‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 152 sur 196 · IV" PÉRIODE · texte numérisé non relu

IV" PÉRIODE

Sexes.

Sexes.

Sexes.

Sexes.

Hommes,

Femmes ,

Hommes.

Femmes.

Hommes,

Femmes.

Hommes.

Femmes.

PAYS

France. . .

Irlande. . . Angleterre Écosse . . .

D’après ce savant, on ne rencontre que 1 attentat contre les personnes sur 22 168 habitants dans les départements les plus riches et les plus instruits de France, comme ceux du centre. La statistique judiciaire donne sur 100 crimes 87 attentats contre les personnes en Corse, 61 dans l’Ariége, 57 dans les Pyrénées-Orientales, 56 dans la Lozère, 53 dans la Haute-Loire, 52 dans le Haut- Rhin et l’Hérault, 17 dans la Seine-Inférieure et 10 dans la Seine. Ces proportions n’ont guère varié depuis 1831. Quant aux crimes contre les propriétés, il y en a 1 sur 3984 habitants dans les départements du nord, et 1 sur 7534 dans ceux du midi ; les départements du centre n’en ofl'rent que 1 sur 8265. Villermé avait déjà remarqué qu’avec le progrès de la civilisation, le nombre de crimes contre les personnes diminue, tandis que celui des crimes contre les propriétés augmente ; mais que les pays ou les départemenls où il y a le plus de propriétaires dans l’aisance, avec une bonne instruction primaire, sont ceux qui fournissent le moins de crimes de toutes espèces. Aussi ne cesserons-nous de réclamer pour toutes les classes d’hommes, à côté de l’instruction qui féconde leur esprit, l’éducation qui développe la conscience et fonde la moralité.

L’instruction populaire n’a reçu qu’à partir de 1830 une grande impulsion

(1) Guerry, Statistique morale de V Angleterre comparée avec la statistique morale de la France. Paris,

726 DES MODIFICATEURS. — PERCEPTA. [hygiène

en France (1); or, avec elle a grandi la moralité publique; les crimes ont diminué avec l’instruction. En elTet, tandis que de 1825 à 18^45 la popidation s’est accrue de 0,102 (10 pour lOU), le nombre des accusés et des prévenus n’a augmenté que de 0,094 (9 pour 100); encore cet accroissement se rapportet-il aux préventions seulement; le nombre des accusations a diminué, et dans la période de 1841-1845, le nombre des crimes dénoncés est moindre qu’en 1826-1830. Ainsi, à mesure que les hommes s’instruisent, ils s’améliorent. Le nombre des Français (conscrits) ne sachant ni lire ni écrire a diminué régulièrement depuis la période 1826-1830 jusqu’à celle de 1846-1850 ; cette diminution atteint 25 pour 100. L’instruction est-elle sans eiïet sur la moralité, le changement de rapport qui est survenu entre le nombre des individus lettrés et des individus illettrés se répétera entre le chilîre des accusés lettrés et celui des accusés illettrés. Or, loin d’avoir baissé de 25 pour 100, le nombre des accusés illettrés n’a diminué que de 16 pour 100, preuve que les classes ignorantes évitent moins que les autres les suggestions jierverses. Ce fait si important ressort du tableau suivant, dressé par Guillard :

France. 1826-1830.

Habitants adultes (15 ans et au delà) .... 22 200 000

— illettrés 13 820 000

— lettrés 8 380 000

Accusés (moyenne annuelle) 7 130

— illettrés h 350

— lettrés 2780

Un accusé illettré sur 3 180 habit.

— lettré sur 3 020 —

Accroissement proportionnel des accusés illettrés, Diminution proportionnelle des accusés lettrés. . .

2 460 habit. I

Ainsi, sous la Restauration, il y avait 1 accusé lettré sur 3000 habitants, et vers la fin du règne de Louis- Philippe, on n’en compte plus que 1 sur 4500. L’inverse a lieu pour les illettrés, ils fouriifssenl un conlingent croissant à la criminalité. Que si plusieurs départements les plus instruits donnent beaucoup de prévenus, cette coïncidence s’explique par l’agglomération de la population, par celle des richesses, par une plus âpre concurrence, par une plus grande activité dans les passions, etc. Une statistique plus complète montre qu’il n’y a point là un rapport de cause à effet, et comme le dit Bertillon, elle rétablit du môme coup l’accord entre la science et le sens intime.

Combattre l’ignorance est donc à la fois œuvre d’hygiène et de moralisation, et de quel poids pèse-t-elle encore sur la société moderne, nonobstant tous les progrès accomplis ! Dans notre France bénie qui est à l’avant-garde de lacivilisation, la statistique militaire de 1857 montre, sur 310 289 jeunes gens maintenus sur les listes de tirage.

97 875 ne sachant ni lire ni écrire ; 9 992 sachant lire seulement;

'1,92 873 sachant lire et écrire;

9 549 dont on n’a pu vérifier l’instruction ;

Total 310,289

(1) Bertillon, Union mMic.nle, t. X, p. 245, 20 mai 1856. — Arrondeau, Rapport sur l'administration (te Injustice, de 1 825 à 1 850. — Guillard, Démof/rajdiie comparée,

pltBLifiüE] • POLITIQUE. — nOUVERNEMENTS. 727

Cependant le progrès se continue; il est encore plus sensible pour la classe de 1865 que pour les classes précédentes : sur 326 Ü95 jeunes gens maintenus sur les listes de tirage, il y en avait, savoir :

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