‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 142 sur 196 · EXCRÉMENTS · texte numérisé non relu

EXCRÉMENTS

publique]

désigné sous le nom de vitriol vert; par son acide il fixe l’ammoniaque ; par sa base, il en détruit l’hydrogène sulfuré; il supprime ainsi on prévient toutes les émanations des fosses et s’oppose, en conséquence, au transport des matières miasmatiques auxquelles les gaz servent de véhicule. Le chlorure de zinc, si l’industrie locale le fournit à bas prix, étant un sel neutre comme les deux précédents, peut aussi les suppléer (1). Il n’en est pas de mêmedu phosphate acide de magnésie et de fer, qui n’est pas d’un emploi aussi commode, si la fosse ne vient pas d’être évacuée. Le perchlorure de fer neutre, qui serai le meilleur désinfectant, n’est pas encore entré dans le commerce des produits chimiques k bas prix. L’acide phéuique empêche la fermentation putride et d’autres fermentations ; il peut neutraliser les principes des maladies épidémiques s’ils ressemblent aux ferments, ou même en prévenir le développement, s’ils résultent d’une altération spontanée des matières organiques. Ce puissant antiseptique a besoin d’être expérimenté sérieusement et avec précision, notamment en temps de choléra; il est d’un emploi facile et si peu dispendieux, qu’on pourrait le prodiguer. Le comité d’hygiène et du service des hôpitaux a publié une instruction déjà citée, à laquelle nous empruntons (luelques formules d’une appUcation aussi salutaire dans les familles visitées par une épidémie et particulièrement par le choléra, le typhus, etc. :

1“ Assainissement du linge de lit des malades, du linge de corps, des toiles à matelas : tremper pendant une heure les objets à désinfecter dans une .solution de 1 litre de chlorure de soude et 9 litres d’eau.

2® Désinfection des bassins et des urinaux vidés dans un mélange de 500 grammes de chlorure de chaux sec et de 9 litres d’eau; agiter le dépôt au moment de l’immersion, passer les vases dans un seau d’eau ordinaire et les essuyer avant de les mettre en service.

.3® Matin et soir, jeter dans l’orifice du tuyau de chute des lieux d’aisances environ 10 litres (un seau) de celte solution :

Sulfate de fer 5ü0 grammes.

Kau 10 litres.

Acide phénique à 1/iOO® 100 grammes.

Quant à la dispersion des excréments dans l’intérieur des villes et au dégoûtant usage d’uriner contre les murs, il n’y peut être remédié que par l’établissement de latrines publiques gratuites et d’urinoirs. Il y avait à Home 1 Au latrines publiques, distribuées dans les dilférents quartiers. En 18A0, Chevallier a publié une brochure à l’elfet d’en faire établir à Paris; jusqu’à présent la spéculation en a seule fondé un certain nombre ; le système des fosses mobiles faciliterait l’extension de celte utile création. En 1805, üecœur eut le premier l’idée de construire un appareil pour recueillir les urines; en 1822, Dufour proposa un urinoir consistant en un baquet ou récipient garni

(1) {{apport adressé par le comité consultatif d'hijyiène et du service médical des hôpitaux au ministre de l’intérieur^ 1860.

694 DES MODIFICATEURS. — EXCRETA. [hyctÈN

d’im entonnoir h soupape dans lequel filtrent les urines. Cette soupape s’ouvre d’elle-mêine à la première goutte d’eau qui traverse l’entonnoir; elle se referme aussi d’elle-même à la dernière goutte. Les récipients sont surmontés d’une cage ou enveloppés d’une guérite dont la forme angulaire ou elliptique s’adapte au local. A cette cage ou guérite assez spacieuse pour admettre un homme, est fixée une bassine qui reçoit les urines et les écoule, par une trémie, dans un conduit inférieur qui les verse dans l’entonnoir du baquet. En 1837, Lenoir inventa une grille d’urinoir avec cuvette sous-jacente et communiquant par un tuyau avec les égouts ordinaires. Chevallier propose pour urinoir une cuvette fixée dans le mur, et dirigeant les urines dans les égouts et de là à la rivière, au moyen d’un tube en forme de siphon, afin qu’il ne puisse se vider entièrement et servir à l’aérage de l’égout par la cuvette, ouvrant ainsi la porte à des émanations méphitiques. L’industrie moderne a multiplié les formes descuvettes, les installations d’urinoirs publics, et il y en a, dans le nombre, qui réunissent l’élégance, la commodité et l’inodorité complète. Les tinettes ou tonneaux que l’on pose dans les cours et aux alentours des édifices publics ont l’inconvénient de fournir sur leurs parois intérieures une surface trop étendue au contact de l’urine et de l’air; il est aisé de les remplacer, comme dans les casernes, les prisons, les fabriques, etc. , par l’une des nombreuses cuvettes qui ont été proposées ; au moins, que l’on y jette du goudron de houille qui prévient pendant quinzejours la fermentation de l’urine (Bayard, 18/i3), ou de la suie de cheminée qui, depuis plus de vingt ans, sert à désinfecter journellement les baquets-urinoirs disposés dans les rues de Toulouse. C’est un pharmacien militaire, Astié, qui a recommandé le premier l’usage de cet excellent moyen de désinfection sans autres frais que ceux de main d’œuvre et de transport.

L’hygiène publique, en ce qui concerne les excreta d’une agglomération humaine, consiste à la doter largement d’eaux de toutes les provenances, car elles peuvent toutes recevoir une distinction utile, les unes à titre de boisson pour les hommes et pour les animaux, les autres pour les ablutions, les bains, les usages domestiques, d’autres encore pour le drainage’des water-closets à travers les égouts et les canaux qui doivent les continuer au delà des zones suburbaines jusqu’aux localités où elles se déversent .sous forme d’engrais liquide naturel, sans élaboration préalable. C’est à l’aide de cette circulation des villes au sol et du sol aux villes qu’il sera permis de créer la salubrité dans les centres de population. Nous l’avons déjà dit, la transformation des fosses étanches ou caveaux avec séparateurs , l’écoulement à l’égout des liquides avant qu’ils fermentent, et mélangés avec cent fois leur volume d’eau, les tuyaux d’évent établissant un échange continu entre les gaz du caveau et l’air intérieur, le cabinet d’aisances pré.servé de l’invasion des gaz fétides par un siphon et des souillures par l’abondance des eaux que déverse le jeu de l’appareil (1),

(1) A. Husson, Exposii (lest pror/rh et dns améliorations réaliséns dans les éiahlisspinmts de l' Assistance puhlique à Paris^ décembre 1868, p. 24.

APPLICATA.

publique]

voilà de grands progrès, mais qui attendent leur complément, c’est-à-dire le drainage complet : les séparateurs, encore si récents, ont déjà fait leur temps.

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