LE CHLORHYDRATE
d’étain
ET l’ammoniaque.
LE bichlorure d’étain
ET l’ammoniaque.
Vin de Bourgogne. .
Couleur bronze foncé.
Bleu plus ou moins
Gris foncé bleuâ-
Vin de Mâcon. . . .
Idem .
clair
Idem
tre.
Bleu très-foncé.
Vin de Bordeaux. .
Idem.
Idem
Bleu ou gris foncé
Baies de myrtille..
Olive foncé vu par réflexion
Gris ardoise
bleuâtre.
Gris de fer foncé.
Baies d’hièble ....
Olive clair vu par ré-
Vert olive grisa-
flexion
tre
Gris vert-bouteille
Baies de troène . . .
Vert foncé
Gris arrloisp.
Gris brun.
Bois de Fernambonr.
vinlftf;
Violp.f
Rouge brun foncé.
Brun foncé.
Bois d’Inde
Lie de vin très-foncé. . . .
Violet
Tournesol
Bleu vu par réflexion et
Bleu d’azur clair. .
Brun d’azur foncé
rouge par réfraction.
vu par réflexion.
D’après Devergie, tous les vins qui, traités par la potasse, donnent des précipités bleus, violets ou roses, doivent être soupçonnés de coloration artifi-
678 DES MODIFICATEURS. — INGESTA. [hygiéki;
cielle. Chevalier a soulevé récemment une question grave (1) : Y a-t-il nécessité d’interdire, dans l’intérêt de l’hygiène publique, la coloration des vins par des substances étrangères à la matière colorante contenue dans la pellicule du • raisin? Un brevet du roi, délivré en 1781, autorise des marchands de Fismes à préparer des liqueurs pour colorer les vins : cette industrie est tolérée en France, et l’on condamne à Paris les marchands de vins chez qui on trouve ces liqueurs. Nous reconnaissons l’innocuité de la plupart des moyens employés pour la coloration des vins; nous savons même qu’il est très-tlifficile de réglementer, à toutes ses phases, l’élaboration de cette boisson, de la contrôler dans la cuve où fermente le raisin ; mais est-il déraisonnable de solliciter une jurisprudence uniforme pour la France en pareille matière ? Pourquoi les vins à teinte artificielle entrent-ils dans Paris et sont-ils livrés à la consommation , alors qu’il est défendu d’y pratiquer cette coloration ? Malgré le brevet qui protège la fabrication du vin de teinte de Fismes, il y a fraude à communiquer à une boisson alimentaire des apparences qui trompent sur son origine et sur ses qualités. Le vin falsifié par le poiré se connaît au goût : on peut, d’après le conseil de Deyeux, réduire le vin à consistance de sirop; il acquiert alors un goût de poiré très-prononcé. L’alun sert h exalter la couleur des vins et à leur donner plus d’astringence : après avoir décoloré le liquide, on y produit un précipité par l’ammoniaque et la potasse qui redissout le précipité. En 1855-1856, l’alun a été employé sur une grande échelle, en Orient, pour corriger le goût douceâtre des vins de l’Archipel, et pour aviver leur coloration opaque. Des vins contenant une proportion notable d’alun ont été présentés aux fournitures de l’armée. M. Z. Roussin (2) a soumis à l’analyse chimique un liquide qu’un industriel présentait comme conservateur des vins et qui ne contenait pas moins de 127 à 130 grammes d’alun par litre. On devait introduire un litre de ce liquide dans chaque fût de 230 litres de vin. Il est bien certain que l’usage prolongé d’un vin ainsi falsifié ne manquerait pas d’exercer une action nuisible sur la santé. La potasse et le carbonate de chaux sont employés pour arrêter la formation de l’acide acétique ou pour absorber celui qui s’est déjà produit. Ces deux substances existent naturellement dans le vin; mais quand leur proportion a été frauduleusement augmentée, on évapore jusqu’à consistance de sirop, on traite par l’alcool faible pour séparer le sulfate et le tartrate de chaux naturels du vin, et l’on dissoudra l’acétate. On évapore à siccilé et l’on délaye le résidu dans l’eau; la nouvelle solution filtrée précipite abondamment par l’oxalate d’ammoniaque, si c’est du carbonate de chaux, par le chlorure de platine qui fait naître un précipité jaune-serin grenu, si c’est de la potasse.
Le plâtre joue un rôle considérable dans la fabrication des vins du Midi. En 185Û, des rapports administratifs firent connaître au ministre de la guerre
(1) A. Chevallier, Annales d’hygihie et de médecine légale, t. V, 2® série, 1856.
(2) Z. Roussin, Falsification des vins par l'alun’ [Annales d’hygiène publique et de médecine légale, t. XV, p. 392, 2® série).
pobuque] police BROMATOLOCIQUE. — BOISSONS. — VINS. 079
qu’il ne s’offrirait, dans les départements du Var, de i’Ilérault, des Pyrénées- Orientales, etc., que des vins plâtrés aux adjudications pour la fourniture de vins à l’année d'Afrique. Chargé d'examiner cette question (1), j’ai constaté que cette pratique de vieille date, et consistant à saupoudrer de 'plâtre le raisin sur le fouloir, ne s’applique qu’aux vins de chaudière ou les moins généreux, aux vins moisis, et non aux bons vins de bouche, ni à ceux que les propriétaires réservent pour leur propre consommation. Les proportions de plâtre que l’on ajoute au raisin sont variables suivant diverses circonstances; la moyenne est d’environ 2 kilogrammes pour 100 kilogrammes de raisin. Si la saison a été humide et pluvieuse, si le raisin, an moment de la récolte, a été mouillé, si la maturité n’est pas arrivée à terme, on force la proportion ; si, au contraire, la saison a été chaude et sèche, on diminue la quantité de plâtre. Usité dans presque tout le midi de la France, le plâtrage a pour effets d’aviver la couleur du vin, d’augmenter sa vinosité et de favoriser sa conservation, aussi est-il adopté par tout propriétaire de crus médiocres ou mauvais. Les intérêts du consommateur sont-ils également sauvegardés par cette pratique? Grâce à elle, tous les vins défectueux qu’on ne pouvait ni garder ni transporter, peuvent arriver aujourd’hui jusqu’à lui ; mais ce n’est pas tout : la crème de tartre, qui joue un rôle important dans la composition naturelle du vin, a été remplacée dans le vin plâtré par du sulfate de potasse. Ainsi, abondance plus grande de vins naturellement mauvais, disparition de l’un des principes essentiels du vin remplacé par un sel que la thérapeutique repousse comme un purgatif irritant, voilà ce qu’il y gagne. Dans celte lutte inégale entre les intérêts du producteur et ceux du consommateur, ce dernier doit inévitablement succomber si la loi ne le protège. Qu’il apprenne, par une marque spéciale de la barrique, la composition du liquide qu’il achète, et qu’il payera du moins à sa juste valeur, s’il ne le repousse instinctivement. Nous considérons comme tromperie sur la qualité de la chose vendue, le vin plâtré vendu sous le nom pur et simple de vin; nous considérons de plus les vins plâtrés comme insalubres (2). Autrefois les vins aigres étaient adoucis par le protoxyde de plomb (litharge) ou par la céruse (carbonate de plomb), d’après le conseil de Martin le Bavarois. Gette dangereuse saturation est aujourd’hui rare : néanmoins, il y a peu d’années, plu.sieurs soldats au camp de (^ornpiègne en ont été victimes. Les vins plombés ont une saveur styptique sucrée et persistante. On les décolore, s ils sont rouges, avec le charbon ; on filtre et l’on traite par l’hydrogène sulfuré qui donne un précipité noir, si le vin essayé contient du plomb. Si l’on fait évaporer le vin dans une capsule de porcelaine.
(1) Voyez Rapport au ministre de la guerre sur les vins plâtrés {Mémoires de médecine, chirurgie et pharmacie militaires.Vavh, 1854, t. XIII, 2'' série, p. 160).
(2) Des vins plâtrés, analysés au laboratoire du Val-de-Grâce, ont donné de 4 à 6 grammes de sulfate de potasse par litre. Généralement le vin du commerce renferme moins de 4 grammes de ce sel.
680 DES MODIFICATEURS. — INGESTA. [hyciène
et qu’oii calcine à vase clos le résidu jusqu’au rouge avec du charbon en poudre, ou obtient du plomb métallique.
B. JÀqueurs alcooliques.’ — Voici, d’après Girardin, le tableau des liqueurs fermentées et distillées qui sont fabriquées dans les différents pays du monde, avec l’indication des substances qui les fournissent :