III. — ClUCONSTANCES EXTÉRIEURES
1° Pn'iodicite diurne, — Les circonstances de la journée exigent souvent ^ ! que l’on change de vêtement; cette mutation agit à peu près comme les vicis-
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privée]
siliulcs atmosphériques, moins l’influence directe de celles-ci sur les voies respiratoires : elle comporte des précautions qu’il est inutile de détailler, surtout chez les enfants et les valétudinaires. Rien de moins raisonnable que de remplacer, pendant les soirées d’hiver, le vêtement chaud de la journée par de frêles et légères parures, que l’on craint de froisser par la superposition exacte d’un manteau. Que de jeunes femmes ont payé de leur vie ou de leur santé les charmantes témérités de leur toilette, et combien de ces belles épaules nues sur lesquelles la mort pose, au seuil du bal, sa froide main ! Dans les pays chauds, les oscillations de la température sont si marquées du jour îi la, nuit, que le vêtement du matin ne peut servir le soir, où la rosée se condense à la surface du corps. Le lit remplace le vêlement pendant la nuit; le malade s’y réfugie comme dans un milieu plus approprié à ses organes. De toute manière, la moitié de la vie humaine se passe au lit ; il n’est donc pas inutile d’insister sur les conditions de cet appareil vestimentaire. Sa base est le matelas, plan élastique et mou qui résulte d’un mélange de laine et de crin. Le lit de plume ne le vaut pas et s’imprègne de l’humidité et des exhalaisons; il entretient le corps dans un état de chaleur et de moiteur qui affaiblit les principales fonctions et le système musculaire, là est l’origine de maintes névralgies, congestions viscérales, pollutions nocturnes, etc. La laine n’est pas exempte de ces inconvénients ; le crin doit lui être préféré. Les observations du docteur Stark trouvent ici une application utile. Dans beaucoup de pays, on emploie avantageusement à la confection des matelas des productions végétales telles que la balle d’avoine, les spathes de maïs, la fougère, certaines mousses moelleuses, des goémons, une zostère foliacée; elles procurent un coucher ferme et frais, qui convient aux individus jeunes, sanguins, irrita-
Ïbles, etc. , mais il importe de les renouveler assez fréquemment. Les matelas doivent être cardés une ou deux fois par an, leur toile lavée, leur contenu
purifié au moyen de l’aération, du lavage, des fumigations. Le nombre et 1 épaisseur des matelas, les paillasses à ressorts métalliques ou rembourrées de paille et de foin, donnent au lit sa hauteur, son degré do souplesse ou de l ésistance, son pouvoir conducteur du calorique auquel contribuent les draps, les couvertures, les duvets. Les draps de toile ou de coton ne sont pas connus dans 1 Orient, où 1 on ne se déshabille que partiellement pour se coucher; ils ont une utilité incontestable ; ils seront d’un tissu ni trop grossier ni trop fin : dans le casernement militaire, ils sont changés tous les quinze jours, cette lèglc devrait être étendue à tous les établissements civils. Les couvertures sont le larges écrans qui s’opposent au rayonnement du corps qu’ils abritent, et eui effet protecteur est en raison de leur épaisseur et des matières qui les îomposent. Dans le Nord, on se couche entre deux lits de plume qui accunulenl le calorique, provoquent la transpiration et en retiennent les produits; es oreillers dits édredons ont une partie de ces inconvénients. En général, on oinpose les lits d’une manière trop uniforme, alors qu’ils doivent être approriés, comme les vêtements mobiles, aux conditions de l’individualité et de la
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[hygiène
climatologie. Une couche trop flasque, trop chaude, amollit les jeunes organisations, prolonge sans besoin leur sommeil, énerve leur vigueur musculaire, leur ôte l’appétit, rend leur dige.stion pénible et leur nutrition languissante : les femmes délicates, les vieillards, s’en accommodent mieux ; encore l’habitude, prise dans les jeunes années, peut-elle beaucoup pour eux. « Quod enim contra consuetudinern est, nocet, seu molle, seu ditrum est. « (Celse.) Toutefois, pour tous les individus faibles par l’âge, par la constitution ou la maladie, les moyens de protection doivent être renforcés au lit, le corps réa- •gissant moins pendant le sommeil contre les causes extérieures. Dans l’état de maladie, le lit acquiert une importance extrême et contribue, par sa disposition, à l’issue du traitement : tantôt le corps, impuissant à se redresser dans la verticale, a besoin d’un supporf moelleux qui permette le repos absolu des muscles; tantôt un lit mécanique aidera à varier utilement les attitudes. Les lits durs, inégaux, humides, ne sont-ils pour rien dans les gangrènes cutanées qu’on observe si fréquemment chez les typhoïdes traités dans les hôpitaux ? L’homme sain, comme le malade, doit être alîranchi au lit de toute compression, de toute ligature ; un air pur doit s’offrir à sa respiration et circuler sans ■ obstacle autour de sa couche.
2“ Périodicité annuelle. — « Les vicissitudes des saisons, dit Hippocrate, engendrent beaucoup de maladies. » Axiome vrai chez nous comme en Grèce.
La statistique de nos hôpitaux montre l’accroissement numérique et l’aggravation des maladies au printemps et vers l’auiomue : le vêtement est destiné à combattre la cause de ces maux, car il est le correctif de l’atmosphère. Le ■ pouvoir calorifique de l’organisme ne peut se proportionner d’emblée aux • mobiles agressions de la température ambiante : il est lent à se renforcer aux • approches de l’hiver, lent à décroître en été. D’ailleurs les nuits de l’été res- : semblent parfois aux journées de l’hiver. Comme il est impossible d’opposer aux caprices de l’atmosphère une perpétuelle variété d’habillement, nous posons en règle qu’il ne faut modifier celui-ci qu’aux époques culminantes des deux moitiés de l’année, caractérisées par le maximum et la stabilité de la chaleur ou du froid. Pendant les saisons transitoires, et au début de l’hiver et de I l’été, nous recommandons l’iiniformité des vêtements de drap. On a retranché i du costume militaire les pantalons de toile, et le soldat s’en trouve bien. En Afrique, la santé de nos troupes s’est améliorée avec l’usage permanent des habits de laine; môme remar(|ue a été faite aux Antilles par Rochoux. Plus - i d’une personne, à notre connaissance, s’est guérie d’une excessive susceptibilité des bronches ou des intestins, en renonçant aux mutations périodiques des vêtements. La laine est un élément principal delà prophylaxie au Sénégal, ' à la .lamaique, à Calcuta, etc. ; et comme la plupart des régions tropicales sont infestées de marais, les tissus de laine ont l’avantage d’être peu perméablesaux ellluves, et d’entretenir l’action éliminatoire de la peau. La population ■ indigène de l’Orient donne partout l’exemple de ces usages cosmétologiques qui sont 1 expression naïve des besoins, et dont deux particularités frappent le '
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voyageur : l’uiie est e soin avec lequel elle protège la tête; l’autre est l’adoption universelle d’un large écran en forme de manteau : hêram du Bédouin pauvre, burnous de l’Arabe aisé, caban du Moréote, du pâtre corse, du Maltais, etc. Ce vêlement, ample et d’un tissu mauvais conducteur, les défend le jour contre les rayons solaires, le soir contre la rosée. Excepté le nègre, qui expose au soleil sa tête lanugineuse et grasse, tons ont des couvre-chefs ; l’Indien son parasol, le Turc son hemma ou turban en châle, le pauvre fellah une calotte de laiue, le matelot des ports de la Méditerranée son bonnet phrygien, l’Espagnol son sombrero à larges bords, etc. Il y faut ajouter, il faut populariser dans nos colonies et fournir à nos soldats en marche sous les rayons du soleil d’Algérie ou des tropiques un léger burnous de cotonnade blanche qui aura la salutaire propriété de les maintenir dans un milieu moins chaud de 10 à T2 degrés centigrades que l’air extérieur; il conviendra encore de blanchir à l’extérieur leurs habitations dans ces contrées, de les y faire camper sous des tentes de même couleur : déjà les Anglais, dans les Indes, font usage du burnous blanc conseillé par Coulier il s’agit d’en généraliser l’usage au profit de
Înos troupes dans les pays chauds. Dans les climats septentrionaux, la superposition des vêtements de laine et des fourrures oppose une barrière épaisse à t l’atteinte du froid. Le capitaine Ross mentionne la surprise de ses matelots à la I vue des Groënlandais se dépouillant successivement d’un grand nombre de Il vêtements qu’ils entassent par-dessus une fourrure fine et douce placée en » contact immédiat avec la peau. La forme étroite des vêtements contribue à t maintenir au corps sa température, et si dans nos climats tempérés elle a pour I' but la facilité des relations, elle répond dans les climats du Nord à une néccs- ) sité de l’existence. C’est dans les climats extrêmes que le vêtement est le l mieux compris et le mieux appliqué. Dans nos pays, où la succession des I. saisons est rapide et imprime de continuelles fluctuations à l’atmosphère, on SC résigne à grelotter en hiver, à étouffer en été, parce qu’on prévoit le terme t prochain du froid et de la chaleur. Chaque température étant également insta- > ble, on se dispense bien à tort de déployer assez de ressources contre un ent nemi passager.
I Les vêtements que l’on quitte sont imprégnés de matières excrémeniiticlies et de substances du dehors. Les tissus de lin, de chanvre et de coton, s’en ! débarrassent parfaitement par le lavage; les vêtements blancs d’autres étoiles i laissent voir aisément leur degré de ))ropreté. Le lavage entraîne les matières ' qui souillent les tissus, chasse et renouvelle l’air plus ou moins altéré qui sé- 1 journe dans leurs mailles ; mais il importe que la dernière eau de lavage soit « pure et s’évapore sans résidu, que le séchage ait lieu à l’air libre et ventilé. i l.es vêtements épais de laine, les étoiles de soie, de velours', se prêtent peu à I celle opération; il faut au moins les battre et les aérer aussi souvent (|uo a possible. Les odeurs qui imprègnent les vêlements s’en dégagent par la f siiiq)le exposition h l’air cl comme par rayonnement (voy. |)liis haut, Vrlc- > wents) ; parfois il y a lieu d’y joindre des lotions chlorurées, savonneuses,
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alcalines, on des fiiuiigalions avec le chlore, avec l’acide sulfureux (gale) ; ou peui encore, dans les cas où l’on soupçonne l’absorption par les vêlements de miasmes ou de virus contagieux, les soumettre à des courants d’air chaulTé à 100 degrés centigrades au moins, ou chargé de vapeur d’eau d’une température supérieure à celle de l’ébullition, qui entraînent ou dénaturent les principes délétères en traversant le tissu ou leur communiquent une plus grande expansion en y déposant du calorique. Les parfums ne servent qu’à masquer les odeurs désagréables sans détruire la cause nuisible qui les exhale.
ARTICLE II