CLASSE DE
(terme de comparaison.)
Jeunes gens définiliveinent inaiuteuiis sur les tableaux de recensement.
Proportion sur 100.
Jeuues gens déünitivement maintenus sur les tableaux de reeenstiment.
Proportion sur 100.
Ne sachant ni lire ni écrire.
Sachant lire
Sachant lire et écrire
Instruction non vérifiée. . . .
Totaux
Un tiers de ces jeunes gens n’avait donc point reçu l’instruction primaire. Dans la même année, 475 000 garçons sur 2 250 000, et 533 000 lilles sur 2 593 000 ne fréquentaient pas les écoles; encore voit-on que la moitié au moins des élèves n’appartiennent à l’école que sur le papier ; les pères et les mères étant nés dans un temps où il existait peu d’écoles, on peut admettre que le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants qui savent lire et écrire, ne dépasse guère en France la moitié de la population ; et, sur cette moitié, combien y a-t-il d'individus qui lisent pour développer leurs connaissances, pour s’élever au sentiment du beau, du vrai et du bien? Un dixième peut-être, et voilà ce que l’on appelle une civilisation avancée. Elle avance pourtant : la catégorie d’appelés qui, en 1857, comprenait 97 875 illettrés, n’en compte plus que 80 OÜO (chiffres ronds), en 1864, et 77 000 en 1865.
ARTICLE IV
POUTIQUE, RELIGION.
§ t, — PoIïUqnc, gouvernements.
L’hygiène publique ne possède point les données nécessaires pour déterminer avec précision l’influGnce que la forme et la nature des gouvernements exercent sur la constitution physique des peuples; mais qui pourrait la nier? L’état |iolitique modifie directement les conditions de leur existence matérielle : il règle l’espèce et la quotité des im|iôts, il favorise plus ou moins l’exploitation et la production du sol, la durée de la paix ou le retour des guerres; il décide les alliances et les répulsions entre nations, élargit ou resserre les
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débouchés du commerce, et par là contribue, avec le climat, à fixer le champ et la direction des industries indigènes. — Cette première série de résultats qui découlent de la politique, a une liaison certaine avec le progrès de la population et l’accroissement des moyens de subsistance. Le soin de la salubrité publique et la propagation des lumières sont en partie subordonnés à la forme des gouvernements : là où la vie humaine est respectée, là où tous les intérêts ont le droit de se faire entendre, là où les chefs de l’État se préoccupent du bien-être et de l’amélioration des masses, on assiste à la destruction graduelle des foyers de maladie, des grandes causes de mortalité ; on voit s’établir une police sanitaire qui veille sur la voie publique et jusque dans l’intérieur des habitations privées, qui dispute à la fraude l’aliment et la boisson des citoyens; on voit se multiplier les refuges pour l’enfîfnce, la vieillesse, pour les malades et les infirmes ; se répandre parmi les classes inférieures les notions qui rectifient leur jugement, dissipent leurs préjugés, étendent la sphère de leurs aptitudes, infiltrent dans leurs esprits un principe d’ordre et de prévoyance, les aident à tirer un plus grand avantage de leur travail, et préparent ainsi leur ascension sociale. Il y a plus : la forme politique fait à l’homme ses devoirs sociaux ; ceux-ci le dirigent dans les actes de sa vie journalière, dans ses mœurs, dans ses habitudes ; ils agissent sur ses idées, sur ses passions, qui, à leur tour, l’etentissent dans toutes les fonctions de l’organisme, La politique a ses passions violentes et subites, elle a aussi ses passions lentes et continues; ceux qu’elle en a frappés au cœur ne digèrent, ne respirent, n’absorbent, ne sécrètent pas comme tout le monde ; et, sans parler ici de la surexcitation cérébrale qui est l’endémie des hautes régions du pouvoir, ni des vies qui s’usent dans la presse, à la tribune ou sur le seuil des grandeurs rêvées, n’est-il pas des formes de gouvernement qui stimulent toutes les facultés d’une nation, qui l’entraînent dans le flux et le reflux des affaires publiques, qui exaltent toutes les ambitions par le libre accès des emplois et des honneurs? N’en est-il pas d’autres qui tuent l’émulation, refoulent l’intelligence, compriment les passions les plus nobles et réduisent toute une population aux langueurs de la vie végétative? Les premières n’exercent-elles pas une influence tonique sur les masses, n’impriment-elles pas une impulsion forte et soutenue à toutes leurs fonctions, à toutes leurs puissances physiologiques, tandis que les secondes ralentissent le jeu de leurs organes et dépriment leur vitalité? Les nègres, esclaves de nos colonies, fournissent plus de décès que de naissances ; la population noire de Saint-Domingue a presque doublé depuis son émancipation. L’introduction des esclaves dans cette île date de 1510; à Cuba, de 1521; aux États-Unis (Virginie), de 1620; dans les Antilles françaises, de 1650. Cocbin estime que, pendant les trois siècles et demi qu’a duré la traite, plus de 100 millions d’Africains ont été répartis entre les divers peuples chrétiens possesseurs de colonies, Es])agnols, Anglais, Français, Portugais, Hollandais, Danois, Suédois, Américains et Brésiliens; il n’évalue pas à moins de 100 à 150 000 par an le nombre des Africains vendus