‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 141 sur 196 · EAUX MINÉRALES · texte numérisé non relu

EAUX MINÉRALES

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a® Eaux minérales. — L’applicalioii des eaux minérales à l’assistance publique a inspiré à J. François, ingénieur des mines, chargé du service de ces eaux, un excellent mémoire dont Villermé a discuté et sanctionné en partie les idées (1) ; choix et désignation des indigents à traiter par l’action combinée de l’autorité administrative et médicale, translation gratuite aux localités thermales, hospitalisation du service qu’ils composeraient, etc. L’ensemble de ces mesures constitue à la fois l’imedes diflicultés linancières de la commune ou du département, et l’un des sérieux desiderata de la médecine sociale. Une autre question a été justement agitée au sujet des eaux minérales, et attend sa solution d’expériences qu’il convient à l’administration d’instituer : l’usage des eaux minérales peut-il être suivi de bons effets en toute saison? Dans un document relaté par A. Chevallier (2), on voit que, dès 1731, un seigneur d’Odival, nommé Marier, démontre par des exemples l’elficacité des eaux de Bourbonne à toutes les époques de l’année. A. Chevallier, en 18/i3, et plus tard le professeur Lallemand ont provoqué des essais destinés à fixer la valeur de cette grande ressource d’hygiène et de thérapeutique pour la saison d’hiver : les malades n’attendraient pas pendant huit mois le soulagement de leurs souffrances ; ils ne se borneraient plus au traitement incomplet d’une courte saison d’été, et ils consolideraient leur guérison au lieu de la compromettre par le prompt retour aux habitudes passées ; ils s’abriteraient contre les intlueuces de l’hiver, qui sont le plus à redouter (rhumatismes, affections pulmonaires, etc). C’est aussi pendant celte saison que les travailleurs agricoles et les militaires perdent le moins à s’éloigner de leurs occupations, et qu’ils trouvent les conditions de vie les plus aisées dans les localités à sources alors désertes.

A® Excréments. — D’après Liebig et Boussingaull, les excréments liquides et solides d’un homme s’élèvent par jour à 750 grammes, 625 d’urine et 125 de fèces. Ils renferment ensemble 3 pour 100 d’azote; ce qui donne pour un an 273 kilogrammes 750 grammes d’excréments contenant 8 kilogrammes 205 grammes d’azote, quantité suffisante pour AOO kilogrammes de grains de froment, de .seigle, d’avoine ou d’orge, et qui, ajoutée à l’azote puisé dans l’atmosphère, suffirait à faire produire annuellement à 50 ares la récolte la plus riche; l’urine d’un seul homme donnant par an 228 kilogrammes 125 grammes, servirait à fumer plus d’un are de terrain. Ces évaluations font ressortir et les foyers d’insalubrité que crée toute population agglomérée, et l’utilité que l’on peut en tirer par une exploitation étudiée dans l’intérêt de l’hygiène. En 18A8, Chevallier (3) a calculé qu’un million d’habitants à Paris produit chaque année :

(1) Villermé, Annales d'Injifiène^ 18é9, t. XLII, p. 241.

(2) A. Chevallier, lou/vifi? de chinuc., seplembrc 1843 et août 1845.

(3) A. Chevallier, HajJpurl sur le concours ouvert (jur ta Société d'eneouruyeDienl pou?' l’industrie nationale^ etc,, 1848, p. 9.

nES MODIEICATEURS. — EXCRETA.

[hygiène

Eu matières solides A5 625 000 kilogr. j

En liquides 228 125 000 — f 273 750 OOOkilogr.

Quantités sulïisantes pour fumer environ 17 500 000 hectares de terrains. On trouve dans un travail de Max. Paulet sur l’assainissement des latrines et des égouts par la fixation des gaz méphitiques qui se déversent dans l’atmosphère, cette curieuse statistique :

Nombre de fosses fixes dans Paris

— des tonneaux simples ou fosses mobiles

— des fosses avec diviseurs portatifs

— des fosses avec diviseurs fixes

— des fosses qui laissent perdre les liquides à l’égout. . .

En chiffres ronds, 90000 fosses d’aisances à Paris, versant, avec les regards et les bouches d’égouts, leurs émanations nuisibles dans l’atmosphère de la grande cité !

Le total des terres en France, imposables ou non, étant de 52 760 798 hectares 52 ares 72 centiares (26710 lieues carrées), les matières fécales et urines pourraient servir à la fertilisation du tiers du sol. Hayvood et Lée ont calculé que la ville de Sheffield, qui compte 110 000 habitants, produit en débris et en détritus de toute sorte, environ 2177 tonnes contenant 119.3 500 livres de potasse et desoude, 818Zt00 de chaux et de magnésie, 1 173 700 d’acide phosphorique, et 1 683 800 d’azote. Ces débris, d’une valeur de 750 000 francs, fourniraient l’engrais de 100 000 acres de terre. .

On voit par ces données qu’un problème d’une égale importance pour l’agriculture et la salubrité, est proposé aux efforts de l’administration : prévenir la dissémination et, par suite, la perte des excréments solides et liquides dans les localités habitées; substituer à l’immonde système des vidanges, encore si généralement employé, les procédés qui, depuis plus d’un demi-siècle, sont l’objet de perfectionnements successifs, et qui ont le double avantage d’opérer la désinfection des matières dans les fosses, la séparation des matières solides d’avec les liquides, permettant ainsi le rejet immédiat des matières sans valeur et l’enlèvement de celles qui sont utiles au sol. Nous renverrons pour ce dernier objet à l’article Fofrfes et à l’intéressant Rapport de Chevallier, suivi d’un extrait d’un travail complet de Vincent, sur tout ce qui a été proposé depuis 1348 jusqu’à 1846 pour l’assainissement des fosses et l’iitilisation de leur contenu, à la série des rapports publiés par la commission des logements insalubres (exécution de la loi du 13 avril 1850), aux travaux des ingénieurs Mille, de Freycinet, Huet, Hcnnezcl, etc.

La désinfection des matières fécales s’obtient en les arrosant d’une dissolution de sulfate de zinc (4 à 5 kilogrammes de sel pour 2 hectolitres d’ean, soit un tonneau); le sulfate de zinc coûte (1856) 22 centimes le kilogramme.

On a encore affecté spécialement à cet usage le sulfate de fer commun ,

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