DES ÉDIFICES PUBLICS. — MATERNITÉS
JübLIQBE] -
rarroiulissenieiit, 22 pour 100 ; on n’en compte que 16 pour 100 au clief-liou le raiTOudissement.
La mortalité des enfants trouvés va diminuant dans le départe îine ; elle était en
de 56,70 pour 100 de 58,91 pour 100
département de la de /i9,8/5 pour 100
De un jour h un an, elle est elTrayante dans les départements suivants :
Poui' 100.
Loire-Inférieure 90,50
Seine-Inférieure 87,36
Eure 78,12
Calvados 78,09
Aube 70,27
Pniir 100.
Seine-et-Oise 69,23
Côte-d’Or 66,46
Indre-et-Loire 62,16
Manche 58,66
O. du Mesnil (1) conseille de supprimer la direction des nourrices, de ranïger sous l’autorité du préfet de police les bureaux particuliers, de ne faire intervenir l’administration qu’après avoir constaté l’absence des parents ou l’impossibilité pour eux, soit de solder exactement les mois échus, soit de se libérer de l’arriéré, de faire surveiller sur place les nourrices par un comité local dont feraient partie de droit, le maire, le curé, le médecin, l’instituteur, de rétribuer convenablement l’homme de l’art appelé à donner ses soins à la nourrice ou à l’enfant, d’instituer des récompenses annuelles pour les nourrices qui se seront distinguées dans l’accomplissement de leurs devoirs. Le préfet de police correspondrait directement avec les maires des localités où seront placés les enfants.
3“ Maternités. — Les femmes en couches se rangent sur la même ligne que les enfants, si même elles ne les dépassent, quant à leur puissance de viciation atmosphérique et à la gravité des conséquences qui en résultent pour elles. Leur réunion dans un même local, l’écoulement de lochies, les sueurs copieu.ses, l’excrétion parfois superflue du lait, celle des urines et des fèces pendant les premiers jours de l’accouchement, l’humectation continue de leur peau, dont la propriété absorbante s’accroît par cette cause, l’ampleur de la respiration dont les organes, devenus plus libres, présentent à l’air une surface plus étendue, l’affaiblissement qui succède aux pertes de sang et à la dépense des forces musculaires, l’irritabilité que des douleurs inévitables laissent à leur suite dans tout le système nerveux : telles sont les circonstances qui créent autour des femmes en couches une infection spécifique, et qui augmentent leur aptitude à en subir l’influence. Les femmes en couches sont admises et traitées, soit dans une dépendance plus ou moins isolée des hôpitaux ordinaires, soit dans des établissements qui leur sont exclusivement consacrés. Telle est la fré(|uence
(1) O. (lu Mesnil, Industrie des nourrices et mortalité des nourrissons [Annales d'hygiène et de médecine légale, 2' série, t. XXVIII, 1867, p. 5).
des modificateurs. — CmCUMFUSA. [HYCiÉioia
des épidémies qui s’y développent, et telle est la rareté des accidents obsertad vés dans la pratique civile, et même parmi les femmes des classes inférieuresi^ que l’on s’est demandé s’il n’y avait lieu de remplacer les maisons d’accou 4*^ chement par des soins à domicile ; mais que deviendraient les fdles trop nomiiû breusesqui manquent de refuge, et qui cachent dans les hospices le secret diîïl leur honte? On a pensé à les confier aux sages-femmes qui reçoivent cliei^l; elles des femmes à accoucher, et j’incline à ce mode de disséirrtnalion. bon il dres, Dublin, Vienne, prouvent d’ailleurs qu’il est possible de réunir dans ung même établissement un certain nombre de femmes en couches sans les con i damner au lléau des épidémies puerpérales. Dans l’une des quatre maisona que possède la première de ces villes, le nombre des décès pendant trente années environ (de 1788à 1818) n’a jamais dépassé 1 sur 231. Dans l’iiôpi-; lal de Dublin la mortalité depuis 1757 jusqu’à 1825 s’est montrée daiii' la proportion de 1 à 87 : résultat moins avantageux, parce que les femmer entrées à l’iiopita! de Dublin ne peuvent se comparer, en raison de leur misèn et de leurs habitudes, à celles des maisons de Londres, où les admissions nC' sont pas exemptes de choix et de diflicultés; or, de 1835 à iSlilx, pendanii une période de dix ans, la Maternité de Paris a perdu 1 sur2ù,7ù femmes em couches; en 1853, 1 sur 12,51 ; en 185ù, 1 sur 8,91 (1).
Accumulons les chiffres, la statistique est péremptoire ici; pour 1856,i Tarnier a établi ces données :
A la Maternité
A l’hôpital des Cliniques.
Bureaux de bienfaisance , XII° arrondissement (1) .
Accouchements.
Morts.
Proportion.
1 sur 17
Ainsi, môme dans l’arrondissement le plus pauvre de Paris, voyez les> chances de mortalité attachées au comfort de l’hôpital.
En 1861.
Dans les hôpitaux
Bureaux de bienfaisance
En ville
Accouchements.
Ùccès.
Proportion.
1 sur 10,42
Dans les hôpitaux
Bureaux de bienfaisance En ville
En 1862.
Accouchemenls. Morts.
Proportion,
1 sur 14,64 1 — 304,28 1 100,88
En 1863.
.\ccoiicIicments, n^ci-.s.
A domicile ... , 934 781 4 405
^ l’hôpital 888 312 30 394
(1) Compte moral et administratif des hôpitaux et hospices de
(2) Où se trouvait la Maternité en 1856 ?
(3) Léon Le Fort, Éludes sur les maternités, in-4". Paris, 1866.
Proportion.
1 sur 212 1 sur 32 (3)
Paris, 1855, p. 76.
•liBUOra] nKS ÉDIFICES PUI5L1CS. — MATElINITÉS.
l'ciulant 7 ans, 11928 accoiicliements faits eu ville par les cliinirgicns do }iiy’s Hospital ont fourni 36 décès, soit 1 sur 331 acCoiichemenls (1).
Veut-on une longue période, une période pins que demi-séculaire ? De 8ü2 à 186A, dit Léon Le Fort, 1 décès sur 19 accouchements a été la iioyenne de la mortalité de l’iiôpital de la Maternité, à Paris. Celui des clini- |ues a pour sa moyenne de 30 ans i décès sur 21,2 accouchements; celui de saint-Antoine 7 décès sur 100 pour moyenne de 50 ans ; Lariboisière 8 siir 100 de 185A à 1862) ; Rcaujon 1 sur 15 (Béhieij,
Les femmes en couches ont besoin d’un air pur, de propreté, de tranquillité t de calme moral. On a proposé pour elles des salles vastes avec ün nombre iroportioimel de lits, ce qui les assimile à cèdes des hôpitaux ordinaires, ou la (ivision des salles en trois travées longitudinales 'dont la moyenne sert de ruè t les deux latérales sont partagées par dé minces cloisons eii celltilès à un lit t éclairées chacune par une fenêtre; mais les cellules ne jaéuvent être aérées -ar leur fenêtre sans danger pour les femmes en couches, et lë courant que eux fenêtres terminales permettent d’établir dans là travée intermédiaire, litre les deux rangées de cellules, n’entraîne pas plus leur méphitisibe que le oiirant du fleuve n’emporte et ne renouvelle les eaux qui croupissent sur ses lOrds. On a encore conseillé la section des salles eil chambres de moyenne apacité, où l’on peut placer les femmes par séries dë huit à dix parvenues à leu près au même terme ; et comme elles quitteront la chambré à peu près à 1 même époque, on aura la facilité de la ventiler pendant quelques jours, d’en iver les murs avec une solution de chlorure de chaux, d’expOser à l’air ou de onouvel'er en partie le mobilier, etc. , de manière à n’y faire entrer une nouelle série de femmes qu’après cette purification à fond. Chacune de ces chamtfes principales doit communiquer avec une pièce plus petite à deux lits l’accouchement montés sur des roulettes qui permettront de rouler les femmes lisqu’au lit qui doit les recevoir définitivement. On ne souillera pas de cette iiahière la salle où doit séjourner la nouvelle accouchée, et si quelque opéraion est indiquéé, l’accoucheur n’aura que les témoins qu’il veut avoir. Mais 1 salubrité des hôpitaux de maternité ne sera complètement assurée que :
‘ par leur construction en dehors des centres de population, dans la banlieue orale des villes ; 2“ parleur réduction aux proportions d’un petit hôpital, ùt-on multiplier les maternités; 3“ par lé placement de chaque femme en ouches dans une chambre distincte, spacieuse, séparée, sans communication vec celle d’une autre femme en couches, et munie d’une cheminée veniilaîire à l’oppositc des fenêtres ou de la porte d’entrée. Le chiffre limite 80 par maternité indiqué dans une instruction du comité d’hygiène et du service lédical des hôpitaux, me paraît excessif, il est vrai que 20 de ces lits doivent îujours rester vacants et destinés à un roulement qui permet d’évacuer à onr de rôle les locaux habités et de les livrer à des soins de nettoyage à fond
(1) Malgaigne, Rapport sur la mortalité des femmes en couches, etc.
DES MODIFICATEUHS. — ClUCljMFUSA.
[hygu^I
et d’assainissemenL complet. Cette même instruction fixe le maximum deslj^ par salle à 10; les .salles ne communiqueront pas entre elles; elles aurcdl 5 mètres à 5'", fiO de hauteur sur 8 de large; un .seul lit par trumeau, jj 50 centimètres du mur; chaque lit sera séparé de l’autre par un intervalle ij 3 mètres à 3“, 5. .Jamais de lits supplémentaires. Ces prescriptions ont lec mérite et réaliseront un progrès ; mais ce <{ui ressort le plus clairement enquêtes et des discussions de 1863, c’est la nécessité de supprimer les hô| j taux des femmes en couches, de les assister à domicile, de pourvoir à l’ensisj gnement obstétrical par le système des polycliniques en ville, et, si 1’ ,j maintient quelques-uns de ces lugubres établissements, il y faut ménage chaque femme une chambre à part. Les femmes admises dans ces asiles p^ ou moins longtemps avant le terme de leur grossesse trouvent-elles, dansil passage d’une existence rapide et rude à une vie presque inerte, une cam prédisposante aux maladies qui les frappent souvent après leurs couches? 1’; ; Dubois a constaté que l’influence puerpérale s’appesantit autant sur les feinm; entrées à l’hospice avec les douleurs de l’accouchement, que sur celles qu avaient déjà fait un long séjour. La susceptibilité nerveuse des femmes C' ceintes ou accouchées exige de grands ménagements. Vers la fin de la gestioij la crainte d’une mort prochaine les jette dans une mélancolie profonde. Qu’' éloigne donc d’elles le spectacle des maladies graves et des catastrophes. J explorations auxquelles on les assujettit, dans l’intérêt de l’instruction ( élèves, ne sont pas exemptes de conséquences fâcheuses; elles ne s’y prête qu’avec répugnance et parfois avec les marques d’une souffrance plus ou mo | réelle; une extrême réserve dans ces manœuvres est le devoir des élèves, ut surveillance sévère est celui des maîtres. Enfin, pour que les maisons maternité réalisent le bienfait de leur institution, il faut fixer à neuf ou i jours la durée de rigueur pour la convalescence des femmes en couches.
D’après le genre des maladies, on a créé des hôpitaux pour les affeetn cutanées, pour les maladies vénériennes, etc. Dans tous ces établissements,séparation des sexes doit être rigoureusement maintenue. Les vénériens • sont pas encore admis dans tous les hôpitaux civils ; un préjugé religieux lu contre cette extension de l’assistance qui est motivée par un intérêt pubf Dans d’autres hôpitaux civils, on les séquestre et, tant pour leur habillenu que pour leur couchage et jusqu’à l’aspect des locaux où on les confine, . sont traités sur un pied d’infériorité et presque de pénitence ; nos militr.: eux-mêmes n’échappent pas, dans ces localités, aux mesures d’exception i dfliumiliation, qui ne sont propres qu’à favoriser la dissimulation et par cri séquent l’aggravation des maladies syphilitiques. Dans les hôpitaux des peti’i villes, où l’on est obligé de réunir souvent tous les genres d’affections, il fd au moins éloigner les services qui pourraient se nuire : ainsi les femmes' couches, qui ont besoin de calme et de silence, ne seront point placées de le voisinage des fous. Les opérés et les blessés avec suppuration abondante peuvent guérir s’ils ne sont isolés dans de petites salles à trois ou quatre li
ubliuUE] ÜES ÉDll'lCES l'Ur.LlCS. — ASILES D’ALIÉNÉS.
)icii ventilées, clouceincnl cluuiiïces, abritées contre le bruit et l’excès de uinière. Malgré les réformes ellcctuées dans l’élal des hôpitaux, la plupart les opérations y échouent encore, quoique pratiquées par des chirurgiens ininenls et au milieu des circonstances en apparence les plus favorables. De SUS à 1822, sous la domination de Dupnylrcn, les salles de chirurgie de ’llôtel-üieu de Paris ont donné 1 décès sur 15 blessés, et la mortalité s’est levée deux années au 11“ et même au 10°; de 1837 à 18A0, la clinique de loux, dans le même établissement, a fourni une morlalité de 1 sur 17, 18 it 19. Aux journées de juillet 1830, Dupuytren n’a sauvé que 8 hommes sur (j grandes amputations primitives (1). Les opérations faites sur les champs le bataille, par des mains moins habiles, ont eu plus de succès, même alors [ue les amputés couchaient sur le sol, ou, portés à dos de mulets à la suite de ■’armée, subissaient d’horribles secousses. Il existe donc dans les hôpitaux me cause fatale qui annule les œuvres de la science et de l’art le plus conloinmé : c’est l’accumulation des opérés dans les mêmes salles.
5“ ylsf/es d'aliénés. — La séquestration des aliénés est nécessitée par le lésordre qui règne dans leurs sensations, leurs jugements et leurs actes, l’expéience a prouvé qu’ils abusent de la liberté au détriment de leur santé et de leur tic ; que leurs rapports avec le monde, loin de détruire les rêves qu’engendre eur imagination, tendent à leur en persuader la réalité, etc. De là l’opportunité les maisons destinées à les recevoir, et dont les unes sont publiques, les autres fondées par l’intérêt privé. La loi du 30 juin 1838 subordonne à l’avis des médecins la séquestration des aliénés, et, dans les certificats qu’ils délivrent à cette occasion, ils doivent : 1“ constater l’état mental delà personne à placer ; 2" indiquer les particularités de sa maladie ; 3“ attester la nécessité de faire traiter la personne dans un établissement d’aliénés et de l’y tenir renfermée ^art. 8). Cette disposition s’applique aux placements volontaires ainsi qu’à tous les ordres délivrés par l’autorité publique, en vertu des articles 18, 19 et 25 de la même loi. Rien de plus sage que ces stipulations du législateur : l’acte qui provoque la suspension de la liberté d’un individu et lui enlève temporairement l’exercice de ses droits doit être entouré de toutes les garanties de sincérité ; ensuite l’isolement des aliénés n’est plus motivé seulement par le danger que peut courir la sécurité des citoyens ou l’ordre public, mais la loi veut leur assurer des chances de guérison ou d’amélioration dans un établissement bien organisé et placé sous l’œil du pouvoir social. Tel n’était point le sort des aliénés dans les siècles antérieurs : ils avaient peu d’asiles spéciaux; les réduits qu’on leur accordait dans les hospices, dans les communautés religieuses, ressemblaient à des cloaques ; souvent confondus dans les prisons avec les criminels, ils gisaient garrottés sur la paille ou sur le sol humide, presque nus et condamnés au pain noir et à l’eau ; quand ils s’agitaient sous le poids d(? leurs chaînes, la fiagellation à coups de verges ou de nerf de bœuf servait de
(1) Malgai gne. Eloge de Houx, novembre 1855, in-A.
DES MODIFICÂTEUÜS. — CIRCUMPUSA.
[HYCIÉlilj
iciriède à leur délire. Avant Pinel, des vobc nombreuses, parmi lesquell. j domine celle de Howard, avaient protesté contre les tortures iiiHigées ai.'j pauvres fous; mais Pinel, le premier, a détaché leurs chaînes à Bicétre (1792;, il a décidément ouvert pour cette lamentable portion de notre espèce une èr de réforme. L’élan est donné, des asiles s’élèvent, les anciens .s’améliorent. Ma. les résultats publiés par Esquirol, Calmeil, Leuretet d’autres manigraphesqu ont voyagé (1), montrent que si l’Europe possède quelques établissements dl gnes d’éloges, tels que Bethléem, les hôpitaux d’York, de Manchester, (,■ Glascow, etc., en Angleterre; Cliarenton, Bicétre, les maisons de Rouen, u Strasbourg (Stephansfeld), du Mans, etc., en France, etc., les manicomij manquent encore dans une foule de pays ou laissent beaucoup à désire) L’Italie, si l’on excepte l’hospice de Turin, ne justifie pas sous ce rapport | bonne réputation qu’on lui a faite (2). On cite en Allemagne l’asile de Son' nesteil, près de Pyrna; mais ceux de Munich, de Vienne, de Berlin, sont mé diocres. L’Espagne est arriérée. La loi de 1838 sera féconde en bienfaits pot les aliénés en France. Il importe de faire cesser la promiscuité de ces ma heureux avec les autres genres de malades ou d’infirmes auxquels ils servei de jouet ou d’épouvantail. A Lyon, à Toulouse, à Montpellier, il existe un i division pour les fous; dans dilférents hospices leur séquestration dans d( établissements particuliers est indispensable. Là encore il faut séparer les deu sexes; les fous furieux, les monomaniaques, les paralytiques, les épileptique; les idiots, les sujets à démence tranquille, ceux qui sont enclins au suicide, etti Les hôpitaux d’aliénés sollicitent les conditions d’hygiène générale que nonl avons exposées. Il convient de les établir sur un terrain uni et fertile qui S'i prête au développement des constructions et à la multiplicité des ombrages. L j système des pavillons permet le classement régulier des maladies. En limilai.il leur hauteur h un seul étage, on évite l’inconvénient des grilles dont il fau | armer les fenêtres et les rampes des escaliers, l’incessante besogne d’ouvrir t i de fermer des portes, la fatigue de monter et de descendre, etc. Si les mala i des sont bien classés à leur arrivée et suivant la forme de leur délire, il dco vient inutile de donner une épaisseur désagréable aux portes, aux fenêtres, au ; contrevents, etc., et de les charger d’énormes serrures. Hors des quartier assignés aux idiots, aux paralytiques, aux individus arrivés à l’extrême démence et aux maniaques, la propreté, l’ordre, la conservation du matériel sont assurés : l’expérience le prouve à Charenton. Les maniaques seuls auron des lits lourds, épais et fixés au sol ; la paille de ceux qui ne peuvent etn couchés dans des lits sera renouvelée tous les jours ; les surveillants pourron circuler librement autour des lits. Pour les furieux indomptables, quelque! loges construites en pierres taillées ou en bons moellons, sans autre mcubit
■ (1) Annales d'hygiène, 1839, t. XXII, p. 215.
(2) Voyez l’ouvrage du docteur Combes, De la médecine en France ci en Italie. Paris, 1842, p. 420.
publique] des Edifices publics. — asiles d’aliénEs. 559
((lie la paille qui sert de lit; iq^iis, la fougue passée, l’aliéné devenu traitable sera conduit dans une meilleure habitation. Dans les loges, dans le chauffoir des furieux, dans rinlirmerie, le plancher doit être fait avec de grandes dalles cimentées. On tient eu réserve, dans chaque division, dos camisoles do force et des entraves ; celle des mononianiaques et des suicides est pourvue de sondes œsophagiennes de tous les calibres et d’une seringue (iropre à injecter par le nez des liquides alimentaires. Ces moyens doivent composer seuls l’arsenal (lisci|)linaire; ils suflisenl dans les élablissements bien tenus, la fureur s’y montre rarement. Il faut proscrire l’emploi des chaînes; l’inlimidation par les douches sur la tête ne doit être employée qu’avec réserve. Les aliénés convalescents ou guéris ne peuvent être employés dans l’intérieur des maisons sans risque de rechute ou d’irrégularités dans le service ; il est urgent de les éloigner du spectacle des misères morales auxquelles ils ont participé, et de les réunir par groupes assortis dans des dépôts de convalescents, sous la forme de colonies agricoles, de fermes en exploitation (1). L’application des aliénés aux travaux de la terre a donné de si favorables résultats qu’elle sera encore pour eux, dans leur convalescence, le plus sûr moyen de consolidation morale et physique. Il est surtout certaines classes d’aliénés que le contact en quelque sorte immédiat de la nature, la régularité des occupations agricoles, la liberté des cham|is, etc., promettent de modifier d’une manière avantageuse; ce sont ceux dont les excitations désordonnées de la vie des grandes villes, les passions politiques, les chagrins domestiques, les ruines de la fortune, etc., ont bouleversé la raison.
En 185Û, les établissements où l’on traite les aliénés seuls étaient au nombre Je 11 1 dont 46 appartenaient à des particuliers; 25 départements comprenant une population de 8 908 923 habitants (près du quart de la population totale delà France) étaient dé(30urvus d’asiles pour les aliénés et réduits à les diriger sur les départements voisins. A la fin de 1860, il ne restait que 99 asiles dont 37 publics et 42 privés; des 57 publics 1 seul appartient à l’État, 37 aux départements, 19 aux hospices. A cette même époque 26 départements manquaient d’asiles.
Dans un espace de 26 ans (de 1835 à 1861), le nombre des aliénés dans les asiles s’est élevé de 10 539 à 30 239, c’est un accroissement total de 19 700, soit 750 par année moyenne, ou par rapport au nombre primitif, une augmentation de 187 pour 100. Cependant depuis 1854 cet accroissement suit une marche décroissante, comme on le voit par le tableau ci-après qui en donne la proportion annuelle pour chaque période c[uinquennale depuis 1836 (2):
(1) Voy. Pain, Sur- les divers modes de l’assistance publique appliquée aux aliénés ^{Annales d’hygiène, 2' série, 1865. — Nouveau Dictminaire de médecine et de chi-* nirgie pratiques. Paris, 1865, t. III, p. 533, art. Asiles ; travail agricole et colonisation).
(2) Legoyt, Statistique de l'aliénation en France {Moniteur év. 16 avril 1866).
ÜliS MODIFICATEURS. — CIRCUMEUSA. [hycièni!
Période de 1830 à 1 8M, acccroissement annuel 5,04 p. 100
de 18/11 à 1840, , — 5,94 p. 100
de 1840 à 1851, — 3,71 p. 100
— de 1851 à 1850, — 3,87 p. 100
de 1850 à 1801, — 3,14 p. 100
üii verra plus loin pareil ralenlissement dans les admissions. A la (in di 1860, l’ensemble de nos asiles avait place pour 31 550 aliénés; l’edeclif de . malades entretenus s’élevait à 30 239. Quant à la nature de leurs iidirmités'^i
ils se répartissent ainsi au 1“'' janvier de chaque année :
Ariiiéco.
Fous.
Idiots.
ClTllilu:.
Dans cette période de 5 ans, les idiots ont augmenté de 32 pour 100, le fous seulement de 14 pour 100 : dilférence due à l’introduction, dans les asilesdes idiots qui précédemment restaient dans leurs familles.
Les femmes y sont plus nombreuses que les hommes : la moyenne annuell.i est, pour 100 malades, de 51,90 femmes et 48,10 hommes, quoique les ad missions masculines soient de 52,91. Pour expliquer ce fait, il faut ajouteque les hommes y séjournent moins longtemps et meurent en plus gram nombre.
Le classement des aliénés, à leur entrée, eu curables et en incurables, classement qui se fait depuis 1856, ôte tout espoir de guérison pour plus des 4/;‘ des malades.
Au 1" janvier 1861, les aliénés dans les asiles étaient répartis :
Dans les asiles appartenant à l’État et aux départements.. 15 470 = 51,60 °/„
Dans les asiles dépendant des hospices 7 026 = 23,24 °j°
Dans les asiles privés 7 743 = 25,60 ®/o
Les variations d’effectif dans ces établissements sont comprises entre 136!et 20 environ. Le premier de ces deux chiffres représente la population de 1 Salpêtrière le 1" janvier 1861, demeurée le plus Important de nos asiles pu blics; viennent ensuite les asiles de
Maréville (Meurthe) 1347
Clermont (Oi.'e) 1247
Bicêtre (Seine) 903
Saint-Yon (Seine-Inférieure). . . . 824
Saint-Pierre (B.-du-Rhône) 807
Les trois derniers recensements qui sortir :
Un 1851.
L’Antiquaille, à Lyon (Rhône). . . 787
Bon-Sauveur, à Caen (Calvados).. 750
Stephansfeld (Bas-Rhin) 727
Saintes-Gemmes (Maine-et-Loire). 698 Armentières (Nord) 584
ont eu lieu en France ont fait res
Eu 1856. En 1861.
A domicile. . . .
Dans les asiles
PüDLiQüE] DES ÉDIFICES PUBLICS. — ASILES D’ALIÉNÉS. 5ül
D’après ces données, le nombre total des aliénés en France aurait presque doublé, surtout si l’on tient compte des cas dissimulés par les familles et des cas seulement ébauchés, c’est-à-dire non parvenus à la flagrante notoriété. Ces accroissements, envisagés dans les deux dernières périodes quinquennales, s’élèveraient à 3à pour 100 de 1851 à 1856, à 39 pour 100 de 1856 à 1861 ? Sont-ils réels ou proviennent-ils d’énumérations faites avec peu de soin? Legoyt penche à ce dernier avis : Si l’on admet la réalité de ces augmentations, il faut admetlre aussi qu’en dix ans le nombre des fous gardés dans leurs familles a augmenté de 170 pour 100, tandis que ceux des asiles n’auraient augmenté que de 51 pour 100 ; or, beaucoup d’aliénés indigents, autrefois conservés dans leurs familles, sont aujourd’hui dans les asiles.
Les femmes comptent plus de folles et moins d’idiotes et de crétins que les
hommes :
En 1861.