DES COSMÉTIQUES
On entend par cosmétiquès (xo7poç, beaule; xot/pEw, j’orne) les substances appliquées au corps de l’homme dans le dessein de l’embellir ou d’en déguiser les défauts ; l’hygiène ne s’en occupe qu’autant qu’elles contribuent à la conservation de la peau et de ses dépendances. L’usage des cosmétiques remonte h la plus haute antiquité, ainsi qu’on le voit par des passages d’Ovide, de Martial, de Suétone, de Juvénal, etc., et par les recherches d’érudition de friller, Wedel, Bergen, TrommsdorfF, etc. Hippocrate, Celse, Galien, Paul d Egme, Pline, en ont donné de nombreuses formules. Les onctions que fait le Septentrional avec de l’huile de baleine ou de veau marin, les peintures bizarres dont se couvre le sauvage de l’Amérique, le tatouage si commun parmi es peuplades de l’Océanie, et qui s’est étendu parmi quelques classes d’Européens, sont les manifestations d’un instinct de beauté qui se lie souvent à instinct de la conservation. Dans un travail lu à l’Académie de médecine (1), Reveil, apress etre livré aux plus doctes recherches surl’emploi des cosmétiques t'culièremeiit chez les Romains, passe en revue la plupart démoiifre les Journaux et vendus par les parfumeurs; il
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’ chaux vive, k d’essence d’amandes
(1) Voyez aussi S. Piesse et 0. Rcv^ii n . ;
tiques, ctr. Paris, 1865,1), .156 et suiv • ’ des parfums, des comc-
est en parti reprocluil.
privée] niîS COSMÉTIQUES.
amères en proportion considérable, etc. Espérons que le courageux appel du savant chimiste à la sollicitude de l’autorité sanitaire sera entendu.
La nature des substances employées comme auxiliaires de la toilette, comme correctifs de certaines altérations accidentelles ou naturelles de l’extériorité luimaine, conduirait à les diviser en cosmétiques physiques et chimiques; mais le plus souvent ces deux ordres d’agents se confondent dans les compositions usitées, qui diffèrent principalement suivant les régions du corps auxquelles on les applique. On peut donc lés classer en cosmétiques du système pileux, des dents, des orifices muqueux , du tégument externe, et, sous le rapport de la sécurité, en cosmétiques innocents et en cosmétiques toxiques.
1“ Cosmétiques du système pileux. — Ils ont pour but l’entretien des cheveux, leur reproduction, leur coloration. Nous avons parlé plus haut des moyens qui répondent plus ou moins aux deux premières indications. Il nous paraît qu’un traité d’hygiène n’a pas à enregistrer les formules des pommades plus ou moins en vogue, les inventions que le charlatanisme propage sous des idénominations retentissantes et souvent burlesques ; ce sont toujours des graisses, des huiles d’amandes douces, d’olive, de noisette, etc., parfumées par l’addition d’essences, de teintures, d'esprit de rose, de bergamote, de jasmin, d’œillet, etc. La graisse d’ours vantée n’est même pas de la moelle de bœuf, qui serait la meilleure base des pommades ; mais à cause de son prix élevé, on la remplace par un mélange de graisse de veau ou de bœuf et de )orc. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit de la calvitie : natu- 'clle et congénitale, ou sénile; survenue à la suite de la variole ou des fièvres ;raves, dans le cours de la phthisie, après certaines couches, au milieu des onditions de détresse et de souffrances morales, par l’effet des veilles opiniâres ou-des excès du coït; liée à la cachexie syphilitique ou à différentes formes l’éruptions du cuir chevelu; toujours curable avec l’eczéma, l’impétigo, omme avec l’affection vénérienne, etc. , on comprend ce 'que ces diversités lans l’origine et dans la nature d’un même symptôme laissent de latitude au ronostic, et par conséquent aux tentatives d’un art équivoque.
La teinture des cheveux est une pitoyable ressource de rajeunissement à aux, car elle jure avec les rides, avec la flétrissure sénile du derme, avec allaissement général delà démarche si caractéristique de l’homme à chaque poque de sa vie. L’ôge est une harmonie physiologique ; en dissimuler quelucs effets partiels, c’est produire des oppositions chotpiantes, des contrastes rotcscpics ; le vieillard gagiie-t-il à perdre la sérénité placide du front, la mawté des cheveux blancs, sans atteindre à l’illusion d’un autre âge? — Les I jsmétiques destinés à la coloration des cheveux sont de deux sortes : les uns iiollcnsifs, mais de couleur infidèle, déteignent sur les mains, sur le linge, etc. ^
, s autres leur communiquant une couleur franche et solide, mais d’un émoi dangereux; toutes deux donnent lieu pour leur application à des manœu- ^•es longues et fastidieuses, ôtant aux cheveux leur souplesse. Parmi les prelèrcs, on peut mentionner les infusions de fèves, de cônes do cyprès, de
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grappes de lierre, d’écorce de saule, de noyer, de sumac, le noir d’ivoire, le cliarbon de liège ; parmi les secondes, la céruse, le sulfate de plomb mélangé avec delà chaux hydratée et de l’eau, l’acétate et le sous-acétate de plomb dissous et additionnés d’acide sulfurique liquide (brun foncé). Les préparations plombiques exercent une action locale et générale ; elles dessèchent, rident, tlétrissent la peau ; la couleur mate qu’elles lui impriment, noircit au contact des gaz hydro-sulfurés et phosphorés, dans un bain de Baréges, etc. Leurs effets généraux sont ceux de l’intoxication saturnine. Les sels d’argent, trèsusités pour noircir les cheveux, déterminent une forte irritation du cuir chevelu, brûlent le poil, attaquent la capsule pilifère, altèrent les sécrétions normales qui profitent à l’entretien du cheveu, favorisent et accélèrent l’alopécie (1).
Les poudres dépilatoires conlieimcnt du sulfure d’arsenic (orpiment), de la chaux vive, etc. ; elles irritent la peau et peuvent donner lieu à des accidents d’empoisonnement. Le mercure métallique fait partie de celle de Laforêt, qui renferme en outre de l’orpiment et de la litharge! Recommandons à ceux qui ont conservé leurs cheveux d’éviter de les tirailler, de les frotter avec trop de force et avec des brosses trop dures, avec des peignes trop fins, de les , pommader outre mesure^ de les laver fréquemment ; chez les femmes, il faut les relever sans les tordre, sans les étirer; la frisure artificielle leur est contraire; la chaleur du fer les dessèche, les raccornit, les rend cassants, . brûle le cuir chevelu et en altère la sécrétion ; les personnes qui ont natu- j rcllemcnt la chevelure humide et grasse doivent laisser l’usage des cosmétiques i gras à celles qui l’ont sèche et roide par insuffisance de sécrétion sébacée du cuir chevelu. Les huiles et les pommades s’oxydant et devenant alors irritantes par leur contact, on leur substituera peut-être avec avantage des j préparations de glycérine. Dans tous les cas, la préférence appartient aux j huiles fines qui, additionnées de très-petites proportions de résine ou de I baume, sont moins exposées à rancir. Abstenez-vous de bandoline fixateur, préparée avec des gommes, des mucilages de coing ou de psidium, des aromates et un peu d alcool. Cet alcool ne tarde pas à s’acidifier et ces cosmétiques inutiles deviennent nuisibles en contractant des propriétés irritantes, parfois caustiques.
foute 1 hygiène de la chevelure réside dans les conditions d’organisation et d entretien de la santé générale, dans les soins de propreté locale et d’aélation des cheveux. La race, la famille, l’hérédité, ont encore ici leur rôle;
(I) Voici les préparations les plus employées. — Prenez : acétate de plomb, 2 grammes; chaux carbonatée, 3 grammes; chaux vive éteinte, A grammes. — Prenez: hlharge, 60 grammes; chaux éteinte, 30 grammes; amidon, 30 grammes; soluté de potasse, 8 grammes. - Prenez : azotate d’argent, 8 grammes ; crème de tartre, 8 grammes; ammoniaque hublc, J 5 grammes ;,axonge, 15 grammes. — Prenez : azotate d’argent, proto-azotate de mercure, 15 grammes de chaque; eau distillée, 125 grammes.
priver] llKS ('yOSMÉ'nyUES.
le coilTeur, la modiste,* le chapelier, en ont un nuire (jui lourne au délriment de la nature.
2“ Cosmétique des dents. — Nous avons signalé ceux que la prudence autorise (voy. Dents, Excruta). Los dentifrices se débitent sous forme d’opiats, de poudres et de liquides. Les deux premières sortes agissent par frottement et contiennent généralement des cendres de diverses matières végétales, telles que coriandre, iris de Florence, racines de pyrèthre, etc. , du sucre, du charbon, de la suie, du carbonate de magnésie; il faut en exclure les poudres de corail ou de pierre ponce, à cause de leur dureté. La crème de tartre entre dans la plupart des dentifrices acides, presque toujours nuisibles (1).
3® Cosmétiques des orifices muqueux. — Aviver la coloration des lèvres et les préserver des gerçures^ des crevasses, telle est la destination de certaines préparations qui contiennent de l’acétate de plomb [crème de Psyché), de la noix de galle, du sulfate de zinc, etc. La plus innocente est la pommade rosat composée de cire blanche (60 gram.), d’huiles d’amandes douces (125), d’orcanette en poudre (12) et d’huile de rose (12 goutte.s).
Les cosmétiques de la bouche prétendent à fortifier les gencives, à masquer la fétidité de l’haleine : la myrrhe, le cresson de Para, le cochléaria, le pyrèthre, le gaïae, l’angélique, la cannelle, la menthe, la vanille, l’ambre gris, le musc, sont au nombre des ingrédients de la plupart des préparations destinées à cet usage. La plus connue de ces eaux de senteur est l’eau de Cologne, que son inventeur, J. M. Farina, préparait comme il suit. On prend :
Esprit-de-vin rectifié 300 kilogr.
Mélisse et menthe de Notre-Dame, de chaque.. 250 gram.
Roses et violettes, de chaque 120 • —
Fleurs de lavande 60 —
Absinthe 30 —
Sauge et thym, de chaque 30 —
Acore, fleurs d’oranger, noix muscade, macis, clous de girolle et cannelle, de chaque, 15 —
Camphre et racine d’angélique, de chaque 8 —
On fait digérer pendant vingt-quatre heures le tout dans l’esprit-de-vin, avec deux oranges et deux citrons coupés en tranches ; on distille au baiut marie et l’on recueille les 200 premiers kilogrammes qui passent à la distilla- I tion. A ce produit on ajoute : essences de citron, de cédrat, de mélisse et de lavande, de chaque grammes; essences de néroli et de romarin, de chaque 15 grammes; essence de jasmin, 30 grammes; essence de bergamote,
(1) Voici les deux meilleures préparations de cosmétiques dentaires. — Prenez ; charbon bien pulvérisé, 30 'grammes; kina rouge, 20 grammes; sucre tamise, 12 grammes; huile volatile de menthe, A gouttes. — Prenez : charbon lavé et porphyrisé, miel blanc, sucre vanillé, 30 grammes de chaque; poudre de quinquina, 16 grammes; essence de rose ou de menthe, A gouttes.
.V. LÉVY. Hygiène, 5' édit.
Il, — 9
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350 grammes. On mélange bien, on lillrc, et l’on met l’eau clans les llaœns. On ne l’emploie que irès-cliluée.
Li° Cosmétiques de la peau. — Ce sont assurément les plus utiles et les inieuv justifiés par l’hygiène : car s’il y a folie à demander aux arcanes de l’industrie des parfumeurs la disparition des rides et des taches de rousseur, il convient toujours d’entretenir la finesse et l’élasticité de la peau ; de la fortifier, de la préserver de gerçures, d’éruptions; de la déterger des débris épidermiques; d’amortir le feu du rasoir, le prurit de l’intertrigo ; de dissiper l’odeur désagréable des parties sexuelles, de certaines sueurs locales, etc. On préconise journellement, pour ces usages, une foule d’eaux de senteur, de laits cosmétiques, de vinaigres composés, des alcoolats, des acides. La mode, qui a fait la fortune de l’eau polypharmaque de Cologne, a vulgarisé aussi le vinaigre de Bully, celui des quatre voleurs, l’eau de Portugal, le vinaigre de Jouvence (1), le vinaigre virginal (2), etc. Etendus de beaucoup d’eau, ces liquides exercent sur la peau une action astringente et tonique. Il faut se défier des préparations contenant des huiles essentielles; mêlées à l’eau, elles lui cèdent leur alcool, et les huiles essentielles, mises à nu, peuvent irriter vivement la peau. Les acides, non assez délayés, produisent le même effet et gercent la peau.
Les frictions huileuses, pratiquées par les gladiateurs anciens avant la lutte, sont encore en usage chez diverses nations ; les Esquimaux se frottent avec de l’huile de poisson, les nègres de l’intérieur de l’Afrique avec de l’huile de palme: ils préviennent ainsi le dessèchement de leur peau, et ils échappent aux piqûres douloureuses des insectes, que repousse l’odeur nauséabonde des graisses rancies. La civilisation repousse cette pratique en nos climats ; mais elle permet la vogue des pommades, pâtes et crèmes qui, sous des noms fantastiques, s’adressent à la coquetterie des femmes et leur promettent l’éternelle fraîcheur de la peau. La pommade de concombre passe pour un topique adoucissant, ainsi que beaucoup d’autres ayant pour base l’axonge, la cire viei'ge,
1 huile d amandes douces, le blanc de baleine, etc. ; les poudres d’amidon, de riz, etc. , passent pour avoir la même propriété.
Le cosmétique par excellence, l’instrument de la propreté, c’est le savon, ce cosmétique du peuple. Ou désigne sous le nom de savons du?'s ceux qui ont poui base la soude : le suif, l’huile de palme, l’huile de coco, l’huile d’olive, les huiles de graines de pavot, de chènevis, de noix, etc., servent à cette fabrication; les inatièies animales, les boyaux, les débris des abattoirs, sont même utilisés poui celle des savons à bas prix. L’huile d’olive qu’on emploie eu fiance est de la dernière qualité; on l’obtient en pressant à chaud des marcs déjà épuisés pai une pressée a froid. Les savons durs sont blancs, marbrés ou jaunes. Pour les premiers, on délaye le savon à une température modérée,
(1) Prenez . esprit de concombre, 125 grammes; eau-de-vie au styrax, 1 kilogramme; vinaigre radical, 4 kilogrammes.
(2) Prenez : benjoin en poudre, Gü grammes; alcool, 250 grammes ; vinaigre blanc,
1 kilogramme. ’ ®
PnivÉE] 1>ES COSMÉTIQUES.
dans des lessives faibles, el on laisse déposer Icnlcmcnl dans la chaudière, qu’on a soin de recouvrir; le savon d’alumine et de fer se sépare par refroidissement et tombe au fond; le savon blanc qui surnage est recueilli, coulé dans des caisses, et, une fois pris en masse, il est découpé en tables. En ajoutant moins d’eau pour diviser seulement le savon de fer et d’alumine eu veines bleues sans le précipiter, on obtient le savon marbré a la coupe, car sa surface blanchit à l’air, qui transforme en oxyde le sulfure métallique. Le savon marbré, plus dur que le savon blanc, contient environ 30 pour 100 d’eau, tandis que le savon blanc en renferme d’ordinaire à 50 pour 100 et peut en absorber une quantité plus grande encore, ce qui facilite la fraude. Le savon jaune doit cette coloration à la résine grossièrement pulvérisée qu’on y incorpore par brassage en soutenant l’ébullition dans la chaudière avec un excès de lessive alcaline après la saponification complète.
Les savons mous sont fabriqués avec la potasse et les huiles les moins chères; on les appelle savons noirs ou verts, mais leur couleur naturelle est brun jaunâtre; c’est par une addition d’indigo qu’on les rend verts; ils ont à peu près la consistance du miel. Beaucoup plus alcalins que les savons durs, ils sont plus solubles et à meilleur marché : on les fabrique en grande quantité en Picardie, en Flandre, en Hollande, avec la potasse et les huiles de chèuevis, de lin, de colza, etc. On en fait aussi en saponifiant l’acide oléique, résidu de la préparation des bougies stéariques, et ou les durcit en y ajoutant 0,1 à 0,2 d’huile de palme. Sous le nom de savons de toilette, on obtient certains produits en saponifiant par une lessive de soude caustique le suif de mouton ou la graisse d’os, purs ou mélangés d’axonge, d’huile d’olive et additionnés de 1 pour 100 d’essence de carvi, de lavande et de romarin; on les colore diversement; ils sont très-hydratés. Les plus onctueux contiennent une certaine j proportion de mucilage de gomme adragant, de guimauve, de pépins de coings, etc. Celui d’amandes amères est un beau savon de suif qui contient 1 pour 100 d’essence d’amandes amères. Les savons transparents se prépa- I rent avec un mélange à poids égal d’alcool et de savon de suif en copeaux bien desséchés ; on liquéfie à une douce température, puis on arrête le feu, on laisse reposer et l’on coule dans les mises; il faut ensuite trois semaines environ de dessiccation j)our obtenir des produits transparenis que l’on colore en rose par une dissolution alcoolique concentrée d’orseille, ou en jaune foncé par une dissolution de curcuma. Les crèmes de savon ne sont qu’un mélange de 2 |)artics d’axonge avec 3 parties d’une lessive de potasse caustique, marquant 1 17 degrés au pèse-sels; on le fait bouillir jusqu’à parfait empâtage, puis on l. évapore. Le sand-soap contient Iti à 78 pour lüü en poids de sable fin; le a savon-ponce, 19 à 2ü d’une poudre blanche, line et mordante (pierre ponce, li silex pyromaque ou quartz) : ces deux especes de savon réussissent à nettoyer 1 les peaux rudes et calleuses.
Les savons détergent la surface cutanée des matières grasses ; ils en déta- I client par frictions les corps étrangers qui la salissent, et pénètrent dans les
,32 hliS MODIFICATEUIIS. — AHMJÜATA. [hygiène
iiiégalilés de l'épiderme, les aspérités que présciile celle enveloppe chez les travailleurs; ils rendent à la peau sa souplesse et sa perméabilité, ils facilitent l’action du rasoir en ramollissant le poil; ils concourent au blancliissage du linge, des lainages, des couvertures de lit, etc. Le savon mou, plus riche en alcali, convient au lavage des étolTes grossières et au foulage des draps; le savon dur est préféré pour laver le linge fin, les tissus de coton et de soie. Tel est le rôle vraiment considérable de ces agents cosmétiques dans l’hygiène publique et privée, dans la propreté des diverses classes de la société, dans la salubrité de la vie domestique.
Il nous reste à dire un mot des matières colorantes auxquelles la mode, la coquetterie ou la mimique ont recours pour aviver le teint, pour elTacer les rides.
Pour réparer des ans l’irréparable outrage.
Il est des fards toxiques par absorption ; il en est d’inoffensifs par leur composition, mais appliqués sur une surface plus ou moins étendue de la peau, ils en gênent les fonctions, ils l’irritent par contact ou par le seul fait de leur substitution au topique normal de la peau, à l’air atmosphérique. — Fards blancs. Le blanc de talc de Venise, ou blanc de Circassie (silicate d’a- ‘ lumine ou craie de Briançon) est sans action sur la peau, à laquelle il adhère mal ; le blanc de bismuth ou de perle est souvent mêlé d’une quantité notable d’acide arsénieux dont il faut le purger, il est alors sans inconvénient. Ces deux fards ne valent pas, pour l’effet cosmétique, le fard de Thénard, composé de fleurs de zinc et de talc en parties égales; mais il faut repousser le , blanc commun du théâtre : les artistes, les femmes du monde qui s’en servent ne savent pas qu’il contient de la céruse. — Fards rouges. Le commerce les offre sous forme de poudre, de pommade, de crépon, de liquide, La cochenille, le bois du Brésil et le carlhame peuvent être employés sans danger. Le carmin ordinaire, ceux d’Allemagne, de Chine ou de Hollande, ont J
différents degrés de finesse. Au théâtre, on use de la préparation suivante. j
Prenez : carmin ordinaire, 8 grammes; faites dissoudre dans un peu d’eau j
chaude et incorporez le liquide dans 125 grammes de talc de Venise pulvérisé; ajoutez 6 gouttes d’huile vierge et 12 gouttes de dissolution de gomme j
adragant. Le fard bleu, composé de bleu d’azur, de talc et d’une solu- j
tion légère de gomme arabique, est sans inconvénient autre que celui de tous '
les enduits partiels.
En résumé, beaucoup de prétendus cosmétiques que nous venons d’énuméiei et beaucoup d autres que nous passons sous silence, outre le danger qui peut résulter de l’absorption de particules toxiques, altèrent la peau, la cautérisent, 1 irritent chroniquement, ou lui communiquent une teinte blafarde et un aspect ridé qui tient à la perte de sa rélraclilité, à la diminution de la circulation capillaire ; et, dans quelques cas, l’eau aiguisée d’un principe stimulant (huiles essentielles, acides végétaux) a pour effet d’entretenir la fer-