des eaux vannes provenant des fosses d'aisances; il suppose, dans les fosses fixes ou mobile;:, la division des matières solides et liquides. Les appareils diviseurs s'adaptent aux anciennes fosses; les nouvelles doivent comporlerla séparation des matières. Les liquides, désinfectés rapidement et à peu de frais, pourront, à mesure de leur production être évacués directement et d'une manière permanente dans les egouts, au moyen d'une conduite souterraine; à défaut de cette circulation continue, les matières liquides désinfectées, provenant
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des fosses à proximité des égonts, ne pourront ôtre écoulées dans ces égonts, lors de la vidange, qu'au moyen d'une conduite souterraine dont les conditions seront réglées par l'aflministration ; là où cette conduite souterraine ne peut être établie, on permet l'écoulement des liquides infectés au moyen d'un tuyau aboutrssant à la bouche de l'égout le plus voisin. Si l'éloignement de l'égout ou toute autre circonstance s'oppose à ce mode d'écoulement, les liquides seront déposés au dépotoir. On le voit, ces dispositions de police sanitaire sont un premier pas vers le système anglais; les Cosses avec séparation des liquides et des matières solides sont, en France, le dernier progrès réalisé dans la construction des latrines.
La disposition des cabinets d'aisance contribuera beaucoup à l'assainissement des fosses. Qu'ils soient isolés, éloignés de l'appartement, surtout des chambres à coucher, largement aérés; que les sièges, de bois dur et cirés soient garnis, à leurs ouvertures de cuvettes à l'anglaise, fermées par une soupape à bascule et communiquant avec un réservoir d'eau. Que le tuyau de chute qui met la cuvette en communication avec la fosse soit de fonte ou de tôle bitumée, et dans les conditions mentioimées plus haut. La ventilation des cabinets d'aisances, a donné lieu à deux théories : d'après l'une, le siège seul doit être ventilé; dans l'autre, le courant d'air, établi du siège au tuyau d'évent, passerait par la fosse. La première a prévalu par cette raison que le contact de l'air extérieur active la pulréfaclion des matières fécales, tandis qu'elle est ralentie par une atmosphère immobile de gaz azote mêlé de carbonate et de sulfhydrate d'ammoniaque.
Pour s'opposer à la diffusion des émanations des latrines dans l'intérieur des appartements, il faut, à l'exemple et d'après le précepte de Labarraque, étendre sous les portes une traînée de chlorure de cliaux sec, épaisse de '2 centimètres, et tendre derrière les portes, sur des cordes, un linge épais trempé dans du chlorure liquide. Le prix élevé des chlorures ne permet guère leur emploi pour la désinfection des fosses et la préservation des vidangeurs qui y pénètrent; mais on doit exiger, suivant l'avis de Labarraque, qu'une bouteille de chlorure d'oxyde de sodium fasse partie de leurs équipages pour le secours des ouvriers asphyxiés, et que l'on fixe sous le nez et la bouche de ceux qui travaillent à l'intérieur des fosses, des éponges imprégnées d'une solution du même produit.
On a proposé divers pro(;édés pour désinfecter les matières
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fécales à moindres frais, en leur conservant en même temps leurs propriétés utiles pour l'agriculture, avantage que n'ont point les chlorures ; ils répondent tous à cette double indication ; saturer les gaz fétides et utiliser l'ammoniaque.
1° Procédé de M. Salmon. C'est le mélange des matières slercoralesavec le charbon très divisé ; il a pour résultats leur désinfection instantanée et complète, et la formation d'un engrais solide, susceptible d'être transporté sans inconvénient et de servir immédiatement à l'agriculture ; mais il répand une poussière noire dans les habitations, il salit les environs de la fosse, et ne sépare pas exactement les substances solides et les eaux vannes. 11 est exploité avec succès dans la bardieue.
2° Procédé de Darcet, substituant la cendre de tourbe au noir animalisé.
3° Procédé de M. Schattenmann. 11 a pour base l'emploi du protosulfate de fer qui, agissant sur un mélange d'acide sulfhydrique, de carbonate, de sulfhydrate d'ammoniaque, et de quelques éléments organi(|nes, fixe l'ammoniaque à l'état de sulfate et le soufre à celui de sulfure ferreux. Les nouveaux produits ne dégagent plus qu'une faible odeur de fèces et de résidus végétaux qui s'y trouvent contenus en petite proportion; transportables à de plus grandes distances que le fumier, et délayés dans l'eau sur le terrain, ils constituent un opulent engrais.
h° Procédé de M. Siret. On délaie dans 2 kilogrammes d'eau 1 kilogramme de poudre composée de charbon, de sulfate de zinc et de fer; ce mélange est projeté sur les matières à désinfecter; le sulfate de zinc ne vaut point le sulfate ferrique ; les inconvénients du charbon ont été indiqués; celte poudre est d'ailleurs plus dispendieuse que le moyen de M. Schattenmann.
5° Procédé de MM. Kraff et Suquet. Ils appliquent le protoxyde de fer hydraté à la désinfection des matière.s en séjour dans les fosses d'aisances et à la fabrication de sels ammoniacaux et de la poudrette ; toutefois les produits solides ne sont désinfectés complètement qu'après leur arrivée à l'établissement où on les réduit en tourteaux solides, compactes et inodores ; et c'est aussi là que sont traitées les eaux vannes par la chaux hydratée qui en dégage lammoniaiiue et précipite les matières animales tenues en suspension. Nous renvoyons, pour de plus amples détails sur ce
{\) Annales d'hygiène, 1844, l. XXXli, p. 326.
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pi'oml(W|ni iiilôiusse |)lus riiygit^iu; publiqun rin.liislrio que; lii salubrilô des Iiabilaliuiis piiv.kis, à la descriplioii (pi'eii a donnée M. Guérai'd (I); il permet d'obleiiiren qnoiques heures la dessiccation parlaile des matières fécales solides, et leur conversion en poudrelle inodore, infermentescible et d'un facile transport, tandis que la grossière méthode de Montfaucon, stratitiant les matières semitluides, développe une grande surlace d'évaporation et de fermentation putrides qui entraîne, en sus de l'insalubrité sur une grande échelle, le déchet des neuf dixièmes des principes utiles de l'engrais.
6" Procédé de MM. Domange (1) ou vidange atmosphérique. Ce mode d'extraction a pour unique agent la pression de l'air extérieur; de puissantes pompes pneumatiques qui fonctionnent dans les ateliers de l'établissement, servent à opérer le vide dans des récipients hermétiquement fermés ; dès qu'ils sont mis en communication avec les fosses au moyen de tuyaux de plomb, les matières y nionlent et emplissent les récipients en moins de trois minutes. La désinfection des matières dans les fosses, avant la vidange, est aujourd'hui obligatoire ; les moyens ne manquent point; on a indiqué successivement outre ceux déjà mentionnés 1° parmi les substances solides, les chaux, le sable, les marnes, les cendres de houille, de bois et de mâchefer, la tourbe mêlée de sous-chlorure et de carbonate de chaux, le salpêtre, les plâtres et les plâtras, les vieux mortiers, les terres calcinées, la sciure de bois, les poussiers de mottes et de diverses écorces d'arbres, le tannin, les résidus des diverses opérations chimiques, tels que les chlorures et les sulfates de soude, de fer et de magnésie, etc.; 2" parmi les substances liquides, le lait dechaux, les lessives de cendres, diverses dissolutions salines, les hypochlorates alcalins, le chlore, les acides sulfureux, sulfurique, chlorhydrique, acétique ou pyroligneux, les décoctions déplantes aromatiques, le goudron, les huiles de schiste et autres, etc. Le principe de la désinfection est l'ab-sorption des gaz délétères, ce qui explique la multiplicité des agents employés: «en grand, toutefois, il est des difficultés qui ont retardé la mise en pratique des procédés réputés les plus économiques» (2). Le plus généralement usité dans les fosses même, lorsqu'on doit couler sur la voie publique et qu'il y a lieu d'éviter la coloi ation noire du sulfate de 1er, consiste dans l'emploi du sulfate de zinc parfumé avec
[1) Voyez Annales d'hygiène, 18i6, t. XXXV, p. 77.
(2) Rapports généraux des travaux du Conseil de salubrité de Paris, de 1846 à 1R48 inclusivement. Paris, ISSS, p. 12B.
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l'essence de romarin ; s'il s'agit des fosses mobiles, on a recours au sulfate (le fer et à l'acide pyroligneux impur, à l'aide de 1 kilogramme de chaque par tonne mobile.
Éloignez de vos demeures les écuries, les étables : elles répandent des émanations qui sont au moins désagréables par leur odeur. Ces constructions, qui entrent dans le système de beaucoup d'habitations privées, exigent d'ailleurs les mêmes conditions de salubrité: une capacité atmosphérique qui, pour le cheval, le mulet, le bœuf, etc., doit être beaucoup plus grande que celle qui est nécessaire à l'homme (1); des ouvertures suffisantes pour l'accès de la lumière et la ventilation, des murs édifiés avec des matériaux secs, un sol disposé pour l'écoulement des liquides et pavé de manière à s'opposer à leur infiltration, etc. ; des ruisseaux à pente, des lavages réguliers, contribueront à l'assainissement de ces lieux ; en cas d'épizootie, il faut s'empresser de faire parquer les bestiaux. Les masses de matière animale et végétale qu'on laisse s'accumuler près des écuries, sous forme de fumiers, couvrent le sol d'excrément et l'imprègnent d'urine ; leur fermentation putride donne lieu à des émanations dont la nocuité a été contestée ; mais il est remarquable que de nombreuses relations d'épidémies adressées tous les ans à l'Académie de médecine s'accordent à attribuer à la présence des fumiers l'influence la plus fâcheuse. 11 sera certainement d'une bonne administration de défendre le séjour des fumiers au delà de deux jours à proximité des habitations. Les chenils, les poulaillers, les pigeonniers, les trous où l'on élève des lapins ne sauraient être tolérés dans une demeure urbaine ; ces réceptacles, dont le bon entretien exige des soins minutieux, et qui finissent toujours par répandre des exhalaisons malsaines, ne peuvent être établis que dans les habitations qui se développent sur une gramie étendue de terrain.
(1) En coniparanl les effets de la respiration humaine dans un lieu clos avec ceux de la respiration des chevaux dans des écuries fermées , on trouve qu'un cheval exhale environ trois fois plus d'acide carbonique que l'homme; ce nombre exprime d'après M. Ghevreul, le rapport des capacités pulmonaires. M. Leblanc s'appuie sur des expériences pour porter à 18 ou 20 mètres cubes la ration d'air nécessaire par heure à un cheval dans une écurie close; elle peut être réduite, si l'écurie n'est point fermée. Les vétérinaires les plus distingués rattachent l'étiologie de la morve chez les chevaux à leur séjour dans des écuries trop étroites, humides, où l'air a peu d'accès ; les faits de transmission de cette affreuse maladie à l'homme sont une raison de plus pour assurer aux écuries le bienfait d'une large aération.
S 2> - De l'innuciicc des liabltailoiis.
Au point de vue de l'hygiène, l'influence que l'habitation privée exerce sur l'homme et sur la famille n'est autre que celle de l'atmosphère qu'elle circonscrit: or, l'air confiné agit par son humidité, par son volume, par ses altérations, par sa température, par le mode et le degré de son renouvellement.