I. — Composition
Nous extrayons de la Statistique générale de la France pour 1851 les renseignements suivants :
Agriculteurs lA 318 476
Grandes industries 1 331 260
Petites industries 4 713 026
Professions libérales 2 267 960
Domesticité 906 666
Femmes et enfants à la charge de leurs maris et
parents, et désignations diverses 12 245 782
Ces grandes catégories se divisent, sous le rapport des sexes et des spécialités professionnelles, comme il suit :
(1) Voy. plus haut Races, p. 278.
l'UliUQUK]
POPULATION PKOTESSlONNELLIi.
OO
Propriétaires et rentiers
Pensionnés de l’État et des communes
Fonctionnaires et employés du gouvernement.
Employés des communes
Employés chez des particuliers
Militaires et marins
Médecins, pharmaciens et sages-femmes .... Avocats, officiers ministériels, agents d’affaires
Instituteurs et professeurs
Artistes
Hommes de lettres
Ecclésiastiques et religieux
Étudiants des facultés et des écoles spéciales
Étudiants des établissements secondaires... .
Autres professions libérales
Domestiques
Infirmes dans les hospices
Mendiants et vagabonds
Détenus
l'ersonnes.
nommes.
Femmes.
IL — Constitution, hérédité.
Les professions, si l’on en excepte celles qui sont dites libérales, se recrutent presque invariablement dans les classes inférieures et moyennes; celles-ci fournissent aux carrières libérales un contingent annuel, mais il est faible en proportion de celui des classes plus aisées. Il s’ensuit que l’influence de beaucoup de professions se grave en traits permanenls sur l’organisme de certaines classes de la société et donne lieu à des modifications héréditaires qui se combinent avec celles de la race, du climat, etc. Telle est la prédominance du système nerveux parmi les personnes adonnées aux travaux de l’esprit; telle est la disposition à la phthisie pulmonaire, transmise aux enfants par des parents que leurs professions dévouent à cette maladie. Ainsi Lombard, de Genève (1), a trouvé que sur 1000 décès, la phthisie avait fourni les proportions suivantes :
Professions à émanations minérales
et végétales 176
— à poussières diverses 145
— à vie sédentaire 140
— à vie passée dans les ateliers. . 138
— à air chaud et sec 127
— à position courbée 122
Professions à mouvements de bras
par secousse 116
— à exercice musculaire et vie
active. 80
— à exercice de la voix 75
— à vie passée à l’air libre 73
— à émanations animales . 60
— à vapeurs aqueuses 53
Dans les manufactures, la masse des travailleurs est affectée de scrofule (2);
(1) Lombard, de Genève, Annales d’hygiène. Paris, 1834, 1''® série, t. XI, p. 5 et suiv.
(2) Villermé, Tableau de l'état physique et moral des ouvriers^ etc., 1840, t. Il, p. 244.
7;^/i DKS MODIKICATKIHS. — üESTA. [hygiène
ce Iléau marque les enfaiils, les jeunes gens de scs cicatrices, de ses tumeurs, de scs inürinités, de scs déformations liideuses; il attaque plus particulièrement les tisserands et leurs familles. Ces populations sont faibles, chétives; courbées sur leurs métiers et élevées à l’ornbrc, elles s’étiolent comme des plantes. Depuis le développement qu’ont pris les manufactures dans le département du Haut-Rhin (de 1810 h 1823), la taille moyenne n’y a pas augmenté dans les mômes proportions que dans les départements voisins. Les documents officiels prouvent que la population des pays de fabrique est moins vigoureuse que celle des campagnes. Tout concourt à l’épuiser: placée comme auxiliaire à côté de la dévorante activité de la vapeur ou d’une chute d’eau qui ne se repose jamais^ elle porte aux dernières limites le développement de ses forces; dans les grandes réunions de tout âge et de tout sexe, les passions s’allument, la contagion du vice sévit avec une sorte de fureur, et les excès de la débauche accélèrent l’altération des constitutions les plus robustes. Ainsi s’appauvrissent et se corrompent les sources de la procréaliou : conçus dans la misère et le libertinage, les frôles rejetons de cette population abâtardie passent à leur tour sous l’empire des mêmes cgnses de dégradation physique et morale : c’est un cercle sans fin où la santé et la vie vont s’atténuant comme la matière brute que l’industrie met en œuvre.