II
\\[i DES MODIFICATEURS. — APPLICATA. [nYCiÈNE
inents du cœur, produit la pléthore encéphalique par la gêne de la circulation dans le tronc et les extrémités inférieures ; s’il monte trop liant, il comprime la hase de la poitrine, s’oppose à son ampliation horizontale, force le diajihragme à s’abaisser davantage : d’où le refoulement de la masse intestinale vers les points de la paroi abdominale qui résistent le moins à leur pression et à leur issue. Le pantalon ne doit pas remonter au-dessus des deux dernières côtes asternales : l’hiatus vertical, préférable à l’ancien pont, doit descendre jusqu’au pubis pour éviter la flexion trop grande du tronc dans la miction; il ne doit exercer de constrictioii sur aucun point des membres abdominaux, sous peine de renouvelée les inconvénients des guêtres montantes de l’empire, heureusement supprimées du costume des soldats, et qui ont occasionné tant d’œdèmes, de varices et d’ulcères opiniâtres des jambes. Le poids du pantalon, quelquefois très lourd, comme celui du plébéien qui n’a ])as le choix des étoffes, comme le pantalon doublé de cuir, dit charivari, des troupes à cheval, doit être partagé entre les épaules et les lombes par un modo de suspension dont les deux agents sont, d’une part les bretelles, d’autre paî t des pattes larges en demi-ceinturoj serrées en arrière par une boucle et passant sur l’os iliaque, non au-dessus de cet os : cette dernière condition a pour but de fournir à l’hypogastre une surface d’appui et de contention. Le gilet complète, avec le pantalon, la seconde enveloppe de protection cutanée, la première étant constituée par la chemise et le caleçon. La mode donne aux gilets, qui étranglent la taille de l’homme, une portion des inconvénients du corset. Le frottement des pantalons de laine irrite la peau délicate de certaines personnes, leur cause des excoriations, des éruptions prurigineuses. Le caleçon de toile les préserve de ces inconvénients et remédie à la difficulté ou à la rareté des lavages du pantalon. Le principal vêtement du tronc est l’habit, dont le nom varie avec la forme : veste, habit court, lévite ou redingote, il ne. doit exercer, quand il est boutonné, aucune pression à la naissance du cou, ni à la base de la poitrine, ni à l’insertion des épaules, afin d’éviter la compression des vaisseaux et des nerfs axillaires, la Stase du sang dans les membres thoraciques, la rougeur des mains, et en hiver les engelures. Le manteau, fait d’un tissu mauvais conducteur, ajoute, suivant les exigences du temps et des lieux, un excellent moyen de protection aux précédents; il est le meilleur écran que l’on puisse opposer au rayonnement du corps : il doit être d’un tissu épais, non trop mou et spongieux, pour qu’il ne devienne pas trop lourd en s’imbibant de la pluie. Le manteau, jeté sur le corps comme une draperie, flotte au vent et embarrasse la marche ; le manteau à manches et à capuchon, ou rotonde, est exempt de cet inconvénient, entoure mieux le corps et abrite au besoin la tête. Les manteaux ou surtouts d’élolfc imperméable concentrent trop la chaleur et condensent à leur face interne la vapeur de la transpiration cutanée qui ne peut traverser leur tissu. Il faut avoir porté pendant une journée de route, pendant une nuit de voyage en voiture, l’un de ces cabans ou paletots imperméables qui doivent
DES VÊTEMENTS
privée]
leur vogue à leur légèreté, à leur bas prix, à leur facilité (le pliage et de transport, pour eu apprécier l’incommodité et l’insalubrité : ils placent l’homme eu mouvement dans les conditions de l’étuve humide; plus ils accumulent sur lui la chaleur, plus ils l’exposent aux refroidissemenis. Comme on s’eu enveloppe parles temps de pluie^ alors que l’humidité de l’air extérieur est au maximum, ils empêchent l’évaporation de la peau qui ruisselle de sueur, tandis que l’eau pluviale ruisselle h la surface extérieure du vêtement imperméable. Or, il s’agit, non d’isoler l’homme des influences atmosphéri(|ues, mais de graduer, de modérer les échanges qui s’opèrent entre l’organisme et le milieu, (piel qu’il soit, où il se trouve. Le conseil de santé des armées, consulté deux fois sur l’adoption de vêtements rendus imperméables pour les troupes, s’y est toujours opposé d’après mon avis.
Dans beaucoup de pays, la ceinture fait partie de l’habillement du tronc ; large, souple, élastique, elle comprime uniformément le ventre, la région lombaire, agit en quehiue sorte comme une aponévrose en contenant les plans musculaires, et comme les intersections tendineuses, en multipliant les points d’appui pour leurs contractions; elle soutient le poids des viscères et diminue les secousses qu’ils éprouvent dans le saut, la course et l’équilalion, etc. Les ceintures de cuir, dures et rigides, atrophient les muscles, altèrent la structure des parties longtemps soumises à leur action.
Extrémités. — Les gants doivent une partie de leurs propriétés au tissu qui les forme ; peau, fil, soie, coton, etc. Leur effet principal est de préserver les mains du froid, des engelures, de la poussière, des frottements, etc. ; c’est-à-dire d’entretenir leur température et la délicatesse de leur peau, double condition nécessaire au bon exercice du tact. Les bas, d’invention moderne, ont le même avantage de protection contre le froid, les frottements; ils absorbent le produit de la transpiration abondante (jue la marche occasionne. Willich voulait (ju’ils eussent à leur extrémité la forme digiiée des gants pour faciliter l’absorption des matières sébacées qui s’accumulent entre les orteils; mais il en résulterait des frottements et des compressions inévitables, source d’autres maux (cors, durillons) que la propreté ne suffit pas à combattre. Les jarretières, (juc nécessite l’usage des bas, doivent être placées au-dessus des genoux où les vais.seaux sont plus profondément situés qu’au- 1 dessous; extensibles et peu serrées, elles ne donneront pas lieu aux varices, I aux œdèmes, suites de la compression habituelle des veines sous-cutanées (jui, I dans l’exercice des membres inférieurs, reçoivent un excédant de sang que les I muscles expriment en se contractant, et (jui ne peut franchir, en remontant, I 1 obstacle d une ligature. Le pied est une des parties sur lesquelles la mode a I le plus dirigé scs tortures : tantôt elle emprisonne étroitement les ciiu[ orteils B dans une pointe aiguë; tantôt elle supprime les inégalités de leur longueur en I coupant carrément la chaussure : les végétations épidermicpies sont la doulou- ■ reu.se consécjuencc de ces aberrations; les hauts talons, eu forçant rexleiision I del articulation libio-tarsieime, dispos uit à la luxation en avant de l’astragale.