II
DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA.
[hygiène
L’accroissement proporlionnel par année a donc été :
De la !'■“ à la 2® |iériode
De la 2“ à la 3“ —
De la 3“ à la 4® —
De la A® à la 5® —
ü’où il est permis d’induire que l’augmentation si prodigieuse des admissions est un fait temporaire, créé par la loi de 1838 dont il est l’un des bienfaits; il faut d’ailleurs décalquer des 50Zi55 malades entrés de 1856 à 1860 dans les asiles, 5612 rechutes (= 11 pour 100) qui se décomposent ainsi : 103 idiots et 5507 fous dont 2782 hommes et 2725 femmes (= 102 fous pour 100 folles). Le plus grand nombre de rechutes pèsent sur la première année de la guérison, et, on vient de le voir, malgré la prédisposition plus grande des femmes à la folie suivant l’opinion de médecins, elles en comptent moins que les hommes. Les 5507 rechutes se distribuent dans cet ordre :
Premières rechutes
Deuxièmes
Troisièmes
Quatrièmes
Cinquièmes
Et au delà
Les familles répugnent tellement au placement de leurs aliénés dans les asiles, ; qu’il s’opère, dans plus des deux tiers des cas, par l’intervention de l’autorité, i Depuis 18Zi2 jusqu’à 1860 inclusivement, on a noté le sexe des admis, et tous ■ les ans il entre dans les asiles plus d’hommes que de femmes, la différence ■ proportionnelle varie de 5 à 21 pour 100, et cependant la supériorité numé- ! rique des femmes présentées dans ces établissements est constante : nous l’avons | expliquée plus haut. i
Quant à l’étiologie de l’aliénation, sur 28 621 fous dont les antécédents ont ; pu être explorés, 4056 étaient issus de père ou de mère atteint de folie : proportion pour les hommes 135 sur 1000, pour les femmes 141 sur 1000. Sur 2117 idiots-crétins, la prédisposition héréditaire a été constatée pour 260 individus dont 110 du sexe masculin et 150 du sexe féminin. La direction spéciale de l’hérédité est indiquée par ces faits sur 1000 aliénés, 264, plus du quart, affectés de folie héréditaire, la tenaient: 128 de leur père, 110 de leur mère, et 26 du père et de la mère. Sur 100 folles admises, 100 étaient entachées d’hérédité du côté paternel, 130 du côté maternel, et 36 des deux côtés.
En dehors de l’hérédité, la statistique fait la part suivante aux :
Causes jihysiqiies. Causes morales. ^
pübliüue] des édifices PUBLICS. — ASILES D’ALIÉNÉS. 5G3
Troporiion : sur 1000 cas de folie, 607 seraient dus aux causes physiques, 393 h des causes morales. — L’analyse de 15 866 cas de la première origine a fourni les indices suivants :
Effet de l’âge (démence sénile) 2 098
Dénûnient et misère 1 008
Onanisme et abus vénériens 1 026
Excès alcooliques 3 AA5
Vice congénital A74
Maladies propres à la femme 1 592
Épilepsie ' i A98
Autres maladies du système nerveux 1 136
Coups, chutes, blessures, etc 398
Maladies diverses 2017
Autres causes physiques 1 164
L’analyse de 10 357 cas de folie imputée aux causes morales a mis en lumière les influences énumérées ci-dessous :
Excès de travail intellectuel 358
Chagrins domestiques 2 549
Chagrins résultant de la perte d’une personne chère 851
Chagrins résultant de la perte de la fortune 803
Ambition déçue 520
Remords 102
Colère 123
Joie 31
Pudeur blessée 69
Amour 767
Jalousie 456
Orgueil 368
Événements politiques 123
Passage subit d’une vie active à une vie inerte, et vice versa 82
Isolement et solitude 115
Emprisonnement simple 113
Emprisonnement cellulaire 26
Nostalgie 78
Sentiments religieux poussés à l’excès 1 035
Autres causes morales 1728
Plus du quart des aliénés traités dans les asiles y entrent plus d’un an après l’invasion de la maladie. Les catégories suivantes ont été déterminées par le dernier recensement (de 1856 à 1860):
Fous. Idiots-crétiiis.
Paralytiques : 3 775 69
Épileptiques 1 763 347
Sourds-muets. . 133 61
Scrofuleux 381 146
Goitreux 123 32
L)e 185/f à 1860, on a compté pour les deux sexes 36 717 sorties avant ou après guérison^ .soit pour les hommes 15,08 pour 100, pour les femme?
5G4 1)KS MODIl-’lGATEURS. — CIRCUMFUSA. [hygiène
13,85 pour lOü. Celte prédominance masculine dans les sonies se maintient
depuis 18ti2.
La proportion dos guérisons est environ d’un douzième et comprend plus d’hommes que de femmes. Sur 100 fous traités, de 1856 à 1860, on a compté 8,69 guérisons d’hommes et 7,81 de femmes. Sur 100 guérisons 37,66 ont été obtenues dans les trois premiers mois du traitement; 24,10 après un traiment de 3 à 6 mois; 11,28 après un traitement de 6 à 9 mois; 7,65 après un traitement de 9 à 12 mois : plus des 4/5 dans la première année. — Sur 13 687 fous sortis après guérison de 1856 à 1860, on a constaté 9789 fois la cause de la folie :
Causes physiques 5253 )
Causes morales 4536 )
Près de la moitié de ces guérisons, où la cause du mal a été constatée, se groupaient ainsi, quant à leur étiologie :
Ivrognerie 1738
Chagrins domestiques 1171
Maladies diverses 761
Maladies propres à la femme. . 723
Excitation des sentiments relig . 460
Hérédité 1522
La mortalité tend à s’accroître dans les asiles ; elle n’a été que de 13,75 pour 100 depuis 1842 jusqu’à 1853; elle s’est élevée à 14,03 dans la période septennale de 1854 à 1860; il meurt moins d’idiots-crétins que de fous (rapport 100 à 147) ; dans les asiles d’aliénés, comme dans nos établissements pénitentiaires, il meurt plus d’hommes que de femmes (15,52 contre 12,05); plus d’un quart de ces décès surviennent dans les trois premiers mois de l’admission. L’ensemble des asiles a fourni, de 1854 à 1860, une moyenne annuelle de 12 morts accidentelles et de 16 suicides, les uns et les autres beaucoup plus fréquents chez les hommes que chez les femmes.
Les divers modes de l’assistance publique appliquée aux aliénés sont, depuis dix ans, l’objet d’une controverse à divers points de vue, y compris celui de l’atténuation des dépenses que la construction et l’entretien des asiles met à la charge des départements : séjour des aliénés dans leurs propres familles ; leur isolement dans des familles de bourgeois ou de paysans, dans le voisinage de l’asile, sous le contrôle et la surveillance du médecin de cet établissement (colonie belge de Gheel, cottage-system des Anglais); création de villages d’aliénés et de colonies agricoles, etc. De toutes les combinaisons, celle qui paraît la plus pratique et la plus féconde en bons résultats, consiste à annexer des fermes, des exploitations agricoles, des colonies agricoles à l’asile, maintenu comme centre d’administration, de surveillance et de traitemeuL C’est ce système qui prévaut aux États-Unis, dans le Hanovre, en Hongrie, à Rome, à Venise (Brierre de Boismont) et dont Fitz-James est aux yeux de cet éminent aliéniste le modèle. L’asile pour les aliénés en traitement; la colonie annexe pour les valides et les fous dociles qu’elle rapproche des conditions de la vie